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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

La psychanalyse, un détail de l'histoire ? par Michel Brun

Publié le 20 Février 2012 par Michel Brun in Psychanalyse et psychanalystes

Les remous de la campagne électorale ne sont pas sans évoquer la guerre actuellement  menée contre la psychanalyse. C’est le moment des phrases assassines et des arguments nauséabonds.

Si l’on l’on prête attention à ce qu’énoncent les adversaires de la psychanalyse dans le but de la discréditer, et nous pensons tout particulièrement à la question du traitement de l’autisme, on remarquera qu’on la qualifie de “dépassée”. En fait, on  veut penser et agir comme si elle n’avait jamais existé.

Les négationnistes ne procéderaient pas autrement. Alors, la psychanalyse ne serait-elle “qu’un détail de l’Histoire” ?

Rappelons que le négationnisme est ce discours qui consiste à contester, voire carrément nier la réalité du génocide des Juifs perpétré par les Nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale.  Le négationnisme est  plus qu’une simple négation, c’est le déni d’une réalité.

Qu’est-ce qui est fondamentalement en cause dans les attaques portées contre la psychanalyse, sinon le déni de la réalité de l’inconscient et de ses effets sur le sujet. Et pourtant la “découverte” de l’inconscient par Freud et la possibilité d’en formaliser les lois est une avancée scientifique majeure. Malheureusement elle s’est accompagnée d’une humiliation épistémologique mettant à mal le fantasme de maîtrise qui gît au fond de l’esprit humain.

Si ce fantasme demeurait à sa place de fantasme, cela serait un moindre mal. Mais il s’incarne dans le scientisme, version contemporaine de l’obscurantisme. Le scientiste est redoutable car il fonctionne dans la certitude. Et, comme en politique, cela séduit à bon compte les âmes en quête de réponses simples. A la différence de l’attitude scientifique qui, confrontée à la complexité du réel, a recours au doute méthodique.

Ceux qui se sont donnés la peine de lire Freud savent combien cet homme était hanté par le doute et capable à tout moment de remettre en cause ses théories devant la réalité des faits.

Le scientisme est une régression sur le plan psychologique. Vu son caractère passionnel, il constitue une sérieuse menace pour l’exercice de la pensée, dans ces temps troublés où notre démocratie est  en danger.

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