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Premier week-end de confinement.
Après quatre jours de confinement chauds et ensoleillés desquels se dégageait un sentiment d’irréalité : un soleil générateur de vie délivrant généreusement sa chaleur sur un monde où la mort rôde, le froid et la grisaille sont revenus. Je trouve que ça aide, la météo est davantage conforme à l’esprit du temps … mais, je sais qu’il n’en va pas ainsi pour toutes et tous.
Je relis La Peste … est-ce vraiment le moment pour relire ce chef d’œuvre ??
Dans les premières pages, Camus écrit que « nos concitoyens à cet égard étaient comme tout le monde, ils pensaient à eux-mêmes, autrement dit ils étaient humanistes : ils ne croyaient pas aux fléaux. Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent, et les humanistes en premier lieu, parce qu’ils n’ont pas pris leurs précautions ».
Un mauvais rêve ou bientôt un cauchemar ? Le Covid-19 est-il entrain de barrer l’avenir ? On n’en sait rien, on voudrait savoir de quoi demain sera fait avec, comme l’écrit Camus « le désir déraisonnable de revenir en arrière ou au contraire de presser la marche du temps, ces flèches brûlantes de la mémoire ».
Les médias et leurs conseilleurs ne lésinent pas sur les conseils pour confinophiles : ils veulent rassurer et qui leur reprocherait ? Mais tout cela a une tonalité un peu puérile voire invite à une certaine régression, vous ne trouvez pas ? Ne sommes-nous pas pris pour de grands enfants, en attente d’être réconfortés par une bonne maman ? Une bonne maman, c’est un peu le contraire d’une « mère suffisamment bonne », ni trop ni pas assez, une good enough mother, comme l’exprimait le psychanalyste Winnicott : ni trop absente ni trop envahissante.
Quoiqu’il en soit, avec le Covid-19, nous avons reçu un choc. Cet événement n’est pas quelque chose à quoi nous pouvons assister en spectateurs, nous sommes embarqués et peut-être en serons-nous transformés subjectivement … pour notre bien ?
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