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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

politique

Edgar Morin, une icône ?

Publié le 3 Juin 2026 par Jean Mirguet dans Politique

Caroline Fourest consacre son éditorial du Franc-Tireur de cette semaine à Edgar Morin.

Dans le climat de Morinmania déclenché par la disparition du vénérable sage, son texte, intitulé « Sacré Edgar », déboulonne irrespectueusement la statue de celui qui, s’il fut souvent un inspirateur fécond des gauches européennes, fut également celui que le grand public, pas toujours regardant ou exigeant sur le contenu de ses interventions, vénérait.  

Dans les dernières années de son existence, ses discours sur la scène médiatique ont souvent entretenu l’engouement de ses admirateurs alors même que le vieux sage s’accrochait, de manière parfois pathétique, à son statut de penseur populaire.

Edgar Morin, militant de l’universalisme, nous a souvent bercé d'une humanité fraternelle où les frontières pourraient disparaître comme par enchantement. Etait-ce, comme l’avance Caroline Fourest, pour séduire la jeunesse décoloniale qui l’admirait pour son opposition à la guerre d’Algérie et la radicalité de ses critiques de l’État d’Israël ?

 

On pourra lire également l’article de  Jean Jacob, publié par le CAIRN, intitulé « Les effets pervers de la complexité morinienne » : https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2013-1-page-131?lang=fr

 

Caroline Fourest, Franc-Tireur, 3 juin 2026

Sacré Edgar

Il est de bon aloi, lorsqu’une personnalité décède, de ne retenir de sa biographie que les pages lumineuses. Et il y en a eu, nombreuses, dans la longue vie d’Edgar Morin. Est-il permis de dire que ses premières années paraissent plus éclairées que les dernières? Que sa trajectoire, la complaisance dont il a parfois bénéficié racontent aussi l’aveuglement? Libération le qualifie d’« éternel résistant ». Ce fut vrai au début de sa vie. Très jeune, Morin a su résister au nazisme qui voulait sa peau. Puis il a épousé toutes les causes de la gauche communiste l’ayant adopté comme militant avant de le glorifier comme intellectuel. Il a bénéficié du tampon PC nécessaire pour entrer dans ce club et a su le quitter à temps, juste à temps, avant que les chars de l’armée soviétique n’entrent dans Budapest.

À la fin des années 1960, quand l’antisémitisme n’était pas encore redevenu à la mode, il a publié La Rumeur d’Orléans : l’autopsie d’une rumeur attribuant la disparition de jeunes femmes à des notables pédocriminels via des cabines d’essayage tenues par des commerçants juifs. On y retrouve tous les ingrédients du complotisme QAnon et antisémite : la plaie de notre temps. Edgar Morin aurait pu éclairer notre époque à partir de cette œuvre salvatrice. Mais, comme Stéphane Hessel, il a préféré « rester dans le coup » et plaire jusqu’au bout à la jeunesse décoloniale, qui l’admirait pour son opposition à la guerre d’Algérie, et plus encore pour la violence de ses critiques envers Israël.

Autoproclamé théoricien d’une « pensée complexe » qui enchaînait en réalité les lapalissades, sa fameuse « méthode » n’avait pas la rigueur de Descartes... Sinon, l’humaniste revendiqué se serait moins fourvoyé. Lui qui a servi de caution intellectuelle aux élucubrations de Didier Raoult et, surtout, de dernier compagnon de route à Tariq Ramadan. Ils n’ont pas seulement coécrit deux livres ensemble, mais effectué la tournée des banlieues pour y célébrer le prédicateur-violeur des Frères musulmans, l’un des plus toxiques pour faire remonter le machisme religieux et le complotisme anti-Juifs.

Même quand des femmes ont parlé, Edgar Morin a pris son parti : « A-t-il violé trois femmes ou ont-elles violé trois fois la vérité ?» Il faut dire que, de toutes les causes de gauche à épouser, #MeToo est bien la seule que l’homme aura méprisée. Dans ses mémoires, Morin revendique fièrement avoir été un agresseur sexuel, qui adorait se frotter contre les femmes dans le métro : « À partir de 12-13 ans, je cherchais le contact d’une croupe féminine qui souvent ne réagissait pas, parce que condamnée à l’immobilité. » Il confie s’être si souvent frotté qu’il en a perdu son « bouton de braguette ». À partir de 16 ans, il allait plus loin : « Je m’enhardissais parfois à glisser ma main sur la croupe émouvante et commençais à caresser. »

Bizarrement, ces lignes, et d’autres aveuglements, ne figurent pas dans la page Wikipédia dithyrambique dont il bénéficie grâce au privilège d’être de la « bonne » gauche. Celle qui aboie et annule si l’on n’est pas de son camp, mais pardonne tout si on lui caresse la croupe.

 

 

 

 

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Un gauchissement de l’honneur

Publié le 14 Juin 2024 par Jean Mirguet dans Politique

Depuis que le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée Nationale, notre pays est confronté à un moment de vérité qui va décider de l'orientation des familles politiques qui y sont représentées. Mais, en l'espèce, il s’agit également d'une orientation morale. Le mot n'est pas de trop quand il s'agit de JL Mélenchon ou d’autres dirigeants de LFI, comme F. Ruffin qui, sur BFM TV, n’hésite à qualifier Emmanuel Macron de « taré » (sic ! ).

A l’initiative du même Ruffin, un front de gauche s’autoproclamant  « nouveau front populaire » s’est constitué en rassemblant PS, Verts, communistes, NPA, soutenu par la CGT et la CFDT.

Il n’est plus question de la NUPES, l'intitulé change, mais l'idée reste la même : l'union. Mais de quelle union s'agit-il ?

Si la gauche avait le sens de l’honneur, ce serait de ne pas se compromettre et d’avoir le courage de s’engager contre l’extrême-droite sans LFI et ses élus, dont on a pu vérifier à quel point élus ils bordélisent nos institutions et attisent les haines.

A l'heure où des compromissions faites d’alliances contre-nature se nouent à droite comme à gauche, il nous faut nous interroger sur l’essentiel.

Où est passée la gauche ? Où est passée la droite républicaine ? Que sont devenues les lignes rouges de la gauche, mon ancienne famille politique ? Où sont aujourd’hui ses valeurs, son honneur ?

Est-ce la gauche de Mitterrand, Rocard, Jospin, Valls qui tolère les pires dérapages de Mélenchon ? Est-ce cette gauche qui se compromet avec les Insoumis, le NPA, leur antisémitisme décomplexé, leurs sorties abjectes qui n'ont plus rien à envier au FN de Jean-Marie Le Pen ?

Je partage l’opinion du philosophe Raphaël Enthoven quand il déclare que l’alliance entre socialistes et Insoumis est une imposture. « C’est le regroupement de gens qui se détestent mais qui sont soudés par la peur de perdre leur siège et qui se cherchent le plus petit dénominateur commun pour sauver les meubles ». Héritiers des Munichois de 1938 et 1940, ils ont fait de leur revirement un devoir et « rendre, comme l’écrit Jankélévitch, le déshonneur supportable et même honorable ». « L’évidence de la honte n’est pas encore évidente pour tout le monde », poursuit-il dans son article « Dans l’honneur et la dignité » consacré à la période 1940-1944, avant d’ajouter que « si des Français n’ont pas cette sensibilité nationale immédiate, spontanée, infaillible et presque instinctive au déshonneur, s’il faut discuter interminablement avec eux pour leur faire comprendre que la compétence d’un gredin, si irremplaçable soit-il, est de peu d’importance auprès de sa gredinerie, on peut bien dire que le mal d’avilissement est sans remède ».

Le silence des sociaux-démocrates face à ces reniements est plus que troublant. Pourquoi l’indignation est-elle à sens unique ? Pourquoi ne réussit-on pas à construire une majorité composée des Républicains et des démocrates qui ne font pas le pari du chaos dans la rue et à l’Assemblée nationale ? Quid d’un sursaut républicain s’élevant contre le déshonneur ?

Quid de l’honneur, réel sujet d’actualité, dans notre pays ?

 

Le dictionnaire, grâce à l’ordre alphabétique, produit de surprenantes rencontres. C’est ainsi que dans le Dictionnaire historique de la langue française, on trouve honneur sur la page de gauche et juste en face honte. L’honneur et la honte. 

Entre l’honneur et la honte, les liens sont étroits puisque l’absence de honte est corrélative d’une perte de l’honneur. Lacan s’exprimait en ce sens quand, dans la dernière leçon de son séminaire L’envers de la psychanalyse, en juin 1970, il dit que « mourir de honte est un effet rarement obtenu ». Autrement dit, il n’y a plus de honte. Il faut oublier la honte, la faire disparaître. En témoignent les multiples demandes de pardon, les repentirs, les regrets, les excuses. Il faut oublier la honte de la Shoah, celle du stalinisme, du retour de l’antisémitisme, etc…

On voit ce qui en résulte : le retour des intégrismes, des totalitarismes, des replis identitaires, avec le cynisme sans vergogne de ceux pour qui la loi du plus fort devient la seule ligne de conduite, qu’elle s’exerce en Ukraine, en Israël, à Gaza, au Soudan, en Syrie … la liste ne cesse de s’allonger.

Avec l’oubli de la honte, le pouvoir de l’honneur s’est évaporé.

Qu’est-ce que l’honneur ? Le mot honneur (longtemps au féminin) apparaît en ancien français à la fin du XIe siècle. En particulier dans la Chanson de Roland, avec les deux sens qu’il garda longtemps : une terre qui assure à son possesseur pouvoir, prestige et richesse ; une qualité, une dignité propre à tel ou tel individu, exprimant et soutenant sa réputation. 

En somme, l’honneur est une réputation, un patrimoine symbolique, presque spirituel, qu’au Moyen-Age, tout chevalier se devait d’accroître pour ensuite le transmettre à son lignage. L’honneur est donc un bien moral qui se transmet après avoir été « conquis, comme l’écrit Erik Orsenna, dans la lutte et qui permet à la fois d’acquérir la considération d’autrui et de conserver sa propre estime ». 

Pour Aristote, « l’honneur est la récompense de la vertu, accordée aux gens de bien » mais plusieurs siècles plus tard, l’honneur devient, sous la plume de Montesquieu, une demande, celle des préférences et des distinctions et rien ne s’oppose alors à ce que le vicieux l’obtienne, du moment que les conséquences sont heureuses pour la collectivité.

Deux versants de l’honneur donc, l’un reposant sur une conception humaniste au service d’un sujet, l’autre sur une conception utilitariste au service du politique.

Ces deux versants de l’honneur pourraient correspondre à l’opposition entre l’honneur des anciens et celui des modernes. L’honneur, dit-on, régnait chez les Grecs et les Romains; il fallait « mériter sa mort » comme l’écrit Tacite, alors qu’aujourd’hui, l’honneur des modernes consisterait plutôt à délivrer ces derniers des obligations de l’honneur : n’est-ce pas justement ce que, ces jours-ci, nous donnent à voir, avec indécence, nombre de dirigeants politiques ? 

 

 

 

 

 

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L’événement de la dissolution

Publié le 12 Juin 2024 par Jean Mirguet dans Politique

Coup de tonnerre, séisme politique, tremblement de terre, onde de choc, coup de théâtre, traumatisme, etc… la puissance des mots est insuffisante à rendre compte de l’ébranlement provoqué dimanche soir par l’annonce du Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, à la suite du succès électoral du Rassemblement National.

Il s’agit indubitablement d’un événement, au sens donné par Alain Badiou à ce concept : « L’événement, écrit-il, est toujours imprévisible, il fend et pourfend l’ordre stagnant du monde en ouvrant de nouvelles possibilités de vie, de pensée et d’action. Une révolution en politique, une rencontre amoureuse, une innovation artistique, une découverte scientifique d’ampleur : ce sont là des événements. Ils font surgir quelque chose de profondément inédit, ils donnent lieu à une vérité jusque là insoupçonnée (…). Le sujet est celui qui ne demeure pas passif devant l’événement ; il se l’approprie, il s’engage résolument dans l’aventure qui se voit frayée ».

Avec l’événement, c’est le Réel qui envahit notre réalité quotidienne et la transforme. Il est, comme le Réel lacanien, impossible, en ce qu’il échappe à toute symbolisation : on ne s’y attend pas, et le langage de la réalité ne réussit à le nommer qu’approximativement, mais c’est un signe de vie.   

Avec l’annonce de la dissolution de l’Assemblée Nationale, nous nous sommes retrouvés confrontés à un surgissement brusque voire à une irruption violente ou une déchirure de notre vie quotidienne.

Dès ce moment, rien ne sera plus comme avant : la cruelle nudité du Réel nous saute à la figure, les masques tombent et, comme l’avance Emmanuel Macron,  se fomentent aux deux extrêmes des alliances contre-nature qui sont des bricolages d’appareils ».

La dissolution sera-t-elle bénéfique pour le pays et pour l’actuel Président de la République? Faisons crédit à ce dernier pour en être convaincu mais, en l’état, rien n’est moins sûr.

Si l’effet de clarification attendu de la vie politique française se produit, cet événement deviendrait un avènement, quelque chose d’inédit qui fonde un nouveau temps puisque  l’événement interrompt le temps dans lequel il advient. Il y met fin, pour le refonder. Ce qui ferait de l’événement un moment rare et extraordinaire.

Cependant, on ne mesure les effets d’un événement que dans l’après-coup. C’est le cas du traumatisme qui, pour un psychanalyste, ne peut être défini que par les effets  causés par l’effraction.

S’il est pertinent de penser que la décision présidentielle de dissolution constitue un traumatisme, on peut alors en déduire que le recours à de nouvelles élections, contraignant les partis politiques et leurs systèmes d’alliance à trouver de nouveaux équilibres, constitue véritablement une fracture, engendrant un trou dans lequel les organisations politiques se sont engouffrées sans délai et avec frénésie.

Dans cette situation où l’urgence semble commander, il me paraît essentiel de tenter de calmer le jeu et comprendre un peu ce qui se passe, d’essayer de se décaler pour ne pas se laisser emporter par les arguments caricaturaux et simplistes ou être fasciné par les déclarations fracassantes et à l’emporte-pièces des leaders politiques ou le débridement imaginaire voire délirant de la plupart des médias.

Comment s’en sortir ? Quelles réponses apporter à cet événement ?

Le recours aux conceptualisations et à l’expérience de la psychanalyse est peut-être un moyen de nous aider à nous dessiller les yeux et à nous désabuser.

Avec Lacan, la psychanalyse montre qu’à l’effraction traumatique est associé un fantasme qui constitue un mode de traitement du réel mis en jeu.

Quid de ce fantasme concernant notre actualité politique ? Quelques heures après la décision d’Emmanuel Macron, a surgi un signifiant : unité. S’unir ou périr, a-t-on pu entendre. Unité tant du côté de la Gauche que du côté de la Droite, unité aujourd’hui alors qu’hier, des positions diamétralement opposées sur des sujets fondamentaux témoignaient de pensées irréconciliables.

Pourtant, nous assistons depuis quelques heures à des opérations inouïes de gommage des divergences : Eric Ciotti rejoint Bardella, « l’ardoise magique des alliances à gauche » comme l’écrit Caroline Fourest, devient l’instrument préféré des promoteurs de ce nouveau « front populaire » devenu gadget électoral.  

Alors que l’événement-dissolution met en pleine lumière une multitude d’antagonismes, fantasmer du Un conduit à une tâche impossible, sauf à, comme l’exprime encore Caroline Fourest, « vendre son âme pour un plat de lentilles », et cela dans l’intérêt du pays, conformément à l’inusable langue de bois.

Dans un article remontant à une vingtaine d’années, le psychanalyste François Ansermet, à la suite de Lacan, distingue plusieurs temps consécutifs à un traumatisme, des temps non pas chronologiques mais des temps logiques.

Le premier temps, « l’instant de voir » est celui de l’effraction et de la sidération. Il projette dans la confusion, dans une stupéfaction renversante.

Le second temps – « le temps pour comprendre » - est celui où un essai de compréhension de ce qui arrive est tenté : trouver une explication, trouver des  raisons pour rendre compte de ce qui se passe. Ce à quoi s’emploient les multiples journalistes et commentateurs qui échafaudent hypothèses sur hypothèses. C’est un mode de traitement de l’événement, un traitement par le sens.

Il y a enfin le troisième temps – « moment de conclure » - : il s’agit de sortir du sens, de se décoller de l’événement traumatique pour passer à autre chose. C’est l’occasion d’une relance pour reprendre la main, redevenir acteur. C’est, dira Lacan, « trouver dans l’impasse même d’une situation la force vive de l’intervention », s’appuyer sur l’impossible à dire pour ouvrir à nouveau le champ des possibles, autrement dit produire un acte. C’est un moment d’urgence, la précipitation d’une décision pour s’extraire de l’enlisement.

François Ansermet propose de miser sur ce qu’il appelle « un principe de l’incertitude », qu’il importe du film de Manoel de Oliveira (O principio da incerteza) où on ne comprend pas ce qui arrive, où tout est incertain, où on ne saisit ce qui se passe que dans l’après-coup et d’une façon décalée.

Comme dans ce film, la vie se vit dans l’incertitude et, comme l’exprime le réalisateur, « le principe de l’incertitude décrit un monde où rien n’est sûr ; tout est caché. Dans la vie, tout se passe comme ça, on se trompe sur ce qu’on voit, on se trompe sur la vérité … je m’étonne de ce que je fais, je ne sais pas d’où ça vient ».

Or, il en va du traumatisme comme il en va de beaucoup de choses dans la vie : on en sort par l’intervention à côté, possiblement surprenante, par la création d’un écart. En se décalant de l’événement, on agit pour ne pas rester coller au traumatisme, pour trouver des solutions évitant l’installation dans une position de victime (posture préférentielle tant des Droites que des Gauches qui font de Macron celui qui les a fait exploser).

Encore faut-il pour cela, ajoute François Ansermet, « rendre supportable l’insupportable, pour retrouver l’incertitude fondamentale dont tout procède », aller au-delà des pesanteurs contraignantes induites par l’événement traumatisant pour permettre l’émergence d’autres formes d’inattendu.

Comme il y a un travail du deuil, il y a un travail de la dissolution à réaliser.

 

 

 

 

 

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Un bruit de casseroles

Publié le 9 Mai 2023 par Jean Mirguet dans Politique

Peut-être déplorez-vous comme moi la manière dont une majorité de médias relaie sans vergogne les slogans de l’opposition, que ce soit celle de la gauche radicale ou celle de la droite populiste et réactionnaire : les Français sont « en colère », « révoltés » par un « déni de démocratie ». La légitimité des élus est opposée à celle de la foule, de la « rue », du « peuple », pendant que des manifestants font du bruit en tapant sur du vide, avec le soutien de casseroles devenues l’emblème de la gauche. A la radio, à la télévision sont privilégiés les témoignages de personnes hostiles à la réforme. Quant aux violences en marge des manifs, elles sont essentiellement policières.

Il devient très compliqué de dénicher une presse qui sache résister aux sirènes et aux délires idéologiques. Depuis maintenant plusieurs années, Le Monde a abandonné son exigence éditoriale de centre gauche ; quant au service public, il est bien en peine de proposer une information sans filtre idéologique. À l’objectif d’informer s’est substitué celui de racoler et de faire le buzz.    

Pourtant, nombreux sont les citoyens qui aspirent à une information les éclairant sans les manipuler, qui attendent des réflexions croisées, plurielles, rendant compte de la complexité du monde, qui souhaitent des politiques éditoriales respectueuses des grands principes de la démocratie, de la République, du processus européen.

Plutôt que d’évoquer la « crise de la démocratie », expression devenue en quelques semaines le poncif le mieux partagé dans notre pays, ne serait-il pas plus juste d’invoquer une crise de la médiacratie donnant naissance à son rejeton, la médiocratie ?

Infantilisée par les radicalités, l’opinion se laisse de plus en plus contaminée par ce que l’écrivain et journaliste Kamel Daoud appelle la « puérilocratie », « ce jeu dangereux des médias se cherchant une parenté amoureuse avec la casserolade »

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A rebours du bavardage de maints commentateurs reconvertis en directeurs de conscience, je propose à votre lecture cet éditorial de Luc de Barochez, rédacteur en chef du service Monde du Point. Il l’a intitulé « Le misérabilisme performatif français ».

La performativité, c’est quand dire, c’est faire, sport auquel se livrent les grognons et les défaitistes qui, joignant le geste à la parole, décrédibilisent toute action réformatrice en s’évertuant à tenir des discours catastrophistes sur le pays.

 

Le « misérabilisme performatif » français

Par Luc de Barochez

Le Point 09/05/2023

 Le peuple le plus pessimiste au monde s’abuse sur l’état réel du pays. La fin officielle du Covid vient d’en donner un nouvel exemple.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de proclamer, le 5 mai, la fin de l'état d'urgence sanitaire liée au Covid-19. Mesure-t-on bien la rapidité avec laquelle la pandémie, grâce au vaccin, a été endiguée ? Les Français reviennent de loin. En 2020, ils étaient le peuple le plus pessimiste au monde sur l'efficacité attendue du sérum, selon une étude internationale alors réalisée par Ipsos. Seule une minorité (48 %) pensait qu'il finirait par vaincre le virus. Ils n'étaient même que 16 % à juger probable un retour à la normale après le Covid !

Il faut se souvenir de ces données pour mesurer la profondeur de la dépression française, ce mélange de mélancolie et d'autodénigrement identifié de longue date mais qui ne cesse de s'aggraver. Ce printemps, quelque 72 % des personnes interrogées par l'Ifop pour le JDD se disent pessimistes sur l'avenir de la France, un taux en progression spectaculaire de 16 points par rapport à 2021.

Un maître de conférences à Sciences Po Paris, Alexander Hurst, vient de raconter dans The Guardian une expérience éclairante à laquelle il s'est livré avec ses étudiants. Il leur a présenté un graphique indiquant le niveau d'inégalités des pays développés, en omettant leurs noms. Les élèves ont identifié sans difficulté les Etats-Unis, en tête des riches démocraties les plus inégalitaires. Ils se sont en revanche trompés sur la France, qu'ils ont positionnée près de l'Amérique alors qu'elle figure en réalité dans le bas du tableau, non loin des pays scandinaves.

De fait, l'Hexagone est plus égalitaire que l'Allemagne, la Suisse ou l'Italie. Le coefficient de Gini, qui mesure le taux d'inégalité, en fait foi. Il est même meilleur aujourd'hui en France qu'il ne l'était pendant les Trente Glorieuses, cette période à croissance économique forte (1945-1973) pendant laquelle le pays était plus sûr de lui, mais moins bien loti et plus inégalitaire qu'aujourd'hui. L'enseignant de Sciences Po en tire une leçon capitale : un « incroyable décalage » sépare la réalité du discours hyperbolique et catastrophiste que la France tient sur elle-même. Ce « misérabilisme performatif », selon son expression, alimente la nostalgie du « c'était mieux avant » qui fait le jeu des extrêmes à droite comme à gauche et décrédibilise l'action réformatrice du politique.

Performance environnementale

La France n'est certes pas un paradis ! Sa dette publique, qui ne cesse de grossir malgré les prélèvements obligatoires les plus lourds d'Europe, en témoigne. L'état de son système éducatif, aussi. Mais elle n'est pas non plus l'enfer que beaucoup de ses habitants imaginent. Septième puissance économique mondiale, elle est un pays où, même après la réforme, les travailleurs pourront partir à la retraite plus tôt que n'importe où ailleurs en Europe, où le taux de fécondité est le plus élevé du continent, où l'espérance de vie à la naissance figure parmi les meilleures, où le chômage structurel qui perdure depuis un demi-siècle est en voie d'être vaincu, où l'écart des salaires entre hommes et femmes est parmi les plus bas et continue à diminuer.

La performance environnementale de la France, selon l'indice calculé par l'université américaine Yale, la place au 12e rang mondial, devant – excusez du peu – le Japon, l'Italie, l'Allemagne ou les Etats-Unis. Elle est l'un des pays qui ont le mieux négocié leur transition numérique et où le coût de l'Internet mobile est le plus bas. Elle est, pour la troisième année consécutive, le pays européen qui attire le plus d'investissements étrangers. Elle est même, selon le blog spécialisé Fipaddict, le seul grand pays européen où le pouvoir d'achat a augmenté pendant la crise sanitaire, pour s'établir fin 2022 à 1,5 % au-dessus de son niveau de 2019. Bref, une puissance moyenne qui n'a pas à rougir.

D'où vient alors ce déficit de bonheur qui ne cesse d'assombrir le moral des Gaulois réfractaires ? Il y a quarante-cinq ans, l'économiste Jean Fourastié, l'auteur des Trente Glorieuses (Fayard, 1979), pointait déjà les dépenses sociales élevées mais inefficaces, l'incapacité à organiser un dialogue social digne de ce nom, la rigidité du droit du travail, la grande fragilité du commerce extérieur. Le jugement reste valable. On pourrait y ajouter l'angoisse devant une mondialisation qu'on peine à appréhender, la frustration devant un État nounou de plus en plus impotent, et surtout la crainte du déclassement, qui se nourrit justement de la conscience de sa situation privilégiée. C'est quand on est nanti qu'on a le plus а perdre.

 

 

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Une presse allumeuse

Publié le 12 Avril 2023 par Jean Mirguet dans Politique

« Constituée pour soutenir la défense d'Alfred Dreyfus, la Ligue des droits de l'homme a été de tous les combats du XXe siècle. Elle peut s'enorgueillir d'avoir porté haut les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité pendant plus de cent ans.

Plusieurs événements récents obligent, hélas, à constater que la Ligue a aujourd'hui bradé cet héritage (…) La LDH a cru pouvoir répondre au racisme dont sont victimes les jeunes issus de l'immigration en faisant preuve de complaisance à l'égard des organisations religieuses qui prétendent les représenter ». 

C’est ainsi que s’exprimaient en 2006, le journaliste Antoine Spire et l’avocat Cédric Porin, après avoir décidé de quitter la LDH.

Lors de l’affaire Redecker, ce philosophe menacé de mort pour avoir critiqué l’Islam radical, la LDH avait d'abord fait état de son rejet d' « idées nauséabondes », avant de concéder : « Quoi que l'on pense des écrits de M. Redeker, rien ne justifie qu'il subisse un tel traitement... ». « Mais l'ambiguïté et la timidité de ce soutien s'accommodent mal avec l'intransigeance qu'exige le combat pour la liberté d'expression », poursuivaient les deux démissionnaires qui concluaient ainsi : « Sans distance à l'égard du mouvement social, trop souvent ambiguë ou même compromise à l'égard d'un intégrisme islamiste dangereux, et en recul sur la lutte contre l'antisémitisme ou la défense de la liberté d'expression, la Ligue a perdu sa légitimité d'autorité morale de la République. Depuis longtemps, elle n'est plus l'organisation conçue pour défendre Dreyfus. Jusqu'à aujourd'hui, nous pensions que, association pluraliste, elle pourrait, malgré sa dérive, entendre une minorité à laquelle nous participions depuis des années. Mais cette dérive continue sans garde-fous. Il ne nous reste plus qu'à la quitter ».

 

Quid aujourd’hui de l’engagement de la Ligue des Droits de l’Homme pour la défense des droits et des libertés ? Quid de son autorité morale quand sa désinformation sur Sainte-Soline (cf. l’article du Point ci-dessous) s’inscrit dans la suite logique d’une dérive que nombre d’organes de presse, tels Le Monde, Télérama, n’hésitent pas à emprunter pressés qu’ils sont de dénoncer « les graves menaces que fait peser le gouvernement sur certains des garants des droits fondamentaux de notre pays » (sic !).

 

L’intox de la LDH sur Sainte-Soline fissure la Commission des droits de l’homme

Le Point 12/04/2023

La Licra, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), se désolidarise publiquement d’un courrier « à la rhétorique radicale » envoyé notamment en son nom.

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a accusé l’État d’avoir délibérément empêché les secours d’accéder aux blessés lors de la manifestation de Ste Soline.

Dans un enregistrement audio publié et relayé par de nombreux médias, la Ligue des droits de l'homme (LDH) a accusél'État d'avoir délibérément empêché les secours d'accéder aux blessés lors de la manifestation qui a dégénéré а Sainte-Soline le 25 mars. De nombreux témoignages ont démontré qu'il n'en était rien et que, jamais, le Samu n'avait étéinterdit d'accéder aux blessés par les forces de l'ordre.

En dépit de ces témoignages qui interrogent sur le rôle joué par la LDH dans le débat public, le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) Jean-Marie Burguburu a adressé le 7 avril un courrier courroucé à la Première ministre pour défendre l'association. Dans cette missive, Jean-Marie Burguburu prend la défense de la LDH, dans des termes proches de ceux utilisés par l'association.

« La Commission observe une tendance devenue systématique dans la rhétorique du ministre de l'Intérieur à dénigrer les défenseurs des droits humains et les organisations de la société civile, et à menacer de toucher à leurs subventions. Le ministre les présente comme des agitateurs, des délinquants, voire des terroristes. Ce discours, qui n'est pas sans rappeler celui largement utilisé par les autocraties à l'égard des défenseurs des droits de l'homme, conduit à une dangereuse remise en cause de l'utilité et de la valeur des actions de ces personnes engagées dans la défense des droits humains. Ce risque est d'autant plus grand que les associations de défense des droits de l'homme, comme les citoyens ordinaires, font le constat de nombreuses difficultés dans l'exercice des libertés fondamentales : liberté de manifestation, liberté d'expression, libertéd'information, liberté d'association, droit а la sûreté face à des arrestations sommaires, voire arbitraires, et droit au respect de l'intégrité physique face aux violences policières illégitimes », s'agace le président de la CNCDH dans ce courrier particulièrement véhément.

La Licra évoque un « dérapage alarmant »

Cette lettre et plus largement l'attitude de la LDH, ne fait cependant pas consensus au sein de la CNCDH. La Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), qui siège aussi à la CNCDH, a fait savoir qu'elle se désolidarisait fermement de l'initiative du président de la commission, et plus largement de l'attitude de la Ligue des droits de l'homme avec laquelle elle entretient des relations plutôt fraîches. « А l'occasion des incidents survenus аSainte-Soline, cette association n'a en effet pas craint de laisser croire à une accusation mensongère en parlant d'entrave délibérée des secours aux manifestants. Ce comportement, loin d'être anodin, nous semble révélateur d'une dérive supplémentaire de cette association. La cautionner est une faute », s'alarme la Licra, qui s'agace aussi que le président de la CNCDH reprenne sous sa plume les termes particulièrement vifs de la LDH en faisant état d'un « caractère structurel des violences policières illégitimes », de « phénomènes institutionnels », « d'exactions » des forces de l'ordre, d'un discours du ministre « largement utilisé par les autocraties à l'égard des défenseurs des droits de l'homme », « d'arrestations sommaires, voire arbitraires », ou encore de « violences policières illégitimes ».

Ces termes, « inappropriés » d'après la Licra, « valident la thèse de la violence d'État [et accordent] un blanc-seing à ceux qui, aujourd'hui, désignent les pouvoirs publics comme l'ennemi public numéro un. La CNCDH n'est pas le porte-voix de la Ligue des droits de l'homme. Ce dérapage est alarmant », s'agace l'association, qui poursuit : « La CNCDH doit être capable de nommer sans outrances des situations conflictuelles, sans reprendre, mot pour mot, la rhétorique radicale qui enflamme aujourd'hui notre pays. » Mario Stasi, le président de la Licra, conclut que la CNCDH « ne peut, sans faillir àses fondamentaux, concourir а accréditer l'idée que la violence puisse connaître un début de légitimité, dés lors qu'elle est orientée vers des représentants de l'État », et évoque carrément l'idée d'une « entreprise de déstabilisation » pilotée par la LDH. Contactée par Le Point, la CNCDH n'a, pour l'heure, pas réagi.

Un membre de la Commission s'étonne de la démarche de la Licra et parle même de bombe à fragmentation : « C'est un courrier ultra politique fait pour fissurer le front uni des associations contre les propos de Darmanin qui attaque les associations de défense des droits humains. » Puis d'ajouter : « Cette association est clairement dans une démarche de GONGO [une organisation non gouvernementale parrainée par un gouvernement pour promouvoir ses intérêts politiques, NDLR), ils bénéficient de subventions énormes de la part de l'État. » La prochaine session plénière de la CNCDH promet d'être agitée.

 

Récemment, un post du site @medias_citoyens soulignait la « bonne santé » de la presse d’opinion en France, celle qui penche de plus en plus ouvertement vers la gauche mélanchonisée (Mediapart, Libération, France Info, Le Monde) ou celle qui lui fait face, animée par une ligne droitière, populiste ou réactionnaire comme Le Figaro, BFM TV, CNews, Marianne.

Au Monde, l’époque des réflexions exigeantes et d’un positionnement de centre gauche appartient au passé ; le service public, quant à lui, ne propose plus d’information suffisamment neutre et dépourvue de filtre idéologique. Aujourd’hui, le racolage est préféré à l’information … bien qu’il existe des millions de Français, composants les électorats modérés de la gauche, du centre et de la droite, qui aspirent à une information qui les éclaire, à des réflexions croisées et plurielles qui nourrissent leur pensée.

A force d’informations aguicheuses, de recherche du buzz, de propagande à peine déguisée, de propos orientés, les jugements se radicalisent en oppositions binaires et la nuance disparaît petit à petit, ce schématisme conduisant notre pays vers une radicalité et une rigidité critique propice au populisme et aux extrémismes.

 

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Coup de gueule

Publié le 30 Mars 2023 par Jean Mirguet dans Politique

Avertissement aux lecteurs pressés  et dont l’attention faiblit après la lecture d’une dizaine de lignes : ce texte est inhabituellement long, il leur faudra donc faire un petit effort s’ils veulent bien se donner la peine d’en lire l’intégralité !

 

Aujourd’hui, ce propos fait suite à mon précédent article relatif à la maltraitance dont le langage est quotidiennement la victime dans l’univers politico-médiatique.

La relation, par une grande partie des médias, des violences récentes, consécutives aux manifestations d’opposition aux projets de réforme des retraites et à la construction des bassines fait l’objet, pour le moins, d’une grande désinvolture de la part de maints journalistes. Le niveau d’informations véhiculées est consternant d’inexactitudes quand il n’est pas purement et simplement délirant !

A propos de Sainte-Soline où, samedi dernier, l’action des services de secours auraient été entravés par les forces de l’ordre (alerte de la Ligue des Droits de l’Homme que Le Monde s’est précipité de relayer), on découvre grâce à l’éditorial de Patrick Cohen dans C à vous (https://www.youtube.com/watch?v=LrhlBTbdZ74) et à un article du Point (ci-après), que la réalité de l’événement est beaucoup moins claire que les commentaires journalistiques tentent de nous le faire croire. Je pense, en particulier, à l’article du Mondeprenant le relai de la Ligue des Droits de l’Homme, sans prise de distance, sans vérification et faisant preuve, pour le moins, d’une grande légèreté !

A cela, j’ajouterai ma stupéfaction à entendre des commentateurs, experts autoproclamés de l’agriculture, de l’agronomie, de la gestion des eaux, dérouler leurs discours théoriques et idéologiques, dénoncer les méfaits de l’agriculture productiviste (qui existent, c’est vrai et qu’il faut combattre) alors que, manifestement, leur connaissance du monde agricole est dérisoire. Dans le cas de la gestion de l’eau, on sera plus inspiré de consulter, par exemple, le site coordinationrurale.fr, un syndicat agricole qui, régulièrement,  tire la sonnette d'alarme sur l’état de l’agriculture et la mise en danger de la souveraineté alimentaire de la France.

Quant à la question des retraites, je suis consterné par le lot d’inepties, d’inexactitudes, d’arguments de mauvaise foi, de raccourcis proférés ici et là. Certes, nos dirigeants n’ont pas fait montre d’une grande habilité dans la présentation du projet mais présenter celui-ci comme un cauchemar absolu est stupéfiant !

Enfin, il y a l'irresponsabilité totale dans laquelle une partie de la gauche politique se vautre quand elle encourage les groupes violents alors que ceux-ci devraient être isolés et combattus.

En démocratie, aucune colère ne peut justifier quelque exaction que ce soit sur les personnes ou sur les biens privés ou publics. Absolument aucune. Dans la constitution et le droit, il y a le droit de manifester et celui de faire grève. Mais il n’est inscrit nulle part que le droit de s'en prendre aux personnes et aux biens est légitime.

N’ayant rien à voir ni avec la question de l’eau ni avec celle des retraites, les partisans de la culture de la haine et de la conflictualité dénaturent, à l’évidence, les combats écologiques et sociaux.

Mais, force est de constater que ces activistes étant encouragés par une partie de la gauche politique, elle conduit celle-ci et ses soutiens (qui ne sont en mesure de proposer aucune alternative ou alternance) à se métamorphoser en marchepied pour l’extrême-droite. Nul n’a besoin de grandes démonstrations pour deviner les dangers d’un tel scénario.

 

 

Sainte-Soline : l’enregistrement de la LDH qui ne prouve rien

Le Point 29/03/2023

Par Clément Pétreault, Erwan Seznec et Géraldine Woessner

 

Un enregistrement rendu public par la LDH affirme qu’il aurait été interdit au Samu d’intervenir auprès du manifestant aujourd’hui dans le coma. La réalité semble beaucoup moins claire.

 

Un manifestant âgé de 32 ans se trouverait toujours entre la vie et la mort au CHU de Niort. Selon la LDH (Ligue des droits de l'homme, cosignataire de l'appel à manifester), qui a produit un enregistrement, les secours auraient reçu l'ordre de ne pas intervenir alors que son état était préoccupant (pouls а 160, tension artérielle systolique а 85). La publication de cet enregistrement sème le trouble. L'appel des avocats et du médecin de la LDH au Samu a lieu а 14 h 50.

Il est important de le préciser : ces personnes ne sont pas sur place, mais à 16 kilomètres du lieu de la manifestation, àMelle, d'où elles centralisent les informations qui leur parviennent du « front ». C'est donc depuis cette salle de Melle que le médecin généraliste rappelle les pompiers, puis est mis en liaison avec un opérateur du Samu. « Le problème, c'est que vous n'êtes pas sur place. On a eu un médecin sur place et on lui a expliqué la situation : on n'enverra pas d'hélico ou de moyens Smur sur place parce qu'on a ordre de ne pas en envoyer par les forces de l'ordre », lui explique l'opérateur.

« Des observateurs sur place disent que c'est calme depuis trente minutes et qu'il est possible d'intervenir », répond le médecin. « Je suis d'accord avec vous, vous n'êtes pas le premier à nous le dire. Le problème, c'est que c'est àl'appréciation des forces de l'ordre et qu'on est sous leur commandement », explique le Samu. Les avocats insistent : « Vous confirmez que vous avez interdiction d'intervenir ? » « Nous n'avons pas l'autorisation d'envoyer des secours parce que c'est considéré comme dangereux sur place », précise l'opérateur du Samu. Les avocats insistent : « C'est de la non-assistance à personne en danger. […] Qui interdit l'accès à cette personne en danger, grave, vital ? […] Vous êtes empêchés de travailler… » « On monopolise la ligne d'urgence, là », élude l'opérateur, avant de raccrocher.

La préfète des Deux-Sèvres apportera un droit de réponse dans un long communiqué qui vient préciser ces propos. « Le principe fondamental d'intervention des secours dans un contexte hostile est de garantir au premier chef la sécurité des personnels des sapeurs-pompiers ou du Samu. Pour ce faire, il appartient aux forces de l'ordre, informées en temps réel de la situation, de définir si l'arrivée d'un véhicule de secours à un certain point est possible ou non de façon sûre pour lui. » « Nous n'intervenons pas en zone d'exclusion. Il n'y a pas de débat », confirme de son côté le Samu sur les réseaux sociaux, démentant fermement avoir été empêché dans ses fonctions.

Pas de dispositif partagé

L'organisation des secours aurait-elle pu être plus efficace ? Sans doute, si les organisateurs de la manifestation avaient accepté de se coordonner avec les services de secours… Mais ils ont refusé, révèle un rapport de la préfecture des Deux-Sèvres sur les manifestations du week-end, rendu public mardi soir. Les témoignages de terrain démontrent que, dès que les gendarmes ont été mis au courant de l'existence d'un blessé grave par les manifestants, ils se sont portés а son secours.

Si une heure peut-être critique a été perdue, c'est en amont de la manifestation qu'il faut en chercher la cause. « Les organisateurs ont refusé tout échange avec la préfecture, le Sdis et le Samu pour mettre en place un dispositif professionnel, partagé et fiable de prise en charge des blessés », écrit la préfète. Il n'a donc pas été possible de « préparer conjointement un dispositif prévisionnel de secours partagé avec les organisateurs, ni de convenir des modalités sécurisées d'évacuation des blessés, ni de définir des éléments de cartographie » pour les localiser plus rapidement.

« Inversion complète de la charge »

Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur, on précise : « La chronologie des faits est rappelée dans le rapport de la préfète. C'est au PC de sécurité de déterminer si, oui ou non, il était possible de se déplacer. La preuve que c'était violent : le médecin de la gendarmerie, qui est allé sur place porter les premiers secours à un homme en situation d'urgence absolue, s'est fait caillasser ! Cet enregistrement prouve juste que la situation là-bas était très complexe. Que n'aurait-on dit si on avait engagé des secours qui eux-mêmes auraient été attaqués ? »

Sous-entendre que l'Etat interdirait aux forces de secours d'accéder а des victimes, « c'est de la désinvolture journalistique, s'agace un haut fonctionnaire habitué des opérations de maintien de l'ordre. Le verbatim publié ne dit rien de ce qui se passe avant et ne permet pas d'apprécier la situation. » Ce dernier confirme qu'il est d'usage de ne pas envoyer les secours dans la zone d'exclusion tant que les affrontements sont en cours, car « faire intervenir du personnel avec des bombonnes d'oxygène sous une pluie d'engins incendiaires, c'est forcément très dangereux », mais il précise que, « si une alerte est donnée sur un blessé en urgence absolue, on réévalue évidemment la situation ».

Le spécialiste rappelle que les témoignages évoquent dans un premier temps « une victime consciente » et souligne le climat de confusion générale qui peut régner sur de telles opérations. Lors de la manifestation de Sainte-Soline, les services de l'Etat ont ainsi assisté а une multiplication de faux appels d'urgence, ainsi qu'а la communication d'informations contradictoires ou parcellaires, et au caillassage de secouristes. Quoi qu'il arrive, « il faudra éclaircir les conditions du tir, а supposer qu'il s'agisse effectivement d'un tir des forces de l'ordre. Le retex [NDLR, retour d'expérience] permettra de déterminer si ces conditions de tir étaient réglementaires. Il est possible qu'elles l'aient été, ce qui ne suffira sans doute pas à calmer les polémiques », analyse le praticien du maintien de l'ordre.

Témoignage direct

Notre journaliste présent sur place, Alix Vermande, raconte les faits qu'il a pu constater а partir de 14 h 55. « J'ai vu un attroupement d'environ 15 personnes, dont 3 observateurs de la LDH, autour d'un fourgon privé dans lequel était allongé un homme sous une couverture de survie. Un manifestant s'occupait du blessé, qui était conscient, et répétait “reste avec nous, reste avec nous”. On me parle alors dans l'entourage du blessé d'un “traumatisme crânien important”.

Une manifestante a déclaré : “Il fait des crises d'angoisse а cause des explosions, il faut qu'il parte.” Cela m'a laisséentendre qu'il était alors conscient. Peu avant 15 heures, un porte-parole de la Confédération paysanne, Benoît Jaunet, est parti à la rencontre des forces de l'ordre positionnées à environ 100 mètres du blessé, là où les heurts ont été les plus violents et s'étaient calmés depuis 14 h 20, en agitant son drapeau jaune de la Confédération et en levant les mains. Les forces de l'ordre ont échangé avec lui puis se sont rapprochées des manifestants autour du véhicule pour discuter de la prise en charge du blessé. J'ai une photo qui atteste de cette scène. Plusieurs hommes des forces de l'ordre sont alors retournés en direction de leur poste, moment choisi par le porte-parole de la Confédération paysanne pour les rattraper et discuter avec eux à mi-chemin entre le manifestant blessé et la position d'origine des gendarmes. C'est à ce moment-làque des black blocs ont lancé des projectiles sur le groupe à environ 50 mètres du blessé, composé des forces de l'ordre et du porte-parole de la Confédération paysanne. Une des manifestantes a alors crié “arrêtez ! Il est des nôtres ! ça devient n'importe quoi”. Quelques minutes plus tard, une ambulance est arrivée via la petite route où était positionné le véhicule. »

Nous avons tenté, sans succès, de contacter Benoît Jaunet, le porte-parole de la Confédération paysanne, dont le témoignage sera clé. Contactés également, le secrétaire général adjoint de la LDH, Lionel Brun-Valicon, ainsi qu'un des avocats envoyés à Melle, Me Pierre-Antoine Cazaux, se refusent а tout commentaire. Nous n'avons donc pas pu savoir pourquoi un appel aux services de secours était passé par des avocats, se préoccupant explicitement d'établir des responsabilités en cas d'éventuel décès.

 

 

 

 

 

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UNE NÉCESSAIRE RÉFORME DES RETRAITES

Publié le 23 Janvier 2023 par Jean Mirguet dans Politique

Je l’avoue volontiers : le coup de gueule de Franz-Olivier Giesbert, à propos de la contestation du projet de réforme des retraites, dans le dernier numéro du Point, est jubilatoire !

Les voilà tous ressortis de leur boîte, les croquemitaines du grand soir, les professionnels de la gréviculture, fulmine-t-il. Il cible les responsables syndicaux de la SNCF ou de la RATP discourant sur la pénibilité au travail alors que certains d’entre eux, bénéficiant de régimes spéciaux, comme les conducteurs de bus peuvent, pour compenser la pénibilité, faire valoir leur droit à la retraite à 52 ans s’ils ont 27 ans de service. A la SNCF, l’âge minimal de départ à la retraite est situé entre 55 et 57 ans pour les agents sédentaires, entre 50 et 52 ans pour les conducteurs de train.

Chacun défendant son pré carré, ils n’expriment que peu de compassion pour les agriculteurs ou pour tous ceux dont le métier transforme leur colonne vertébrale en marmelade.

De là à penser que, dans notre pays, la parole sociale est confisquée, avec la complicité de nombreux médias, de la CGT, de Sud Rail, de LFI et de tous ceux qui leur emboîtent le pas, il n’y a pas loin.

 

Je fais partie de ceux qui considèrent que la réforme du système de retraite est une nécessité et que différer sa mise en application est un mauvais calcul. Cette réforme, décrite par ses opposants comme un sommet de brutalité, est un minimum et s‘y atteler sans tarder est un impératif si l’on considère l’état de nos finances publiques. C’est parce que l’Italie, argumente F.O Giesbert, était dans une situation financière pire que la nôtre aujourd’hui que le gouvernement Monti procéda à la réforme radicale de 2011, en portant l’âge de la retraite à 67 ans.

 

Comment financer une baisse de la durée du travail alors que les projections démographiques font état d’un déséquilibre structurel du système que l’État aura de plus en plus en peine à compenser ? Mystère … puisque pour les opposants, ce n’est pas parce qu’on vit plus longtemps qu’on devrait travailler plus longtemps. Pourtant, l’évolution de la démographie prouve la nécessité d’une réforme compte-tenu du déséquilibre implacable de la pyramide des âges : c’est ainsi que pour l’Insee, la fécondité a été revue à la baisse à 1,8 enfants par femme contre 1,95 dans les précédentes projections. L’Insee a également revu à la baisse l’augmentation de l’espérance de vie, et ajusté son estimation de l’impact du solde migratoire.

Au terme de cette nouvelle analyse, la population française augmenterait jusqu’en 2044 pour atteindre 69,3 millions avant de refluer à 68,1 millions en 2070. Soit à peine plus qu’aujourd’hui… mais avec une composition radicalement différente : 5 millions de plus de personnes âgées de plus de 70 ans, et 5 millions de moins pour les personnes de moins de 60 ans.

La nouvelle projection aboutit ainsi à une révision importante de la population active à l’horizon 2070. Elle devrait être inférieure de 750.000 à ce qu’elle est aujourd’hui tandis que la précédente projection la voyait progresser de 2 millions (source le Gerep).

 

Comme le démontre l’analyse des Gracques, le think tank social-libéral, paru dans le dernier numéro du Pointnotre système de retraite fait aujourd’hui reposer la charge des ajustements à venir sur les prochaines générations.

Ce que les jeunes qui défilent contre la réforme n’ont pas compris, c’est que plus le système est déséquilibré, plus ils seront mis à contribution en tant qu’actifs – et ensuite pénalisés en tant que retraités.

Sans réforme générant des recettes, c’est la dette qui financera le niveau de vie élevé des retraités actuels, alors que s’organise déjà le décrochage de la retraire future des cotisants d’aujourd’hui.

Sans réforme, les jeunes générations seront donc doublement perdantes : parce qu’elles auront à payer la dette à venir en tant qu’actifs et contribuables ; et parce que leurs retraites, quand elles cesseront de travailler, auront décroché.

Il y a donc un réel incontournable contre lequel le déni des opposants, vent debout contre la réforme, ne peut venir que se briser.

 

Mais, on ne le sait que trop, la France reste une exception européenne, un village gaulois pas concerné par les lois de la démographie. L’ignorance fait notre tranquillité, le mensonge notre félicité, écrivait autrefois Anatole France.

N’est-il pas temps de mettre un terme aux affrontements stériles, à la démagogie et à l’immobilisme ?

 

 

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Mes voeux pour 2023

Publié le 4 Janvier 2023 par Jean Mirguet dans Politique

Victoire pour l’Ukraine

Poutine et son comparse Prigojine jugés devant un Tribunal Pénal International

Renversement du pouvoir islamiste en Iran et liberté retrouvée pour les Iraniennes et les Iraniens

Chute des dictatures comme celles de Kim Jong-un et Bachar al-Assad

Victoire de l’opposition en Turquie

Que les woke, les néoféministes, les transactivistes, les islamistes, les insoumis et l’extrême-droite s’autoéliminent

Que vous soyez tous en bonne santé.

Croyez en vous, faites confiance aux autres, ne soyez pas défaitistes et ne vous résignez pas : le pire n’est jamais certain !

 

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Une responsabilité historique

Publié le 13 Avril 2022 par Jean Mirguet dans Politique

« Une responsabilité historique » : c’est sous ce titre que Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, signe l’éditorial de l’édition du mardi 12 avril.

Pour la troisième fois en l’espace de 20 ans, l’extrême-droite sera présente, le dimanche 24 avril, au second tour de l’élection présidentielle. C’est une répétition à laquelle il ne saurait être question de s’habituer et qui ne doit pas être sous-estimée puisque, écrit-il, « la marge qui protège notre démocratie du pire ne cesse de s’amenuiser ».

« Pour l’heure, il convient de parer au plus urgent et d’afficher un refus sans faille à la menace qui grandit. Nombre de candidats défaits ont usé, dimanche soir, de termes variés pour exprimer leur opposition à Marine Le Pen. Pour Le Monde, ce rejet de l’extrême droite ne peut souffrir aucune ambiguïté. Nous avons rappelé, avant le scrutin, que le Rassemblement national était tout aussi opposé à nos valeurs qu’à l’intérêt national.

L’élection de Marine Le Pen à la présidence de la République constituerait une agression contre l’Etat de droit, une régression de la prise en compte de la catastrophe climatique, une révision de nos alliances extérieures au pire moment, alors que l’atroce guerre imposée par Vladimir Poutine à l’Ukraine achève de dévoiler la vraie nature d’un régime avec lequel la candidate a été si complaisante.

En bonne logique, la seule manière efficace d’œuvrer pour sa défaite est d’appeler à voter pour Emmanuel Macron ».

 

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Un vote réaliste

Publié le 6 Avril 2022 par Jean Mirguet dans Politique

A la suite de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, j’avais dit aux amis de gauche qui questionnaient  (déjà !) la légitimité de son élection qu’ils feraient bien de faire attention car, se faisant, ils étaient entrain de scier la branche sur laquelle ils étaient assis.

Force est de constater que je ne me suis pas trompé étant donné la déroute déroutante d’Anne Hidalgo.  A trop camper dans l’opposition systématique et stérile à Macron, voilà ce qui arrive : on perd toute crédibilité et on déroule un tapis rouge aux extrêmes, qu’ils viennent de la droite ou de la gauche.

Ces dimanches 9 avril et 24 avril, nous allons choisir un avenir pour notre pays, confronté à la menace de l’extrême-droite. Menace également de celui qui, au 2ème tour de 2017  a mis Le Pen et Macron sur un pied d’égalité en ne donnant pas de consigne de vote et qui, face aux crimes de Poutine, prône le non-alignement de la France.

Pour choisir un avenir respectueux de la démocratie et des valeurs de la République -la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité - il va falloir se situer clairement, ne pas céder à la confusion entretenue par la mauvaise foi des LePen, Zemmour et autre Mélenchon. Il va falloir voter en étant réaliste, au sens de Raymond Aron pour qui  le réalisme consiste à considérer la menace.

Dans Les naufragés et les rescapés. Quarante ans après Auschwitz (Arcades Gallimard, 2002), Primo Levi indique que la distinction bonne foi/mauvaise foi est empreinte d’optimisme et de confiance dans l’homme et qu’elle présuppose une lucidité mentale qui est le fait d’un petit nombre alors que plus nombreux sont ceux qui se fabriquent une réalité qui les arrange. « Le passé leur pèse ; ils éprouvent de la répugnance pour les choses faites ou subies, et ont tendance à leur en substituer d’autres. La substitution peut commencer avec un scénario inventé, mensonger, restauré, mais moins pénible que la réalité (…) La distinction entre le faux et le vrai perd progressivement ses contours et l’homme finit par croire entièrement au récit qu’il a fait si souvent et qu’il continue à faire encore, limant et retouchant ici et là les détails les moins crédibles, ou s’accordant mal entre eux, ou incompatibles avec le tableau des événements acquis : la mauvaise foi initiale est devenue bonne foi. Le passage silencieux du mensonge à autrui à celui qu’on se fait à soi-même est utile : qui ment de bonne foi ment mieux, joue mieux son rôle, est cru plus facilement par le juge, par l’historien, par le lecteur, par sa femme, par ses enfants ».

Mon choix pour Emmanuel Macron était clair en 2017. Il l’est toujours en 2022. Je souhaite qu’il en aille de même pour vous.

 

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