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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

Apprendre à vivre séparé

Publié le 21 Juin 2011 par Jean Mirguet in Clinique et pratique en institution


Pour quiconque exerce son art en institution en tenant compte de l’hypothèse de l’inconscient, un livre fait référence : L’autre pratique clinique, d'Alfredo ZENONI, publié en mars 2009 aux éditions Érès.

Il milite en faveur d’une pratique institutionnelle résultant moins d’une addition de disciplines différentes que d’une conjonction de ces disciplines. Ceci implique le choix d’une certaine dé-spécialisation au profit d’une ouverture à la rencontre avec le patient, non dépendante de la formation universitaire et professionnelle des intervenants.

Le traitement des phénomènes cliniques auxquels nous avons affaire et qui, pour la plupart, touchent au lien à l’Autre, n’est jamais indépendant du contexte relationnel dans lequel il se déroule. Il ne suffit pas d’appliquer des techniques, encore faut-il que nous déployions à l’égard du sujet une attitude, une présence, un tact tenant compte de ses particularités voire de sa singularité.

De ce positionnement de l’intervenant, Alfredo Zenoni dit qu’il consiste à se faire partenaire d’un lien. Sa construction implique autant l’intégration que la séparation.

Or, si la famille est le lieu où se nouent les premiers liens fondamentaux pour la vie d’un sujet, elle est aussi l’endroit où l’on apprend à vivre séparé. Mais, quand l’équilibre entre intégration et séparation est menacé ou trop problématique, le recours à un accompagnement assuré par une institution de soin ou éducative peut produire une modalité de lien nouvelle. Celle-ci traite ce qu’un défaut de séparation peut causer comme difficultés et comme symptômes.

A quelle séparation le sujet a-t-il à consentir  et comment obtenir son consentement? Zenoni l’énonce clairement : il revient aux intervenants à adopter une attitude qui rende acceptable par le sujet une certaine séparation d’avec son être d’objet précieux de l’Autre, condition pour l’accès à un lien social plus vivable.

C’est le nerf du travail thérapeutique : nous faire partenaire d’un lien dans lequel le sujet ne s’esquinte pas à être l’objet de l’Autre, dans lequel il soit possible de concilier le fait d’être unique et le fait d’être membre d’un groupe, condition pour qu’une vie ensemble soit réalisable. 

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