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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

Alerte sur les publications scientifiques

Publié le 5 Février 2014 par Jean Mirguet

Article publié ce mercredi dans la version électronique de La Toile de l’éducation :

Lourd ménage. Un vent de désabonnement aux plus prestigieuses revues scientifiques a saisi les grandes universités de recherches. Ainsi, l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC Paris-VI) annonçait le 13 janvier sur son site : « En 2014, l'UPMC ne sera plus abonnée à la version électronique de la revueScience. Malgré l'importance de cette revue pour la communauté scientifique, cette décision a été prise en raison de l'augmentation inacceptable imposée par l'éditeur du tarif pour 2014. En effet, après une première proposition à 100 %, l'éditeur est revenu à une offre plus raisonnable à + 47 %. » Mais ce n'est qu'un des exemples. L'université Paris-Descartes a procédé aussi à un lourd ménage parmi ses abonnements, comme l'annoncent le site Rue 89 et Sauvons l'université.

Une crise inévitable. Le phénomène n'est pas exclusivement français : la même épidémie touche le Québec et l'université de Montréal : « [Dans un contexte de] compressions budgétaires imposées par le gouvernement du Québec [...], les bibliothèques[de l'université de Montréal] viennent d'annoncer que leurs abonnements à 1142 périodiques de la collection Wiley Online Library – qui en compte 1510 au total – seront annulés à la fin du mois de janvier 2014. L'Université de Montréal précise que "depuis 1986, le budget consacré aux périodiques dans les grandes universités nord-américaines a crû quatre fois plus vite que l'inflation. Ce rythme étant intenable à long terme, une crise était inévitable." » Quand ce n'est pas tout simplement la fermeture, comme l'annonce Le Monde, de 7 universités canadiennes dont le contenu a été mis au pilon.

« Concentration quasi monopolistique ». La solution : les archives ouvertes notamment sur le Web grâce au libre accès (« open access»), une politique encouragée par l'Europe avec la création de la Bibliothèque scientifique numérique. Cette politique, qui veut couper l'herbe sous le pied des éditeurs internationaux, peine à se mettre en place en raison de l'opposition des éditeurs scientifiques. Seules 15 % à 20 % des publications sont en libre dépôt. « La position de concentration quasi monopolistique des éditeurs scientifiques conduit à une hausse des coûts sans rapport avec l'inflation ni même avec le cout réel [...]. Nous, les auteurs, nous payons à tous les étages, nous finançons la recherche, on offre nos droits d'auteur puis on doit les racheter [...]. Il est temps de nous réapproprier nos droits d'auteur, ce qui nous appartient », lançait le président de la conférence des présidents d'universités, Jean-Loup Salzmann, fortement applaudi le 24 janvier 2013 lors des cinquièmesJournées de l'open access organisée par Couperin, le consortium universitaire de publications numériques. Une proposition de loivisant à consacrer le caractère public des œuvres de l'esprit produites par des agents publics ou financée par le public a été déposée à l'Assemblée nationale le 21 novembre 2013.

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