La structure de l'être parlant est trouée. Qu'est-ce à dire ?
Le trou veut dire que, dans la structure, il y a toujours quelque chose qui ne peut s'expliquer et qui nous échappe (cela peut s'appeler castration, refoulement originaire, objet perdu, impossible à dire, réel, non-rapport sexuel...art). Ce trou, nous le bouchons par des effets de sens, jusqu'à le supprimer.
Or, avancer avec Lacan que la poésie est "effet de sens, mais aussi bien effet de trou", c'est dire qu'il y a deux sortes de poésie :
- la ratée qui produit un effet de sens sans effet de trou
- la réussie qui, quand elle produit un sens, ne renvoie pas à un autre sens mais à une place vide.
Le mot choisi laisse un vide à la place de l'autre mot qui manque. Paul Claudel le confirme (A travers la littérature japonaise) : "Sur la page, la part la plus importante est toujours laissée au vide. Cet oiseau, cette branche d'arbre, ce poisson ne servent qu'à historier, qu'à localiser une absence où se complaît l'imagination."
Devant l'éclair -
sublime est celui
qui ne sait rien !
Bashô
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