Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

S’essayer à déchiffrer l’époque

Articles avec #spectacles catégorie

Céline’s Big Band

Publié le 11 Novembre 2015 par Jean Mirguet dans Spectacles

Céline’s Big Band

A ceux qui ont aimé (mais également aux autres ...) le Y en a que ça emmerde qu’il y a des gens de Courbevoie , interprété par Stanislas de la Tousche, je signale la parution de Céline’s Big Band, D’un lecteur l'autre, un recueil de textes rassemblés par Emeric Cian-Grangé, paru récemment aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

Extrait du 4ème de couverture :

« Les auteurs [des témoignages] qui sont réunis ici ne sont pas, quelques-uns mis à part, des céliniens et pas non plus des professionnels de la critique. Ce sont de purs lecteurs, engagés pour le reste dans toutes sortes d'activités. Tous, ici, se proposent en principe la même tâche : non pas écrire sur Céline en général, mais retrouver la vérité de leur premier contact avec son oeuvre, et le contexte personnel qui était de nature à éclairer ce contact. Connus ou inconnus, et avec toute leur diversité, ils sont ici, à égalité, des lecteurs qui cherchent à dire ce que Céline a été pour eux lors de cette rencontre, et, pour presque tous, le reste de leur vie. » Henri Godard (extrait de la préface).

Céline s Big Band propose de vous faire découvrir ce que l'oeuvre célinienne peut susciter chez des lecteurs sensibles à la « petite musique » de l'auteur de Voyage au bout de la nuit. Chacun ne s'y reconnaîtra pas, cela va sans dire. Mais quel plaisir, n'est-ce pas, de cheminer d'un texte à l'autre, d'un lecteur l'autre, désorienté, rassuré, intrigué, chahuté, ému... brinquebalé ! Que l'on se souvienne : « Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. »

Céline’s Big Band
commentaires

Michel-Ange et le pape

Publié le 25 Septembre 2012 par Jean Mirguet dans Spectacles

J'espère que, comme moi, vous serez écroulés de rire en regardant cette vidéo des Monty Python, enregistrée à l'Hollywood Bowl de Los Angeles. Ne manquez pas d'en faire profiter les amis musulmans, catholiques, juifs, etc...Ça déridera peut-être les plus coincés d'entre-eux, spécialement les bigots qui, il est vrai, ne sont pas des gens spécialement marrants, tout particulièrement en ce-moment.

commentaires

La page blanche, par le Théâtre au noir

Publié le 10 Septembre 2012 par Jean Mirguet dans Spectacles

la page blanche

  Après trente ans d'existence, le Théâtre au noir nous fait le coup de

LA PAGE BLANCHE

Epopée burlesque et tragique

 

Les mercredi, jeudi, vendredi, samedi 26/27/28/29 septembre à 20h30

Les mercredi, jeudi, vendredi 3/4/5 octobre à 20 h 30

Le dimanche 7 octobre à 16 h

 

Théâtre d'essai de Lillebonne

14, rue du Cheval Blanc à Nancy

www.mjclillebonne.org

 

Vivace - Notre temps est compté et tu bavasses!

Adagio - Ah non, hein!… pas le coup du temps… après ce qui s’est passé...

Vivace - …la faute à qui ! ?

Adagio - Oui, parfaitement, la faute à qui ?… je te le demande, hein ? La faute à qui ?

Vivace - Aux enculeurs de mouches !…

 

Pseudo homme d’action d’un côté et véritable enculeur de mouches de l’autre, Vivace et Adagio cherchent un lieu d’embarquement dans un monde où tout est appelé à disparaître… jusqu’aux mots.

La vague finale les engloutira-t-elle… ou permettra-t-elle de tout réécrire?

 

Avec :

Daniel Gintzen Vivace

Rémy Louis Adagio

Pour l’oeil, la plume et l’univers scénographique : Jacques Rimbert

Costumes : Eléonore Daniaud

Décor : Julien Hoffmann

Manolo Canton

Lumière et son : Martin Rumeau

Affiche : Sabine Pocard

Maquette affiche et flyer : Philippe Malburet

 

Merci à la MJC Lillebonne

commentaires

La Mouette et Winter Family au Festival d'Avignon

Publié le 19 Juillet 2012 par Jean Mirguet dans Spectacles

Sauf si vous avez la chance et le privilège d'assister à l'envol de La Mouette, mardi 24 juillet, dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon, ne manquez pas sa retransmission en direct à 22h40 sur France 2.

Mis en scène par Arthur Nauzyciel, le texte de Tchekhov sera accompagné de "la mise en espace sonore" créée par Winter Family, dont les spectacles ont été plusieurs fois évoqués dans ce blog.

A voir et revoir le site de ce duo franco-israélien dont on trouvera les coordonnées dans la rubrique "Amis et Camarades" du blog.

commentaires

USA : le rock pour adoucir la prison

Publié le 5 Juillet 2012 par Coralie Garandeau et Olivier Mirguet dans Spectacles

Le rock en prison est une tradition américaine. Après Elvis Presley et Johnny Cash, Wayne Kramer, le légendaire guitariste du groupe des années 70, "MC5", a donné un concert dimanche dernier dans la prison de Lancaster au nord de Los Angeles. Parmi, les musiciens, des ex-membres des "Guns N' Roses" et des "Foo Fighters". Wayne Kramer a fondé une association, les Jail Guitar Doors, qui distribue des instruments aux prisonniers.

Un reportage de Coralie Garandeau et Olivier Mirguet pour ARTE Journal.

 

commentaires

Notre lien à la langue : créatifs ou meurtriers ?

Publié le 20 Mars 2012 par Jean Mirguet dans Spectacles

Le tueurDes’lices d’Opéra  et l’Opéra national de Lorraine vous invitent à une table ronde

le 28 avril 2012 de 10h à 13h

Grande salle de l’Opéra national de Lorraine à Nancy.

Intervenants :

Yvanne Chenouf, spécialiste de la littérature jeunesse

Philippe Choulet, Professeur de philosophie

Frédéric Werts, écrivain.

Argument :

L’opéra Le tueur de mots s’ouvre sur un chœur d’hommes et de femmes qui chante une ligne mélodique sur des sons-voyelles. Le héros qui a pour profession de tuer les mots entre en scène. Amoureux de sa langue maternelle, amoureux de ce matériau sonore, il berce son fils de sa musique. Il est incapable de tuer les mots car il sait trop bien que l’être humain est pétri de cette langue, de son chant et qu’en supprimant les mots qui ne servent soi-disant plus à rien, ce sont les hommes mêmes que l’on vise. Pour sa femme au contraire, il s’agit de faire advenir un monde efficace où l’on pense droit grâce à des mots fiables qui peuvent rendent compte d'un univers positif et surtout univoque, celui du pouvoir, de la maîtrise. La seule parade à cette novlangue serait de renouer avec la vocalité pure du début de l’existence.  Mais dans l’opéra, la tentative échoue.

Nos langues sont-elles vraiment des pièces de musée sans avenir et incapables de s’adapter aux exigences de notre monde ? Faut-il en conséquence les purifier, les dégraisser de tous les mots devenus inutiles et qui les polluent ? Faut-il même s’en détourner totalement comme le souhaite la femme du Tueur de mot  dans l’opéra éponyme d’Ambrosini et se doter d’un idiome plus efficace ?

Quel est finalement notre lien à notre langue ? Est-il créatif ou meurtrier ou à la fois l’un et l’autre ?

Entrée gratuite

Venez nombreux !

 

Voir l'article du 18 octobre sur ce blog

 

commentaires

Les Etats-Unis à la parade

Publié le 17 Janvier 2012 par Jean Mirguet dans Spectacles

Lundi 2 janvier, 8h15 heures du matin. Nous venons d’arriver à l’angle de Colorado Boulevard et de Raymond Avenue, en plein centre de Pasadena, dans la banlieue nord-est de Los Angeles.Rose parade 1555 (2)

La 123e Rose Parade bat son plein depuis environ un quart d’heure. Son thème cette année : « Just imagine »... tout un programme ! Pas moins de 44 chars superbement décorés de roses (mais pas uniquement), 22 troupes à cheval et 21 marching bands d’au moins 200 musiciens chacun composent la parade. Les « fanfares » sont américaines, bien sûr, mais pas seulement : certaines viennent de Porto Rico, du Canada, du Japon et même de Suède. Cet après-midi, se déroulera le Rose Bowl Game, le match de football américain universitaire le plus prestigieux.Marching band

A ses débuts en 1890, la Rose Parade était destinée à valoriser les hivers cléments du Sud de la Californie.  En l’espace d’un siècle, elle est devenue une attraction mondiale - suivie par plus de 50 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis et retransmise dans plus de 200 pays - de même qu’une source d’importantes retombées économiques - 400 millions de dollars dans le Sud de la Californie.

700000 personnes sont massées tout le long du parcours. Parmi elles, de nombreuses familles entières se sont installées sur les trottoirs depuis la veille ; pour ne rien rater du spectacle, elles ont apporté matelas, sac de couchage, de quoi faire à manger et ont installé leur campement tout le long de Colorado Boulevard, la longue avenue de 5 miles et demi qui traverse Pasadena d’Est en Ouest.

Quelle ferveur ! Mais alors que, moment où nous arrivons, la foule en liesse acclame les chars fleuris, les fanfares et les cavaliers, un avion furtif de l’US Air Force survole la Parade !

Pour être à l’heure, nous nous sommes levés tôt. Un quart d’heure de voiture jusque Highland Park Station, la station de métro la plus proche située sur la Gold Line.

Le métro est bondé. Impossible de monter dans la première rame qui  se présente. Nous avons plus de chance avec la suivante qui nous dépose vingt minutes plus tard à Memory Park.

Nous nous laissons porter par le flot de tous ceux qui, calmement, se dirigent vers le parcours où passe l’immense corso. Mais difficile de voir quelque chose derrière toutes ces rangées de spectateurs qui crient, applaudissent, sifflent.

Le défilé va durer deux heures, survolé à un moment par un petit avion qui tracte une banderole sur laquelle est inscrite « Impeach Obama ! » (Obama destitution !)Impeach Obama

Quelle ambiance ! Pas de doute, la Rose parade, c’est la tradition qui défile, en exhibant sans complexe, les symboles de la puissance américaine. Manifestement, une fierté émane de cette exultation populaire, fierté d’être tous américains, surtout dans cet état d’immigration qu’est la Californie...la glorieuse Star-Spangled Banner est là, toute proche, faisant bomber les torses d’orgueil !

Alors que les derniers chars viennent de passer et que la Parade se termine, une autre s’annonce, bien différente de l’officielle.  C’est celle du rassemblement « Occupy the Rose Parade » qui s’est créé dans la mouvance de « Occupy Wall Street ».Occupy the rose parade Ce mouvement de contestation pacifique s’était formé en septembre à New York pour dénoncer les abus du capitalisme financier. Après avoir occupé le parc Zuccotti, les manifestants ont été expulsés violemment par la police new yorkaise un mois plus tard. Leur revendication s’adresse à Obama à qui ils demandent la création d’une commission présidentielle pour mettre fin à l’influence de l’argent sur la représentation du peuple à Washington.

En novembre, ils ont occupé l’Hôtel de Ville de Los Angeles et ils avaient annoncé leur intention d’occuper la Rose Parade ! Après moult tractations, la police leur a donné quand même l’autorisation de marcher tout de suite après les derniers chars, à la condition de ne pas perturber la cavalcade, sous peine de se voir infliger 1000 $ d’amende et 6 mois de prison !

La parade des occupy protesters s’ouvre avec « Goldie Sachs », une pieuvre géante faite de sacs en plastique et référence à la banque Goldman Sachs dont on connaît le rôle désastreux dans la crise financière actuelle. « Goldie Sachs » étale ses tentacules sur toute la largeur de Colorado Boulevard, et se faufile, tel un immense monôme, entre les spectateurs toujours présents.

We the peopleA côté des militants de « Occupy the Rose Parade », manifeste toute une faune hétéroclite de militants des droits des animaux, de sectes religieuses prédisant la fin du monde, de militants pour les droits civiques, d’opposants à la guerre...etc. L’ambiance est joyeuse, festive, nous sommes loin des chars fastueux qui, tout à l’heure, faisaient l’admiration de l’Amérique conservatrice.

Mais, le défilé se termine car se profile derrière les manifestants, une escouade d’impressionnants véhicules de la police anti-émeute. Arnachés comme des robocops, ils ferment la manifestation.Police 1627

Tout de suite après, les voitures recommencent à circuler ou du moins essayent-elles de le faire car il nous faudra pas moins d’une heure pour que le bus dans lequel nous nous sommes engouffrés puisse sortir de Pasadena et ramener sa cargaison de spectateurs à Union Station, la superbe et principale gare de LA.

 

commentaires

Chronique d’un déchirement

Publié le 29 Novembre 2011 par Jean Mirguet dans Spectacles

«Voyage halluciné dans une dictature émotionnelle» est le sous-titre donné par Ruth Rosenthal et Xavier Klaine à leur spectacle Jérusalem Plomb durci, joué ce lundi soir dans le cadre du Festival Ring à Nancy.

Manifestement, Israël sait produire de grandes cérémonies quand il s’agit de commémorer le double anniversaire de sa création et de la réunification de Jérusalem : non seulement les shows militaro-artistiques organisés par l’Etat sont conçus pour émouvoir mais l’émotion est utilisée pour façonner les esprits.

Ici comme ailleurs mais plus encore dans cette ville où tout est symbole, la dictature de l’émotion enraye la pensée et ne milite pas en faveur de la démocratie.

Devant l’écran géant sur lequel sont projetées d’immenses images des célébrations et au son d’une musique écrasante, Ruth Rosenthal arpente la scène de sa frêle allure, soit pour y interpréter quelques délicates figures de danse de son enfance soit pour défiler au pas militaire qu’elle démilitarise aussitôt et rend dérisoire en jerkant sur une musique disco.

Encerclé de petits drapeaux israéliens, à la fois protection contre un danger extérieur et enfermement dans un espace clos, le corps de la comédienne s’embrase, sa voix se fait tumultueuse, sous le coup de la tyrannie des émotions qui l’agitent et l’assiègent. De l’enthousiasme à l’angoisse, de l’attendrissement à la douleur, c’est toute une palette d’émotions que l’artiste nous fait partager.

Ruth incarne la tragédie d’un peuple qui aspire à vivre démocratiquement et à penser librement. Mais comment la liberté et la démocratie pourraient-elles se déployer quand l’émotion commande l’esprit et que les corps gardent l’empreinte indélébile de la Shoah et de son impossible représentation, à quoi s’ajoute le danger terroriste ?

Dans cette chronique d’un déchirement, il est autant question de se demander quelle issue trouver à cet enfermement tragique que de se demander ce qui le rend possible. La fin de ce spectacle bouleversant plonge la salle dans un long moment de noir : serait-ce pour nous rappeler, avec Brecht, que « le ventre est toujours fécond, d'où sortit la bête immonde »? Il n’est personne qui ne soit concerné par cette interrogation et qui « demeure saisi de la question », selon la formule onusienne.

Mais les lumières se rallument et Ruth, bien vivante avec Xavier à ses côtés, vient saluer le public.

 

Prochaines représentations :

6 et 10 décembre 2011 Les Halles de Schaerbeek, Bruxelles

30, 31 janvier et 1er février 2012 L’Espal, scène nationale, Le Mans

 

 

 

commentaires

Jérusalem Plomb Durci

Publié le 18 Novembre 2011 par Jean Mirguet dans Spectacles

WTDans le cadre du Festival Ring qui se déroule à Nancy du 23 novembre au 6 décembre 2011, Winter Family présente Jérusalem Plomb Durci, une performance de théâtre conçue, mise en scène et interprétée par Ruth Rosenthal et Xavier Klaine, le lundi 28 novembre à 20h30 au Conservatoire Régional du Grand Nancy, salle Ravel (http://www.winterfamily.info/theater.php)

Winter Family (voir le lien sur cette page) est un duo de musique expérimentale composé de l’artiste israélienne Ruth Rosenthal (textes, voix) et du musicien français Xavier Klaine (musique, piano, grandes orgues, harmoniums, célesta) basé à Jérusalem et Paris.

Un voyage halluciné dans une dictature émotionnelle

Une jeune femme de Jérusalem nous guide lors d'un voyage sonore, visuel et textuel à travers la société israélienne. La douleur, la mémoire et le courage sont célébrés de toutes parts, les codes et les symboles sont étirés jusqu'à l'épuisement. Chants, discours, sirènes et danses sont omniprésents de la naissance à la mort des individus, qui, pris en otages par un système implacable, deviennent les acteurs d'une éblouissante et macabre hallucination collective et se projettent dans un tourbillon violent, triste et national. Jour après jour, Israël accélère sa fuite en avant désespérée et vaine : la dictature émotionnelle.
Une performance de théâtre documentaire
En 2008, à l’occasion des anniversaires simultanés de l’état d’Israël et de la "réunification" de Jérusalem, le duo de musique expérimentale franco-israélien Winter Family a enregistré à Jérusalem la pièce sonore Jérusalem Syndrome produite par les Ateliers de la Création Radiophonique et diffusée sur France Culture le 24 mai 2009. Ruth Rosenthal et Xavier Klaine ont alors décidé de développer ce travail et de créer une performance de théâtre documentaire.
En décembre 2009 puis avril 2010, ils ont alors filmé et récolté à Jérusalem des images de cérémonies et de célébrations mémorielles et nationales dans les écoles, les quartiers, les médias et un grand nombre de lieux symboliques de l’Etat d’Israël.
Leur travail de création théâtral a débuté en mai 2010 à la Fonderie du Mans. Il s’est poursuivi en juin 2010 à la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée puis à nouveau à la Fonderie du Mans en juillet.

Jerusalem Plomb Durci : pourquoi ce titre ?

Parce que les noms d'opérations militaires sont cyniquement poétiques.

L’opération militaire israélienne à Gaza en 2009 a débuté pendant la fête de Hanoukka, « plomb durci » est tiré d'une contine chantée à l’occasion de cette fête.

De plus Jérusalem est appelée "la ville d’or", alors qu’il s'agit à nos yeux d'une ville plombée durement.

 

Billetterie : Théâtre de la Manufacture à Nancy, FNAC, Digitick.

commentaires

Il killer di parole Le tueur de mots

Publié le 18 Octobre 2011 par Jean Mirguet dans Spectacles

tueur

Ludodrame de Claudio Ambrosini, Il killer di parole a été créé à La Fenice de Venise en décembre 2010. Il clôturera la saison 2011-2012 de l’Opéra national de Lorraine à Nancy (www.opera-national-lorraine.fr) : 26, 28, 29 juin, 1er et 3 juillet 2012

L’argument est prometteur : il aborde la question du langage dans lequel il y a les mots utiles et il y a les mots qui meurent car inutiles. Quid de tous ces mots qui ne sont plus que musique ou traces du passé ? Quid des nombreux idiomes locaux qui disparaissent chaque jour au profit de langues plus répandues ? Qu’en faire ? C’est ici que l’opéra se propose de réenchanter la langue.

 

L’idée de cette création a surgi d’une conversation avec le romancier Daniel Pennac, auteur de livres pour la jeunesse et fervent promoteur de la lecture. L’écrivain a attiré l’attention du compositeur sur le travail des lexicographes et autres rédacteurs de dictionnaires qui, attelés en permanence au toilettage de la langue, suppriment et rajoutent des vocables en fonction de leur caractère inusité ou usité.

Dans Le tueur de mots, un homme, le killer di parole, est précisément celui à qui incombe cette tâche de « purification » linguistique, travail accepté à contrecœur par un homme sensible, humaniste, amoureux des mots, poète mais dont le rêve se heurte à une épouse au tempérament de manager et pour qui seuls comptent les chiffres.

Dans le premier acte, nous voyons le killer aux prises avec sa conscience paternelle, conjugale et linguistique. Pétri de bonne volonté jusqu’à la naïveté, il rêve de mener à bon port sa mission. Cependant le doute s’insinue, notamment lorsque surgit le personnage de la parole tuée qui lui reproche de l’abandonner pour d’autres. À la fin de l’acte, le chœur de l’humanité entonne un chant pathétique, déclarant que les mots effacés contre leur gré ont une vie après la mort et laissent une trace dans le temps.

Le deuxième acte se déroule vingt-cinq ans plus tard. Le tueur n’a pas terminé son travail lexical. Transféré dans un autre bureau, il doit maintenant enregistrer les derniers idiomes existant sur terre, avant l’instauration d’une langue unique parlée par tous, appelée la langue définitive. Le killer a vieilli, mais il est toujours autant fasciné par la beauté des langues dont il tente de garder trace grâce à son laborieux travail d’enregistrement et d’archivage. Toutefois sa tâche se révèlera inutilisable et l’on célébrera la naissance de la langue définitive, dans un monde monocorde et standardisé.

 

La langue définitive résonne comme l’envers de la formule de Hegel,« le mot tue la chose ». Tuer le mot, est-ce retrouver ce qui n’est pas pris dans les mots ? Est-ce retrouver la chose ? Est-ce un fantasme de retour aux origines ?

Si le mot ou le symbole se manifestent comme meurtre de la chose, le tueur de mots incarne alors le meurtrier du symbolique dont il fait disparaître définitivement la trace. Est ainsi représentée une deuxième mort voire une nouvelle version de la solution finale.

 

La langue définitive, une langue nouvelle ?

Dans La forclusion du Nom-du-Père (Seuil, 2000), Jean-Claude Maleval indique que le terme de glossolalie s’est imposé en 1900 dans le discours de la psychiatrie, grâce à Théodore Flournoy, professeur de psychologie à l’Université de Genève. La glossolalie est la tentative faite par un sujet pour parler une langue nouvelle qui se fixe et s’enrichit progressivement. C’est ainsi que Flournoy, ayant suivi durant six ans des séances spirites données par la médium Hélène Smith, fut le témoin d’accès de somnambulisme. Lors de ces accès, elle produisit plusieurs romans au cours desquels se déclenchèrent des phénomènes exceptionnels de création d’une langue nouvelle.

De celle-ci comme d’autres forgées par de rares psychotiques, G.A. Teulié constatera que les parlers glossolaliques ne sont que des emprunts, des déformations et des appauvrissements de langues connues ; bien loin de constituer des langues, ces parlers peuvent, à peine, être considérés comme des langages nouveaux.

 

En prélude à cet opéra, l’association Des’Lices d’Opéra (www.deslicesdopera.fr) organise le samedi 28 avril 2012, à l'Opéra national de Lorraine, de 10h à 13h, une table ronde sur le thème : Notre lien à la langue : créateurs ou meurtriers ?

Invités : Frédéric Werst, écrivain, Philippe Choulet, philosophe, Yvanne Chenouf, spécialiste de la littérature jeunesse.

Modérateur : Mô Frumholz

Si vous n'êtes pas membre de Des'Lices d'Opéra et que vous souhaitez assister à la table ronde, veuillez vous adresser à Mô Frumholz deslicesdopera@free.fr pour vous inscrire, la priorité étant donnée aux adhérents. Participation non-adhérents : 5 €. .

 

 

commentaires