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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

"Il y a des fleurs partout" (1), une nouvelle de H. Illégent

Publié le 26 Mars 2013 par H. Hillégent in Nouvelles

Il se tortillait les doigts nerveusement en marchant rapidement. Il n’aimait vraiment pas les allées noires, mais pour rentrer de son travail, il était bien obligé de passer par cette rue étroite Rue étroite à LAqui sentait l’urine de chien. Depuis quelques jours, il se sentait mal à l’aise, comme si quelqu’un le suivait. Il se surprenait à sursauter et à regarder soudainement derrière lui à n’importe quel moment de la journée. Il continua à marcher d’un pas hésitant, évitant soigneusement les excréments sur son chemin.

Cachée derrière une poubelle, elle regardait impatiemment les aiguilles phosphorescentes de sa montre qui diffusaient une faible lumière verte. Il y avait déjà une demi-heure et deux minutes que son contrat aurait du être rempli. La crosse du pistolet silencieux s’enfonçait dans sa hanche et lui causait de l’inconfort, mais elle l’ignorait. Tout en gardant ses yeux directement sur la cible, elle sortit l’objet en question et posa le doigt sur la détente avec la facilité qui vient après des années d’entraînement.

Il poussa un soupir de soulagement. Ah ! presque sorti de l’allée ! Il était honteux de lui-même d’être si terrifié par le noir. Peut-être devrais-je aller voir un thérapeute, se dit-il.

Elle ricana presque, puis se mordit la langue. Dans ses chasses à l’homme, c’était le moment qu’elle aimait le plus. La joie que lui procurait un travail bien fait était immense. En un bond, elle fut à côté de la cible puis, en un mouvement presque gracieux, elle le mit au sol.

 

PistoletTout à coup, il sentit un choc violent dans son dos, puis plus vite que son cerveau puisse suivre, sa joue était pressée contre le sol. Instinctivement, il essaya de se débattre, mais en vain : ses bras étaient cloués au sol.

Calmement, elle sortit son revolver, qui était alourdi par le large bout de caoutchouc qui reposait sur le canon du pistolet. Elle appuya le pistolet sur le front de la cible paniquée, qui balbutiait de le laisser tranquille. Il y eut un choc étouffé comme si quelqu'un avait lancé un coussin contre le sol, et son bras fut secoué par le rapport de l’arme. Les cris s’arrêtérent soudainement, et les yeux paniqués se figèrent. Elle ferma ses paupières, chuchota à son oreille : « Je suis désolée », et partit.

(A suivre ...)

 

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