Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

The Big Lebowski

Publié le 27 Mai 2013 par Olivier Mirguet dans Cinéma

Il est LE loser. Quasiment l'inventeur à lui tout seul d'une catégorie de personnage : celui qui foire tout et avec qui, pourtant, on voudrait aller faire un bowling. Depuis 1998, "le Dude" est vénéré dans le monde entier : une parodie de religion, le dudéisme, lui est consacrée ; un festival se tient tous les ans à Los Angeles et les gens se sont même mis à boire des russes blancs !
Reportage au festival et portrait d'un film culte dans « Personne ne bouge ».

 

Un sujet d'Olivier Mirguet pour Personne ne bouge, Arte (début du sujet à 1'42")

commentaires

"Mon nom est Personne", un western spaghetti pas si nanar que ça, par Michel Brun

Publié le 21 Mai 2013 par Michel Brun dans Cinéma

Mon nom est personne"Mon nom est Personne" est un western spaghetti de Tonino Valerii, sorti à l'écran en 1973 sur une musique d'Ennio Morricone. Les interprètes principaux en sont Henry Fonda dans le rôle de Jack Beauregard et Terence Hill dans celui de "Personne". Programmé à l'occasion du lundi de Pentecôte sur France 2, ce film était probablement destiné à jouer le rôle de bouche-trou à une heure de faible audience télévisuelle.

Considéré comme un nanar, ce film a dans l'ensemble fait l'objet d'assez mauvaises critiques. Or, pour pouvoir l'apprécier il convient de le regarder au deuxième, voire au troisième degré. Et c'est alors que l'on découvre un petit bijou. Pour ceux qui s'intéresseraient au détails de l'histoire  le mieux est de revoir le film, ou à défaut d'en lire le récit sur Wikipédia.

Il s'agit de la rencontre entre un jeune aventurier (Terence Hill), se présentant sous le pseudonyme de "Personne", et Jack Beauregard (Henry Fonda), que "Personne" a toujours considéré depuis son enfance comme son héros. Beauregard fut un justicier hors pair, célèbre dans toute la région en raison du nombre impressionnant  de ses  exploits. 

"Personne" rêve de voir son héros vieillissant accomplir un dernier fait d'armes : affronter à lui seul la "Horde sauvage", bande qui sème la terrreur sur l'ensemble du territoire, afin qu'il entre définitivement "dans les livres d'Histoire".

Le fin du scénario est une mise en scène, jubilatoire, de ce sans nom qu' est "Personne" à la recherche de sa propre identité, grâce à l'élection de celui qu'il va considérer comme son père symbolique. Le script se présente comme une sorte d'épopée tragi-comique, où le héros, par sa mort finale, doit rejoindre le monde des ancêtres glorieux et des dieux. Bien entendu, Beauregard n'en veut rien savoir, espérant seulement se rendre à la Nouvelle Orléans et s'embarquer vers l'Europe pour y vivre une paisible retraite. C'est compter sans l'obstination de "Personne" qui va tout faire pour que Beauregard affronte malgré lui la Horde sauvage. Mais cela n'est pas suffisant, car pour entrer dans la légende Beauregard doit mourir. A la fin du film Beauregard est donc tué par "Personne" devant la foule assemblée, au cours d'un spectaculaire duel au   revolver.

Son destin est accompli. Il est enfin devenu une légende, matérialisée par une tombe érigée à sa gloire. Mais en fait le duel entre les deux protagonistes est truqué. Il n'est qu'un semblant permettant à "Personne" d'aller jusqu'au bout de son rêve. Et cette mort fictive présente à terme l'avantage de maintenir vivant l'amour qui s'est progressivement instauré entre les deux hommes, "Personne" ayant trouvé un père, Beauregard s'étant découvert un fils.

Freud aurait eu sans doute son mot à dire à propos de cette fable : les rapports du fils au père sont toujours pris dans l"ambivalence entre l'amour  et la haine. Quant au père symbolique, le père du nom, on sait depuis "Totem et Tabou" que c'est le père mort.

 

 

commentaires

3éme plan autisme (suite) et clientélisme de la ministre

Publié le 15 Mai 2013 par Jean Mirguet dans Autisme

On lira avec intérêt cette lettre ouverte de Mireille Battut, présidente de l'association La main à l'oreille, à la ministre, dite de gauche, MA Carlotti, au sujet de la présentation du 3éme plan autisme et du clientélisme de cette ministre ...édifiant !

 

Madame la ministre,

 Je viens de recevoir votre appel à soutenir votre candidature à la mairie de Marseille, sur la boite mail de l’association que j’ai créée,  La main à l’oreille.

La main à l’oreille est née en 2012, année consacrée à l’autisme Grande cause nationale, pour porter une parole autre : nous refusons de réduire l’autisme à la seule dimension déficitaire et sa prise en charge à la seule approche rééducative, nous voulons promouvoir la place des personnes autistes dans la Cité, sans nous référer à une norme sociale ou comportementale.

C’est en 2012 que vous avez découvert l’autisme. Vous repartez maintenant vers d’autres aventures, mais vous nous laissez un 3ème Plan Autisme rapidement ficelé, accompagné de déclarations martiales : « En ouvrant ce dossier, j’ai trouvé une situation conflictuelle, un climat tendu, je n’en veux plus. » Vous avez, en effet, vécu des moments très chahutés. J’en ai été témoin lors d’un colloque au Sénat dédié à l’autisme, où un groupe de parents bien déterminés vous empêchait de parler. Le député Gwendal Rouillard, votre collègue, qui a choisi de soutenir les plus virulents, était à la tribune, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Comme vous étiez toujours coincée sur le premier paragraphe de votre discours, il a levé un bras et a demandé silence aux parents en les mettant en garde « ne prenez pas la ministre pour cible, n’oubliez pas que votre véritable ennemi, c’est la psychanalyse ». La salle s’est calmée et vous avez pu poursuivre votre propos, après avoir jeté un regard de remerciement à celui qui vous sauvait ostensiblement la mise. Vous avez retenu la leçon : vous ne voulez plus de parents chahuteurs dans vos meetings. Aussi, en partant, vous donnez des gages : « En France, depuis quarante ans, l’approche psychanalytique est partout, et aujourd’hui elle concentre tous les moyens ». Vous savez pourtant, en tant que Ministre, que depuis trente ans la psychanalyse n’est plus dominante en psychiatrie, que les établissements médico-sociaux ainsi que les hôpitaux de jour ont intégré des méthodes comportementales ou développementales dans leurs pratiques et que le problème majeur, c’est le manque de place et de moyens. Est-ce à cause de la psychanalyse que les enfants autistes restent à la porte de l’Ecole républicaine ? C’est donc en toute connaissance de cause que vous vous faites le relai d’une fable grossière, dictée à la puissance publique par quelques associations extrémistes.

Dès votre arrivée, vous avez annoncé que vous seriez très à l’écoute des parents. Il eut été plus conforme à la démocratie d’être à l’écoute des différents mouvements de pensée. « Les » parents, ce n’est ni une catégorie, ni une classe sociale. Il y a abus de généralisation dans la prétention du « collectif autisme » à s’arroger la parole de tous « les » parents. Vous ne pouvez pas ignorer qu’il y a d’autres associations représentant d’autres courants de pensée puisque nous avons été reçus par votre cabinet où nos propositions ouvertes et constructives ont été appréciées, et où l’on nous a assurés que le ministère n’avait pas vocation à prendre parti quant aux choix des méthodes. C’était le moins que nous demandions. Nous ne cherchons à interdire ou à bannir quiconque, et surtout pas qui pense différemment. Nous sommes trop attachés à la singularité, qui est l’agalma de ce que nous enseignent nos enfants.

 « Il est temps de laisser la place à d’autres méthodes pour une raison simple : ce sont celles qui marchent,… Permettez-moi de m’étonner que vous n’ayez pas attendu pour affirmer cela que les 27 projets expérimentaux, tous attribués unilatéralement à des tenants de l’ABA par le précédent gouvernement, et jugés sévèrement par vos services comme trop chers, aient été évalués. La diversité et la complexité du spectre autistique peuvent justifier différentes approches, en tout cas, vous n’avez rien de concret permettant d’étayer le slogan de l’efficacité-à-moindres-couts-d’une-méthode-scientifique-reconnue-dans-le-monde-entier- sauf-en-France. En Amérique, le conditionnement comportementaliste est fortement critiqué, notamment par des personnes se revendiquant autistes, aussi bien pour son manque d’éthique, que pour ses résultats en fin de compte peu probants, conduisant parfois à de graves impasses thérapeutiques.

…et qui sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. ». Si, en privé, vos services reconnaissent que le ministère a choisi de s’appuyer sur ces recommandations, en l’absence d’autres bases, encore faut-il ne pas en faire une lecture outrageusement simpliste se résumant à « une méthode ». La HAS s’efforçait tout de même de maintenir l’intégration des différentes dimensions de l’être humain, sous la forme d’un triptyque "Thérapeutique/pédagogique/éducatif". Dans le 3ème plan autisme que vous venez de présenter, seul l’éducatif est maintenu. Le mot "thérapeutique" est employé une seule fois, de façon surprenante pour qualifier « la » classe de maternelle spécialisée pour les autistes, une par académie !

« Que les choses soient claires, n’auront les moyens pour agir que les établissements qui travailleront dans le sens où nous leur demanderons de travailler ». L’écrasante majorité des établissements a déjà prudemment annoncé être en conformité avec les recommandations de la HAS. Il faut donc entendre que vous souhaitez aller au-delà ? Votre volonté est clairement d’intimider tous ceux qui s’efforcent de mener une démarche au un-par-un et qui ne calent pas leur pratique exclusivement sur des protocoles dépersonnalisés. En faisant cela, vous transformez les intervenants en exécutants serviles, vous réduisez à néant l’apport pacificateur de la dimension thérapeutique face à la violence potentielle de la sur-stimulation, du dressage et de la volonté de toute-puissance. En procédant ainsi vous menacez directement tout le secteur médico-social au profit d’un système de services à la personne et de privatisation du soin, avec formation minimale des intervenants. D’autant que vous n’annoncez pas la création de nouvelles structures avant 2016.

La fédération ABA France revendique sans ambages « une approche  scientifique qui a pour objectif la modification du comportement par la manipulation » destinée à tous les domaines, bien au-delà de l’autisme, de la psychiatrie à l’éducation en passant par la communication. On trouve dans leur programme les ingrédients du traitement qui vous a été réservé : définition externe d’un objectif cible, mise sous situation de contrainte du sujet, au cours de laquelle il sera exposé à la demande de l’autre de façon intensive et répétitive, la seule échappatoire étant de consentir à ce qui est exigé de lui. On comprend que vous soyez soulagée d’en finir. Si je tiens personnellement à éviter que mon enfant subisse ce type de traitement, j’attends aussi d’un ministre de la République qu’il sache y résister.

Madame la Ministre, si vous voulez mettre vos actes en accord avec les annonces de votre candidature à la mairie de Marseille «  pouvoir rassembler les forces de progrès … et tourner la page du clientélisme… », il est encore temps pour vous de le faire, j’y serai attentive.

Mireille Battut

Présidente de La main à l’oreille

commentaires

Le 3e plan autisme

Publié le 7 Mai 2013 par Jean Mirguet dans Autisme

Le libérateurLors de la présentation du 3e Plan autisme, jeudi 2 mai, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, a fait montre d’un manichéisme confondant, en opposant le traitement de ceux dont le travail clinique s’appuie sur les hypothèses de la psychanalyse à celui qui «utilise d’autres méthodes». Madame Carlotti affirme que ces dernières sont «celles qui marchent», laissant sous-entendre que celles de la psychanalyse sont nulles et non avenues.

Le même jour, la ministre a déclaré que depuis quarante ans l’approche psychanalytique est partout» et «concentre tous les moyens». Des commentaires qui laissent un goût particulièrement amer pour les soignants qui, quotidiennement, accompagnent les autistes et leurs familles.

Désormais, seules les institutions utilisant «les méthodes qui marchent» se verront dotées de budgets de fonctionnement. Les autres sont sommées de se mettre au pas, d’adopter les « bonnes pratiques » édictées par la Haute Autorité de Santé et priées sans ménagement de mettre leur savoir-faire forgé depuis des années au rebut: la chasse aux sorcières a commencé.

Sont mis au rencart les travaux et les recherches de psychanalystes comme, par exemple, ceux de Jean-Claude Maleval pour qui il est essentiel de ne pas sacrifier l’individualité et la liberté du sujet, en prenant appui sur les inventions des autistes et leurs îlots de compétence. Sont rayés des dispositifs de soin les modalités de travail à plusieurs inventées dans les unités de pédopsychiatrie accueillant des sujets autistes.

Si certains psychanalystes ont pu dans le passé être dogmatiques et culpabilisants à l’endroit des mères d’enfants autistes, la majorité d’entre eux ne tiennent plus aujourd’hui ce discours passé d’âge et maintiennent comme nécessaire une approche plurielle de l’autisme alliant méthodes psychanalytiques, cognitives et éducatives.

Il est déplorable qu’une ministre « progressiste », manifestement peu au fait du traitement de l’autisme et reprenant à son compte les rengaines réactionnaires contre la psychanalyse, participe à cette mise en coupe réglée du traitement de l’autisme.

Donna Williams, autiste de haut niveau, écrivait que « la meilleure approche serait celle qui ne sacrifierait pas l’individualité et la liberté de l’enfant à l’idée que se font de la respectabilité et de leurs propres valeurs les parents, les professeurs comme leurs conseillers ».

Quand cette indication est suivie, plaide Jean-Claude Maleval dans sa conclusion de L’autiste et sa voix (Seuil, 2009), « quand le sujet autiste est placé dans des conditions où ses inventions et ses îlots de compétence sont valorisés, et non tenus pour des obstacles à son développement, quand le choix de ses doubles et de ses objets est respecté, il s’avère possible pour lui, non pas de sortir de l’autisme, mais de son monde immuable et sécurisé, ce qui lui ouvre un accès à la vie sociale. Alors seulement peut advenir une mutation faisant de l’autiste un sujet responsable et assumant son devenir ».

commentaires

Etats-Unis : la réforme de l'immigration

Publié le 2 Mai 2013 par Olivier Mirguet dans Politique

Le plan de réforme sur l'immigration pourrait offrir la perspective d'une régularisation massive de millions de sans-papiers aux Etats-Unis. La Californie, qui concentre un quart des 11 millions de clandestins, dont la moitié mexicains, est l'état le plus concerné. Si la réforme était mise en place et avec elle la régularisation de millions de sans-papiers, l'impact serait très important en Californie en terme de dépenses fiscales et de marché du travail. Qui sont ces sans-papiers concernés par la réforme ?

 

Reportage d'Olivier Mirguet dans une famille de clandestins à Los Angeles.

Arte Journal.

commentaires