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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

« Jour de colère » : retour des ligues?

Publié le 27 Janvier 2014 par Jean Mirguet in Politique

Alors que la Pologne célèbre aujourd’hui le 69ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, hier dimanche 26 janvier 2014, à Paris, à l'appel du collectif "Jour de colère", des contribuables en colère aux anti-avortement en passant par des fans de Dieudonné manifestent contre François Hollande et sa politique et scandent  : « Juif, la France n'est pas à toi ». 

Face à ces slogans obscènes et à une diversité aussi inattendue que difficile à identifier, il est compliqué d’apprécier l'ampleur du mouvement – et sa suite. En quoi le mouvement "Jour de colère" peut-il être similaire aux "ligues" qui se sont développées dans la France de l'entre-deux-guerres ? En quoi le mouvement d'aujourd'hui les réinvente-t-il ?

La démocratie française est-elle malade au point d'être menacée par la montée de ligues ? Pour répondre à cette question, le site Atlantico donne la parole à Vincent Tournier, maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble, Frédéric Monier, historien et professeur à l'université d'Avignon et Bruno Jeanbart, Directeur Général adjoint de l'institut de sondage Opinionway.

Vincent Tournier : A ce stade, la comparaison avec les ligues d'extrême droite n'apparaît pas du tout pertinente. Établir des comparaisons avec les années trente est une manière de délégitimer les contestations contre la politique du gouvernement. C’est de bonne guerre : la droite fait la même chose lorsque les collectifs de gauche venaient manifester, clamant que le pouvoir n’appartient pas à la rue. Pour les manifestants, les buts sont toujours les mêmes : il s’agit à la fois de faire parler de soi, de maintenir l’activisme des militants et de donner le sentiment que le gouvernement est très impopulaire. La difficulté du gouvernement actuel, c’est qu’il se voit renvoyer ses propres arguments, quand il portait un regard positif sur les manifestations en disant que c'est un signe de vitalité démocratique, une preuve de civisme.

Au fond, la gauche est prise à son propre piège : à force de vanter, pour des raisons qui tiennent à sa culture politique contestataire, les mérites de la mobilisation de rue, elle ouvre un boulevard à la droite, qui prend sa revanche depuis 2012. On peut même aller plus loin. Sur leur site, les organisateurs du "Jour de colère" retournent à leur profit un tweet de Jean-Marc Ayrault daté du 14 janvier 2012 qui dramatisait la campagne électorale contre Nicolas Sarkozy : « quand un pouvoir faillit à ce point, impuissant à rassurer son peuple, l’intérêt national est d’en changer maintenant ». Ce faisant, d’une part il autorise à porter une condamnation absolue sur le pouvoir en place, d’autre part il laisse entendre que les règles de la démocratie représentative peuvent être illégitimes. Il est logique que les opposants actuels s’en emparent.

Fréréric Monier : Quand il est question de ligues, la mémoire collective se focalise sur les ligues nationalistes – elles se disaient elles-mêmes « nationales » - et sur leur rôle en 1934. Aujourd’hui, très peu des organisations groupées dans « Jour de colère » se revendiquent explicitement comme « ligues » : la « ligue francilienne », par exemple, qui assume un rôle de défense religieuse et de lutte contre l’immigration. Les discours tenus évoquent souvent des idéologies que l’on trouve chez des ligueurs, notamment au début des années trente : contestation des gauches au pouvoir, crispation nationale, remise en cause de l’État (fiscal).

Mais ce n’est peut-être pas l’essentiel. D’autres raisons, de fond, expliquent que les organisations autour de « Jour de colère » s’inscrivent dans l’histoire des ligues.

D’abord, les ligues, qui apparaissent en France à partir de la fin des années 1860, facilitent la politisation de la société française : elles apportent des « formes modernes de participation à la vie publique » (N. Sévilla). L’éclosion et l’essor de ligues contribue, souvent, à une évolution forte du champ politique, et témoigne du fait que le rapport d’une partie des Français à leur État est en train de changer.

Les ligues sont protéiformes : leurs organisations, leurs objets et leurs orientations idéologiques sont extrêmement variés. Entre la ligue de l’enseignement, républicaine, née en 1866, et la ligue des jeunesses patriotes née en 1924, en réaction à la victoire électorale des gauches, le spectre est très large.

Pourtant, il y a aussi des caractères communs : même quand elles s’affirment comme apolitiques et citoyennes, les ligues entretiennent des rapports complexes avec les partis, entre complémentarité et concurrence. De même pour le rapport avec les pouvoirs publics, souvent ambivalent, et qui ne se réduit pas à la manifestation de rue.

Bruno Jeanbart : Je pense que cette manifestation ressemble assez peu aux mouvements des ligues sauf dans le rejet de la politique, à comprendre dans le sens du rejet de ceux qui la font. Nous avons mesuré cela encore récemment dans nos enquêtes d'opinion. C'est quelque chose qui était déjà très fort dans les années trente avec l'antiparlementarisme. En revanche, sur le reste, la situation est vraiment différente et il y a peu de choses en commun. Le pays a bien changé, et les mouvements qui appellent à la manifestation aujourd'hui ne sont pas vraiment les mêmes : il y avait dans les ligues des mouvements d'anciens combattants, d'autre proches de la droite extrême mais qui n'ont vraiment plus grand-chose à voir avec ce que serait la droite extrême aujourd'hui.

Les partisans de "Jour de colère" expriment une défiance vis-à-vis des institutions. Pourquoi la démocratie française, dont le modèle semi-parlementaire n'est pourtant pas le même que celui qui collectionnait les reproches autrefois, est-elle à ce point rejetée par une partie de l'opinion qui pourrait se retrouver dans "Jour de colère" ?

Vincent Tournier : Contrairement à ce que l’on dit volontiers, je ne suis pas sûr que la défiance dans les institutions politiques soit aujourd’hui si importante, en tout cas pas au point de provoquer une crise de régime. Un signe ne trompe pas : personne ne parle de changer de régime politique, personne ne suggère de passer à une Sixième République comme le faisait naguère la gauche, Arnaud Montebourg en tête. Il est même assez troublant de constater que les contestataires ne mentionnent jamais cette option (ce qui n’était pas du tout le cas dans les années 1930, où une partie des manifestants voulaient abattre le régime républicain au profit d’autres régimes, comme la monarchie). Il est possible que la droite n’ose pas s’engager sur ce terrain, d’une part parce qu’elle reste gaulliste dans sa culture, d’autre part parce qu’elle risque d’être accusée de vouloir solder la République. Mais plus fondamentalement, la culture républicaine est aujourd’hui bien assise et rien ne permet de pronostiquer son effondrement à terme. Cela ne veut pas dire que la situation soit bonne car les tensions liées à la crise économique s’accumulent et les mécontentements sont entretenus par le sentiment général d’une coupure entre les citoyens et les élites. Mais les demandes actuelles ne consistent pas à revendiquer un grand coup de balais, c’est au contraire un appel à l’aide, un appel à se ressaisir.

Bruno Jeanbart : Le système institutionnel français est basé sur un Président fort. Depuis quelques années – depuis Jacques Chirac approximativement – le Président devient très vite impopulaire et il n'a plus cette capacité de rassemblement et de compensation dans un pays qui n'a jamais beaucoup aimé les parlementaires. Cela rend les choses évidemment plus difficiles, et n'empêche pas les critiques alors même que la France n'est effectivement pas un système intégralement parlementaire.

Fréréric Monier : Certains moments historiques catalysent la création de ligues, ou de groupes qui participent de ce phénomène. Ainsi les années 1898-1901, avec l’affaire Dreyfus, les mouvements de défense catholique et la légalisation des partis. Ou, sur un mode très différent, le début des années 1970, avec une poussée des contestations sociales, une reconfiguration du champ politique et l’invention de nouvelles formes d’action collective. Il est très probable que l’on se situe aujourd’hui dans l’un de ces moments critiques.

D’un côté, ces ligues ou groupements poussent à la constitution de certains sujets de société en questions politiques, mais aussi à leur reformulation par les partis. De l’autre, ces ligues se caractérisent aussi par un refus ponctuel de certaines politiques publiques (l’écotaxe, par exemple). Au-delà, il s’agit de contestations de processus de modernisation de longue durée, ainsi pour les groupes de défense des contribuables. À partir de la fin du XIXe siècle, ils militent avant tout pour refuser les réformes, dans une logique « de protection des individus face aux empiètements de la puissance publique » (N. Delalande). L’antifiscalisme, en France, est lié non seulement à une prise à partie des pouvoirs publics mais aussi à une remise en cause du système politique. Cela fait surgir, par contrecoup, des cultures de l’antiparlementarisme, même si la République des députés a disparu depuis longtemps.

La manifestation d’aujourd’hui participe donc de cette longue histoire : elle met en cause la légitimité des réformes et des gouvernants, mais aussi des partis politiques.

Les manifestants de "Jour de colère" reprochent au gouvernement de ne jamais les écouter et appellent à une meilleure prise en compte de leur opinion (via par exemple des référendums d’initiative populaire). Y a-t-il selon vous un vrai déficit démocratique de ce côté-là ? Y a-t-il des pistes d'amélioration ou bien les revendications dans ce domaine ne sont-elles qu'un symptôme de colère de ceux qui ne sont pas démocratiquement majoritaires ?

Vincent Tournier : Le paradoxe actuel (qui ne concerne pas que la France) est qu’on n’a jamais autant parlé de la démocratie et de son approfondissement, on n’a jamais autant dit qu’il fallait mieux prendre en compte l’avis des citoyens, ce qui s’est même traduit par la mise en place de nombreux mécanismes de démocratie dite « participative » et, en même temps, la démocratie n’a jamais été aussi peu pratiquée. Force est en effet de constater que les citoyens n’ont jamais été aussi peu consultés. En 1973, les Français avaient été appelés à voter pour savoir si le Royaume-Uni pouvait entrer dans la Communauté européenne. Aujourd’hui, qui envisage sérieusement de faire voter les Européens sur les nouveaux élargissements (la Croatie vient d’entrer dans l’indifférence générale) ? Quant au traité de Lisbonne, qui reprenait en gros les dispositions du traité constitutionnel, il a été adopté sans onction populaire, alors même que les Français l’ont rejeté en 2005.

D’une certaine façon, il y a donc une régression démocratique, ce qui peut expliquer le désarroi des citoyens. Ils peuvent même avoir le sentiment qu’on se moque d’eux, par exemple quand on leur dit que, désormais, l’Europe leur donne le droit d’adresser des pétitions pour faire valoir leurs griefs. Venir expliquer aux Français, dont le passé révolutionnaire est tout de même assez riche, que ce type de démocratie octroyé par les élites est un grand progrès, c’est soit du cynisme, soit du mépris.

Bruno Jeanbart : Le sentiment de na pas être écouté est le grand classique de tous les mouvements sociaux en général. Par définition, ce sont des gens qui pensent que des mesures ont été prises contre leurs opinions. On retrouve cela aussi dans les mouvements syndicaux. Mais ce sentiment de ne pas être entendu augmente fortement dans la crise politique que nous traversons. Si on regarde le baromètre que nous établissons pour le Cevipof, 13 % seulement des Français pensent que les politiques s'occupent réellement d'eux, et le qualificatif "être à l'écoute" enregistre des scores très faibles quand il est proposé pour définir François Hollande (moins de 30 %). C'est assez classique mais c'est renforcé dans le cas du mouvement d'aujourd'hui car on est face à des gens qui ont le sentiment de ne pas avoir été écoutés lors de manifestations qu'ils ont récemment menées ("manif pour tous" ou "bonnets rouges" notamment).

Il y a probablement des choses qui correspondent à la réalité, certes, mais derrière cela, il y aussi une incompréhension du système politique dans lequel on vit. Les gens sont en demande d'une démocratie plus directe alors que nous sommes dans une démocratie représentative. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de remises en cause de ce principe même. Cela se voit particulièrement dans l'idée que l'on peut contester la mise en place du mariage pour tous alors que le François Hollande l'avait inclus dans son programme. De nombreuses personnes ont considéré cette décision comme étant illégitime, or dans un système de démocratie représentative, elle est doublement légitime car annoncée par le Président élu, et voté par le Parlement.

Pourquoi les partis d'opposition – l'UMP notamment – ne semblent-ils pas peser dans cette manifestation, et pourquoi paraît incapable de récupérer le mouvement ? Alors que l'UMP partage en principe les mots d'ordre de "Jour de colère", pourquoi la frontière entre les deux reste-t-elle fermée ?

Vincent Tournier : Les partis de gouvernement ne sont jamais à l’aise avec ces mouvements de contestation. En général, ils n’en sont pas à l’origine et ils ont du mal à les contrôler, à les intégrer dans leur stratégie politique, dans leur calendrier. De plus, les mouvements contestataires sont porteurs de revendications souvent radicales que les partis de gouvernement ne pourront pas intégrer dans leur programme sous peine de perdre leurs électeurs modérés, qui constituent le gros de leurs troupes. On voit bien que le Parti socialiste, quand il était dans l’opposition, n’a jamais été proche des mouvements de gauche radicale, pourtant très actifs, et c’est pourquoi il les soutenait souvent du bout des lèvres.

Si on est un peu cynique, on peut même considérer que ces mouvements portent tort au principal parti de l’opposition. Prenons par exemple l’un des principaux mots d’ordre sur le matraquage fiscal : l’UMP peut-elle vraiment se lancer dans ce type d’argument après avoir été au pouvoir pendant 10 ans ? C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’UMP a du mal à s’engouffrer dans la critique : elle doit assumer son bilan gouvernemental, qui est encore trop récent pour être oublié.

En outre, la contestation de rue peut même s’avérer contre-productive : elle finit par ressouder les électeurs du parti au pouvoir, qui finissent par s’agacer des outrances de l’opposition et du manque de reconnaissance envers la légitimité électorale de leurs représentants.

Bruno Jeanbart : Les demandes faites au sein de ce mouvement sont vraiment hétéroclites. Les "bonnets rouges" et la "manif pour tous", ce n'est pas exactement la même préoccupation. Je pense aussi que sur un certain nombre de sujets – je pense au mariage homosexuel et à l'adoption – il n'y a pas une ligne commune à tout l'UMP qui pourrait satisfaire l'ensemble des manifestants. Enfin, je crois que l'on est dans un mouvement qui traduit une défiance contre l'ensemble de la politique, et l'UMP est une organisation politique, même si le parti est actuellement dans l'opposition.

Ceci étant, ce n'est pas dramatique pour l'UMP de ne pas parvenir à cette récupération car je vois mal le mouvement d'aujourd'hui bifurquer vers de l'action politique organisée pour les prochaines élections. Cela n'incite pas les partis à faire beaucoup d'efforts en ce sens. Ils n'ont pas de raison d'être très inquiets – pour le moment – d'une force capable de représenter quelque chose sur la scène politique. Je conteste les analyses décrivant ce mouvement comme l'émergence d'un Tea Party à la française. Le système institutionnel américain, avec l'organisation de primaires à tous les niveaux, et notamment à l'échelle locale, a permis de faire émerger des membres du Tea Party pour représenter les Républicains. Rien de tout cela n'existe en France.

Comment faudra-t-il interpréter politiquement l'importance – ou l'échec éventuellement – de la mobilisation d'aujourd'hui ? A quel niveau de participation les organisateurs pourront-ils affirmer que le mouvement est un succès ? Et si succès il y a, de quoi sera-t-il la représentation ?

Vincent Tournier : Pour un mouvement comme Jour de colère, la difficulté est qu’il arrive après des grands mouvements sociaux qui ont fixé la barre très haut. D’une certaine façon, ils paient le prix d’être dans un pays où les manifestations de rue ont une longue histoire, ce qui n’est pas le cas de tous les pays, où des manifestations de quelques dizaines de personnes suffisent parfois à faire office de mouvement de masse.

Bruno Jeanbart : Il est difficile de dire un chiffre, mais si on atteignait des mobilisations approchant celles de la "manif pour tous", on pourra parler de succès. Ce ne peut pas être interprété comme une victoire s'il n'y a que quelques dizaines de milliers de manifestants. Cela ne voudrait pas dire que le mouvement ne pèse rien, bien sûr, mais ce ne sera pas très marquant, médiatiquement parlant.

Même s'il y a des centaines de milliers de manifestants, il y aura tellement de gens différents qui auront défilé qu'il sera très dur de faire émerger des représentants. Ce qui est certain en revanche, c'est que si un mouvement important de mobilisation se forme, ce serait une première, voire une surprise, en effet les mouvements disparates appelant à la mobilisation n'ont jamais réellement permis de fédérer de larges foules. Même pour la "manif pour tous" cela n'a pas été le cas. Malgré l'importance de la mobilisation, les personnes qui défilaient le faisaient très largement contre la question du mariage, sans trop sortir du sujet. Ce serait donc une première : le succès d'une manifestation un peu "fourre-tout" et qui en plus ne s'oppose pas à un projet de loi en discussion, mais sur des dispositions déjà votées, sur lesquelles on ne reviendra pas. Et vu que le succès serait une première, il est d'autant plus difficile de prévoir qui pourrait récupérer cela.

Un mouvement réunissant aussi bien des groupes de contribuables en colère, des anti-avortement, des défenseurs du monde paysan, des opposants à l'éolien ou à l'immigration a-t-il une chance sérieuse de déboucher sur autre chose qu'une journée de manifestation ? Comment cette opposition peut-elle se structurer sans se retrouver face à des contradictions ?

Vincent Tournier : Rappelons que les manifestations contre le mariage homosexuel ont mobilisé jusqu’à un demi-million de personnes ; celles contre la réforme des retraites ont compté plusieurs millions de personnes. Il sera donc très difficile de battre de tels scores. D’autant que, comme on le voit, ces précédents sont très différents de la situation actuelle puisqu’ils concernaient d’importantes réformes de société (les retraites, le mariage). En somme, c’est la nature du projet contesté qui fait l’ampleur des manifestations. Or, aujourd’hui, les manifestants ne peuvent pas s’en prendre à un projet d’envergure. Ils doivent donc se contenter d’un catalogue de mécontentements dont aucun n’est en soi suffisant pour drainer des millions de personnes. Une addition de micro-causes ne suffit pas à faire une véritable cause.

Bruno Jeanbart : La seule solution serait d'investir le champ électoral pour peser dans les élections à venir, notamment les européennes qui seront la seule élection un peu nationale d'ici 2017. On a déjà eu des cas de listes contestataires et sociétales pour ce scrutin précisément, et il y a déjà eu des scores surprenants à cette élection (Bernard Tapie en 1994, De Villiers/Pasqua en 1999, voire Europe-Ecologie en 2009). Après, l'autre option – qui serait très "à l'américaine" – serait d'investir la primaire de l'opposition en 2016. Mais c'est un horizon lointain et je pense que le mouvement aura du mal à tenir jusque-là.

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