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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

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De la chatouille à la flambée à l’essence

Publié le 23 Décembre 2014 par Jean Mirguet dans Femmes

Journée la plus courte et nuit la plus longue, le récent 21 décembre ne célèbre pas seulement le solstice d'hiver. C’est également, depuis 6 ans, la Journée mondiale de l’orgasme, inventée par deux pacifistes américains, Donna Sheehan et Paul Reffell qui ont créé l’association Global Orgasm. Son but est de jouir le plus possible pour obtenir la paix dans le monde grâce à la sécrétion de l’ocytocine, une hormone communément appelée « hormone du plaisir» ou «hormone du bonheur ».

C’est ainsi que chez le campagnol des montagnes, dont chacun connaît la légendaire asocialité et la frivole inconstance, la femelle ne s'occuperait de sa progéniture que pendant une brève période, les mâles ne s'impliquant pas du tout dans la vie des petits. Des études pharmacologiques suggèrent que chez la femelle de son cousin, le campagnol des prairies, l'ocytocine serait nécessaire pour développer une relation de couple et pour stimuler le comportement maternel alors que, chez le campagnol des montagnes moins pourvu en récepteurs de l'ocytocine, ces effets ne seraient pas observés.

Dans leurs complexes rapports, les hommes et leurs compagnes fonctionneraient-ils comme des campagnols ?

Quelques jours avant la célébration de cette Journée, l’IFOP publiait les résultats d’une enquête sur "Les Françaises et l'orgasme", réalisée auprès de 1 006 Françaises. Partant du principe (nullement questionné) que pour les femmes comme pour les hommes, la jouissance est du pareil au même, l’enquête conclue que les femmes jouissent moins (sic !) que les hommes puisque seules 60 % d’entre elles ont « souvent » un orgasme avec leur partenaire actuel, 27 % « parfois » ou « assez rarement » (8 %) et 5 % jamais. Suivent quelques recommandations en matière de technique coïtale permettant de maximaliser le plaisir.

Peut-être les enquêquêteurs auraient-ils pu se demander si, dans les affaires du sexe, l’amour n’aurait pas quelque rôle à jouer ? Pas de la même façon pour les hommes et pour les femmes puisque si, pour les premiers, l’amour et le désir sexuel se désaccouplent, pour les secondes, c’est le partenaire qui est souvent dédoublé : il est l’amant qu’elles désirent et qui les fait jouir mais il est aussi l’homme de l’amour.

Toutefois, en l’affaire, l’anatomie ne décide pas. Il y a des femmes qui fonctionnent comme les hommes, s’en choisissant un pour l’amour et un autre pour la jouissance.

Quoiqu’il en soit, de cette jouissance féminine, en sait-on quelque chose ? L’IFOP serait-il mieux informé … alors que Lacan, himself, affirme héroïquement que la femme elle-même n’en sait rien, « se contentant » (peut-être) de l’éprouver ?

Alors, je propose de méditer la remarque de Philippe Sollers que le femme est bien celle qui ne tient pas tant que ça au rapport sexuel et que, comme le dit Lacan, « la jouissance, c’est le tonneau des Danaïdes, et qu’une fois qu’on y entre, on ne sait pas jusqu’où ça va. Ça commence à la chatouille et ça finit par la flambée à l’essence ».

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