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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

Le goût des bergamotes 

Publié le 13 Juillet 2017 par Jean Mirguet dans Poésie

Le goût des bergamotes 

Anthologie du groupe Haïku de Nancy

animé par Dominique CHIPOT 

 

Illustrations de Chloé LATOUCHE

11,5x18 cm – 74 pages NB  
ISBN : 978-2-916506-98-2 
Sortie : juin 2017 
Prix : 15€

 

LE SUJET

Voici un recueil réunissant les styles divers de seize haïkistes qui ont participé aux ateliers animés par Dominique CHIPOT à Nancy durant une dizaine d’années. Cet ouvrage est le fruit d’une sélection collective des textes, et garde ainsi la trace de ce travail de longue haleine né d’une passion et d’une émulation communes.

« La variété des activités proposées, dont le seul point commun était d’engager le dialogue entre les participants, nous a finalement permis d’appréhender le haïku sous ses différentes formes sans vouloir imposer un genre. »

 

ARGUMENTAIRE 

« Écrire un haïku, c’est brider son ego toujours prompt à clamer la virtuosité de notre esprit, sans l’étouffer complètement. […] Si les auteurs rassemblés ici ont choisi, la plupart du temps, de partager leurs sensations dans une simplicité d'expression, ils ont par moments préféré des textes plus dépouillés ou plus littéraires. Cette diversité fait toute l'originalité de ce corpus, où chaque poème a pour seule ambition de suggérer la sensation perçue à un moment de la journée. Un non-événement devenu sous la plume de l'auteur un moment plein de saveurs à déguster lentement... comme une bergamote. »

Extrait de la préface de Dominique CHIPOT 

 

Soleil de Calabre 

sur la langue

le temps d’une bergamote 

Marie-Louise MONTIGNOT

LES AUTEURS 

 

Ces seize haïkistes ont façonné le groupe Haïku de Nancy : Denis AUBERT, François BARTOLI, Claire BASILE, Sophie CATTANÉO, Isabelle CUNY, Pierre FOUSSE, Élisabeth GAUZELIN, Françoise HYNDERICK, Bernard LE MELLEC Marie-Ange MIRGUET, Marie-Louise MONTIGNOT, Jean-François NOMINÉ, Marie-Louise NOLTE, Hélène OUPTIER, Anne-Marie WOLFF. Leurs textes sont présentés par Dominique CHIPOT, lui-même auteur de haïkus, qui a déjà publié quatre livres aux Éditions Pippa : Le trou de la chaussette (2013), La boussole dans son vol garde le nord (2016), Au rythme du Chat (2016), Un souffle poétique du Japon sur nos écrits (2016).

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Une opposition de basse-cour 

Publié le 6 Juillet 2017 par Jean Mirguet dans Politique

 

« Opposition de basse-cour » titre Matthieu Croissandeau dans la dernière livraison de L’Obs.

Que de caquetages, en effet, de bavardages insipides, de jacasseries inconsistantes, de postures toutes faites, de vieux réflexes archaïques émanant des rescapés de la gauche et de la droite.

N’ont-ils rien entendu de ce qu’Emmanuel Macron, le Président, leur a adressé, lundi au Congrès : qu’une « obligation collective pèse sur nous, qu’elle est celle d’une transformation résolue et profonde, tranchant avec les années immobiles ou avec les années agitées » ?

Bien qu’ayant des oreilles, ils font comme s’ils ne savaient pas les utiliser et préfèrent jouir de leur solitude, tournent en rond et sont devenus amnésiques : la masturbation rend sourd, vous dis-je !

Ajoutez-y une bonne dose de mauvaise foi, autrement dit de malhonnêteté intellectuelle, et ils sont prêts, en faisant feu de tout bois pour essayer de déstabiliser E. Macron, à continuer à nous faire croire qu’on peut prendre des vessies pour des lanternes.

Face à l’incohérence des discours des Hamon, Mélanchon, Lagarde, LePen, etc…, face aux stupides critiques dénonçant la dérive monarchique, la remise en cause du fonctionnement démocratique, l’abus de pouvoir, la cohérence d’E. Macron et de son Premier Ministre a répondu, guidée par « une éthique de l’action et de la responsabilité partagée ».

Quand ces professionnels de la politique cynique et faite de platitudes comprendront-ils que « le peuple français a montré son impatience à l’égard de ce monde politique fait de querelles stériles et d’ambitions creuses et que c’est à une manière de voir la politique qu’il a donné congé ».

Si l’opposition veut retrouver quelque dignité, il lui faudra trouver le moyen de s’extirper du marais nauséabond dans lequel pataugent quelques canards sans tête. Manifestement, elle en est loin.

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Qu’est-ce qui se passe là ?

Publié le 3 Juillet 2017 par Jean Mirguet dans Peinture

C’est la question que pose Roland Barthes dans un texte consacré à la peinture de Cy Twombly. Quelle sorte d’événement a produit cette toile qui fait que, après l’avoir regardée, je ne suis plus tout-à-fait le même  après qu’avant ?

Pour Barthes, ce qui se passe, c’est que l’artiste n’utilise pas le crayon, l’huile ou la toile comme des instruments car le matériau est lui-même un fait, quelque chose comme le materia prima des alchimistes, la Chose dont l’existence précède le sens. C’est pourquoi, avant de représenter, l’artiste au travail fait voir les choses ; le visible est plus important que le récit qu’on peut en faire car ce que le tableau donne à voir n’est pas accessible par les moyens du langage.  Si on pouvait le dire avec des mots, il n’y aurait aucune raison de le peindre, affirme Edward Hopper.

 

C’est à cette expérience que nous introduit Sabine Pocard avec L’entre-deux : elle ne fait pas que représenter deux chaises qui pourraient venir témoigner d’une probable et impossible rencontre. Son tableau n’est pas une composition symbolique, encore qu’il ne soit pas interdit de se demander ce que sa toile figure et quel effet de sens elle produit.

Comme Matisse de qui Picasso disait qu’il avait la couleur et cherchait le dessin, Sabine Pocard dépasse l’éternel conflit du dessin et de la couleur, de la forme et de l’affect en remplaçant, comme s’y employait Cézanne, le modelé par la modulation des couleurs.

Pour que cela puisse se faire, probablement faut-il que l’artiste soit confrontée à quelque chose qui la déstabilise, qui l’écarte d’elle-même et qui la conduit à créer un écart entre les deux chaises, écart produisant de l’entre, condition pour promouvoir de l’autre, comme le démontre François Jullien.

 

Ce détachement la place dans une sorte de distance, surmontée dans la création et matérialisée par le geste, un geste qui pose ses traits, sa peinture, ses coups de pinceau, ses aplats, ses couleurs, la matière de telle manière que celle-ci montre son essence.

En témoigne cette remarque souvent entendue à propos des toiles de Sabine Pocard : « c’est de la peinture » est-il dit, une peinture qui dans ce tableau donne à voir un fait : l’être des chaises. La couleur installe les chaises qui sont là mais la signification n’est pas figée. Nous pourrions ajouter : ceci n’est pas une chaise.

 

En regardant L’entre-deux, c’est la trace de l’impulsion ayant animé le geste de l’artiste qui capte notre regard. Suivre l’impulsion jusqu’à ce qu’elle s’arrête, through the impetus till it stops, dit Twombly. L’impulsion crée un espace dans lequel opère l’artiste, opérateur de gestes, écrit Roland Barthes : « Il produit des effets qu’il n’a pas obligatoirement voulus ; ce sont des effets retournés, renversés, échappés, qui reviennent sur lui et provoquent dès lors des modifications, des déviations, des allègements de la trace ».

 

Dans L’entre-deux, Sabine Pocard ouvre un espace et fait travailler un écart producteur de l’acte créatif. En cela, elle déploie des possibles, s’extraie de l’attendu et des conventions, se risque ailleurs.

Il se passe alors que nous sommes placés face à un tableau aventureux, donnant à voyager : un antidote contre l’uniformisation et le prêt-à-penser.

 

 

Sabine Pocard, L’entre-deux, collection privée

Sabine Pocard, L’entre-deux, collection privée

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