- Nous allons vous passer un "conseiller ".
Dans le cadre de notre opération "qualité", cette conversation est susceptible d'être enregistrée ...
- Madame, je ne veux pas que cette conversation soit enregistrée.
- Monsieur, cela n'est pas possible.
- Madame, je vous demande d'arrêter imédiatement cet enregistrement. Ce que j'ai à dire concerne la mort de ma soeur, c'est une affaire privée !
- Monsieur, je ne peux pas. Et puis ne vous énervez pas, je ne suis que conseillère.
- Eh bien, passez-moi un chef de service.
- Monsieur, je ne peux pas....
Oui, je me suis énervé, car cette chanson, avec son point d'orgue hier, m'est ressortie systématiquement lorsque je tente de m'adresser à une administration ou à une grande entreprise. Non, d'une
part je ne veux être ni "enregistré" ni fliqué, d'autre part je veux avoir affaire à un véritable interlocuteur, c'est à dire à quelqu'un de responsable.
Peu de temps avant de mettre un terme à son séminaire, Stoianoff, tout en se défendant de vouloir jouer les Cassandre, nous avait dit :" Sachez qu'en France la Liberté est désormais une peau de
chagrin". Je pense pour ma part que priver un citoyen de liberté relève de multiples stratégies. L'une d'entre elles consiste à le rendre impuissant en considérant sa parole comme négligeable. Il
appartient à ceux qui le peuvent d'en mesurer les conséquences.
Paranoïa pour paranoïa, je me rallierai à celle de Lévy-Strauss qui, quelques mois avant sa mort, avait dit : " Je n'aime pas le siècle dans lequel je vis ".
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