A la suite de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, j’avais dit aux amis de gauche qui questionnaient (déjà !) la légitimité de son élection qu’ils feraient bien de faire attention car, se faisant, ils étaient entrain de scier la branche sur laquelle ils étaient assis.
Force est de constater que je ne me suis pas trompé étant donné la déroute déroutante d’Anne Hidalgo. A trop camper dans l’opposition systématique et stérile à Macron, voilà ce qui arrive : on perd toute crédibilité et on déroule un tapis rouge aux extrêmes, qu’ils viennent de la droite ou de la gauche.
Ces dimanches 9 avril et 24 avril, nous allons choisir un avenir pour notre pays, confronté à la menace de l’extrême-droite. Menace également de celui qui, au 2ème tour de 2017 a mis Le Pen et Macron sur un pied d’égalité en ne donnant pas de consigne de vote et qui, face aux crimes de Poutine, prône le non-alignement de la France.
Pour choisir un avenir respectueux de la démocratie et des valeurs de la République -la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité - il va falloir se situer clairement, ne pas céder à la confusion entretenue par la mauvaise foi des LePen, Zemmour et autre Mélenchon. Il va falloir voter en étant réaliste, au sens de Raymond Aron pour qui le réalisme consiste à considérer la menace.
Dans Les naufragés et les rescapés. Quarante ans après Auschwitz (Arcades Gallimard, 2002), Primo Levi indique que la distinction bonne foi/mauvaise foi est empreinte d’optimisme et de confiance dans l’homme et qu’elle présuppose une lucidité mentale qui est le fait d’un petit nombre alors que plus nombreux sont ceux qui se fabriquent une réalité qui les arrange. « Le passé leur pèse ; ils éprouvent de la répugnance pour les choses faites ou subies, et ont tendance à leur en substituer d’autres. La substitution peut commencer avec un scénario inventé, mensonger, restauré, mais moins pénible que la réalité (…) La distinction entre le faux et le vrai perd progressivement ses contours et l’homme finit par croire entièrement au récit qu’il a fait si souvent et qu’il continue à faire encore, limant et retouchant ici et là les détails les moins crédibles, ou s’accordant mal entre eux, ou incompatibles avec le tableau des événements acquis : la mauvaise foi initiale est devenue bonne foi. Le passage silencieux du mensonge à autrui à celui qu’on se fait à soi-même est utile : qui ment de bonne foi ment mieux, joue mieux son rôle, est cru plus facilement par le juge, par l’historien, par le lecteur, par sa femme, par ses enfants ».
Mon choix pour Emmanuel Macron était clair en 2017. Il l’est toujours en 2022. Je souhaite qu’il en aille de même pour vous.
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