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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

Articles avec #expositions catégorie

Sabine Pocard et Serge Uberti à la Galerie Lillebonne de Nancy

Publié le 30 Juin 2017 par Jean Mirguet dans Expositions

A l’occasion de leur exposition qui se déroule jusqu’au 15 juillet , la Galerie Lillebonne de Nancy vous invite à une rencontre avec Sabine Pocard et Serge Uberti, le mardi 4 juillet de 17h à 19h30.

On pourra relire l’article que, dans ce blog, j’avais consacré au travail de Sabine Pocard : 

 

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De quoi le paparazzi est-il le nom ?

Publié le 4 Mars 2014 par Jean Mirguet dans Expositions

C’est avec cette expression empruntée à Alain Badiou que Clément Chéroux, commissaire de l’exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes et conservateur au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, chef de cabinet de la photographie, précise dans le catalogue de l’exposition, les critères qui ont guidé le choix iconographique des images présentées actuellement au Centre Pompidou-Metz : d’une part les photographies de paparazzi sont volées et d’autre part le sujet en est une célébrité. Sont donc exclues les images de stars réalisées lors de séances de pose ou les photos volées de personnes anonymes. L’exposition confronte deux attitudes : celle des paparazzis qui veulent faire toute la lumière sur les célébrités et ces dernières qui tentent de préserver la part d’ombre de leur vie privée.

A peine inaugurée, l’exposition suscite déjà de nombreuses polémiques et les réactions outrées et scandalisées de ceux qui ont vu l’exposition et d’autres qui, ne l’ayant pas vu, réagissent de manière épidermique au seul énoncé du mot honni de paparazzi ! Or, si l’exposition explore la nature du phénomène paparazzi, elle ne prend parti ni pour ni contre. Elle choisit de montrer le travail de ceux qui, le plus souvent, sont considérés comme le rebut des photographes.

Même si on situe la naissance du phénomène paparazzi dans la Rome des années 1960, son invention n’est attribuable à personne en particulier. Elle est le produit d’une curiosité aussi vieille que l’humanité, consistant à désirer connaître la vie de celles et ceux qui sont le plus en vue, de tout savoir des grands de ce monde. Cette curiosité n’est pas sans rapport avec la curiosité de l’enfant pour la vie sexuelle de ses parents, c’est pourquoi, avec leurs photos qui font scandale, les paparazzis satisfont les pulsions scopiques ou le voyeurisme que cultive l’attrait pour la transparence, propre à notre époque.

Toutefois, ce goût du public pour l’indiscrétion et le caché ne date pas d’aujourd’hui. Bien avant la presse people, le Mercure galant se faisait fort, en 1672 déjà, d’alimenter le désir de tout savoir des curieux concernant les gens célèbres. Aujourd’hui, un nouveau monde a succédé à l’ancien : l’image s’est substituée au texte.

Clément Chéroux distingue deux types de paparazzis. Les premiers photographient de loin ; chasseurs à l’affût discrets et incognito, usant de tous les stratagèmes possibles pour ne pas être repérés, ils sont généralement cachés et armés d’un téléobjectif.

Les seconds, plus agressifs et culottés opèrent de près, au contact de leur sujet, utilisant le plus souvent un flash, comme Henri Cartier-Bresson dans les années 1930 ou William Klein après-guerre. En somme, « une photographie d’apostrophe », comme la nomme Clément Chéroux.

C’est le cas des paparazzis opérant à Los Angeles, lieu par excellence du star system. Le photographe et journaliste Olivier Mirguet, dans son travail sur les dispositifs de contrôle physique ou symbolique dans l’espace urbain, souligne en quoi, compte-tenu de la législation sur le droit à l’image, la pratique des paparazzi français se différencie de celle de leurs collègues de Los Angeles,. A Hollywood, le droit à l’image, assimilé en France à la notion de vie privée, n’existe pas ; les célébrités ne peuvent donc s’opposer à l’utilisation commerciale de leur image quand les photos sont prises dans la rue.

Alors que les grands prix internationaux du photojournalisme comme le World Press Photo ou le Pulitzer récompensent plutôt les reporters de guerre, ils ignorent les paparazzis. Ce clivage se retrouve dans le grand public pour qui le paparazzi, poltron et déloyal représente l’envers du correspondant de guerre, valeureux et désintéressé. Dans la réalité, les choses ne sont pas si tranchées car il existe beaucoup de photographes qui pratiquent alternativement les deux activités. Ainsi, Jacques Langevin qui a photographié les derniers moments de Lady Di est également un grand reporter ayant couvert la plupart des grands événements des dernières décennies (chute du mur de Berlin, Tian’anmen, guerres du Golfe et d’Irak, génocide rwandais, etc…). Nick Ut, lauréat du Pulitzer 1973 pour sa photo de la petite fille hurlant de douleur alors qu’elle fuit son village bombardé au napalm, est aussi celui qui, en 2007, shoote Paris Hilton pleurant dans sa voiture alors qu’elle vient d’être condamnée à 23 jours de prison pour infraction au code de la route.

Certains paparazzis sont d’authentiques voyous et le revendiquent fièrement, n’hésitant pas à monter des coups et à piéger des stars. Clément Chéroux affirme que nombre d’entre eux sont hostiles au système du show business, en particulier ses stars d’un jour, personnalités sans véritable talent et subitement catapultées sous les sunlights. Beaucoup, s’ignorant situationnistes, exècrent la société du spectacle.

Certes, la plupart des paparazzis ne sont pas des artistes mais il faut reconnaître que leurs images possèdent souvent de réelles qualités plastiques. Il existe de ce fait, écrit Clément Chéroux, non pas un art paparazzi mais une esthétique paparazzi. Andy Warhol le confirme, lui qui juge les photos de stars de cinéma des années 1940 si belles qu’elles en deviennent « les photos les plus géniales du monde ». Ou Helmut Newton pour qui les clichés faits de Jackie Onassis nue « sont parmi les plus troublants de ce siècle ».

Pour Clément Chéroux, l’esthétique paparazzi concerne les artistes car elle propose des formes visuelles nouvelles et interroge la société contemporaine sur son rapport aux médias, au spectacle et à la célébrité. Il en va ainsi du pop art ou du postmodernisme dont les artistes ont beaucoup emprunté aux photographies réalisées par des paparazzis.

En témoigne le travail du photographe Olivier Mirguet qui, attentif aux changements de statut de l’image, repense l’esthétique de photographies de paparazzis jugées inexploitables par les agences, en les recadrant. Grâce à ce « détournement », il prend le contre-pied des clichés people traditionnels et propose une possible alternative à la toute-puissance des médias, d’où émerge une signification nouvelle adressée à d’autres destinataires.

A voir également les réalisations humoristiques d'Alison Jackson qui, au moyen de sosies, met en scène les stars dans des situations improbables puis les photographie à la manière des paparazzis. Ces scoops imaginaires démontrent l’irrésistible fascination du voyeurisme.

Tout compte fait, le paparazzisme est devenu aujourd’hui un genre, estime Clément Chéroux, une catégorie stylistique à part entière.

Cela constitue une des excellentes raisons pour ne pas manquer cette étonnante exposition, présentée dans la Galerie 3 du Centre Pompidou-Metz jusqu’au 9 juin 2014.

De quoi le paparazzi est-il le nom ?
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Pompidou Metz présente une exposition inédite dédiée à la photographie paparazzi

Publié le 26 Février 2014 par Jean Mirguet dans Expositions

Du 26 février au 9 juin, le centre Pompidou-Metz consacre une exposition sans précédent au phénomène et à l’esthétique de la photographie paparazzi, à travers plus de 600 œuvres (photographie, peinture, vidéo, sculpture, installation, etc.)

Couvrant cinquante ans de célébrités prises dans l'objectif, Paparazzi ! Photographes, stars et artistes rend compte du travail du paparazzi, mouton noir et figure indigne de la profession de photographe, en examinant les liens complexes et fascinants qui se forment entre le photographe et son sujet, et en révélant l'influence paparazzi sur la photographie de mode.

La figure du paparazzi a été inventée par Federico Fellini en 1960. Le nom est une contraction de "Pappataci" (moustiques) et «ragazzi» (ruffians). Le paparazzi est dépeint comme un anti-héros post-moderne et depuis La Dolce Vita, il est devenu l'une des figures mythiques de la culture populaire.

En associant certains des plus grands noms du genre tels Ron Galella, Pascal Rostain et Bruno Mouron, Tazio Secchiaroli, avec des réflexions de Richard Avedon, Raymond Depardon, William Klein, Gerhard Richter, Cindy Sherman et Andy Warhol, Paparazzi ! Photographes, stars et artistes vise à définir une esthétique paparazzi.

La profession de paparazzi est plus complexe qu'il n'y paraît car il serait simpliste de le réduire au rôle du méchant harceleur qui pourchasse son innocente proie. La relation entre l’un et l’autre est marquée par beaucoup d’ambivalence. De surcroît, le paparazzi se doit d’être ingénieux, posséder des qualités de montage, compte-tenu des opérations délicates et à haut risque auxquelles il est confronté. Chacun a ses trucs de métier, des histoires à raconter. Tout cela forme un ensemble qui raconte la grande histoire du paparazzisme.

En pénétrant les coulisses du monde paparazzi, on découvrira une série d'entretiens avec des paparazzi, une présentation de leurs outils (y compris les caméras espion, longues focales et déguisements) et les photographies de Francis Apesteguy, Olivier Mirguet, Jessica Dimmock, Christophe Beauregard ainsi qu’un extrait du film Reporters de Raymond Depardon.

A voir également des extraits de films de Dario Argento, Federico Fellini, Brian De Palma, Louis Malle et Andrzej Zulawski, des années 1930 à aujourd'hui qui révèlent la perception du paparazzi par le public comme une figure solitaire, souvent proche de celle du looser, antipathique car traquant sa proie et dépourvu de morale ou de scrupules, et donc difficile à aimer, négation de la figure plus noble du correspondant de guerre.

De quoi faire grincer des dents ceux qui, comme Mazarine Pingeot, jugent la photographie paparazziste être une déliquescence, une mise en échec du geste artistique, puisque, dans son expérience, elle s’est retrouvée transformée en bête de foire sous la forme d’une image faisant écran à toute forme d’intériorité.

Du fait de l’indifférenciation croissante entre vie publique et vie privée, souvent jugée comme étant une menace pour la démocratie, cette exposition arrive à point nommé pour ceux qui, avec ou sans a priori, se risqueront à la visiter.

La mannequin Kate Moss immortalisée par Bruno Mouron lors de la Fashion Week, à Paris, en 1992. (Bruno Mouron/Agence Sphinx.)

La mannequin Kate Moss immortalisée par Bruno Mouron lors de la Fashion Week, à Paris, en 1992. (Bruno Mouron/Agence Sphinx.)

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"Sans titre", de Sabine Pocard, peintre

Publié le 27 Janvier 2014 par Jean Mirguet dans Expositions

Sans titre : c’est le nom qu’a donné l’artiste à sa toile. C’est un portrait : un grand visage ovoïde qui regarde, celui d’une jeune femme probablement, mais il y a un doute, peut-être s’agit-il d’un jeune homme. Des yeux ouverts et profonds scrutent l’espace. Du visage émane une puissance troublante. La matière est dense, vivante.

Elle regarde. Elle me regarde comme si ses yeux se remplissaient de choses en attente d’être vues. Elle me tient sous son regard, objet de fantasme, objet caché, cause secrète de jouissance.

Pénétré par ce regard qui me captive, je la regarde et ne peux pas ne pas faire que ça me regarde.

Voir, c’est toujours voir plus qu’on ne voit, cela pouvant même aller jusqu’à s’emparer du regard de qui je vois. Cela est réalisable, au prix d’une opération par laquelle il me faut moi-même entrer dans le tableau, m’y glisser par derrière pour être en arrière de ces deux yeux et voir avec, me voir la regarder, elle, la jeune fille.

Immédiatement, je donne un nom à cette adolescente androgyne : Fukaéri, nom de l’héroïne de Haruki Murakami dans 1Q84, celle qui a écrit La Chrysalide de l’air. La jeune fille du portrait me scrute, à la façon dont Fukaéri se contentait de fixer Tengo de face. Comme si elle contemplait un paysage inconnu depuis un lieu éloigné (…) Ce qui dans son visage attirait avant tout le regard, c’étaient ses yeux (…) des prunelles d’un noir de laque brillant, des yeux qui ne cillaient pas.

Devenu la proie de Fukaéri la ravisseuse, je suis ravi.

Comme d’autres ont peint un cri, l’artiste a peint un regard qui active la solidarité du «regarder » et de l’« être regardé ».

Capté par cette figure, là devant moi, à portée de mains, que je pourrais toucher, je ne sais si, à ne pouvoir m’en détacher, je la retiens par inquiétude de ne pouvoir jamais la revoir, rappel du moment précurseur de l’angoisse de l’enfant qui ne sait pas encore distinguer la disparition temporaire et la perte durable, et où la disparition de la vue est confondue avec la perte réelle de l’objet, la mère.

Quand, à cette éclipse de la mère est associé un « tu n’es rien pour moi », s‘articule le pire que l’autre puisse adresser au sujet dont le regard supplie et demande l’amour. C’est sans doute pourquoi, dans l’absence de vision, la puissance du regard est libérée comme si la cécité boostait le désir.

Dans la suite de Freud qui se refusait de se prononcer sur ce qui fait la valeur de la création artistique, Lacan affirme que, toujours, « l’artiste précède le psychanalyste, celui-ci n’ayant pas à faire le psychologue là où l’artiste lui fraie la voie » (« Hommage fait à Marguerite Duras du ravissement de Lol V. Stein »). Autrement dit, le metteur en peinture encadre, met en forme « le monde perceptif amorphe », selon l’expression de Merleau-Ponty. La mise en peinture donne une forme à la brutalité ou à la sauvagerie pulsionnelle pour la faire regardable par le spectateur qui, d’ailleurs, n’en sort pas toujours indemne.

C’est ainsi que, à la condition de distinguer ce que figure le tableau de ce qui tient lieu de représentation, l’invisible peut être rendu sensible. Comme le chant, il révèle ce que la parole ou la figuration voilent : l’irreprésentable.

S’il parlait, ce visage peint ne me dirait-il pas : « Vois combien mon regard est perçant et pénétrant … tu veux regarder, et bien vois donc ça ! ».

J’ai quitté le monde de 1Q84 pour revenir dans celui de 2014. Sans titre, elle, ne me lâche pas…

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Sabine POCARD est originaire des Vosges. Elle a vécu à Montpellier jusqu’en 1999 avant de s’installer à Nancy. Après des études aux Arts Décoratifs de Strasbourg et à l’Ecole d’Art de Montpellier, elle a travaillé comme intervenante en arts plastiques dans diverses structures.

La peinture et le dessin représentent son activité principale. Elle expose régulièrement ses œuvres dans des galeries et lieux associatifs et culturels.

Sabine Pocard expose du 27 janvier au 28 février 2014 à l’Espace ICAR, école primaire St Léon, 28 rue St Léon à Nancy.

Contact : 03 83 28 95 50

http://www.sabine-pocard.com

 

(NB : la toile dont il est question ici ne figure pas dans l’exposition)

"Sans titre", de Sabine Pocard, peintre
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"Paparazzi ! Photographes, stars et artistes » à Pompidou-Metz du 26 février au 9 juin 2014

Publié le 8 Janvier 2014 par Jean Mirguet dans Expositions

Le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition pluridisciplinaire sans précédent au phénomène et à l’esthétique de la photographie paparazzi à travers plus de 600 oeuvres (photographies, peintures, vidéos, sculptures, installations…).

Parcourant un demi-siècle de photographies de stars, l’exposition se penche sur le métier de chasseur d’images, en abordant les rapports tout aussi complexes que passionnants qui s’établissent entre le photographe et la célébrité, jusqu’à révéler l’influence du « phénomène paparazzi » sur la photographie de mode.

Le métier de paparazzi est plus complexe qu’il n’y paraît. Les paparazzis se doivent d’être ingénieux, mettant en place des opérations parfois délicates et risquées. Chacun d’entre eux possède ses trucs et ses anecdotes, autant d’éléments fondateurs du grand récit du « paparazzisme ».
A travers une série d’entretiens avec des paparazzis et une présentation de leurs outils de travail (de l’appareil espion au téléobjectif, en passant par leurs déguisements), ainsi que des photographies de Francis Apesteguy, Olivier Mirguet, Jessica Dimmock, Christophe Beauregard et un extrait du film Reporters de Raymond Depardon, cette section explore les arcanes du métier de paparazzi.
En associant les grands noms de la discipline, tels Ron Galella, Pascal Rostain et Bruno Mouron ou Tazio Secchiaroli, à des oeuvres de Richard Avedon, Raymond Depardon, William Klein, Gerhard Richter, Cindy Sherman ou encore Andy Warhol, qui se sont interrogés sur ce mythe moderne, l’exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes a pour ambition de définir les caractéristiques d’une esthétique paparazzi.

Un catalogue coédité par le Centre Pompidou-Metz et les éditions Flammarion accompagne l’exposition.

Conçue et produite par le Centre Pompidou-Metz, l’exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes sera présentée à la Schirn Kunsthalle de Francfort du 27 juin au 12 octobre 2014.


Commissaire :
Clément Chéroux, conservateur au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, chef du cabinet de la photographie

Commissaires associés :
Quentin Bajac, conservateur en chef de la photographie au MoMA, New York
Sam Stourdzé, directeur du Musée de l’Elysée, Lausanne

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Entretien avec Marie-Louise NOLTE, artiste plasticienne, à propos de son exposition « Les Mystères du Vivant » (3ème et dernière partie)

Publié le 1 Août 2012 par Jean Mirguet dans Expositions

Tu as intitulé ton exposition Les Mystères du Vivant. Elle inaugure une nouvelle phase de ton travail. Pourrais-tu expliquer les raisons de ce titre ? Et pourquoi ce virage dans ton œuvre ?

 

Ce titre s’est imposé à moi dès mes premiers dessins dans mes carnets. Ce serait comme une première phrase qui s’impose au poète… après il reste à composer le poème.

Après il reste cette part d’œuvre à faire.

Mes premiers travaux (sculptures et reliefs virtuels et cinétiques sur aluminium) s’intitulaient « Chaos et Cosmos ». Cette phase a duré une dizaine d’années.

La seconde période de mon travail (papiers collés souvent monumentaux) s’intitulait « Structure et matière », puis « Bleu au-delà du Chaos et de la matière », puis « Bleu et rouge au-delà de la matière ». Elle a duré vingt années.

Chaque fois, les titres s’imposent à moi… comme un souffle. Je ne les discute jamais.

Ce qui peut apparaître comme un virage ne l’est peut-être pas autant qu’il y paraît.

Jeune, il m’a fallu choisir une discipline. J’avais des aptitudes en géométrie dans l’espace. Travailler en trois dimensions m’était plutôt aisé.  Mon gabarit convenait bien au travail de torsion et soudure pour des bas-reliefs métalliques. La rencontre et le choix de mes professeurs ont fait le reste.

Et puis les circonstances de la vie ont fait que j’ai dû travailler des matériaux moins riches, plus ingrats. Le succès de mes papiers collés confrontés à de nombreuses manifestations internationales a vraisemblablement contribué à ces vingt années de travail de recherche.

Avec le temps, on s’affranchit de ses maîtres, des influences, du succès même. Le démon de la création qui pour moi va de pair avec une part d’invention m’a fait relever le défi de la peinture à l’huile dont on dit qu’elle est sans doute la plus difficile à maîtriser. Le désir de couleur aussi s’est brusquement fait sentir… alors que jeune, j’y étais insensible.

Cependant la couleur s’était déjà peu à peu introduite (en fond, certes, mais tout de même) dans mes papiers collés.

Je n’ai jamais fais que ce que je sentais  et ressentais…

Un beau jour, ce fut l’explosion ! Non seulement je voyais la (les) couleurs… mais je les ressentais. Toutes les couleurs… je voyais les fleurs se détacher sur le fond azur du ciel et c’était une jouissance profonde… je voyais l’aube et ses dégradés, allant du mauve rosé au jaune d’or et c’était une jouissance sans borne… Et j’ai su alors que je vivais. Et que chaque seconde, par la couleur, je pouvais jouir de la vie. Que faire d’autre alors que peindre?

 

Le mot mystère signifie, en général, une chose que nous ne comprenons pas, il évoque une énigme. Ton titre indique-t-il que tes toiles veulent dire quelque chose mais qu’il est difficile voire impossible de le dire avec des mots, d’où l’énigme ?

 

C’est vrai ! Je pense que la peinture est indicible. Si je pouvais exprimer avec des mots ce que j’exprime avec des couleurs, j’écrirais… des nouvelles, des romans, que sais-je ?

J’ai une petite expérience d’écriture de haïkus dans un atelier d’écriture. En aucun cas je ne pourrais exprimer avec de la couleur ce que je peux exprimer en un haïku.

En général les spectateurs (les regardeurs) veulent d’abord comprendre, veulent que la peintre explique…  Comme s’il y allait d’une logique toute rationnelle. C’est un peu comme si, prémuni d’un mode d’emploi, on ne se laisserait pas happer par l’émotion.

Or, c’est comme pour le vivant. Lorsqu’on fait un enfant, on ne sait jamais quel enfant, quel adulte, quel vivant ce sera. La procréation est un mystère… bien que la science veuille à tous crins maîtriser les tenants et les aboutissants du « produit ». La création aussi est un mystère… mais là, le risque n’est pas bien grand (pour les regardeurs) de ne pas savoir maîtriser ce que l’on pourrait voir. Alors plutôt que de risquer de voir… on se barde d’à priori intellectuels… au cas où.

 

Considères-tu que l’art a une fonction d’énigme et que le spectateur est convoqué par l’artiste pour décrypter l’œuvre ? Autrement dit, tes tableaux ont-ils une signification ou sont-ils un pur « ça veut dire » : à la place de la signification, il y a un vide, un « manque à sa place » ?

 

L’Œuvre d’art (la peinture en l’occurrence) est déjà  une énigme pour son auteur (je parle de moi car, pour les autres peintres, je ne sais pas). L’acte de création est une énigme pour son auteur… Alors, pour les « regardeurs… d’autant plus ! Mes tableaux ont des significations qui m’échappent, bien sûr! Moi qui ne sais déjà pas pourquoi il me vient ces impulsions de traits, de forme, d’énergie, de réaliser quelque chose que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu, etc. Cela me dépasse totalement. Cela m’émeut en permanence… et du simple fait de ce don, je trouve « péché » de ne pas l’exercer… c’est pourquoi, je ne m’arrête jamais. Et ce jusqu’à ce que mort s’en suive… sauf pannes (et cela arrive). Cet état n’est en aucun cas une démonstration. C’est un état, tout simplement.

 

Tu dis de tes toiles qu’elles sont tes « petits drôles » et tu as donné à chacune d’elles un prénom. Pourrais-tu dire quel rapport, y compris charnel, tu entretiens avec ces objets vivants que sont tes toiles ?

 

J'ai donné à chacune d'elles un prénom : Eva-Nova..., Goululu,... Ototeman... etc. car la toile terminée est enfin mise à distance (c’est-à-dire lorsque je la vois enfin comme objet totalement séparé de moi... puisque je n'y retoucherai plus)... la toile donc, m'apparaît alors comme une entité propre (comme un individu détaché de moi) avec ses caractéristiques (ce que je savais puisque je m'étais appliquée à les lui donner) mais aussi avec un caractère bien spécifique qui me dicte un prénom. "Les Mystères du vivant" étant le nom de famille.

C'est un peu comme un enfant qui vient de naître... que tu peux enfin contempler... et dont tu penses que tel prénom lui va comme un gant.

C'est vrai que j'ai eu une espèce de "baby-blues" lorsqu'ils ont été installés à Saint Nicolas de Port. C'était la première fois que je ressentais cela. Cependant, j'ajoute que, jamais pour les précédentes expos, je n'avais eu à me détacher de mes oeuvres de façon aussi abrupte... après quelques mois de travail aussi intensif.

Donc je ne sais pas bien si cet état de vide est lié à la peinture ou à un stress relatif à l'intensité du travail fourni avec plus rien derrière (en stock, veux-je dire...). Cela s'est du reste très vite estompé.

Ressembles-tu à ta peinture, Marie-Louise ?

 

Si je ressemble à ma peinture?

Ou plutôt... si ma peinture me ressemble?

Dans quel sens? Autoportrait ? Portrait physique, psychique, spirituel?

Je n'en sais rien. Il y a sans doute des éléments qui sont miens... puisque comme je le disais dans d'autres réponses, c'est le corps qui peint. C'est mon corps qui a peint... mon corps avec toutes les empreintes archaïques (positives et négatives) qu'il peut exprimer dans ses rythmes, sa gestuelle, etc.

C'est là encore une question que je ne me pose pas lorsque je peins.

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Entretien avec Marie-Louise NOLTE, artiste plasticienne, à propos de son exposition « Les Mystères du Vivant » (2ème partie)

Publié le 28 Juillet 2012 par Jean Mirguet dans Expositions

Toujours à propos du vivant et de ses mystères : dans tes tableaux, il est délibérément du côté du féminin. Il concerne, à n’en pas douter, les mystères du féminin c’est-à-dire ce que toutes les femmes connaissent pour n’y avoir qu’un accès plutôt difficile si ce n’est par les semblants de la féminité. Je différencie le féminin, intérieur, invisible (cf. le « continent noir » de Freud) et la féminité, visible, qui fait bon ménage avec le phallique et qui se montre dans le leurre, la mascarade, et qui rassure l'angoisse de castration, aussi bien celle de l'homme que celle de la femme.

Ton art vise-t-il à attraper le féminin en nous faisant croire qu’il est représentable ou qu’on pourrait le masquer par une représentation ?

 

Je suis d’accord avec la distinction que tu fais entre «  féminin » et «  féminité ».

J’espère que mon art (ma peinture) est du côté féminin, qu’il est l’expression sublimée du continent féminin.

Qui mieux qu’une femme (que des femmes) accomplie (accomplie = dans le sens où les principales fonctions du sexe féminin ont été accomplies : la puberté et les règles, la pénétration, la gestation, l’enfantement, l’allaitement, la jouissance sexuelle, la ménopause ont été accomplis) pourrait exprimer ce continent féminin ?

Mon art ne « vise » rien… il s’étale et au plus s’étend au féminin.

Et quel meilleur support pour s’étaler et quel meilleur médium que la peinture à l’huile avec son onctuosité et sa technique et si complexe et si riche pour s’étaler adéquatement ?

Les mystères du féminin existent-il  parce que nous sommes des cryptogames ?

Il est vrai que tout ce qui touche à la sexualité de la femme et à ses fonctions est caché (depuis l’organe sexuel, les palpitations de l’orgasme, en passant par les divers stades de la gestation (morula, blastula etc.) etc. etc.) Est-ce pour autant qu’il faille cacher à tout prix les mystères féminins… ? et/ou par opposition  et/ou par provocation exacerber les signes extérieurs de féminité

 

Ai-je ou non raison de penser que tu sais que, derrière le masque, il n’y a rien et que ce n’est qu’en apparence que ta peinture est illustrative? S’il est vrai que ta peinture ne raconte pas une histoire, est-ce parce que l’histoire efface la peinture ?

Francis Bacon évoque à ce propos les petites peintures comme Baigneur et cabine, réalisé par Picasso vers 1930, qui est une manière de rendre le geste de quelqu’un qui tourne une clé dans une serrure plus réel que si c’était fait d’une manière illustrative. « En art, dit Francis Bacon, la réalité est quelque chose de profondément artificiel et qu’elle doit être recréée. Autrement, cela ne rend que l’illustration d’une chose, illustration de très seconde main (...) ».

 

J’espère que ma peinture n’est pas illustrative. En tout cas, elle ne se veut pas telle. Serait-elle illustrative que cela signifierait qu’une idée (un propos intellectuel ou une représentation déjà connue) serait à l’origine de mon œuvre… et que ma peinture serait là pour appuyer l’image aidant le propos en question.

Or je pense, en effet, que l’illustration dessert la peinture.

Les formes que je crée me viennent sans à priori… naturellement, sans intention autre que celle de créer… Lorsque je dessine, il y a le vide en moi (aucune intention, aucune spéculation) une espèce d’innocence originelle -c’est pourquoi je dessine au réveil… lorsque je ne suis pas encore happée par des réflexions qui me viendraient de l’agitation du monde (de ce qui m’entoure).

Ce ne sont pas non plus des « accidents ».

Je trace des traits, des lignes, des courbes. Si ces dernières ne m’invitent à rien… je n’insiste pas. Si elles m’invitent à les compléter, à la couleur… ou autre, j’agis sur l’impulsion du moment. Cette impulsion se présente comme une nécessité intérieure. Si cette impulsion n’est pas là, je n’insiste pas… je travaille sur plusieurs pages et plusieurs carnets à la fois… passant inlassablement de l’un à l’autre. Impulsion, plaisir et réjouissance sont ce qui m’anime… et ce jusqu’à épuisement de cette énergie-là… cela peut durer 3... 4 heures, parfois moins. L’image, la représentation se transforment au long du travail, au fil des heures et des jours.

Ensuite vient la peinture… toujours sous l’effet d’une impulsion; je peux avoir envie soudain de transposer telle partie ou tel détail en peinture sur une toile.

Là je transpose… mais ne copie pas. Je tente de garder l’impulsion dynamique du geste lorsque je trace la ligne ou la surface au pinceau. Les lignes peuvent alors s’amplifier comme des fleuves, les volumes et les formes prendre de la consistance ou du poids…

La peinture n’est pas « dessin ».

Parfois je ne peux pas peindre car  l’énergie adéquate n’est pas là. Tantôt je ne peux pas dessiner car l’énergie n‘y est pas. Parfois c’est une certaine couleur que je ne pourrais pas entreprendre. Il faut l’énergie et le désir adéquat.

 

En psychanalyse, la sexualité n'est pas un instinct, elle n'est pas non plus biologique. Si cela était, la rencontre entre un homme et une femme aurait la simplicité de la rencontre entre le mâle et la femelle, ou encore du spermatozoïde et de l'ovule. Or, ce n'est pas le cas, rien ne fait plus parler que cette rencontre le plus souvent ratée parce que justement, entre les sexes, il n'y a pas de complémentarité.

Serait-ce aussi cela dont ta peinture – et non pas tes dessins - témoigne ?

 

Je ne comprends pas bien cette question ; j’essaie donc d’y répondre comme je peux.

Je ne pense pas faire étalage de sexualité dans ma peinture. Je ne crois pas non plus que ma peinture fasse état de la biologie (encore qu’un médecin de mon entourage y aurait vu des éléments se référant à l’embryologie… ). Il est possible que s’y inscrivent comme des traces provenant d’une mémoire archaïque du corps des éléments de la gestation (morula, blastula, etc.).

Le fantasme de rencontre entre les sexes ne me travaille pas particulièrement… pas plus que celui de complémentarité.

En revanche s’il y avait une fascination à laquelle je devrais résister, ce serait celle éprouvée face à l’altérité.

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Entretien avec Marie-Louise NOLTE, artiste plasticienne, à propos de son exposition « Les Mystères du Vivant » (1ère partie)

Publié le 26 Juillet 2012 par Jean Mirguet dans Expositions

Poster Nolte - finalArtiste plasticienne connue pour ses papiers collés, Marie-Louise Nolte vit et travaille à Nancy depuis 1975.

Depuis 1999, elle aborde, avec sa série « Les Mystères du Vivant », qu’elle expose du 2 juillet au 31 août 2012 à l’Office du Tourisme de St Nicolas de Port,  une nouvelle phase de son œuvre en se consacrant à « une peinture à l’huile vivante, fantasque et optimiste, aux couleurs éclatantes».

 

Dans la présentation de ton exposition, tu fais référence au street art et à des artistes contemporains comme Takashi Murakami ou Juan Pablo « Popay » de Ayguavives, celui qu’on surnomme le « Goya du graffiti et de l’art urbain ». Cela fait-il de toi une héritière de Warhol et du pop art américain ?

 

Ayant montré pour la première fois (2008) des photos de mes peintures à la conservatrice en chef du musée de Nantes lors d’un entretien concernant une expo à venir de mes papiers collés dans ce musée, cette conservatrice m’a fait remarquer que ma peinture lui faisait penser à celle de Takashi Murakami et dans ce sens m’a conseillé de proposer mes peintures à la Biennale de Lyon où s’exposait la jeune peinture nipponne. Je  ne me suis pas du tout reconnue dans son propos. (Takashi Murakami vient de la B.D. et du manga). Je n’ai d’ailleurs pas donné suite à cette invitation.

En revanche, c’est en voyant les œuvres récentes de « Popay » que j’ai senti quelques similitudes dans l’énergie que dégagent ses petits personnages souvent difformes qui envahissent ses dernières toiles.

 

Considères-tu que ton travail de création soit voisin de celui du poète : créer, non à partir de mots, de sons, de signes mais à partir de couleurs, considérer les mots ou la matière picturale comme des choses et non comme des signes ?

Est-ce ainsi que le peintre peut attraper le sentiment de la vie ? Ce que tu essayes d’attraper, sont-ce les pulsions, l’énergie émanant de ceux que tu appelles tes « petits drôles » ?

 

Je ne suis pas poétesse… mis à part quelques haïkus. Et donc je ne sais pas bien comment « ça marche » pour les poètes.

Ce que je puis dire c’est que dans la peinture (et cela plus que dans le dessin) c’est le corps qui est impliqué. Dans ce sens, mieux vaudrait se référer à la danse.

Cependant, je peux expliquer au plus près les processus. À l’origine, il y des carnets de croquis où je trace une ligne… des lignes… des enchevêtrements de lignes ; ces lignes suggèrent des formes… les formes des masses (l’œil, la bouche, le sein, l’anus etc.). Enfin les formes et les masses des « paysages » dans lesquels apparaissent des personnages.

La peinture est (pour l’instant) une transposition de mes dessins ou d’une partie de mes dessins avec les aléas et les contraintes (autres) de la matière peinture qui permet du fait de sa plasticité et de son onctuosité une infinité de variations et de subtilités que ne permet pas le dessin.

Il ne faut donc pas voir dans ma peinture le résultat d’une intention intellectuelle… mais plutôt le résultat d’un travail du corps mû par des impulsions… tout cela avec des limites… et là où la limite se fait sentir (car enfin le toile est une surface plane en deux dimensions et relativement restreinte…et le pinceau n’est qu’un instrument de précision très rudimentaire qui prolonge la main), là où la limite se fait sentir qui pourrait « brimer » l’impulsion, la technique prend le relais et permet de simuler les trois dimensions, les bosses et les creux, l’extérieur et l’intérieur, les méats, etc.…

Et pour répondre à la dernière partie de ta question… Oui ! La peinture telle que je la ressens est un travail où le corps s’exprime (et par là même, la mémoire du corps également) qui, allié à l’intelligence technique, au savoir-faire, donne les pulsations de la vie… ( le sentiment de la vie comme tu dis) et est capable de faire ressentir l’énergie de la vie aux regardeurs.

Parfois ces formes peuvent devenir des êtres (des entités… un peu comme les homoncules de Paracelse), en tout cas des vivants. 

 

On voit dans tes tableaux des formes humaines vivantes qui ont subi une distorsion. Pourquoi cette distorsion ? Francis Bacon dit que, dans son cas, toute peinture est accident. Il voit d’avance la chose dans son esprit et pourtant il ne la réalise presque jamais comme il la prévoit.

Pour toi, la chose se transforme-t-elle du fait même qu’il y a peinture ? Crois-tu que la peinture ait une vie complètement à elle, qu’elle a sa vie propre ?

Est-ce aussi cela les mystères du vivant ? Les formes que tu crées, te viennent-elles parce que tu as eu l’intention de les faire, ou viennent-elles par accident sans que tu les saches préalablement ? Arrive-t-il souvent que l’image se transforme au cours de ton travail ?

 

Je connais cette phrase de Francis Bacon. Lorsque l’on peint, on peut comprendre que Francis Bacon ait utilisé « un accident de la peinture » pour en faire sa marque de fabrique. Il y a des accidents « heureux »… comme il y en a de malheureux. Lorsqu‘on peint librement (sans sujet ni iconographie imposée), il arrive toutes sortes de choses (accidents, dérapages, effets, etc.) sur la surface de la toile. C’est au peintre de décider s’il utilisera ou pas (et comment) ces « accidents ». Dès lors que les peintres prétendent (comme depuis la moitié du XIXe siècle) que le sujet n’existe plus et que c’est le sujet lui-même voire la peinture qui sont les sujets de la peinture (cf. l’évolution de l’esthétique) il y a fort à parier que les peintres se sont servi des « accidents » de la peinture  pour en faire leur miel.

Ce n’est pas mon propos car ni le sujet du peintre ni le sujet de la peinture ne m’intéressent. Ce qui m’intéresse c’est-ce qui se produit lorsque, maîtrisant une technique, on parvient à exprimer au-delà de soi et au-delà du matériau quelque chose d’universel ; c’est-à-dire quelque chose qui est universellement reconnu comme inhérent ou appartenant à la condition humaine ou de l’univers.

Donc, pour ma part, je préfère poursuivre mon propos sans céder à la fascination des accidents qui peuvent s’avérer comme des solutions très plaisantes… je poursuis sans relâche mon propos travaillant la matière jusqu’à ce qu’elle se révèle en parfaite adéquation avec ce que j’ai envie de ressentir profondément en regardant ma peinture : le plaisir sensuel d’une harmonie bien ronde… comme un nouveau-né bien rond et dodu (et non pas un petit tout fripé et tout laid).

Voir la chose que l’on veut représenter dans son esprit est une chose. La réaliser est possible à condition de peaufiner sa technique, ne pas se contenter des aléas qu’on rencontre, voir et comprendre pourquoi telle couleur ou telle forme ne « fonctionne pas » dans l’ensemble de la composition… Cela demande du temps, de la maturation

Et va à l’encontre des rythmes actuels. Tant pis. Je produirai moins que d’autres.

Je pense aussi qu’à l’instar des écrivains qui parlent de leurs personnages qui en cours d’écriture prennent tel ou tel caractéristiques…et finalement leur échappent, je peux dire que la peinture a une vie complètement à elle et qu’elle échappe aux peintres.

C’est pourquoi ils la signent… non?

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Exposition Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens

Publié le 26 Juin 2012 par Jean Mirguet dans Expositions

 

Ouverture de l'exposition "Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens"

Elle aura lieu du 10 Juin au 2 Septembre 2012 au Musée Georges de la Tour à Vic-sur-Seille.

Exposition exceptionnelle autour de l'artiste allemande du XXe siècle

Käthe Kollwitz
(Königsberg, 1867-1945, Berlin)

kate kol



Influencée par Rodin, Kollwitz n'aura de cesse de puiser ses connaissances et sa technique auprès

des maîtres de l'art tels que Rembrandt, Michel-Ange

et ainsi devenir un véritable témoin de son temps.

D'un réalisme proche de celui des expressionnistes, c'est par le dessin et la gravure surtout

qu'elle exprime la vie d'une nation toute entière dans ses doutes,

ses souffrances et dans ses espoirs.
Son oeuvre la plus célèbre aujourd'hui est la Pietà de la Neue Wache à Berlin,

monument national allemand des plus importants

dédié à la souffrance civile et à l'appel à la paix.
Autour de 90 oeuvres de l'artiste, l'exposition présentera les travaux de certains de ses
contemporains tels que Rodin ou Ernst Barlach, mais également les maîtres anciens
l'ayant inspirée comme Rembrandt ou Dürer.
 

10 Juin au 2 Septembre

Le livret des visiteurs
Dans le cadre de l'exposition Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens.
Du 10 Juin au 15 Juillet 2012, les visiteurs sont invités à écrire
leur ressenti devant des oeuvres de leur choix.
A partir de 1er Août 2012, les textes sélectionnés seront publiés
dans un livret (gratuit) guidant le public à travers l'exposition.
A partir de cette même date, les nouveaux textes des visiteurs
seront édités dans différents médias jusqu'à la fin de l'exposition.
Pour tous les publics, enfants inclus.

Date du programme des animations :

- Mercredi 13 Juin 2012 : 20 h 30
- Mercredi 27 Juin 2012 : 14h > 17h
- Mercredi 4 Juillet 2012 : 20 h 30
- Mardi 7 Août au Vendredi 10 Août 2012 : 14h > 17h

 

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Sonomama, photos du japonais Naohiro Ninomiya

Publié le 18 Novembre 2011 par Jean Mirguet dans Expositions

SonomamaNaohiro Ninomiya (http://www.naohiro.fr/), photographe japonais, expose ses photos à la MJC Pichon à Nancy, du 25 novembre au 16 décembre 2011.

Né à Nagoya, au Japon, en 1969, il vit et travaille à Strasbourg.

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