Après le film de Sophie Robert, voici un nouvel épisode dans la guerre menée contre le travail psychanalytique avec les autistes : un post du Point du vendredi 21 janvier 2012 nous apprend que le député UMP Daniel Fasquelle a déposé, aujourd'hui, sur le bureau de l'Assemblée Nationale, une proposition de loi visant à interdire les pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes au profit de la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes.
"Pour aider ces personnes à s'en sortir, la France ne peut plus continuer à cautionner et financer les pratiques de type psychanalytique dans le traitement de l'autisme", affirme le député qui s’indigne « en constatant qu'en France ce sont les pratiques psychanalytiques généralisées dans nos établissements hospitaliers et médico-sociaux qui sont financées par l'Assurance Maladie".
Il ajoute que "l'approche psychanalytique a été abandonnée depuis au moins 20 ans dans la plupart des pays occidentaux au profit de méthodes éducatives et comportementales". La psychanalyse "ne figure dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d'autisme", écrit-il, alors que l'apport de "certaines techniques de rééducation spécifiques (outils de communication, méthodes éducatives, méthodes comportementales) a été démontré dans plusieurs études".
Selon ce député, une étude est en cours au Conseil économique social et environnemental sur "le coût économique et social de l'autisme en France" et qui "devrait permettre de pointer le coût induit par la mauvaise prise en charge et démontrer la nécessité d'un accompagnement éducatif et comportemental, le plus précocement possible".
Si certains, comme ce député, jugent que la psychanalyse ne constitue pas un remède contre l’autisme, on pourrait leur rétorquer avec Jacques Lacan que, si elle est un remède contre l’ignorance, elle est sans effet sur la connerie, sur ce trop-plein de préjugés résolument hostile et hermétique à toute nouveauté, au radicalement Autre.
Ce qui n’empêche pas des psychanalystes conservateurs, transis et rivés au dogme de demeurer des abonnés fidèles à cette connerie, puisque croyant dialoguer avec les autres, ils ne font, malheureusement, que monologuer dans la galerie des glaces de leur communauté.
Alors, quoi, faut-il interdire aux psychanalystes de travailler avec les autistes ? Faut-il interdire aux autistes de rencontrer des psychanalystes ? Faut-il interdire la psychanalyse et encourager la chasse aux sorcières ? Ou encore : ne faudrait-il pas interdire l’autisme ?
L’Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis, créée en 1960) vient de publier un communiqué de presse par lequel elle s’oppose à la proposition de loi de M. Daniel Fasquelle. Christel Prado, sa présidente s’insurge : « Interdire une forme d’accompagnement ne sert à rien et est clivant. Concentrons nos énergies à développer de façon urgente les méthodes qui ont prouvé leur efficacité. Si l’autisme est la grande cause 2012, c’est pour développer la recherche et permettre de répondre au mieux aux besoins des personnes autistes le plus précocement possible. Les personnes autistes et leurs familles ont besoin de compétences multiples pour répondre à leur problématique. Par ailleurs, en tant que Rapporteur au Conseil économique social et environnemental du projet d’avis sur « le coût économique et social de l’autisme en France », il est tout à fait prématuré d’en tirer de quelconques conclusions.»
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