Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

La poésie entre sens et trou

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Poésie

La structure de l'être parlant est trouée. Qu'est-ce à dire ?

Le trou veut dire que, dans la structure, il y a toujours quelque chose qui ne peut s'expliquer et qui nous échappe (cela peut s'appeler castration, refoulement originaire, objet perdu, impossible à dire, réel, non-rapport sexuel...art). Ce trou, nous le bouchons par des effets de sens, jusqu'à le supprimer.

Or, avancer avec Lacan que la poésie est "effet de sens, mais aussi bien effet de trou", c'est dire qu'il y a deux sortes de poésie :

- la ratée qui produit un effet de sens sans effet de trou

- la réussie qui, quand elle produit un sens, ne renvoie pas à un autre sens mais à une place vide.

Le mot choisi laisse un vide à la place de l'autre mot qui manque. Paul Claudel le confirme (A travers la littérature japonaise) :  "Sur la page, la part la plus importante est toujours laissée au vide. Cet oiseau, cette branche d'arbre, ce poisson ne servent qu'à historier, qu'à localiser une absence où se complaît l'imagination."

 

Devant l'éclair -

sublime est celui

qui ne sait rien !

                                       Bashô

 

commentaires

Éducateur quelconque

Publié le 16 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Clinique et pratique en institution

Pls

Dans une allocution consacrée aux psychoses de l’enfant[1], Lacan termine son intervention par cette question : « Quelle joie trouvons-nous dans ce qui fait notre travail ? ». Autant dire que, pour lui, une pratique en institution avec les enfants psychotiques vaut son poids d’or dans la mesure où elle interroge le rapport de chacun à la liberté, à la ségrégation et à la jouissance. De plus, la clinique des psychoses chez l’enfant donne accès à une éthique, celle de la psychanalyse.

 

« Éducateur quelconque » : cette expression, forgée par Virginio Baio, désigne, non une identité professionnelle ou un statut, mais une position qu’il s’agit d’occuper auprès des enfants. Pour que ceux-ci puissent élaborer les solutions qu’ils inventent, il nous faut être là, présents, mais pas de n’importe quelle façon.

Être dans la position de l’éducateur quelconque, c’est pouvoir ne pas être préoccupé par le souhait d’être quelqu’un, par des idéaux éducatifs, pédagogiques ou thérapeutiques. C’est une manière de se distraire de soi-même en laissant tomber les insignes que nous nous attribuons pour être reconnus.

Autrement dit, la position de l’éducateur quelconque implique une mise entre parenthèses de notre position subjective et de notre fantasme qui, souvent, consiste en un vouloir s’occuper des enfants, ce contre quoi les enfants psychotiques se défendent avec force.

Donc, fonctionner dans la position de l’éducateur quelconque constitue la condition (c’est du moins la solution trouvée par les collègues engagés dans la pratique à plusieurs) nécessaire pour laisser une place au travail de l’enfant.

Cela n’est pas facile car ça implique une destitution, celle de la position de savoir dans laquelle on croit se trouver. Se situer dans une position de non-savoir n’est pas se situer dans une position d’ignorance : ce serait même plutôt l’inverse car le non-savoir est aussi bien un savoir, celui par exemple de savoir faire une offre vide, savoir créer du manque, savoir se taire, savoir jouer de l’équivoque, savoir ne pas s’occuper des enfants.



[1] J. Lacan, « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Seuil, 2001.

commentaires
<< < 10 20 30 31 32 33 34 35