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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

La psychanalyse aujourd'hui (VII) : l'autisme, encore

Publié le 29 Février 2012 par Jean Mirguet dans Autisme

AutismeDe la même façon qu’il n’est pas acceptable que l’autisme devienne l’arme favorite des comportementalistes livrant bataille à la psychanalyse et aux psychanalystes, il n’est pas davantage soutenable que des psychanalystes réduisent l’autisme au statut de symptôme du malaise actuel dans notre société, faisant de l’autisme la cause d’un combat politique d’affrontement à l’ordre social normatif. .

On ne devrait pas prendre prétexte de la manière très particulière dont fonctionnent les sujets autistes pour alimenter l’opposition sommaire du soin et de l’éducatif « pur et simple » (sic).

Dans les institutions accueillant des autistes, y compris dans celles tenant compte de leur fonctionnement subjectif et organisées en fonction de celui-ci, les choses ne sont pas si simples et les frontières entre soin et éducation ne sont pas délimitées de manière aussi grossière.

Dénoncer et caricaturer le comportementalisme ou la psychanalyse comme l’incarnation de l’Autre méchant est vain et infructueux.

Avertis des écueils auxquels expose le caractère imaginaire des relations en miroir, les psychanalystes devraient s’abstenir d’employer les procédés des comportementalistes et y réfléchir à deux fois avant de lancer leurs oukases.

 

Je reviens à ce qui est souvent présenté comme une incompatibilité entre méthodes éducatives et traitement psychanalytique de l’autisme, les premières étant identifiées par les psychanalystes comme n’admettant pas la subjectivité des autistes.

Si la première tâche d’une méthode éducative (et dans le traitement comportementaliste de l’autisme, il s’agit de méthodes d’apprentissage) consiste à aider un enfant à être peu ou prou comme les autres, si, de ce fait même, elle ne prend pas en compte la manière singulière qui affecte sa subjectivité, la boussole éducative n’indique pas, en effet, la même direction que celle de la psychanalyse.

Mais, il n’y a pas qu’une seule façon d’éduquer et d’apprendre ; toutes les méthodes d’apprentissage n’écartent pas, par principe, la prise en compte de la subjectivité, elles ne font pas toutes appel aux sanctions récompense-punition. Donc, l’incompatibilité supposée n’implique pas, ipso facto, l’impossibilité de coexistence.

 

J’ai déjà indiqué, dans ce blog, comment, dans l’accueil d’autres sujets, les ITEP (Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique) s’efforçaient justement de conjuguer thérapeutique, éducatif et pédagogique. Pourquoi ce nouage entre des champs d’intervention différents, s’il est au principe des ITEP, ne pourrait-il pas l’être dans le traitement institutionnel de l’autisme ? Nombreux sont les ITEP qui, tout en étant orientés par les hypothèses de la psychanalyse, réussissent cette synergie entre les trois champs.

 

Dans son remarquable livre consacré aux autistes (L’autiste et sa voix, Seuil, 2009) et souvent cité dans ce blog, Jean-Claude Maleval indique que la pente de l’éducateur ne le conduit pas à s’effacer et qu’elle peut l’amener, avec les meilleures intentions du monde, à trop vouloir s’occuper d’eux, en commettant, en particulier, la pire des erreurs qu’un thérapeute d’autiste devrait éviter, à savoir lui demander avec insistance de prendre une position d’énonciation et d’animer sa parole. Puisque, dans l’hypothèse de Maleval, rien ne saurait être plus angoissant pour un autiste que l’expression du vivant.

Il faut donc s’interroger sur ce que recouvre, sur ce que signifie le fait de s’employer à traiter un autiste, psychanalytiquement ou pas. L’indication donnée par Lacan est à cet égard particulièrement précieuse quand il indique que c’est en tant que nous nous occupons d’eux qu’ils n’arrivent pas à entendre ce que nous avons à leur dire.

Autrement dit, le traitement de l’autiste en passe par le traitement de celui qui s’occupe de lui, ce qui constitue un renversement de l’opinion courante en matière de traitement où le soignant est celui qui traite et le malade celui qui est traité.

Ce traitement singulier est celui que propose la pratique à plusieurs. Il s’agit d’un traitement en institution dans lequel la méthode éducative n’est pas exclue mais est qualifiée de « quelconque », selon le terme inventé par Virginio Baio.  Un éducateur quelconque est quelqu’un qui est moins occupé par des idéaux éducatifs, pédagogiques ou thérapeutiques que par le souci de faire place aux trouvailles et aux inventions de l’enfant.

À trop vouloir s’occuper des enfants autistes, le risque est en effet réel d’acculer certains d’entre eux  à devoir se défendre contre ce qui, pour eux, constitue un danger réel : « On s’est défendu parce qu’on avait tellement si peur, Madame », dit Orion, L’enfant bleu de Henri Bauchau.

Il s’agit donc d’incarner la fonction d’un partenaire qui laisse une place au travail de l’enfant, ce travail consistant à trouver des moyens de se protéger contre l’angoisse.

Le positionnement éthique de l’éducation consiste ici à accompagner l’enfant dans un processus de changement dont il est le sujet singulier et non l’objet à normaliser.

 

C’est une pratique de psychanalyse appliquée c’est-à-dire une pratique de psychanalyse ouverte, métissée, mêlant, pourquoi pas, l’or pur au plomb...

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Oscars : le polar sort ses griffes à Hollywood

Publié le 25 Février 2012 par Olivier Mirguet & Coralie Garandeau dans Cinéma

 

Le dessin animé français Une vie de chat, de Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli se lance dans la course aux Oscars qui seront décernés dimanche à Los Angeles.

Un polar animé, produit par les studios Foimage de Valence inspiré par l'univers de Faulkner et Chandler. On y découvre la double vie d'un chat qui, le jour, ronronne gentillement auprès de Zoé, fillette d'un commissaire de police, pour se faire plus espègle, la nuit aux côtés du cambrioleur Nico. Loin des scènes édulcorées de Disney, le réalisme est de mise, le chat ne parle pas et le graphisme reste épuré.

Pour ARTE Journal, Olivier Mirguet et Coralie Garandeau ont rencontré les réalisateurs tout juste débarqués à Los Angeles 

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Autisme : c'est la psychiatrie qu'on attaque, par Jean-François Rey

Publié le 22 Février 2012 par Jean-François Rey dans Autisme

Je propose à la lecture de ceux d'entre vous qui n'auront pas lu Le Monde du 23 février cet article de Jean-François Rey, philosophe, auteur de "La Mesure de l'homme : l'idée d'humanité dans la philosophie d'Emmanuel Levinas" (Michalon, 2001) et d'"Autour de l'enfant : questions aux professionnels" (L'Harmattan).

 

Un rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) qui doit être rendu public le 6 mars dénonce, dans sa conclusion, la non-pertinence de l'approche psychanalytique et de la psychothérapie institutionnelle dans le traitement de l'autisme, certes, et on risque de ne pas en rester là. C'est l'humanité même de la psychiatrie qui est condamnée. La pratique du "packing", longtemps utilisée dans le traitement des psychoses de l'adulte, repose sur l'enveloppement humide qui permet au patient souffrant d'un morcellement du corps propre de retrouver de l'intérieur son enveloppe corporelle.

Est-ce bien cette pratique qui suscite les cris de haine de la part des associations de parents d'enfants autistes ? Les témoignages de ceux qui en auraient été les bénéficiaires ne seront même pas entendus. Le pédopsychiatre Pierre Delion, dont on ne dira jamais assez la gentillesse et l'esprit d'ouverture, est la victime d'une véritable persécution ; cette campagne de haine n'a cessé de gonfler jusqu'à sa convocation devant le Conseil de l'ordre. Cette douloureuse affaire ne fait qu'augmenter le niveau d'angoisse où nous jette déjà une crise sociale et morale alimentée de toutes parts : si le scientisme gagne à l'aide d'arguments et de pressions non scientifiques, alors le désert croît. Si la psychiatrie n'est plus dans l'homme, on assistera à des pratiques de contention et de répression que l'on signale déjà ici ou là.

La désolation caractéristique du vécu de la psychose est aussi une expérience qui nous guette tous : en allemand, la désolation (Verwüstung) se souvient du désert (Wüste) qu'elle traverse. Aujourd'hui, si on ne pense pas en même temps la psychiatrie et la culture, on accroît la désertification. Ce qui est inédit dans cette affaire, c'est que, pour la première fois, on voit qu'un procès fait à la psychanalyse, discipline qui ne s'est jamais dérobée à la critique, débouche non pas sur une controverse scientifique argumentée mais sur une interdiction disciplinaire réclamée par des lobbies.

Encore une fois, on peut contester la prétention de la psychanalyse à la scientificité, comme l'ont fait au siècle dernier les arguments de Karl Popper, ceux de Georges Politzer ou, plus près de nous, ceux de Gilles Deleuze. Il faut insister là-dessus : la psychanalyse, discipline libérale, ne s'autorisant que d'elle-même, selon les termes de Lacan, indépendante du discours universitaire mais mobilisant toutes les ressources de la science et de la culture, n'a jamais prétendu se dérober au débat scientifique. Cette pression de l'opinion intéressée et pleine de ressentiment est une insulte à la liberté de penser et une menace pour les autres disciplines de la science et de la culture.

A côté des vociférations d'aujourd'hui, la première vague de l'antipsychiatrie des années 1970, qui charriait beaucoup de préjugés et d'analyses sommaires, n'avait pourtant pas la même tonalité de haine et de bêtise. Or, cette haine risque de parvenir à ses fins.

Certes, elle est nourrie de la souffrance de parents d'enfants autistes qui ont le sentiment d'avoir été culpabilisés par des discours peu nuancés. Menée à son paroxysme, la haine vise à soustraire l'enfant souffrant à une pratique qui vise pourtant à le soulager. L'autiste n'est pas un malade, dit la nouvelle antipsychiatrie. La maladie mentale n'existe pas, disait la première antipsychiatrie. De telles affirmations massives résonnent comme un déni de la souffrance et plus encore de l'humanité qui est ou devrait être au coeur de la clinique, si toutefois le mot même de clinique a encore un sens pour les censeurs.

Mais les arguments ont entraîné, cette fois-ci, un recours à l'appareil judiciaire et à un traitement disciplinaire là où un débat argumenté et scientifique fait défaut. Il convient donc d'informer : il existe des lieux de soin, des praticiens, qui résistent à cette dérive. Ils y résistent d'autant mieux qu'ils savent dénouer l'intrigue du scientisme et du judiciaire bâtie autour de l'autisme, mais dépassant de loin la seule question de l'autisme. Il est urgent d'avoir recours à une défense et illustration d'une psychiatrie née pendant et après la guerre qui visait à supprimer l'enfermement asilaire : soigner l'hôpital avant de soigner les malades, selon la formule du psychiatre allemand Hermann Simon, reprise par François Tosquelles.

Quand l'hôpital va mieux, certains troubles disparaissent. La psychothérapie institutionnelle qu'on dénonce aujourd'hui a une histoire à faire valoir. Je me contenterai d'en rappeler quelques principes simples. L'institution doit faire du sur-mesure : ce n'est pas au patient de s'adapter au milieu. Pour cela, le concept analytique de "transfert" est précieux. Le transfert d'un patient, schizophrène ou non, sur l'institution, que Jean Oury appelle "transfert dissocié", consiste à organiser la "rencontre" entre le patient et d'autres personnes évoluant dans les mêmes lieux : soignants, personnels de service, autres patients. Le mot même de "rencontre" est la clé de cette pratique. Pour qu'il y ait rencontre, il faut qu'il y ait liberté de circuler. Mais davantage encore, il faut que les lieux et les personnes soient assez distincts : distinguer les sujets, distinguer les lieux pour qu'ils deviennent des sites de parole, distinguer les moments contre un temps homogène et vide, distinguer des groupes et des sous-groupes dans un réseau d'activités. En un mot, résister à la tyrannie de l'homogène, face lisse du "monde administré", selon la formule de Theodor W. Adorno.

Une telle pratique de soin de l'esprit humain s'est nourrie de l'apport de la psychanalyse, sans exclusive. Mais surtout, hors du débat scientifique dont pourtant on nous prive, il faut dire l'ancrage de ce traitement. "L'homme est en situation dans la psychiatrie comme la psychiatrie est en situation dans l'homme." Ces mots du philosophe Henri Maldiney ont été illustrés dans des lieux aussi divers que la clinique de Ludwig Binswanger à Zurich, l'hôpital de Saint-Alban (Lozère) pendant la guerre ou, aujourd'hui encore, à la clinique de La Borde (Loir-et-Cher).

Va-t-on assécher l'élément humain dans lequel ces institutions baignent ? L'obsession sécuritaire présentant le patient schizophrène comme un danger, jointe au recours à la justice, va-t-elle avoir raison de ces pratiques toujours en recherche ? Nous ne pouvons nous y résoudre. Le désert croît et pourtant rien n'est joué.

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La psychanalyse aujourd'hui (VI) : bousculer les conservatismes

Publié le 21 Février 2012 par Jean Mirguet dans Psychanalyse et psychanalystes

Alors que pleuvent, plus que les critiques, les propos hostiles voire haineux contre la psychanalyse et ses praticiens, rappelons quelques vérités.

La première d’entre elles est la survenue d’un événement à l’aube du XXe siècle : l’événement Freud.

Un événement, pour reprendre la définition qu’en donne Alain Badiou, est quelque chose qui fait apparaître une possibilité qui était invisible ou même impensable. L’événement propose quelque chose, il crée une possibilité. C’est une procédure de vérité qui transforme l’impossible en possible (cf. le slogan de 68 :  demandez l’impossible !). Tout dépend ensuite de la façon dont chacun s’emparera de cette possibilité.

A la suite de Freud, les psychanalystes se sont appropriés ce qui était arrivé pour en faire quelque chose. Avec son enseignement, Lacan est l’un de ceux qui se sont mis au service de soutenir et exploiter ce qui s’était produit à Vienne. Et aujourd’hui, l’on voudrait que cela n’ait pas existé ou, comme l’indique Michel Brun dans un précédent post, que ce ne soit qu’un détail de l’Histoire. Fadaises !

La psychanalyse implique l’exercice de la parole – et elle n’est pas la seule pratique de parole – mais une parole toujours sous la menace, comme le dit Pascal Quignard, d’une défaillance du langage jamais tout à fait acquis. Ce qui fait de la langue installée dans la bouche, une langue qui trébuche, qui  cherche sur les lèvres à jamais ce qui ne s’y trouve pas c’est-à-dire les mots qui font défaut. On n’en finit jamais de dire car les mots ne peuvent dire directement.

Qu’adviendra-t-il si cette pratique est écartée des recherches, des modalités d’intervention cliniques, des expériences institutionnelles ? Qu’adviendra-t-il de la clinique du psychisme si les hypothèses de la psychanalyse sont invalidées et déclarées inopérantes ?

Les institutions hospitalières ou médico-sociales françaises accueillant des autistes, si elles sont actuellement les premières concernées par cette campagne antipsychanalytique, ne sont pas les seules à y être intéressées. D’autres institutions qui accueillent des enfants, adolescents ou adultes aux prises avec ce qu’on appelle aujourd’hui un processus handicapant pourraient se voir être également confrontées à une interdiction de traitements se référant à la psychanalyse.

Pourtant, le travail effectué dans la plupart de ces institutions repose sur une approche pluridisciplinaire, associant le soin, l’accompagnement éducatif et l’accès aux apprentissages scolaires et préprofessionnels. De plus en plus, le temps deviendra révolu qui fut celui d’une opposition entre une prise en charge individuelle et une prise en charge institutionnelle, entre l’accent porté sur les difficultés psychologiques plutôt que sur les problèmes liés à l’éducation et/ou aux conditions sociales.

Aujourd’hui, l’heure est à une conjonction d’approches conjuguant le soin, l’éducation et la scolarité, ce que démontre, par exemple, la nature de l’accueil réalisé dans les ITEP (Institut Thérapeutique, Educatif et Pédagogique) où des enfants, adolescents et jeunes adultes sont admis car présentant des difficultés psychologiques dont l’expression, notamment l’intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l’accès aux apprentissages. Ce travail, pour rester efficient, ne peut se réaliser qu’avec l’accord et la collaboration des parents.

L’expérience des ITEP prouve que, en l’état actuel de nos connaissances, aucune méthode de traitement ne peut revendiquer de monopole, être instituée comme la seule qualifiée ou promue contre une autre.

Certes, des parents d’enfants autistes, regroupés ou non en associations, témoignent à charge contre la psychanalyse (ou la psychiatrie, les deux étant fréquemment confondues).  On ne reprochera pas aux psychanalystes de s’en émouvoir et de réfuter ce dont ils sont accusés et relève parfois d’une diffamation de leur pratique. Mais il n’est pas davantage acceptable que certains psys, entortillés dans leur dogmatisme ou pétris de suffisance s’adressent avec condescendance aux parents, avec pour résultat de gommer ce que ces derniers évoquent de leur expérience.

Il est évidemment contreproductif pour tout le monde et pour la psychanalyse de mettre de l’huile sur le feu ou d’agir comme des pompiers pyromanes, sauf à faire passer à la trappe le désarroi des parents et la singularité de leurs enfants.

Dans l’abord des questions que nous pose l’autisme et dans la nécessité dans laquelle se trouvent les psychanalystes d’y répondre de manière nouvelle, on ne peut que se féliciter de voir certains psychanalystes comme Jean-Claude Maleval (son livre L’autiste et sa voix, Seuil, 2009 offre, à cet égard, des pistes de travail inédites) souhaiter une facilitation des échanges avec les cognitivistes.

Cela suppose de la part des uns et des autres un exercice de la pensée critique susceptible de bousculer les conservatismes. À suivre...

 

 

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La psychanalyse, un détail de l'histoire ? par Michel Brun

Publié le 20 Février 2012 par Michel Brun dans Psychanalyse et psychanalystes

Les remous de la campagne électorale ne sont pas sans évoquer la guerre actuellement  menée contre la psychanalyse. C’est le moment des phrases assassines et des arguments nauséabonds.

Si l’on l’on prête attention à ce qu’énoncent les adversaires de la psychanalyse dans le but de la discréditer, et nous pensons tout particulièrement à la question du traitement de l’autisme, on remarquera qu’on la qualifie de “dépassée”. En fait, on  veut penser et agir comme si elle n’avait jamais existé.

Les négationnistes ne procéderaient pas autrement. Alors, la psychanalyse ne serait-elle “qu’un détail de l’Histoire” ?

Rappelons que le négationnisme est ce discours qui consiste à contester, voire carrément nier la réalité du génocide des Juifs perpétré par les Nazis et leurs complices pendant la Seconde Guerre mondiale.  Le négationnisme est  plus qu’une simple négation, c’est le déni d’une réalité.

Qu’est-ce qui est fondamentalement en cause dans les attaques portées contre la psychanalyse, sinon le déni de la réalité de l’inconscient et de ses effets sur le sujet. Et pourtant la “découverte” de l’inconscient par Freud et la possibilité d’en formaliser les lois est une avancée scientifique majeure. Malheureusement elle s’est accompagnée d’une humiliation épistémologique mettant à mal le fantasme de maîtrise qui gît au fond de l’esprit humain.

Si ce fantasme demeurait à sa place de fantasme, cela serait un moindre mal. Mais il s’incarne dans le scientisme, version contemporaine de l’obscurantisme. Le scientiste est redoutable car il fonctionne dans la certitude. Et, comme en politique, cela séduit à bon compte les âmes en quête de réponses simples. A la différence de l’attitude scientifique qui, confrontée à la complexité du réel, a recours au doute méthodique.

Ceux qui se sont donnés la peine de lire Freud savent combien cet homme était hanté par le doute et capable à tout moment de remettre en cause ses théories devant la réalité des faits.

Le scientisme est une régression sur le plan psychologique. Vu son caractère passionnel, il constitue une sérieuse menace pour l’exercice de la pensée, dans ces temps troublés où notre démocratie est  en danger.

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Le siècle dans lequel nous vivons, par Michel Brun

Publié le 18 Février 2012 par Michel Brun dans Le malaise

Centre d'appel- Nous allons vous passer un "conseiller ".
  Dans le cadre de notre opération "qualité", cette conversation est susceptible d'être enregistrée ...

- Madame, je ne veux pas que cette conversation soit enregistrée.
- Monsieur, cela n'est pas possible.
- Madame, je vous demande d'arrêter imédiatement cet enregistrement. Ce que j'ai à dire concerne la mort de ma soeur, c'est une affaire privée !
- Monsieur, je ne peux pas. Et puis ne vous énervez pas, je ne suis que conseillère.
- Eh bien, passez-moi un chef de service.
- Monsieur, je ne peux pas....

Oui, je me suis énervé, car cette chanson, avec son point d'orgue hier, m'est ressortie systématiquement lorsque je tente de m'adresser à une administration ou à une grande entreprise. Non, d'une part je ne veux  être ni "enregistré" ni fliqué, d'autre part je veux avoir affaire à un véritable interlocuteur, c'est à dire à quelqu'un de responsable.
                                           
Peu de temps avant de mettre un terme à son séminaire, Stoianoff, tout en se défendant de vouloir jouer les Cassandre, nous avait dit :" Sachez qu'en France la Liberté est désormais une peau de chagrin". Je pense pour ma part que priver un citoyen de liberté relève de multiples stratégies. L'une d'entre elles consiste à le rendre impuissant en considérant sa parole comme négligeable. Il appartient à ceux qui le peuvent d'en mesurer les conséquences.

Paranoïa pour paranoïa, je me rallierai à celle de Lévy-Strauss qui, quelques mois avant sa mort, avait dit : " Je n'aime pas le siècle dans lequel je vis ".

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Que croyez-vous que je fasse aux Etats-Unis ?

Publié le 16 Février 2012 par Jean Mirguet

Nostalgie
Nostalgie
par Jean Mirguet

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Les lumières de la ville

Publié le 14 Février 2012 par Stéphane Degoutin dans Villes

LA depuis le Mt Wilson Photo de Los Angeles prise depuis l'observatoire du Mont Wilson.

Le texte qui l'accompagne est extrait d'un article de Stéphane Degoutin, publié dans la revue d'architecture Parpaings, juin 2002.

Il est repris dans son livre, Prisonniers volontaires du rêve américain, Editions de la Villette, 2006.

Publié avec l'aimable autorisation de l'auteur (http://www.nogoland.com)

 

 

 

 

Los Angeles sans lumière


Contrairement à la ville moderne éclairée 24H/24, où la nuit et le jour tendent à se ressembler de plus en plus (Paris "ville lumière", New York "qui ne dort jamais"), la banlieue américaine est plongée dans les ténèbres dès que le soleil se couche, comme si l'on était en rase campagne. Los Angeles est une ville fantôme la nuit : comme dans un rêve, elle est soudain vidée de ses habitants, de son énergie, de sa substance ; et l'on se promène dans les rues vides à l'infini, sans jamais reconnaître les lieux que l'on traverse.
 

 

Vouée au culte du soleil et du climat idéal, Los Angeles nie l'existence même de la nuit et on se comporte exactement comme si elle n'existait pas. On se couche tôt, on se lève tôt ; les fêtes et les activités sociales se déroulent de préférence sous le soleil, l'après-midi autour d'un barbecue, au bord d'une piscine ou à la plage. On peut aussi prolonger la journée pendant les heures où le soleil est couché, mais ces activités restent une extension de la journée. Par exemple, on peut aller acheter à quatre heures du matin une perceuse chez Home Depot ou des carottes chez Ralph's, comme si l'on était en plein jour ; on peut passer la nuit au bureau, ou devant la télévision, ou encore en voiture à sillonner les rues.

 

Du fait de la faible densité construite, l'éclairage nocturne ne vient pas tant des fenêtres des bâtiments ou de l'éclairage public que des phares des voitures, des enseignes des magasins ou des hélicoptères de la police. Un quartier pourrait s'éteindre si toutes les voitures s'en allaient dans une autre direction -- tandis qu'un autre s'allumerait à sa place. C'est ce qui rend Los Angeles si belle vue d'avion, ou vue du haut des collines d'Hollywood. Sur une nappe d'obscurité se détachent des lumières en mouvement continu : les lignes lumineuses des avenues principales et les courbes des autoroutes scintillent des phares des voitures. Cette trame irrégulière s'étend aussi loin que porte le regard, jusqu'à se fondre dans l'océan ou se perdre dans les collines.

On traverse des quartiers immenses en quelques minutes par l'autoroute, en regardant négligemment défiler les billboards, les buildings, les arbres, les autres voitures : la réalité de la ville obscure s'éloigne alors dans la séduction esthétique des jeux de lumières. Mais dès que l'on s'éloigne des grands axes et que l'on s'enfonce dans l'arrière-plan de la carte postale, l'obscurité est moins séduisante. Dans un inextricable réseau de rues secondaires désertes, seuls les phares de son propre véhicule éclairent, de biais, des façades menaçantes. L'obscurité glacée, mieux que le soleil écrasant, révèle la profondeur infinie des panoramas ; et Los Angeles apparaît alors comme un affolant labyrinthe orthogonal dans lequel il ne vaut mieux pas trop s'enfoncer.

La nuit est à la banlieue américaine ce que la forêt est à la civilisation médiévale. Tout comme la forêt est fréquentée par des loups, des bandits nomades, des sorcières, des elfes, des trolls, des ogres et autres créatures mystérieuses, les nuits de Los Angeles appartiennent à des populations menaçantes. La hantise de tout Angelino est de se retrouver en panne d'essence dans l'un de leurs territoires.

Los Angeles est fréquemment présentée comme une succession de décors de cinéma : architectures fragiles construites en matériaux non pérennes, couleurs criardes, formes en renouvellement permanent, affiches publicitaires… Sous le soleil, on oublie qu'il s'agit d'un décor ; mais la nuit, du fait notamment de la disparition des couleurs, cet environnement prend un caractère inquiétant. La fragilité de l'architecture, notamment, contribue au sentiment d'une ville de papier, très vulnérable.

Si le sentiment d'insécurité est aussi fort la nuit, c'est parce que l'on pénètre, à proprement parler, dans l'envers du décor : on rentre rarement dans un bâtiment par la façade sur rue, mais plus souvent par derrière, en venant d'un parking, d'une rue secondaire ou d'une contre-allée qui sert aussi à sortir les poubelles. La porte de derrière des commerces est souvent plus utilisée que celle de devant (s'il existe une porte de devant). Et si le soleil humanise le coin de rue le plus inhospitalier, l'obscurité au contraire ne met pas en valeur les parkings sans éclairage, les portes dérobées, les entrelacs de petites rues sombres, les enseignes de néon fatiguées perdues au milieu de nulle part, les escaliers de service, les cours d'immeubles, les couloirs étroits - qui sont l'environnement nocturne de l'Angelino ; contrairement au New Yorkais qui se promène dans la nuit au milieu de la foule des noctambules dans un décor fantastique.

Une dernière danse avant la fin du monde

A Los Angeles, s'amuser la nuit semble toujours bizarre. Non que les Angelinos ne sortent pas le soir, mais cette habitude héritée de la culture urbaine des métropoles modernes semble inadaptée au rythme de vie suburbain. Bien sûr, on trouve ici aussi des soirées branchées "comme à New York", mais l'éclairage tamisé ne met pas en valeur la plastique et le bronzage des Angelinos, qui réclament le plein soleil et les ombres franches. Lorsque l'éclairage est insuffisant, on se croirait dans un film sous-exposé.

Tout au fond de la nuit, le plus loin qu'il soit possible d'aller à Los Angeles, c'est-à-dire le plus au centre possible, dans la zone industrielle de Downtown, entre Openspace Avenue et Nogoland Boulevard , on trouve des lieux qui auraient peut-être eu l'air branché dans les années 80 (du XXe siècle). Les avenues, larges et désertes, sont bordées de bâtiments industriels vides, jaunis par la lumière fatiguée des lampadaires. Des sans-abri, noirs, dorment au coin des rues, entre les déchets qui jonchent le sol ; et parfois une ombre passe à l'arrière-plan. Le paysage sordide pourrait servir de décor à un film hollywoodien sur les bas-fonds de la mégapole.

Perdus au milieu de ce décor, on trouve quelques clubs de house music. Même si vous vous garez à 200 mètres d'un de ces clubs, un vigile portant une arme bien en évidence vous sautera dessus dès votre descente de voiture pour vous escorter jusqu'à l'entrée. Votre ange gardien vous aura repéré dès votre arrivée -- personne ne se promène par hasard ici au milieu de la nuit.

A l'entrée des clubs, d'autres vigiles armés procèdent à une fouille systématique pour vérifier que personne n'entre avec une arme. A l'intérieur, de nombreux autres vigiles armés sillonnent les salles de danse. Si on exhibe autant d'armes, c'est pour rassurer les clients, et si ce sont des vieux Noirs qui travaillent dehors, c'est que leur vie coûte moins cher que celle d'un jeune Blanc. Le développement de la police privée (qui a dépassé depuis longtemps la police publique en nombre) offre ainsi quantité d'emplois mal payés et à hauts risques.

On vient ici pour gober de l'ecstasy et danser dans une ambiance de fin du monde -mais si on allume une cigarette ou si l'on commande une bière après deux heures du matin, on se fait immédiatement rappeler à l'ordre. Les vigiles sont sous ecstasy aussi eux aussi ; oubliant les vingt ans qui les séparent de la moyenne d'âge des jeunes danseurs, ils agitent leur graisse comme des damnés, rouges de sueur, bavant de plaisir, exhibant leurs armes comme s'ils montraient leur sexe.



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La psychanalyse aujourd'hui (V) : l’autisme, enjeu idéologique

Publié le 13 Février 2012 par Jean Mirguet dans Psychanalyse et psychanalystes

La dernière séanceAprès les expertises successives de l’INSERM sur le dépistage et la prévention des troubles mentaux chez l’enfant et l’adolescent en 2002, sur l’efficacité comparée des psychothérapies en 2004, sur les troubles des conduites de l’enfant en 2005, après la publication du Livre Noir de la Psychanalyse (2005) puis le brûlot anti-Freud d’Onfray en 2010, voici le député UMP Fasquelle  qui, après avoir lancé sa proposition de loi « visant à interdire la psychanalyse pour l’accompagnement des personnes autistes », poursuit sa croisade  en se préparant à « saisir le Conseil national des universités afin que l'enseignement et la recherche sur les causes et les prises en charge de l'autisme ne fassent pas référence à la psychanalyse ». La Haute Autorité de Santé n’est pas en reste qui déclare officiellement la psychanalyse inadaptée à la prise en charge de l’autisme (cf. Libération d’aujourd’hui).

Cette offensive idéologique contre la psychanalyse exhale de pestilentiels effluves populistes et antidémocratiques. Elle fait craindre un retour de la pensée vers l’obscurantisme du Moyen-Age et une promotion de politiques liberticides.

 

Comme l’indique le communiqué  de presse du Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire, une loi n’a pas à se substituer aux praticiens en matière de choix d’un traitement. Les familles et tous les citoyens doivent pouvoir garder le droit inaliénable d’une liberté de choix de leur praticien et de la façon dont ils souhaitent se soigner, en respectant  la nécessaire pluralité des approches.

Depuis quand une loi devrait-elle se faire l’arbitre puis le censeur dans le débat scientifique ? Quid de la liberté de pensée et de recherche ?

Le député Fasquelle et ceux qui le suivent vont-ils bientôt emprunter le chemin des fondamentalistes chrétiens américains et nous gratifier  d’une loi interdisant le darwinisme ? L’interdiction du député Fasquelle est-elle l’héritière des autodafés nazis des livres de Freud et de l’interdiction de la psychanalyse comme science juive, ou  celle du stalinisme qui l’avait décrété science bourgeoise, à moins qu’elle ne s’inspire de la censure des colonels grecs  ou de l’actuelle dictature syrienne ?

 

La psychanalyse, qui a fait ses preuves depuis plus d’un siècle, constitue un aspect fondamental de la formation des praticiens. Elle est, avec d’autres, l’une des boussoles essentielles permettant de s’orienter dans le traitement des sujets autistes.

En témoignent les publications régulières concernant le traitement de l’autisme dans de nombreuses institutions accueillant des enfants, adolescents ou adultes, tant en France qu’à l’étranger. Elles nous apprennent que les méthodes qui aident le mieux les autistes sont celles qui ne gomment pas les particularités et la liberté du sujet et qui savent miser sur ses inventions et ses compétences.

 

La psychanalyse a toujours été interdite là où la liberté était confisquée aux citoyens. On peut ne pas partager sa théorie et sa méthode mais avoir le projet d’en interdire l’exercice et empêcher des personnes d’y avoir recours constituent une menace grave pour les libertés.

 

 

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L'autre zen de Lacan

Publié le 10 Février 2012 par Jean Mirguet dans Psychanalyse et psychanalystes

On peut supposer une certaine témérité à ceux qui, aujourd’hui, s’adressent à un psychanalyste quand ils désirent réaliser ce qu’ils sont vraiment plutôt qu’accomplir ce que les autres attendent d’eux. Toutefois, l’engagement dans ce long et difficile travail n’est pas motivé par le seul dessein de se connaître, il faut aussi que la sorte de stimulant donné par le malaise de vivre et le tourment du symptôme y prenne part.

C’est pourquoi la psychanalyse implique une décision éthique : il s’agit soit d’opter pour une adaptation à son milieu social et familial et s’endormir dans le confort du conformisme conservateur soit de choisir la voie de l’éveil, au sens que ce mot peut avoir dans le bouddhisme.

 

Le bouddhisme et spécialement le zen ne sont pas sans affinité avec la psychanalyse. Lacan, qui s’est beaucoup intéressé à la culture extrême-orientale, s’est engagé, le premier, dans cette voie.

En inventant l’objet a, il s’est référé à ce fait inhérent à la parole : il est impossible de tout dire. Le mot n’est pas la Chose, il n’est que son représentant. Ce qui reste et qui ne peut se dire se trouve dans l’écart entre la Chose et le mot qui la désigne. Or, le Tao s’avance sur un chemin analogue puisque, tout en ne rejetant pas le pouvoir de la parole, il professe qu’elle ne dit pas tout du réel.

 

Lacan confiait qu’il était lacanien car il avait fait un peu de chinois... litote de sa part ?

Dans les tout premiers mots qu’il prononce en ouvrant son Séminaire, en 1953, il en appelle au zen pour exprimer ce je-ne-sais-quoi qui se passe aussi dans la psychanalyse : « Le maître interrompt le silence par n’importe quoi, un sarcasme, un coup de pied (...) Il appartient aux élèves eux-mêmes de chercher la réponse à leurs propres questions. Le maître n'enseigne pas ex cathedra une science toute faite, il apporte la réponse quand les élèves sont sur le point de la trouver ». Et d’ajouter que « cet enseignement est un refus de tout système ».zen

 

L’intervention du maître zen est un koan ; il a pour but de décontenancer et surprendre le disciple afin de déclencher son éveil. On trouve ainsi dans Les entretiens de Lin-tsi(publiés en 1972) le koan suivant : un moine demanda quelle était la grande idée du bouddhisme. Le maître fit khât (soit une éructation dont Lin-tsi passait pour être un virtuose). Le moine s’inclina. Le maître dit : « En voilà un qui se montre capable de soutenir la discussion».

Pour Lacan, le khâtn’est pas loin d’être un joyau. De toute façon, c’est pour lui ce qu’il y a de mieux dans le bouddhisme car ça consiste « à te répondre par un aboiement, mon petit ami ».

 

Alors, Lacan, maître zen lui aussi, laïc cependant ?

C’est, sans nul doute, une autre fonction que celle de maître au sens antique ou cartésien ou universitaire du mot ! Ce qu’il énonce avec Lin-tsi, c’est : « Soyez votre propre maître », rendant la fonction du maître autant indispensable qu’inutile. 

Ce que sait ce maître particulier c’est qu’il sait ne pas savoir alors qu’on le suppose savoir. Sa feinte consiste à tenir le rôle qui lui est demandé, pour interroger le désir de celui qui a recours à lui.

 

À la différence des philosophies et des religions, la psychanalyse et le zen ne sont pas des Weltanschauung, des visions du monde.

Par contre, à la différence du zen qui se fixe comme horizon un au-delà des mots et qui trouve son aboutissement dans le silence, Lacan théorise la recherche du sens comme un acte de parole, indissociable du langage.

À rebours de cette conception, la vérité dans le zen se révèle au-delà des multiples différences qui séparent les mots les uns des autres ; elle s’atteint en crevant l’écran du langage.grenouille

On trouvera peut-être, dans le « bruit » - intraduisible - de la fameuse grenouille de Bashô plongeant dans l’eau, le signe de cette «  possibilité d’une pensée réelle, seule absolument vraie, détachée de toute forme verbale, de tout acte implicite ou explicite d’élocution », ainsi que l'écrit Maurice Pinguet dans Le texte Japon.

La technique du zen paraît donc diverger de la pratique lacanienne de la psychanalyse qui laisse, selon la formule de Mallarmé, l’initiative aux mots. Mais toutes deux sont faites d’une pensée en mouvement, à l'égal de celle produite par l’interprétation analytique qui, comme dans le zen, n’est pas faite pour être comprise mais, comme le dit Lacan, « faite pour faire des vagues ».

 

En pleine détresse, elle déclara à Lacan qu’elle n’avait plus de moi. - "Eh bien, qu’est-ce qu’il vous faut !", énonça-t-il. (Jean Allouch, Allô, Lacan ? Certainement pas, E.P.E.L, 1998)

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