Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

politique

 Français, encore un effort si vous voulez être Républicain 

Publié le 7 Août 2018 par Jean Mirguet dans Politique

                  Après une deuxième quinzaine de juillet animée par le feuilleton Benalla, alimenté en particulier par le journal Le Monde, ce-dernier paraît retrouver un peu de hauteur de vue et ses esprits. 

                  En effet, après 15 jours durant lesquels ce quotidien a entretenu le suspens et l’hystérie autour de «  l’affaire Benalla », n’hésitant pas à se transformer en journal d’opinion, - orienté par définition -, et publiant des articles  le plus souvent à charge contre Macron et la « Macronie », il paraît, depuis le début de ce mois, revenir à un certain pluralisme d’opinions. 

                  Que peut-on retenir de ce qui s’est passé ? Cette piteuse histoire qui commence déjà à se dégonfler ne va-t-elle pas faire tout simplement pschitt ? 

                  Lors du dernier week-end de juillet, le quotidien publiait une interview de Philippe Raynaud, professeur de sciences politiques à Paris II- Panthéon – Assas et, sur la même page, une tribune du linguiste Raffaele Simone.

                  Si P. Raynaud expliquait qu’il n’y avait pas d’affaire d’Etat puisque ce dernier n’avait pas commis d’acte délictueux, R. Simone jugeait que « le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple » (sic !).

                  Deux manières diamétralement opposées de diagnostiquer cet épisode, l’une s’appuyant sur une argumentation objective, lucide, débarrassée de la bouillabaisse émotionnelle qui nous a été infligée quotidiennement depuis le 18 juillet, l’autre naviguant dans les eaux troubles de la subjectivité et n’hésitant pas à colporter des inexactitudes et des jugements approximatifs ôtant tout crédit au propos.

                  Force est de reconnaître que cette faute regrettable  (on attend d’ailleurs que les tribunaux la prouvent) d’un chargé de mission est arrivée à un moment béni pour les antiMacron inconditionnels puisque, en ce début d’été, tout paraissait sourire à Macron, spécialement au lendemain de la victoire des Bleus. On vit alors les Mélenchon, Le Pen, Faure, Ciotti prêts à s’unir dans une pathétique célébration du mariage de la carpe et du lapin, alliance de circonstance de ceux qui n’ont toujours pas avalé les résultats de l’élection présidentielle 2017. Logiquement, le 31 juillet, les motions de censure déposées contre le gouvernement étaient rejetées, en particulier celle du PS-LFI-PC (comme quoi, ainsi que l’avait ironisé Raymond Barre en son temps, l’union de la gauche ne peut pas être qu’une union parlementaire et celle de cette fin juillet n’était qu’un leurre).

                  Pour P. Raynaud, la dramatisation médiatique s’est révélée excessive, « le ton inimitable de componction, de sérieux et de moralisme du Monde  donnant à cette affaire un goût de moraline », selon le terme inventé par Nietzsche pour désigner par dérision la morale bien-pensante.  

                  Grâce à la moraline, produit pharmaceutique imaginaire permettant de donner une bonne moralité,ceux qui l’ont absorbée ont pu croire qu’était entrain de se réaliser  la convergence des luttes, tant souhaitée par la CGT et LFI !

                  Comment déchiffrer la fonction de ce vacarme ? 

                  Emmanuel Macron l’explicite dans sa Révolution : « Le système s’est organisé pour protéger l’ordre existant. Même ceux qui le dénoncent se satisfont de leur dénonciation, ne souhaitant pas réellement le perturber. Ce qui existe – et qui pourtant ne satisfait personne – est tenu, sans examen, pour meilleur que ce qui peut advenir. C’est une France des situations acquises et des rentes garanties, statutaires, financières, intellectuelles  (…) Nous devons changer de logique profonde et refonder nos manières de penser, d’agir et de progresser». 

                  Presse et milieux politiques confondus ont décidé de faire payer cher à ce jeune Président sa prétention à transgresser les codes et les usages, à bousculer les habitus confortables. 

                  « Vous n’avez pas voulu que nous continuions à vous faire la loi, mais nous allons continuer à vous faire la morale », tel semble être le message, écrit Brice Couturier dans Macron, un président philosophe.

                  Nul doute que certains, parmi les medias et les hommes politiques, ont été (et le sont toujours) au bord de demander la démission du Président de la République puisque pour eux, il ne fait pas de doute que ce médiocre fait divers Benalla était une affaire d’Etat voire un Watergate à la française (dixit Mélenchon qui ne craint jamais l’outrance !). 

                  Le moment venu, les juges diront si le collaborateur de Macron est fautif et quelle peine il encourt mais on aurait souhaité que, lors de ce feuilleton de juillet, presse (Le Monde plus particulièrement) et politiques confondus gardent un peu plus la tête froide et n’entonnent pas le couplet populiste de la République au bord du gouffre !

                  Comme l’écrit Georges Kiejman dans une tribune du Monde, la seule question qui vaille est celle de se demander si la République était menacée par le dérapage de M. Benalla et s’il n’y a rien à dire sur les vrais sujets (Brexit, populismes, famine en Afrique, réchauffement climatique, migrants, etc., etc.), au point d’en arriver aux déclarations calamiteuses autour de cet employé de la Présidence, en espérant atteindre et salir le Président de la République.

                  Que l’on cesse d’évoquer le Watergate, les « barbouzes » (si bien tolérées du temps de De Gaulle, à l’époque du SAC.), écrit l’avocat, il y a tant de sujets sur lesquels on aimerait entendre des opposants de qualité et de bonne foi tenir des propos constructifs, plutôt que sombrer dans le marais politicien de l’Hexagone.

                  En cette période caniculaire qui ne nous annonce rien de bon pour les prochaines décennies et qui échauffe les esprits,  il serait temps de retrouver un peu de dignité et de cesser de souiller le mot précieux de République. 

                  «Français, encore un effort si vous voulez être Républicain».

 Français, encore un effort si vous voulez être Républicain 
commentaires

1998 – 2018 : les individus historiques

Publié le 16 Juillet 2018 par Jean Mirguet dans Politique

Vingt ans après son exploit de 1998, l’équipe de France de foot réédite sa prouesse : elle est devenue championne du Monde de foot.

1998 – 2018 : deux dates, deux moments de l’histoire du sport voire de l’Histoire tout court. Il suffit d’écouter les supporters saluer ce lien pour se convaincre que, au-delà, du caractère sensationnel de ces performances, cet anniversaire célèbre quelque chose d’essentiel de ce qui fait exister notre société et sa culture : dans un article récent paru dans Le Débat, Marcel Gauchet écrit qu’une « société n’existe qu’à partir du moment où elle est capable d’assurer la continuité de sa culture et l’identité de son organisation au-delà du renouvellement de ses membres, qui naissent et meurent ». 

Autrement dit, pour garantir sa perpétuation, une société doit entrer dans l’histoire et savoir, comme l’indique Paul Ricoeur, « faire mémoire de toutes les traditions qui s’y sont sédimentées ». 

 

C’est pourquoi, je ne suis nullement choqué quand le Président de la République exulte avec les Bleus, contrairement aux anti-Macron habituels dont la mauvaise foi systématique leur fait voir une tentative de récupération (de quoi auraient-ils rendu Emmanuel Macron responsable si  nos valeureux joueurs avaient perdu ?). 

 

Alors que ces dernières années, l’histoire a été  politiquement prise en otage et instrumentalisée (cf. l’histoire procoloniale et celle de la repentance, l’histoire identitaire et celle multiculturelle, etc…), Macron n’a pas manqué de rappeler que le roman national n’a pas à être écrit (sous forme « réactionnaire » ou sous forme « progressiste ») par les pouvoirs exécutif ou législatif et qu’il revient au Président de la République de réconcilier les mémoires, dans le but de réunir les Français autour de grandes ambitions communes. 

C’est ce qui se passe dans les moments de circonstances exceptionnelles puisque c’est là, insiste Macron, que « tout devient possible » et que naissent, selon Hegel, « lesindividus historiques ».

« Les individus historiques  sont ceux qui ont dit les premiers ce que les hommes veulent. Il est difficile de savoir ce qu'on veut. On peut certes vouloir ceci ou cela, mais on reste dans le négatif et le mécontentement : la conscience de l'affirmatif peut fort bien faire défaut. Mais les grands hommes savent aussi que ce qu'ils veulent est l'affirmatif. C'est leur propre satisfaction qu'ils cherchent : ils n'agissent pas pour satisfaire les autres. S'ils voulaient satisfaire les autres, ils eussent eu beaucoup à faire parce que les autres ne savent pas ce que veut l'époque et ce qu'ils veulent eux-mêmes. Il serait vain de résister à ces personnalités historiques parce qu'elles sont irrésistiblement poussées à accomplir leur oeuvre. Il appert par la suite qu'ils ont eu raison, et que les autres, même s'ils ne croyaient  pas que c'était bien ce qu'ils voulaient, s'y attachent et laissent faire. Car l'oeuvre du grand homme exerce en eux et sur eux un pouvoir auquel ils ne peuvent pas résister, même s'ils le considèrent comme un pouvoir extérieur et étranger, même s'il va à l'encontre de ce qu'ils croient être leur volonté » (Hegel, cité par Brice Couturier, Macron, un président philosophe).

 

Je veux bien croire que, hier, dans les vestiaires des Bleus à Moscou, Macron et, autour de lui, les Deschamps, Mbappé, Griezmann, Pogba, Pavard, Umtiti, etc… n’ont pas oublié cette leçon de Hegel et deviendront, s’ils ne le sont déjà, ces individus Historiques hégéliens.

Et, peut-être, nous font-ils apercevoir, ce que serait le « nouveau monde » …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

commentaires

Le rapt de la formation continue

Publié le 23 Janvier 2018 par Joseph Rouzel dans Politique

On lira avec intérêt ce texte de Joseph Rouzel, publié dans l’édition du blog du Club de Médiapart du 23 janvier 2018. L’auteur est directeur de Psychasoc, un lieu de formation que connaissent bien les professionnels du secteur social et médico-social.

Comme l’indique l’auteur, le démantèlement éthique produit par la passion bureaucratique, gestionnaire et évaluative fait série, pas seulement avec ce qui se passe dans le domaine de la formation mais également et plus généralement avec le mépris affiché à l’encontre des professionnels de la santé et du médico-social (fermetures de services et d’établissements, disqualification des cultures professionnelles, usagers et demandeurs traités comme des consommateurs).  Est à l’œuvre une logique grossière et rudimentaire qui veut nous faire croire que le modèle du lien social est celui du fonctionnement d’une entreprise : on voit à quelles aberrations conduit cette logique.

 

Je prends ici l’expérience d’un centre de formation continue à titre d’analyseur institutionnel. Démantelé sous les coups d’une loi de 2014, comme beaucoup de petits centres de formation, celui-ci fait série avec ce qui se passe en formation initiale (formations utilitaires, d’adaptation à la tâche, aux dépends de la construction d’une culture professionnelle ; éclatement des savoirs dans des domaines de compétence ; perte du sens critique et de l’engagement éthique et politique ; disparition du travail clinique ;   instrumentalisation du concept de projet ; effacement du travail d’équipe et du collectif…), mais aussi dans les établissements (disqualification des professionnels avec l’embauche de salariés au rabais ; efficacité, rentabilité ; usagers traités comme des clients ; irruption du Marché ; effraction des méthodes de chiffrage, de comptage ; modes d’évaluation quantitatif ; perte de la référence à l’équipe ; institution réduite à sa portion congrue d’établissement…) L’histoire du centre de formation que j’ai créé avec l’aide de quelques collègues il y a 17 ans, donne la trame exacte de ce démantèlement de la transmission des métiers. Mais elle projette aussi la mobilisation de ressources possibles et fait la part belle à l’invention et la résistance active…      

J’ai créé Psychasoc (Institut européen psychanalyse et travail social, Montpellier)[1] en 2000. Le projet était de mettre à disposition des salariés des établissements sociaux et médico-sociaux un lieu de ressourcement et de questionnement des pratiques, éclairé par l’enseignement de la psychanalyse. La psychanalyse constitue (comme d’autres disciplines) un des socles de discours qui traverse le champ du travail social et permet de rendre compte en raison du bien-fondé des actions. Mais nous avons tenu à ce que l’orientation psychanalytique ne soit pas obérée par des querelles de chapelles ou d’écoles. La trentaine de formateurs, qui tous ont une longue expérience du terrain comme travailleur social ou psychologue, voire médecin, mais aussi un engagement de longue date dans la psychanalyse, ainsi qu’une formation universitaire de haut niveau, s’inspirent d’une démarche pédagogique clinique : il s’agit d’accompagner chaque stagiaire à construire son propre savoir. Certes nous prenons appui sur les concepts issus de la psychanalyse (inconscient, transfert, jouissance, désir…) mais sans jamais perdre la main courante de la pratique des stagiaires. Des formations courtes, entre une et quatre semaines, permettent aux professionnels, comme plusieurs nous l’ont confié, de raviver certaines connaissances théoriques et législatives, de remettre le pied à l’étrier, de souffler, d’assainir leur relation aux usagers et aux collègues, de questionner l’institution et surtout de retrouver le sens de leur engagement auprès de leurs concitoyens les plus démunis. Bref, de penser…

La loi de mars 2014 a complètement ravagé ce dispositif que nous partageons avec plusieurs centres de formation. Ne sont plus agréées depuis, que les formations menant à une certification, une qualification, un diplôme. Ce qui peut s’avérer valable dans certains secteurs, ne l’est guère en travail social où la plupart des salariés ne courent pas après un diplôme supplémentaire. Les formations doivent de plus être adossées à une VAE. Les établissements de plus de 300 salariés ne sont plus tenus de cotiser ; ils ont juste obligation de former leurs personnels. On assiste à une diminution drastique des financements prélevés sur la masse salariale : chute de 2,31% à 1%.[2] etc Alerté par une pétition que nous lui avons fait parvenir avec des centaines de signatures, le Ministre du Travail, François Rebsamen m’a répondu une longue lettre précisant les points ci-dessus, et ajoutant que la logique qui avait présidé à la loi visait à mettre à disposition des chômeurs des possibilités de se former, oubliant sans doute que les dites possibilités existaient déjà. Et en conclusion le brave Ministre m’assurait qu’il nous restait… l’intra.

Résultat des courses trois ans plus tard : tous les petits centres de formation tels que le nôtre sont saignés à blanc et mettent la clé sous la porte. Ils licencient pour… lutter contre le chômage ![3] Quelques centres résistent. Tel Psychasoc, grâce à la reconnaissance des salariés du secteur qui en plus de 17 ans ont pu apporter leur soutien indéfectible. Mais ils sont bombardés d’exigences tatillonnes, bureaucratiques et inadéquates à l’action menée. L’inscription au RNCP (Registre national des certification professionnels) n’aboutit à rien. Nous l’avons demandée pour la formation de superviseur d’équipes. Réponse négative : ça ne conduit pas à un emploi à plein temps. L’OGDPC nous a été refusée parce qu’il n’y avait pas de médecin parmi nos formateurs, alors qu’il y en a deux,  etc… La Certification Régionale également sous prétexte que nous ne faisions par remplir de fiche de bilan par les formateurs et il nous était préconisé d’envoyer en formation nos formateurs sur le handicap, alors que la plupart ont œuvré pendant des années dans ce domaine. Il y a quelques années une OPCA a même carrément refusé aux salariés toutes nos formations en arguant que notre référence à la psychanalyse faisait de nous une secte ! Il a fallu taper fort pour faire tomber cette ignominie. Les récents outils obligatoires de référencement tels Datadock, les référentiels d’évaluation des centres formation et autres joyeusetés nous mettraient en demeure de passer la moitié de notre temps à remplir des dossiers ineptes. Bref si l’on voulait couler les centres de formation continue, c’est réussi.

Du coté des salariés, le montage du CPF puis, au 1er janvier 2017, la mise en place du CPA se présente comme une usine à gaz. Peu de salariés peuvent de fait en bénéficier : ils ont été spoliés de ce droit à se former tout au long de la vie. Question alors : à qui profite le crime ? Faire un tour du côté du RNCP permet de comprendre les dessous de cette stratégie de spoliation. Les lobbys, les Universités et les gros centres de formation, tels les IRTS, sont gagnants. Ainsi, toutes professions confondues, l’organisme qui a inscrit le plus de certifications est… Microsoft !  A quand les formations assurées par Vivendi, Apple ou Google qui n’auront plus qu’à embaucher les petites mains de formateurs que nous sommes ? Assisterions-nous là aussi à une véritable ubérisation de la formation, en attendant de l’étendre à l’ensemble des professions sociales ? Ce que l’on voit poindre avec la création d’entreprises d’intervention sociale en libéral. Le rapt a réussi, il s’agissait bien de détourner l’argent et le droit des salariés. Pourtant pas de réaction, ni du côté syndical, ni du côté des salariés. Il semble qu’on se laisser plumer sans rien dire.

Pour Psychasoc, nous poursuivons vaille que vaille, mais déterminés, avec les moyens du bord. Nous avons dû licencier notre dernière salariée, qui a créé depuis l’antenne de Psychasoc Intra.[4] Nous maintenons des stages qui nous paraissent essentiels, sur les psychoses, le transfert, l’animation de groupes de parole, les pratiques d’entretien, la formation de superviseurs… Là où nous accueillions plus de 400 stagiaires par an, nous en recevons à peine une cinquantaine. Tous les jours des salariés désespérés nous appellent pour dire que nos formations n’entrent pas dans le cadre et précisent que ce qu’on leur propose par ailleurs est totalement inadapté.

Alors que faire si ce n’est résister ? Mais nous n’y arriverons pas tout seuls.[5]

Et comme aimait à le dire Stéphane Hessel : résister, c’est créer… 

 

[1] http://www.psychasoc.com

[2] Les discussions sont vives dans les accords de branche pour augmenter légèrement ce pourcentage.

[3] Un courrier que m’a adressé le Ministre du Travail de l’époque, François Rebsamen, précisait que cette décision visait à renforcer les moyens en formation des chômeurs. 

[4] Julie Martin, Psychasoc Intra, secretariat2@psychasoc.com

[5] Voir le site que nous avons ouvert : rezo-travail-social.com

 

commentaires

Une opposition de basse-cour 

Publié le 6 Juillet 2017 par Jean Mirguet dans Politique

 

« Opposition de basse-cour » titre Matthieu Croissandeau dans la dernière livraison de L’Obs.

Que de caquetages, en effet, de bavardages insipides, de jacasseries inconsistantes, de postures toutes faites, de vieux réflexes archaïques émanant des rescapés de la gauche et de la droite.

N’ont-ils rien entendu de ce qu’Emmanuel Macron, le Président, leur a adressé, lundi au Congrès : qu’une « obligation collective pèse sur nous, qu’elle est celle d’une transformation résolue et profonde, tranchant avec les années immobiles ou avec les années agitées » ?

Bien qu’ayant des oreilles, ils font comme s’ils ne savaient pas les utiliser et préfèrent jouir de leur solitude, tournent en rond et sont devenus amnésiques : la masturbation rend sourd, vous dis-je !

Ajoutez-y une bonne dose de mauvaise foi, autrement dit de malhonnêteté intellectuelle, et ils sont prêts, en faisant feu de tout bois pour essayer de déstabiliser E. Macron, à continuer à nous faire croire qu’on peut prendre des vessies pour des lanternes.

Face à l’incohérence des discours des Hamon, Mélanchon, Lagarde, LePen, etc…, face aux stupides critiques dénonçant la dérive monarchique, la remise en cause du fonctionnement démocratique, l’abus de pouvoir, la cohérence d’E. Macron et de son Premier Ministre a répondu, guidée par « une éthique de l’action et de la responsabilité partagée ».

Quand ces professionnels de la politique cynique et faite de platitudes comprendront-ils que « le peuple français a montré son impatience à l’égard de ce monde politique fait de querelles stériles et d’ambitions creuses et que c’est à une manière de voir la politique qu’il a donné congé ».

Si l’opposition veut retrouver quelque dignité, il lui faudra trouver le moyen de s’extirper du marais nauséabond dans lequel pataugent quelques canards sans tête. Manifestement, elle en est loin.

commentaires

La division et le non-savoir aux fondements de la démocratie.

Publié le 31 Mars 2016 par Jean Mirguet dans Politique

Dans une interview donnée au mensuel Causeur il y a deux ans, le linguiste et philosophe Jean-Claude Milner rappelait ce qui, jusqu’à peu, constituait une évidence : à un moment donné, les parents choisissent toujours en lieu et place de leurs enfants, libre à ceux-ci ensuite de se rebeller contre cet héritage. Or, force est de reconnaître que, depuis quelques années, domine l’idée que ces contraintes doivent être combattues préventivement, tout simplement en les empêchant d’apparaître.

Autrement dit, pour que chaque individu puisse, dès le début de sa vie, être placé dans une relation de stricte égalité avec ses semblables, il lui faut être libre d’accepter ou de refuser ce qui lui est transmis, donc être dans la situation de celui qui conclut un contrat. Pour JC Milner, il s’en déduit instantanément une conséquence : l’enfant doit entrer dans un monde qui ait le moins de passé possible puisque ce passé est fait de choix auxquels il n’a pas pris part. Dans le cas des relations parents-enfants, le modèle du contrat, qui est égalitaire, s’oppose à celui de la transmission, inégalitaire.

Pendant longtemps, l’inégalité de savoir entre le maître et l’élève a été pensée comme un moyen de la démocratie puisque la transmission visait à affranchir l’élève des conséquences sociales de son ignorance. Or, aujourd’hui, cette inégalité de savoir est jugée comme non démocratique, à tel point qu’à force de dénoncer l’inégalité entre savoir et ignorance, on trouve de plus en plus de situations dans lesquels l’ignorant domine celui qui sait (par ex. l’impossibilité pour des professeurs d’aborder certains sujets politiques, religieux ou philosophiques car des élèves sont persuadés de détenir une vérité supérieure à la connaissance).

Nombreux sont les dirigeants politiques qui estiment que supprimer la perception de l’inégalité est gage de paix sociale, faisant de ce modèle l’idéal vers lequel doit tendre une démocratie. Cette idéologie du désamorçage des conflits qu’il faut prévenir pour qu’ils n’aient pas lieu et que s’établisse un consensus nous propose l’idéal d’un monde imaginaire harmonieux, exempt de toute division, pacifié.

Or, insiste JC Milner, la démocratie doit permettre l’émergence des conflits, elle est fondée sur la division, non sur une mirifique et chimérique harmonie.

De surcroît, elle est le régime conçu, créé et soutenu par des hommes qui savent qu’ils ne savent pas tout. « Le démocrate est modeste, écrivait Camus (« Réflexions sur une démocratie sans catéchisme », Oeuvres complètes II), il avoue une certaine part d’ignorance, il reconnaît le caractère en partie aventureux de son effort et que tout ne lui est pas donné, et à partir de cet aveu, il reconnaît qu’il a besoin de consulter les autres, de compléter ce qu’il sait par ce qu’ils savent ».

La légion des donneurs de leçons qu’on entend à longueurs de journée ferait bien de ne pas l’oublier.

commentaires

Le cancer de l'islamisme

Publié le 23 Mars 2016 par Jean Mirguet dans Politique

Le Manneken-Pis sur vos bombes
Le Manneken-Pis sur vos bombes

Roland Jaccard indiquait hier soir, mardi, à l’émission d’Yves Calvi, « C dans l’air », que les chiffres sur la montée du radicalisme en France étaient impressionnants : aujourd’hui, 8500 personnes ont été signalées comme autoradicalisées soit par leurs voisins, soit par leur famille, soit par les services antiterroristes. C’est deux fois plus qu’il y a un an.

Mohamed Sifaoui, journaliste, écrivain et réalisateur franco-algérien installé en France, expliquait quant à lui que « il ne peut y avoir de lutte sérieusement engagée si on n’arrive pas à se poser la question de manière sérieuse, apaisée et calme sur comment gérer le sujet islamiste, comment lutter contre l’islamisme, comment assumer la guerre contre l’islamisme, comment nommer l’islamisme, comment interdire les réseaux islamistes qui endoctrinent, comment interdire les associations qui propagent l’islamisme, comment interdire la littérature islamiste, comment prohiber les chaînes qui diffusent l’islamisme ? Une chaîne saoudienne, il y a quelques semaines, diffusait un prêche du prêcheur principal de La Mecque qui appelait à tuer tous les apostats juifs et chrétiens, européens et tous les chiites, etc…

Ça passe à la télévision nationale saoudienne, quasiment une fois par semaine au moins.

Il faut sortir de cette logique où l’on tente d’anesthésier le débat. On est en guerre ou on ne l’est pas ».

- Y. Calvi : « C’est de la naïveté ? »

- M. Sifaoui : « C’est pas de la naïveté ».

- Y. Calvi : « La volonté de ne pas voir ? »

- M. Sifaoui : « C’est du calcul politicien par électoralisme. (…) L’islamisme est une idéologie totalitaire, elle est dangereuse. Ces gens sont des salopards qui sont des militants, qu’il faut combattre, qu’il faut annihiler et faire passer devant la Justice, qu’il faut neutraliser physiquement lorsqu’il le faut. Ce sont des choses qu’il faut assumer aujourd’hui et ce propos ne doit pas être laissé à l’extrême-droite qui ne fait qu’alimenter ces islamistes » .

commentaires

Publié le 12 Mars 2016 par Jean Mirguet dans Politique

En complément à l’info publiée hier concernant le Printemps Républicain, voici quelques lignes introductives du dernier livre de Marcel Gauchet, Comprendre le malheur français, publié chez Stock depuis hier.

« L’abîme des perceptions entre la France d’en haut et la France d’en bas a ouvert un boulevard à la démagogie protestataire. Il a permis l’ascension effrayante du Front national. Celle-ci a créé en retour un fonds de commerce de la dénonciation du péril fasciste. Elle a suscité une troupe de procureurs bénévoles chargés de veiller à la pureté des opinions et de traquer tout propos suspect de « faire le jeu du Front national ». Les interdits appellent à leur tour des transgresseurs, de sorte que l’on a vu apparaître d’avisés entrepreneurs en provocation qui ont raflé le marché de la mal-pensance, tout en portant à leur paroxysme les cris d’orfraie des gardiens de l’orthodoxie. La boucle est bouclée, le jeu de rôles est verrouillé , la discussion publique est bloquée par une hystérie médiatique qui ne laisse le choix qu’entre le délire et le déni. Un blocage qui ne contribue pas peu à entretenir le découragement collectif ».

commentaires

Le Printemps Républicain

Publié le 11 Mars 2016 par Jean Mirguet dans Politique

Dans son article de début mars, « La gauche pour le réel », publié dans le dernier numéro de Causeur, Elisabeth Lévy prétend qu’en ce-moment, il se passe quelque chose à gauche, quelque chose d’encore imprécis et nébuleux mais qui, s’il se précise, pourrait rendre l’atmosphère intellectuelle un peu plus respirable.

Depuis, cet imprécis a commencé à prendre forme : sous la houlette du politologue et essayiste proche du PS, Laurent Bouvet, un collectif s’est créé, soutenu, entre autres, par Marcel Gauchet, Elizabeth Badinter, Marc Cohen, Roland Castro, Brice Couturier, René Frydman, Fleur Pellerin, Abderrahmane Sissako. Un Manifeste a été mis récemment en ligne http://www.causeur.fr/manifeste-pour-un-printemps-republicain-37179.html avec appel à signature.

Il défend l’idée que la République est ce qui nous est commun, que la laïcité est le ciment du contrat social républicain, que la Nation est à la fois une histoire et un destin communs, que l’universalisme se déduit des aspirations à une humanité commune, que le combat contre le racisme, l’antisémitisme ou tout autre préjugé à raison du sexe, de l’origine, de la couleur de la peau, de l’orientation sexuelle, de la religion ou de la culture est sans répit ni repos et que le principe de l’égalité entre hommes et femmes, et plus encore le combat permanent pour sa réalisation effective, sont au fondement des sociétés modernes.

La naissance de cette gauche pluraliste, voltairienne qui se rebiffe et affirme avec Pascal Bruckner que la gauche doit se réconcilier avec le réel est une très bonne nouvelle.

Le réel (et non pas la réalité) …. un terme très en vogue actuellement, spécialement dans les domaines de l’art et de la politique. Les significations qui lui sont données mériteraient, à coup sûr, d’être précisées pour lui éviter de rejoindre le lexique de la langue de bois où il risquerait de perdre sa marque primordiale puisqu'il est ce qui résiste, ce sur quoi on bute et qu'on ne peut contourner. On peut compter sur le talent d’Elisabeth Badinter pour éviter cet écueil quand elle appelle à ne pas se laisser bâillonner par le politiquement correct, consistant précisément à ne rien vouloir savoir du poids de réel : « Il faut, dit-elle, s'accrocher et il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe, qui a été pendant pas mal d'années le stop absolu, l'interdiction de parler et presque la suspicion sur la laïcité. A partir du moment où les gens auront compris que c'est une arme contre la laïcité, peut-être qu'ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses ».

Que celles et ceux qui apprécient lire et entendre  Charles Péguy, Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq, Régis Debray, Philippe Muray, Pascal Bruckner, Fabrice Luchini (aimablement qualifiés, avec d’autres, de néo-réacs depuis la publication du Rappel à l’Ordre de Daniel Lindenberg, paru il y a 14 ans) se réjouissent, ça sent le Printemps !

Le Printemps Républicain
commentaires

Nécessité de l’ennemi

Publié le 9 Octobre 2014 par Jean Mirguet dans Politique

Dans sa tribune du 3 octobre dernier publiée dans Le Monde et titrée « La Russie de M. Poutine et l’islamisme radical sont nos meilleurs ennemis », Pascal Bruckner rappelle cette remarque d’Alexander Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaël Gorbatchev, à l’endroit des Occidentaux (nous sommes en 1989 et l’empire soviétique s’effondre) : « Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ».

Rien de nouveau dans le ciel des idées puisque, sans aller jusque Matthieu et Luc qui enjoignent d’aimer nos ennemis, Karl Schmitt avait déjà montré que la fonction du politique est d’identifier l’ennemi, le politique étant selon lui le lieu de la distinction ami-ennemi.

Quant à Freud, son texte sur la Psychologie des masses démontre combien un individu peut, au sein d’une collectivité et conditionné par ses identifications, s’autoriser à se débarrasser des refoulements des pulsions inconscientes qui l’animent.

Dans les phénomènes de ségrégation, dans le racisme, la xénophobie, le nationalisme ou l’intégrisme, l’identification c’est-à-dire, comme la définit Freud, « la manifestation la plus précoce d’une liaison de sentiment à une autre personne », s’effectue toujours sur le dos de l’autre mauvais, de l’autre à détruire voire à exterminer. C’est ainsi que se constitue une communauté, autrement dit ce qui fait norme pour chacun.

Pour que cette communauté tienne, il faut qu’il y en ait au moins un qui en soit exclu. Cette condition doit-elle être le prix à payer pour réveiller les Occidentaux de la torpeur dans laquelle le confort démocratique les a bercé jusqu’il n’y a pas si longtemps ?

A cette question, Pascal Bruckner répond positivement en proposant d’être reconnaissants envers le président Poutine comme envers le « calife » Al-Baghdadi pour l’hostilité qu’ils nous manifestent. Ils seraient en somme des bienfaiteurs puisque poussant à nous mobiliser et à résister, donc à renforcer nos liens.

Identifiés comme ennemis à vaincre mais simultanément à conserver puisque c’est d’eux que nous tirons notre énergie, ils deviendraient autant détestables que nécessaires.

C’est dans ce paradoxe que nous entraînent le déchainement de barbarie et les périls dont, pour le moment et pour la plupart d’entre nous, nous ne faisons l’expérience que par l’intermédiaire de nos écrans de télévision. C’est un paradoxe périlleux qui, comme l’écrit Pascal Bruckner, peut nous détruire ; il peut aussi nous sauver.

commentaires

Un hymne à la dialectique

Publié le 5 Avril 2014 par Jean Mirguet dans Politique

Un véritable régal que l’éditorial d’Elisabeth Lévy dans le numéro de Causeur de mars.

A ceux qui tiennent son mensuel pour un repaire de collabos voire de nazis, elle interprète ces hommages de la vertu au vice comme la preuve éclatante de l’utilité de sa publication.

A ceux qui aimeraient ne plus voir Frédéric Taddei aux commandes de Ce soir (ou jamais) ou qui voudraient priver de parole les contradicteurs comme Eric Zemmour, aux pauvrets bien-pensants auteurs de ces oukases, elle rétorque qu’on ne leur a sans doute jamais dit qu’on pouvait être en désaccord avec quelqu’un sans forcément souhaiter le réduire au silence.

Dire son désaccord suppose l’argumentation mais pour argumenter, encore faut-il lire ou écouter, tâches moins jouissives que dénoncer ou insulter, ce dont ne se privent pas ceux qui accusent Causeur d’être une revue d’extrême droite ou un journal facho. La vertu de la raison critique ne produit pas de l’harmonie et de l’accord mais au contraire des différences de points de vue, des désaccords raisonnables ; elle ne produit pas du même mais de l’Autre.

Elisabeth Lévy le clame haut et fort : Causeur est un journal d’opinions (au pluriel), et de ce fait un aimable foutoir, écrit-elle, où se côtoient monarchistes, communistes, athées et cathos, européens et souverainistes, libéraux et étatistes.

La diversité y règne, ce qui ne signifie pas que toutes les opinions se valent. Mais, pas question de refuser la publication d’idées qui invitent à la controverse puisque, on le sait bien, ce ne sont pas les idées convenues qui stimulent l’esprit. Pour autant, note la directrice du mensuel, tout changement n’est pas jugé comme un progrès. En témoigne la volonté de donner force et tenue au langage qui, comme l’affirmait Francis Ponge, constitue la meilleure façon de servir la République.

A la morale de pacotille qui alimente une vision simplifiée du monde, la polémiste oppose le souci de la complexité qui devrait rendre possible de penser le caractère inopérant de la diabolisation de Marine Le Pen et le combat contre ses idées, l’antisémitisme de Dieudonné et le doute quant à l’efficacité de l’interdiction de ses spectacles, l’égale légitimité de ceux favorables au mariage pour tous et des contre, que les musulmans français sont Français et que certaines expressions de l’Islam posent problème à la République, que le politiquement correct étouffe et que le politiquement incorrect aveugle, etc …

Dans son éditorial, véritable hymne à la dialectique, elle se fait l’héritière de Voltaire qui ne craignait pas de dénoncer et railler le monde tel qu’il va.

 

Un hymne à la dialectique
commentaires
<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>