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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

Exposition Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens

Publié le 26 Juin 2012 par Jean Mirguet dans Expositions

 

Ouverture de l'exposition "Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens"

Elle aura lieu du 10 Juin au 2 Septembre 2012 au Musée Georges de la Tour à Vic-sur-Seille.

Exposition exceptionnelle autour de l'artiste allemande du XXe siècle

Käthe Kollwitz
(Königsberg, 1867-1945, Berlin)

kate kol



Influencée par Rodin, Kollwitz n'aura de cesse de puiser ses connaissances et sa technique auprès

des maîtres de l'art tels que Rembrandt, Michel-Ange

et ainsi devenir un véritable témoin de son temps.

D'un réalisme proche de celui des expressionnistes, c'est par le dessin et la gravure surtout

qu'elle exprime la vie d'une nation toute entière dans ses doutes,

ses souffrances et dans ses espoirs.
Son oeuvre la plus célèbre aujourd'hui est la Pietà de la Neue Wache à Berlin,

monument national allemand des plus importants

dédié à la souffrance civile et à l'appel à la paix.
Autour de 90 oeuvres de l'artiste, l'exposition présentera les travaux de certains de ses
contemporains tels que Rodin ou Ernst Barlach, mais également les maîtres anciens
l'ayant inspirée comme Rembrandt ou Dürer.
 

10 Juin au 2 Septembre

Le livret des visiteurs
Dans le cadre de l'exposition Käthe Kollwitz : La Vérité des Sens.
Du 10 Juin au 15 Juillet 2012, les visiteurs sont invités à écrire
leur ressenti devant des oeuvres de leur choix.
A partir de 1er Août 2012, les textes sélectionnés seront publiés
dans un livret (gratuit) guidant le public à travers l'exposition.
A partir de cette même date, les nouveaux textes des visiteurs
seront édités dans différents médias jusqu'à la fin de l'exposition.
Pour tous les publics, enfants inclus.

Date du programme des animations :

- Mercredi 13 Juin 2012 : 20 h 30
- Mercredi 27 Juin 2012 : 14h > 17h
- Mercredi 4 Juillet 2012 : 20 h 30
- Mardi 7 Août au Vendredi 10 Août 2012 : 14h > 17h

 

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Place Tahrir au Caire : zone à haut risque pour les femmes

Publié le 25 Juin 2012 par Jean Mirguet

Alors que l’islamiste Mohamed Morsi, nouvellement élu, s’engage à être le président de « tous les Egyptiens », Sylvie Kaufmann nous relate, dans sa chronique du Monde du mercredi 20 juin, « la triste histoire de la place Tahrir ».

Au Caire, la place Tahrir, lieu symbolique du souffle révolutionnaire qui annonçait début 2011 l’arrivée du « printemps arabe », est devenue une zone à haut risque pour les femmes, dont le rôle fut prépondérant dans le renversement de Moubarak.

Très rapidement, les manifestantes sont devenues la cible d’agressions sexuelles. De multiples témoignages, plaintes, photos et vidéos en attestent.

Sylvie Kaufmann détaille la nature de ces agressions : « il y a la forme extrême, le viol à plusieurs, sous les regards, voire la protection de la foule. Il y a l'agression à caractère sexuel doublée de coups et blessures, parfois perpétrée par les forces de l'ordre elles-mêmes, comme l'ont montré les images-chocs de décembre et la photo si hautement symbolique de soldats se déchaînant à coups de pied sur le corps d'une femme dont on ne voyait plus que le soutien-gorge bleu sous le niqab arraché. Et puis il y a, simplement, serait-on tenté de dire, les attouchements, le vulgaire pelotage, qui s'arrêtent là lorsqu'on arrive à prendre la fuite.

La place Tahrir reste le seul lieu des soulèvements arabes où des journalistes étrangères ont été violées en faisant leur travail et où Reporters sans frontières a fini par leur déconseiller de se rendre ».

Il y a deux semaines, les manifestations ont repris place Tahrir pour protester contre le déroulement de l’élection présidentielle. « Aussitôt, des alertes à l'agression sexuelle, suivies d'appels à l'aide, ont été lancées sur Twitter : « Ça recommence ! » Une marche de protestation a été organisée le 8 juin. Seule une cinquantaine de femmes y ont participé, alors qu'elles avaient été plus de dix mille cet hiver. Des hommes ont accepté de les protéger en créant un cordon de sécurité autour d'elles. Eux-mêmes ont été attaqués et débordés ; les femmes n'ont eu que le temps de se réfugier dans un bâtiment voisin. Une reporter d'Associated Press qui couvrait l'événement a elle-même été agressée. Dans son article, elle décrit la scène terrifiante d'une jeune femme coincée contre un mur, assaillie par quelque 200 hommes, et qui finit par s'évanouir avant que de bons samaritains parviennent enfin à la secourir, au milieu des coups ».

Lorsque Sylvie Kauffmann  évoque ces incidents avec des Egyptiennes, elle obtient une palette de réactions variées, allant de l'indignation naturelle au déni.

Que dit la triste histoire de la place Tahrir, « cette histoire dans l'histoire de la cruelle désillusion égyptienne » : que l'évolution du sort des femmes dans le monde arabo-musulman est aussi fragile que celle des aspirations démocratiques.

Mona Eltahawy, égyptienne et américaine, a été arrêtée, rouée de coups et agressée sexuellement par des policiers, il y a six mois, place Tahrir. Elle est l’auteure  d’un brillant et violent réquisitoire contre la misogynie des sociétés arabes dont le magazine américain Foreign Policy  a fait sa couverture en mai, sous le titre : « Why Do They Hate Us ? » (« Pourquoi nous détestent-ils ?). L'article dénonce pêle-mêle la violence sexuelle, l'interdiction de conduire pour les Saoudiennes, l'excision et le mariage forcé d'adolescentes. La virulence des réactions du public arabe, y compris féminin, a surpris Mona Eltahawy, accusée de donner une image dégradante de la société arabo-musulmane.

Sylvie Kauffmann cite une étude du Gallup Center for Muslim Studies qui conclut que le plus grand défi qui se pose aux femmes après le « printemps arabe » ne vient pas de l'islam, mais de l'insuffisance du développement social et économique et de « ce qu'elles perçoivent comme de l'insécurité ». « Les femmes arabes, apprend-on, considèrent qu'elles devraient avoir les mêmes droits que les hommes ». Curieusement, les hommes sont moins nombreux à le penser - c'est même en Tunisie qu'ils sont le plus réticents.

C'est un fait, tranche la journaliste : mieux vaut être riche et libre que pauvre et prisonnière. Mais, en attendant d'avoir tout à la fois, l'égalité des droits doit être le minimum, quel que soit l'environnement culturel et religieux.

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Sea monster

Publié le 25 Juin 2012 par Olivier Mirguet

La protection de la haute mer devait être une des grandes avancées du sommet de Rio+20. Rien de concret n'en est sorti.

Et pourtant le temps presse. L'activité humaine est en train de détruire la vie dans les mers.

Une mission d'exploration française vient de quitter la Californie. Cap sur le 7ème continent. Un magma de déchets plastiques de la taille de l'Allemagne qui flotte dans le Pacifique entre les côtes d'Hawaï et d'Amérique du Nord, appelé Gyre du Pacifique Nord.

Reportage en Californie d'Olivier Mirguet, pour Arte Journal.

 

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François Jullien, la Chine et la psychanalyse

Publié le 14 Juin 2012 par Jean Mirguet dans Psychanalyse et psychanalystes

En novembre 2003, se sont tenues à l’UFR d’Asie Orientale de l’Université Paris 7, deux journées de travail organisées par l’Association Interaction Psychanalyse Europe-Chine. François Jullien, sinologue et philosophe, y rencontrait des psychanalystes afin de déplier avec eux les multiples problèmes que pose la pratique de la psychanalyse en Chine.

Un  livre, paru aux PUF en 2004, en retrace les échanges :  L’indifférence à la psychanalyse. Rencontres avec François Jullien.

 

La méthode de François Jullien est la suivante : se servir de la Chine pour remettre en perspective la pensée européenne, en lui trouvant un point d’extériorité. Donc acquérir du recul dans la pensée.

Sa méthode est voisine de celle de Roland Barthes ou de Maurice Pinguet (cf. dans ce blog, l’article « Nomade ou sédentaire ? ») : Barthes qui, dans L’empire des signes, rêve de connaître une langue étrangère (étrange) et, cependant, de « ne pas la comprendre, percevoir en elle la différence, sans que cette différence soit jamais récupérée par la socialité superficielle du langage, communication ou vulgarité ; connaître, réfractées positivement dans une langue nouvelle, les impossibilités de la nôtre ; apprendre la systématique de l'inconcevable ; défaire notre "réel" sous l'effet d'autres découpages, d'autres syntaxes ; découvrir des positions inouïes du sujet dans l'énonciation, déplacer sa topologie ; en un mot, descendre dans l'intraduisible, en éprouver la secousse sans jamais l'amortir, jusqu'à ce qu'en nous tout l'Occident s'ébranle »

De son côté, Maurice Pinguet, l’auteur du Texte Japon, définit sa pratique intellectuelle comme mobile et vagabonde, pratique différente de celle de l'intellectuel sédentaire qui se taille un champ bien borné, le laboure pesamment pendant des années puis engrange la récolte du savoir avec la satisfaction d'un propriétaire, sans jamais lever les yeux vers l'horizon.
Cette pratique nomade est également familière à Jacques Lacan qui juge aberrant d'isoler le champ de la psychanalyse plutôt que de voir ce qui, dans celui-ci, est, non pas analogue mais directement en connexion avec une réalité qui nous est accessible par d'autres disciplines. Il estime indispensable d'établir ces connexions pour bien situer le domaine de la psychanalyse, et même simplement pour s'y retrouver.

 

François Jullien s’inscrit dans cette logique en se proposant, par le détour chinois, « d’éprouver ce que peut être le dépaysement de la pensée » et capter, à partir du dehors, quelque chose de notre « impensée » : « passer par des pensées du dehors aide, en désenlisant la raison, à la remettre en chantier ».

Si on dit d’habitude que la Chine est « si différente », il faut pourtant, objecte-t-il, ne pas se méprendre dans cet usage de la catégorie de la différence puisque la différence implique l’existence d’un cadre commun au sein duquel on peut comparer. Or, la Chine ne rend pas possible ce parallèle car son histoire ne s’est pas écrite sur la même page que la nôtre. « C’est elle, écrit François Jullien, qui est à la source de son indifférence – dont tout sinologue a fait l’expérience : les textes chinois ne nous "regardent " pas », ils ne s’adressent pas à nous, nous ne faisons pas partie de leur horizon. Telle est leur indifférence que François Jullien ambitionne de rapporter à la psychanalyse.

 

Il s’interroge sur ce que méconnaît la psychanalyse de ce qu’elle fait car ne trouvant pas en elle-même sur quoi prendre appui pour s’en occuper. Avant de faire les missionnaires et de vouloir évangéliser, les psychanalystes ne devraient-ils pas se soucier de questionner leurs conceptions universalisantes du sujet et de l’appareil psychique ? Celles-ci ne valent-elles pas, « restrictivement » note François Jullien, seulement pour le sujet européen ?

 

Il en va ainsi du dire vis-à-vis duquel la pensée chinoise antique montre beaucoup de réticence.  Non pas du fait qu’il soit impossible de dire (cf. l’ineffable européen) mais du fait que « ça » ne vaut pas la peine de dire et même que dire fait écran puisque, dès lors qu’on dit, surgissent les problèmes.

Plutôt que de résoudre les problèmes, le sage chinois serait porté à les dissoudre, d’où sa parole évasive quand il parle. Il dit « à côté », « à peine », laisse sa parole lâche et « flottante ». C’est là une première marque d’indifférence de la sagesse chinoise à l’endroit de la psychanalyse qui pose au contraire la règle du « tout dire » et qui affirme l’efficacité libératrice du pouvoir de la parole.

Un autre aspect contribuant à cette indifférence : la pensée chinoise est davantage préoccupée de la cohérence que du sens. Elle veut comprendre comment cela tient ensemble. Si pour la psychanalyse, le symptôme est porteur d’un sens et s’interprète, en Chine il s’agit moins d’interpréter le sens que le développer et le varier, en mettant en connexion des facteurs opposés.

Poursuivant son balisage, François Jullien se focalise sur la fonction sujet (fonction de synthèse, composé de facultés), non-constituée dans la pensée chinoise alors qu’elle traverse toute la théorie psychanalytique et conditionne sa praxis. Pas de notion d’ « âme » en Chine et pas vraiment de notion de « corps » non plus. Si la pensée antique chinoise prescrit quelque chose, c’est bien de se défaire de toute subjectivité : le Sage est « sans idée », « sans nécessité », « sans position » et « sans moi » (Confucius). C’est ainsi que les Taoïstes enseignent « l’abstinence de l’esprit ».

 

Dans son dernier livre paru chez Grasset cette année, Cinq concepts proposés à la psychanalyse, François Jullien continue son exploration en proposant cinq concepts de la pensée chinoise, correspondant à des notions peu développées dans la pensée européenne et qui pourraient expliciter ce qui se passe dans une cure psychanalytique.

Le premier d’entre eux, la disponibilité, invite le sujet à renoncer temporairement à son pouvoir de maîtrise, susceptible de l’emprisonner dans des limites ignorées de lui-même. Or, qu’exige Freud du psychanalyste avec la technique de l’attention « flottante », diffuse et non polarisée si ce n’est une attitude qui s’apparente à la disponibilité du sage chinois ? Comment cette technique de la psychanalyse peut-elle se réfléchir voire s’expliciter dans le concept chinois de la disponibilité ?

J’aurai l’occasion de revenir sur cette question de la disponibilité et de la maîtrise qui sont au cœur des questions agitant aujourd’hui les sujets vivant dans l’aire européenne.

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Promesse tenue : la circulaire Guéant est abrogée

Publié le 8 Juin 2012 par Collectif du 31 mai dans Politique

 

Madame, Monsieur,
Pendant des mois, des centaines étudiants et diplômés étrangers ont été victimes d'une politique de rejet des étrangers dont la circulaire Guéant du 31 mai 2011 est l'expression. De nombreux citoyens français se sont battus à leur côté, les parrainant pour les aider à affronter les difficultés administratives, parfois avec succès, parfois dans l'échec. Le Collectif du 31 mai, composé de diplômés étrangers qui ont refusé de se résigner, et Université Universelle, ont partagé ce combat contre la circulaire de la honte.

Ce combat a porté des fruits, d'abord parce que nous avons réussi à sortir de l'impasse des dizaines de personnes désespérées et humiliées par les conditions indignes dans lesquelles on les traitait, ensuite parce qu'il a permis de faire prendre conscience à de nombreux citoyens de l'aberration de la politique d'immigration de la France.

Fidèle à la promesse de François Hollande d'abroger la circulaire Guéant, le nouveau gouvernement a sans tarder pris les mesures que tout le monde attendait. Un an jour pour jour après sa naissance, la circulaire Guéant a été enterrée. Une nouvelle circulaire vient de paraître, destinée à faciliter les démarches des diplômés étrangers, résoudre les problèmes des personnes dont les dossiers sont en attente, présenter une orientation politique nouvelle. Certes ce n'est pas la fin de l'histoire : la loi sur l'immigration devra évoluer, et le gouvernement s'y est engagé.

Nous voulons saluer l'action déterminée de Geneviève Fioraso, Michel Sapin et Manuel Valls. La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui a tenu à faire de l'abrogation de la circulaire Guéant sa première mesure, a invité plusieurs responsables du Collectif du 31 mai et d'Université Universelle autour d'un dîner au Ministère. Elle a évoqué sa vision de l'importance pour notre pays d'attirer des étudiants étrangers, qui selon ses mots deviendront de véritables ambassadeurs et contribueront au rayonnement de la France. Ce fut aussi l'occasion de rappeler les situations concrètes que vivent les étudiants et diplômés étrangers, et d'engager la discussion sur la suite.

C'est l'occasion pour nous de saluer le courage du Collectif du 31 mai, et à remercier tous ceux qui se sont mobilisés ces derniers mois, de la signature de l'appel à l'action auprès des (étrangers) jeunes diplômés. Le travail pour transformer les conditions d'accueil des étrangers ne fait que commencer, nous y prendrons toute notre part. Les conditions sont aujourd'hui enfin réunies pour qu'il puisse se dérouler dans la confiance et le respect.
Jean-Pierre Mignard, avocat
Bertrand Monthubert, mathématicien
Fabienne Servan-Schreiber, productrice
 
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Facebook, fossoyeur de l’intimité

Publié le 5 Juin 2012 par Jean Mirguet dans Le malaise

Alors que la psychanalyse doit faire face, à l’époque actuelle, à une hostilité croissante de la part de ceux qui réduisent l’être humain à la somme de ses comportements, on peut supposer que cette animosité n’est pas sans lien avec un aspect dominant de l’époque contemporaine : l’effacement de la frontière entre intime et social.

 

Si la psychanalyse fait les frais du gommage de la séparation intime et social, privé et public, c’est peut-être parce que, incarnant au mieux une pratique soucieuse et respectueuse du privé et de l’intime, son discours se développe à l’envers de celui des réseaux sociaux.

En effet, ceux-ci sont très attachés à accomplir ce qu’ils estiment être leur mission sociale, celle consistant à « rendre le monde toujours plus ouvert et connecté », comme le proclamait récemment Mark Zuckerberg, lors de l’entrée en bourse de Facebook.

Social networkAvec les social networks, nous sommes entrés dans de nouvelles pratiques de la communication qui produisent de nouvelles formes du lien social qui, du coup, s’en trouve métamorphosé. C’est ainsi que le jeune patron de Facebook annonce sans détour son intention de transformer la société – il en parle comme d’une « mission » - grâce aux progrès de la technologie puisqu’il estime avoir  déjà aidé plus de 800 millions de personnes à établir plus de 100 milliards de connexions et que son objectif est d’amplifier ce « recablâge » dont l’ambition est d’apporter du bonheur aux gens.

 

À quoi peut bien aboutir cette « mission » sinon à réduire le territoire de l’intimité à une peau de chagrin ? Grâce à Facebook, Twitter et aux mobiles, ce territoire fond toujours plus et se réduit aussi vite que les glaciers soumis aux effets du réchauffement climatique.

Les délimitations entre l’intime et le social s’évaporent, au profit d’une sorte de transparence forcée, dont Facebook envisage de se faire l’interprète et le pionnier.

 

Il n’est pas certain que cette évolution soit du goût de tout le monde, d’autant qu’il existe plus d’un paradoxe à voir les geeks, réputés timides et peu sociables, militer en faveur de cette ouverture. Mais, inutile de se voiler la face et foin des protestations qui s’élèvent, ce phénomène ne s’arrêtera pas de sitôt, d’autant que de grands intérêts financiers l’accompagnent.

 

Faire peu de cas de l’intime revient à faire du secret, avec lequel l’intime fait couple, quelque chose de périmé, de désuet. Le secret est ce que nous isolons, ce que nous mettons à part puisque son sens premier est séparer (secernere en latin). Par définition, un secret s’enferme dans l’intimité. Or, avec son projet de « partage sans friction », Mark Zuckerberg envisage de porter à la connaissance de tous nos amis facebookiens la plupart de nos activités en ligne. Si l’utilisateur ne veut pas de ces publications, il lui reviendra de se débrouiller pour bricoler les réglages de son profil.

 

En somme, si son projet aboutit, la perspective d’une communication sans heurts, sans conflits, sans confrontation, sans accroc ni distorsion va contribuer à rendre toujours plus obsolètes les vertus du malentendu, de l’ambigu, du quiproquo, de tout ce qui fait le sel d’une relation. Grâce à la communication zéro défaut et politiquement correcte, finis les brouillages dans l’échange ! S’ouvrira alors l’ère de la transparence obligatoire et de la tyrannie du tout savoir.

Affublés de ce fantasme de maîtrise, vous pourrez toujours croire que, désormais, plus rien ne vous échappera ! Gare, alors, aux retours de manivelle ... comme dit l’autre, ça va vous rattraper !

 

 

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