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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

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Trump, succès de l’auto-entrepreneur

Publié le 21 Novembre 2024 par Jean Mirguet dans Etats-Unis

Contre toute attente et bien que toute la presse européenne ait fait de lui son bouc-émissaire, Donald Trump a été réélu Président des Etats-Unis.

Contre toute attente ? A l’évidence, non puisque Trump a été confortablement élu, preuve que les médias, plus sûrs d’eux que jamais et tenants du camp du « bien », assuraient  que la réélection du candidat Républicain allait plonger les Etats-Unis dans la période la plus sombre de son histoire … pour l’heure, nous n’en savons rien. L’avenir reste à écrire.

 

Durant la campagne électorale américaine, j’avais été frappé par le décalage sinon le contraste existant entre la perception de Trump de ce côté-ci de l’Atlantique et celle des Américains, qu’ils soient Républicains ou Démocrates, interrogés dans les reportages. Nulle diabolisation chez ces derniers, ni hystérisation et outrances présentant l’ancien promoteur immobilier comme un danger pour la démocratie américaine et réclamant une mobilisation de chaque instant.

Certes, le milliardaire new-yorkais n’emporte pas la sympathie, c’est le moins qu’on puisse dire. Égocentrique, bourré de préjugés, arrogant et cavalier, infatué de lui-même, personnage à l’ego boursoufflé, il est la caricature du démagogue, adepte des rodomontades et de la grandiloquence : c’est du moins sous ces traits que nous le percevons en France.

Toutefois, on peut n’éprouver aucune admiration et ne pas soutenir le personnage tout en estimant qu’il est diabolisé, qu'il existe une hystérie anti-Trump, hystérie qui, comme toute hystérisation, est vaine et ne débouche sur rien de constructif sachant que, de cette résistance, Trump n’en a cure et avance …

 

Mais qu’en est-il de la perception de ses concitoyens ? Le journaliste Renaud Girard considère, par exemple, que beaucoup de citoyens américains peuvent détester les idées de Trump, sa politique ou sa personnalité. Pour autant très peu estiment que son patriotisme est un déguisement et que sa loyauté est une simulation. Preuve en est que, même inélégant, inculte, limité sur le plan de l’intelligence conceptuelle, il a été élu et bien élu.

 

A la suite de cette élection, y-a-t-il  quelque chose que les Français devraient apprendre de leurs amis américains ? demande la journaliste Paulina Dalmayer dans un article paru dans le numéro d’octobre de la Revue des Deux Mondes. Ayant réalisé des entretiens avec cinq écrivains américains, bien connus en France, elle rapporte leurs observations, confie leurs convictions et ce qu’ils considèrent être la recette de l’optimisme « made in USA ».

Questionnés sur leur pouvoir de peser sur les choix électoraux de leurs compatriotes, ils partagent la conviction de vivre au sein d’une société indifférente, sinon méfiante, à l’égard de la littérature et de ceux qui la font. Jack Hinkson[1], par exemple, assure – affirmation difficile à comprendre pour un Français - qu’un Américain moyen n’a sans doute jamais lu un livre en entier dans toute sa vie. « Nous sommes un peuple profondément et radicalement anti-intellectuel », énonce-t-il, « quand un américain se plaint des élites, il ne pense pas aux riches. Nous adorons les riches ! Non, il pense aux intellectuels ».

 

A quoi s’attendre dans les prochaines années aux Etats-Unis ? se demande la journaliste. Même si de nombreux romanciers américains succombent à l’attrait de la dystopie, de sociétés impossibles à vivre, ils restent des optimistes comme leurs concitoyens. S’il y a quelque chose que les Français – dont on ne connaît que trop le goût pour le déclinisme et l’autoflagellation - devaient apprendre des Américains, ce serait leur capacité à voir les choses du bon côté et à aller de l’avant.

« Ce n’est pas en Amérique qu’on risque d’entendre le « c’était mieux avant » si cher aux Français », dit le romancier Viet Thanh Nguyen[2]. Que l’on soit Afro-Américain, Indien d’Amérique ou d’origine asiatique, « le présent des Etats-Unis paraît infiniment moins sombre que son passé : esclavagisme, camps de détention, travail forcé, ségrégationnisme ».

Lionel Shriver[3], quant à elle, conteste l’apparent attrait des Américains pour les extrêmes. «  La plupart des Américains, dit-elle, croient en la devise de Marin Luther King qui nous enjoint de nous juger par rapport à nos caractères et non par rapport à la couleur de notre peau. La plupart des Américains veulent que les voleurs soient arrêtés et non pas relâchés le jour même de leur arrestation, ils s’opposent à ce qui est devenu une frontière ouverte donc l’absence de frontière, dans le Sud des Etats-Unis. La majeure partie des Américains sont sensés et responsables, bien plus disposés à s’entendre qu’on ne le croit ».

Ce que confirme Jake Hinkson qui dit de ses compatriotes qu’ils sont foncièrement optimistes dans leur façon de voir la vie, partisans de la doctrine « vis et laisse vivre les autres ». Du Nord au Sud, dans les états bleus ou rouges, dans les grandes villes et les petits villages, « le caractère américain est identique partout : indépendant, regardant de l’avant, travailleur … et optimiste », aussi une seconde Présidence de Trump n’a-t-elle pas de quoi l’effrayer.

 

Enfin, last but not least, la fantaisie de Douglas Kennedy[4] nous donne l’occasion de relativiser le poids des dangers qui menacent : « Chaque fois que je me surprends à désespérer en pensant à l’Amérique moderne, je fais l’effort de me rappeler que, parmi toutes nos difficultés internes, il nous reste toujours le jazz ».

 

Ces divers témoignages de romanciers démontrent l’existence de traits distinguant radicalement l’individualisme américain de l’individualisme français. On y retrouve ce qu’Alain Ehrenberg observait déjà dans son livre La Société du malaise, publié il y a 14 ans.

L’inquiétude liée à un affaiblissement du lien social, consécutif à la montée de l’individualisme, se formule en France autour de la notion d’institution alors qu’aux Etats-Unis, elle porte sur la personnalité. Cette distinction s’affirme, en particulier, dans la Psychologie du Moi, théorie diffusée dans la psychanalyse américaine, dont la visée est la conquête du moi autonome par l’adaptation. « Elle est imprégnée, écrit A. Ehrenberg, des concepts sociaux de la société américaine qui font de la psychologie une méthode démocratique, celle qui permet de vérifier que le citoyen est bien dans le monde commun ». Aussi, les demandes de mieux-être apparaissent-elles comme des demandes de meilleure adaptation sociale, le symptôme étant compris comme ce qui empêche l’individu de réussir socialement.

Un nouvel individualisme se développe donc grâce à la protection de l’État, ce dont l’émergence d’un candidat à la Présidence comme Donald Trump peut constituer la conséquence. L’accomplissement américain repose sur la conviction que l’on est d’autant plus personnel que l’on est dans le monde commun, que l’on est similaires … ce dont les Français ont les plus grandes difficultés à saisir. « L’accomplissement personnel, écrit encore Ehrenberg, est égalitaire, il met l’accent sur l’homme commun, ordinaire, celui qui est à l’aise dans la compagnie des hommes ».

 

Ainsi, l’homme démocratique américain est celui qui a la capacité et la volonté  de coopérer tout en manifestant son refus de l’élitisme. Son but est de « devenir l’entrepreneur de soi-même », selon la célèbre formule de Tom Peters, gourou du management.

Si Donald Trump a recueilli un tel succès, n’est-ce pas parce que, justement, il incarne cette figure admirée de l’auto-entrepreneur ?

 


[1] Auteur écrivant sur les chrétiens américains, base de l’électorat de Trump. L’Enfer de Church Street, Au nom du bien.

[2] Prix Pulitzer de la fiction et Prix Edgar-Allen Poe 2016 pour Le Sympathisant.

[3] Pourfendeuse de la bien-pensance et du politiquement correct. Il faut qu’on parle de Kevin, Mania.

[4] Dénonciateur du puritanisme américain. Ailleurs chez moi

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Los Angeles à fleur de peaux

Publié le 26 Août 2014 par Jean Mirguet dans Etats-Unis

A Los Angeles, théâtre d'émeutes en 1992, les violences policières restent fréquentes. Trois jours avant la mort de Michael Brown à Ferguson dans le Missouri, un jeune noir a été tué par des policiers dans un quartier noir de Los Angeles. Depuis les tensions restent vives. 

Le reportage à Los Angeles de Thierry Vivier et Olivier Mirguet pour Arte Info

Los Angeles, théâtre d'émeutes en 1992, les violences policières restent fréquentes. Trois jours avant la mort de Michael Brown à Ferguson dans le Missouri, un jeune noir a été tué par des policiers dans un quartier noir de Los Angeles. Depuis les tensions restent vives. Le reportage à Los Angeles de Thierry Vivier et Olivier Mirguet. - See more at: http://info.arte.tv/fr/etats-unis-los-angeles-fleur-de-peaux#sthash.cy1wOhk2.dpuf
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Voyage au bout de l'enfer

Publié le 15 Août 2014 par Jean Mirguet dans Etats-Unis

C’est une crise humanitaire qui a lieu à la frontière entre le Mexique et les Etats Unis. Depuis quelques mois, le nombre d'enfants et de jeunes adultes qui tentent de rejoindre le territoire américain ne cesse d'augmenter. Depuis octobre dernier, 52.000 enfants ont traversé seuls, soit le double de l'année d'avant. Face à cet afflux de clandestins, la police des frontières américaine a dû ouvrir de nouveaux centres de rétention qui sont aujourd'hui pleins à craquer. Reportage en Arizona d' Olivier Mirguet pour Arte Info.

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Etats-Unis : une super-héroïne musulmane

Publié le 3 Avril 2014 par Jean Mirguet dans Etats-Unis

L'éditeur américain Marvel Comics vient de faire sensation en donnant un nouveau visage à Miss Marvel, l’une de ses super-héroïnes : elle devient Kamala Khan, une adolescente musulmane du New Jersey. Pour Marvel Comics, c'est l'occasion de créer un personnage positif, qui plaide pour plus de tolérance vis-à-vis des musulmans aux Etats-Unis.

Le reportage à Seattle d’Olivier Mirguet pour Arte Info.

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