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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

Le chant d’une enfant, Sabine Pocard, artiste plasticienne

Publié le 16 Avril 2020 par Sabine Pocard in Peinture

Sabine Pocard, Le chant d’une enfant, coll. privée

"La peinture ordonne en moi quelque chose de perdu. On y trouve plusieurs visions imbriquées et répétitives que je traduis là,  sous une forme narrative" .

 

Le chant d’une enfant.

 

Des géantes tournent en rond comme sur un manège dans une maison sans mur et à ciel ouvert. 

Des chaises et une table apparaissent et disparaissent.

Des fleurs, à leur tour, sont prises dans le tourbillon. 

Il faut les prendre une par une : les tiges se cassent, les pétales s’accumulent, se collent, tombent sur les robes de mes géantes.

Elles s’envolent vers le ciel, retombent sur les chaises ou sur le sol. 

Les géantes tournent de plus en plus vite tandis que les chaises attendent, très sages. 

Les fleurs poussent vers le ciel et la terre recueille celles qui sont tombées et qui jonchent le sol.

Les robes tournent,

 je m’assois sur une chaise et je regarde : quand cela va-t-il s’arrêter ? 

Ce sont maintenant des robes de mariées sans tête et sans mariés qui passent. 

Les pétales éclaboussent les  robes.

Des petits oursons abandonnés gisent par terre et l’on entend une voix  de petite fille qui chante…

Ce sont, à présent, des bicyclettes qui tournent, 

ailleurs dans un autre temps...

Une petite fille attendait son père sur sa bicyclette, mais il n’est jamais revenu…

Cette petite fille a mille ans.

Elle est debout… dans une attente éternelle.

Les géantes passent. Une nappe blanche couvre la table ronde, des coupes de champagne attendent les convives.

Une robe de mariée passe  et d’autres encore…

L’herbe est très verte sur le sol. 

Les chaises sont toujours vides.

Les fleurs poussent. La cendre tombe du ciel.

Les bicyclettes ne tournent plus.

Les géantes s’arrêtent aussi : elles sont noires de cendre… 

Tout s’arrête. La lumière diminue...

Et puis on entend de la musique, les robes tournent de nouveau, cette fois comme au bal. 

On attend quelque chose.

On entend une explosion :

c’est terminé, il ne reste plus rien. Juste le chant d’une enfant…

 

Des oursons sous les fleurs jonchent le sol.

 

https://www.sabine-pocard.com

 

 

 

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