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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

Le confinement au jour le jour ... ou presque, J 20 : le partage, un autre langage

Publié le 5 Avril 2020 par Jean Mirguet in Confinement

Celles et ceux qui fréquentent les réseaux sociaux, Facebook en particulier, auront certainement noté l’inflation du nombre de partages réalisés par les Internautes depuis le début du confinement.

Les contenus partagés sont d’une variété infinie et couvrent tous les champs du savoir, du plus pointu à l’ignorance la plus crasse. C’est tantôt une vidéo, tantôt un article, parfois une pétition, de temps en temps des photos de son plat préféré. On y trouve de tout, des belles découvertes, des magnifiques trouvailles comme de crapuleuses fake news et des posts nauséabonds.

Chacun peut trouver son compte dans cette sorte de mutualisation des savoirs voire de don distribué et mis en commun. Mais, quelles sont nos motivations à partager du contenu  et quelles conséquences attendons-nous de la publication d’un contenu ?

 

Qui partage ?

Beaucoup de personnes partagent du contenu, mais pour des raisons différentes. Une étude nous apprend que, dans 48% des cas, le partage d’un contenu est fait pour divertir et intéresser ses contacts. 17% de nos contacts publient dans le but d’attirer notre attention sur un sujet qui leur tient à coeur. Pour 13% des utilisateurs, le but recherché est avant tout de transmettre un sentiment (joie, tristesse, colère).

Plus de la moitié (55%) des personnes qui partagent du contenu sur Facebook le font avec un but altruiste. Ils se sentent concernés par le côté utile qu’apporte leur publication à leurs amis.

D’une manière générale, les femmes ont tendance à plus partager que les hommes (26%). 18% des utilisateurs partagent du contenu plus d’une fois par jour, et 5% plus de quatre fois par jour. Cette dernière tranche tend à être plus audacieuse dans le choix des contenus puisqu’ils ont moins tendance à éviter les controverses (43%) et encore moins les sujets politiques (90%). En revanche, 42% des utilisateurs Facebook font attention à leur image lorsqu’ils partagent contre 31% de la population.

 

Cette pratique révèle les intérêts, les goûts de l’Internaute partageur. Elle donne également une indication concernant son rapport au monde voire même sa subjectivité.

Lorsqu’on partage un contenu, on délègue à un autre, l’auteur initial du contenu, le soin de communiquer à ses correspondants une opinion, un jugement, une perception, un choix esthétique, musical, etc… auquel on s’identifie ou qu’on s’est approprié comme quelque chose qui nous représente, qui nous reflète.

En prélevant une partie de ce qu’on possède pour en faire don à quelqu’un d’autre, le partage opère un transfert ou une transmission dans l’intention, avouée ou non, d’avoir une relation avec d’autres.

Ce qui motive ce don  est un double intérêt : l’intérêt pour soi et l’intérêt pour l’autre. Ce qui amène l’essayiste Etienne Autant à écrire dans son article, « Le partage, un nouveau paradigme » (Revue du Mauss, n°35), que « nous sommes là en présence de l’ambiguïté des motivations qui poussent les hommes et les peuples à entrer en relation, pour le meilleur quand ils font preuve de bienveillance et décident de s’associer et de partager, pour le pire quand ils font preuve de malveillance et cherchent à se détruire : à tout moment, ils peuvent basculer de l’un à l’autre ».

 

Enfin, le contenu partagé est un artifice voire quelque chose comme un camouflage, qui permet de transmettre un message sans avoir à parler en son nom propre tout en disant quelque chose de soi. Le partage se présente donc comme un langage dont le décryptage nécessite le passage par un autre langage.

 

 

 

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