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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

Articles avec #poesie catégorie

Le goût des bergamotes

Publié le 25 Août 2017 par Jean Mirguet dans Poésie

Marie-Ange Mirguet a le grand plaisir de vous inviter à découvrir Le goût des bergamotes, un recueil rassemblant un peu plus d’une centaine de poésies brèves, écrites dans l’esprit des haïkus japonais par les participants d'un atelier d’écriture conduit par Dominique Chipot pendant une dizaine d'années. 

soleil de Calabre
sur la langue
le temps d’une bergamote

Marie-Louise Montignot

On peut commander le recueil aux éditions Pippa :  http://pippa.fr/Le-gout-des-bergamotes mais il sera possible de se le procurer au Livre sur la Place à Nancy (stand du Hall du Livre) où les auteurs vous accueilleront les 8, 9 et 10 septembre 2017.
Contact : mamirguet@yahoo.fr 

Retour de voyage
deux jours après la valise
toujours pleine

Marie-Ange Mirguet

Siège social
Dans chaque bureau
Un ficus mort

Denis Aubert

« Écrire un haïku, c’est brider son ego toujours prompt à clamer la virtuosité de notre esprit, sans l’étouffer complètement, écrit Dominique Chipot dans « La saveur du non évènement », une introduction au recueil. . […] Si les auteurs rassemblés ici ont choisi, la plupart du temps, de partager leurs sensations dans une simplicité d'expression, ils ont par moments préféré des textes plus dépouillés ou plus littéraires. Cette diversité fait toute l'originalité de ce corpus, où chaque poème a pour seule ambition de suggérer la sensation perçue à un moment de la journée. Un non-événement devenu sous la plume de l'auteur un moment plein de saveurs à déguster lentement... comme une bergamote. »

Dans le silence
le battement de mon cœur
me surprend

Sophie Cattanéo

Jour de rentrée –
La cocotte-minute
reprend du service

Marie-louise Nolte

 

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Le goût des bergamotes 

Publié le 13 Juillet 2017 par Jean Mirguet dans Poésie

Le goût des bergamotes 

Anthologie du groupe Haïku de Nancy

animé par Dominique CHIPOT 

 

Illustrations de Chloé LATOUCHE

11,5x18 cm – 74 pages NB  
ISBN : 978-2-916506-98-2 
Sortie : juin 2017 
Prix : 15€

 

LE SUJET

Voici un recueil réunissant les styles divers de seize haïkistes qui ont participé aux ateliers animés par Dominique CHIPOT à Nancy durant une dizaine d’années. Cet ouvrage est le fruit d’une sélection collective des textes, et garde ainsi la trace de ce travail de longue haleine né d’une passion et d’une émulation communes.

« La variété des activités proposées, dont le seul point commun était d’engager le dialogue entre les participants, nous a finalement permis d’appréhender le haïku sous ses différentes formes sans vouloir imposer un genre. »

 

ARGUMENTAIRE 

« Écrire un haïku, c’est brider son ego toujours prompt à clamer la virtuosité de notre esprit, sans l’étouffer complètement. […] Si les auteurs rassemblés ici ont choisi, la plupart du temps, de partager leurs sensations dans une simplicité d'expression, ils ont par moments préféré des textes plus dépouillés ou plus littéraires. Cette diversité fait toute l'originalité de ce corpus, où chaque poème a pour seule ambition de suggérer la sensation perçue à un moment de la journée. Un non-événement devenu sous la plume de l'auteur un moment plein de saveurs à déguster lentement... comme une bergamote. »

Extrait de la préface de Dominique CHIPOT 

 

Soleil de Calabre 

sur la langue

le temps d’une bergamote 

Marie-Louise MONTIGNOT

LES AUTEURS 

 

Ces seize haïkistes ont façonné le groupe Haïku de Nancy : Denis AUBERT, François BARTOLI, Claire BASILE, Sophie CATTANÉO, Isabelle CUNY, Pierre FOUSSE, Élisabeth GAUZELIN, Françoise HYNDERICK, Bernard LE MELLEC Marie-Ange MIRGUET, Marie-Louise MONTIGNOT, Jean-François NOMINÉ, Marie-Louise NOLTE, Hélène OUPTIER, Anne-Marie WOLFF. Leurs textes sont présentés par Dominique CHIPOT, lui-même auteur de haïkus, qui a déjà publié quatre livres aux Éditions Pippa : Le trou de la chaussette (2013), La boussole dans son vol garde le nord (2016), Au rythme du Chat (2016), Un souffle poétique du Japon sur nos écrits (2016).

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Raoul, poète de la Cité des Anges

Publié le 13 Février 2013 par Raoul Mirguet dans Poésie

Poème de Raoul
Neige
qui tombe
toute douce
comme un tas de laine dans une boule
coulant entre tes mains
légère
mais fragile
comme une barbe à papa blanche
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Entre-deux

Publié le 19 Septembre 2012 par Jean Mirguet dans Poésie

J’ai déjà évoqué dans ce blog le travail de François Jullien, philosophe sinologue, penseur de l’entre-deux séparant la pensée gréco-européenne de la pensée chinoise. Il ne s’agit pas pour lui de penser les différences entre l’Europe et la Chine mais de sortir de l’Europe et, en tirant parti de l’extériorité de la pensée chinoise, attraper notre impensé d’Européen.

En février dernier, François Jullien publiait chez Grasset, Cinq concepts proposés à la psychanalyse. Ces cinq approches font deviner certains aspects de la psychanalyse laissés dans l’ombre par son inventeur, déterminé qu’il était par l’outillage intellectuel européen.

À la fin de son livre, François Jullien développe le concept de « transformation silencieuse », qui rend compte du processus à l’œuvre dans une cure psychanalytique : il s’agit d’opérer des déplacements en soi-même afin, écrit-il, qu’on ne soit plus « retenu en arrière » et que, de nouveau, il devienne possible d’avancer. C’est ainsi que l’analysant se découvre être différent alors qu’il est toujours le même, la transformation silencieuse qui opère en lui, à son insu, faisant son chemin dans l’ombre jusqu’à ce qu’un jour, elle projette en pleine lumière une de ses manifestations qui, alors, fait événement.

Dans ce progrès, écrit François Jullien, un mouvement s’extrait de l’insaisissable et point dans la conscience. Il sort de l’imperceptibilité, au stade du « subtil » et de l’ « infime », au moment où son amorce commence à s’entendre dans le monde sensible.

Quelque chose affleure qui de latent devient manifeste. Dans ce passage de l’un à l’autre, on pense à ce qu’écrit Lacan dans sa préface à L’Eveil du Printemps de Franck Wedekind, à propos du problème qu’est pour les garçons de faire l’amour avec une fille : « Ils n’y songeraient pas sans l’éveil de leurs rêves ».

 

Dans la pensée chinoise, latent et manifeste ou latent et patent, pour reprendre les termes de Jullien, font couple comme le yin et le yang.

Entre l’un et l’autre se déroulent des transformations souterraines, qui à l’image de ce qui se passe dans une psychanalyse, font venir à la surface des évidences qui, jusqu’alors, étaient restées larvées. Du latent au patent s’opère un passage : celui du « pas encore » au « déjà là ».

Il y a entre le latent et le patent un espace, une transition, un intervalle, un entre-deux.

Or, penser l’entre-deux implique de ne pas se contenter de penser avec le seul critère de la différence, de la frontière qui départage ce qui est de ce qui n’est pas ou de l'affrontement : homme ou femme ? autochtone ou étranger ? vie ou mort ? psychanalyse ou comportementalisme ? gauche ou droite ? Hollande ou Sarkozy ? ...etc, etc.

La logique binaire occidentale du ou bien... ou bien avec la frontière comme indice d’un intérieur et d’un extérieur ou d’un ici et d’un ailleurs ou d’un avant et d’un après n’est pas suffisante pour rendre compte de ce qui se passe quand on rencontre un événement qui fait qu’après, ce n’est plus comme avant.

Ainsi en va-t-il du passage du seuil entre vie et mort. Ce franchissement étonne Socrate qui, dans le Phédon, est surpris de ce que le un et le deux n’aient pas de rapport : « Lorsqu’un plus un font deux, lequel des deux un s’est transformé pour faire deux ? Le premier ou le second ? ». Il cherche une différence entre les deux un là où il y a un entre-deux à explorer.

Un sage chinois, convaincu de l’existence du continuum et n’envisageant pas la confrontation entre des opposés car attentif à cet « entre » où tout se passe, ne se serait jamais posé une telle question.

 

Peut-être le haïku est-il la forme poétique la plus aboutie permettant au voyageur d’explorer ce presque rien de l’entre-deux dans lequel se déploie le passage du latent au patent. "Il n'y a rien à ajouter au haïku qui vient éclore sur les lèvres du voyageur" écrit Maurice Coyaud dans Fourmis sans ombre, le Livre du haïku, ; "il n'a pas besoin d'une syllabe de plus pour dire ce qu'il a à dire ; rien ne saurait l'augmenter, lui donner davantage de sens : il est, tel quel, autorité pure, qui n'a elle-même à s'autoriser de rien".

Et c’est tel quel, sans en dire plus qu’il ne faut, que la mère écrit ce tercet :

Retour de voyage –

mon enfant dit

tu n’as plus le même goût

                            MAM

 

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Indicible haïku

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Poésie

Autant extraordinaire qu'intraduisible, autant innommable qu'insensé, l'objet a du Docteur Lacan est, comme la poésie, un des noms de l'indicible : l'essence ultime des choses, la Chose, un réel en somme.

La parole, le langage habillent ce réel dont nous ne savons rien, si ce n'est, selon Nietzsche, à travers les constructions fictives qui sont celles que le langage permet.

A la différence de notre discours occidental, de notre bavardage souvent prompt à expliciter, à arpenter la moindre parcelle de signification, à coloniser le terrain au nom de la raison organisatrice, la délicatesse du haïku déborde les digues du sens. Il s'inscrit dans "un système symbolique inouï, entièrement dépris du nôtre", que Roland Barthes appelle le sytème Japon.

En témoigne Bashô, cité par Maurice Coyaud dans Fourmis sans ombre, le Livre du haïku, qui se refuse à dire la trop évidente beauté du Mont Fuji et l'évoque un jour de brouillard :

Brume et pluie

Fuji caché. Mais cependant je vais

Content

"Gardez-vous de comprendre" recommandait Jacques Lacan : une indication donnée à celui qui, à trop vouloir donner de sens, masque le réel.

"Il n'y a rien à ajouter au haïku qui vient éclore sur les lèvres du voyageur" écrit Maurice Coyaud ; "il n'a pas besoin d'une syllabe de plus pour dire ce qu'il a à dire ; rien ne saurait l'augmenter, lui donner davantage de sens : il est, tel quel, autorité pure, qui n'a elle-même à s'autoriser de rien".

Fragile, évanescent, précaire, "il s'enroule sur lui-même, le sillage du signe qui semble avoir été tracé s'efface : rien n'a été acquis, la pierre du mot a été jetée pour rien : ni vagues ni coulée de sens" (Roland Barthes, L'empire des signes).

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La poésie entre sens et trou

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Poésie

La structure de l'être parlant est trouée. Qu'est-ce à dire ?

Le trou veut dire que, dans la structure, il y a toujours quelque chose qui ne peut s'expliquer et qui nous échappe (cela peut s'appeler castration, refoulement originaire, objet perdu, impossible à dire, réel, non-rapport sexuel...art). Ce trou, nous le bouchons par des effets de sens, jusqu'à le supprimer.

Or, avancer avec Lacan que la poésie est "effet de sens, mais aussi bien effet de trou", c'est dire qu'il y a deux sortes de poésie :

- la ratée qui produit un effet de sens sans effet de trou

- la réussie qui, quand elle produit un sens, ne renvoie pas à un autre sens mais à une place vide.

Le mot choisi laisse un vide à la place de l'autre mot qui manque. Paul Claudel le confirme (A travers la littérature japonaise) :  "Sur la page, la part la plus importante est toujours laissée au vide. Cet oiseau, cette branche d'arbre, ce poisson ne servent qu'à historier, qu'à localiser une absence où se complaît l'imagination."

 

Devant l'éclair -

sublime est celui

qui ne sait rien !

                                       Bashô

 

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