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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

Un goût d'Extrême-Orient. Collection Charles Cartier-Bresson

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Expositions

UNE EXPOSITION AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE NANCY
23 JUIN - 29 AOÛT 2011MBA Nancy
Héritier d'un empire industriel textile, Charles Cartier-Bresson (1852-1921), grand oncle de l'illustre photographe Henri-Cartier-Bresson (1908-2004), se passionne pour l'art d'Extrême-Orient et commence à constituer une collection dès 1889, s'inscrivant dans le prolongement de célèbres prédécesseurs tels Edmond de Goncourt, Philippe Burty ou encore Emile Guimet. Elle comptera 1744 objets à sa mort.

En 1936, sa veuve, "suivant les instructions de son mari", lègue au musée des beaux-arts de Nancy une importante partie de la collection. Ce sont ainsi plus de 1300 pièces d'Extrême-Orient provenant principalement su Japon qui entrent au musée. Cet ensemble constitue l'une des plus riches collections d'art japonais conservée dans un musée de région. Son intérêt tient à la cohérence et à la diversité des œuvres (objets, laques, estampes, vêtements...). Exposée brièvement lors de son entrée au musée en 1936, ce legs se devait d'être présenté aujourd'hui au public.

Composée d'une sélection d'environ 300 pièces, l'exposition rassemble des objets usuels qui témoignent de la vie quotidienne du Japon traditionnel : des laques, qui magnifient par leurs délicats décors des pièces aux formes épurées ; des estampes de grands artistes japonais comme Katsushika Hosukai (1760-1849) et Kitagawa Utamaro (1797-1858) ; des rouleaux peints qui illustrent pour certains des légendes ou des poèmes japonais ; des éléments de mobilier tels deux très beaux paravents et des vêtements d'apparat dont deux kimonos imprimés et brodés de rehauts de fils d'or et de soie d'une beauté éblouissante ou encore une splendide armure de samouraï.

Cette exposition est dédiée au Japon.
 Salles d'expositions temporaires
Fermeture le 14 juillet

Autour de l'exposition

Visites commentées les mercredis et dimanches à 15h
1,60 € en plus du droit d'entrée

Pour les enfants : Un gout d'Extrême-Orient
Le berceau des samouraïs se dévoile à travers ses objets et accessoires

dimanche 7 août de 10h30 à 11h45
gratuit, sans réservation préalable
Renseignements au 03 83 85 30 75

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Indicible haïku

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Poésie

Autant extraordinaire qu'intraduisible, autant innommable qu'insensé, l'objet a du Docteur Lacan est, comme la poésie, un des noms de l'indicible : l'essence ultime des choses, la Chose, un réel en somme.

La parole, le langage habillent ce réel dont nous ne savons rien, si ce n'est, selon Nietzsche, à travers les constructions fictives qui sont celles que le langage permet.

A la différence de notre discours occidental, de notre bavardage souvent prompt à expliciter, à arpenter la moindre parcelle de signification, à coloniser le terrain au nom de la raison organisatrice, la délicatesse du haïku déborde les digues du sens. Il s'inscrit dans "un système symbolique inouï, entièrement dépris du nôtre", que Roland Barthes appelle le sytème Japon.

En témoigne Bashô, cité par Maurice Coyaud dans Fourmis sans ombre, le Livre du haïku, qui se refuse à dire la trop évidente beauté du Mont Fuji et l'évoque un jour de brouillard :

Brume et pluie

Fuji caché. Mais cependant je vais

Content

"Gardez-vous de comprendre" recommandait Jacques Lacan : une indication donnée à celui qui, à trop vouloir donner de sens, masque le réel.

"Il n'y a rien à ajouter au haïku qui vient éclore sur les lèvres du voyageur" écrit Maurice Coyaud ; "il n'a pas besoin d'une syllabe de plus pour dire ce qu'il a à dire ; rien ne saurait l'augmenter, lui donner davantage de sens : il est, tel quel, autorité pure, qui n'a elle-même à s'autoriser de rien".

Fragile, évanescent, précaire, "il s'enroule sur lui-même, le sillage du signe qui semble avoir été tracé s'efface : rien n'a été acquis, la pierre du mot a été jetée pour rien : ni vagues ni coulée de sens" (Roland Barthes, L'empire des signes).

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La poésie entre sens et trou

Publié le 17 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Poésie

La structure de l'être parlant est trouée. Qu'est-ce à dire ?

Le trou veut dire que, dans la structure, il y a toujours quelque chose qui ne peut s'expliquer et qui nous échappe (cela peut s'appeler castration, refoulement originaire, objet perdu, impossible à dire, réel, non-rapport sexuel...art). Ce trou, nous le bouchons par des effets de sens, jusqu'à le supprimer.

Or, avancer avec Lacan que la poésie est "effet de sens, mais aussi bien effet de trou", c'est dire qu'il y a deux sortes de poésie :

- la ratée qui produit un effet de sens sans effet de trou

- la réussie qui, quand elle produit un sens, ne renvoie pas à un autre sens mais à une place vide.

Le mot choisi laisse un vide à la place de l'autre mot qui manque. Paul Claudel le confirme (A travers la littérature japonaise) :  "Sur la page, la part la plus importante est toujours laissée au vide. Cet oiseau, cette branche d'arbre, ce poisson ne servent qu'à historier, qu'à localiser une absence où se complaît l'imagination."

 

Devant l'éclair -

sublime est celui

qui ne sait rien !

                                       Bashô

 

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Éducateur quelconque

Publié le 16 Juin 2011 par Jean Mirguet dans Clinique et pratique en institution

Pls

Dans une allocution consacrée aux psychoses de l’enfant[1], Lacan termine son intervention par cette question : « Quelle joie trouvons-nous dans ce qui fait notre travail ? ». Autant dire que, pour lui, une pratique en institution avec les enfants psychotiques vaut son poids d’or dans la mesure où elle interroge le rapport de chacun à la liberté, à la ségrégation et à la jouissance. De plus, la clinique des psychoses chez l’enfant donne accès à une éthique, celle de la psychanalyse.

 

« Éducateur quelconque » : cette expression, forgée par Virginio Baio, désigne, non une identité professionnelle ou un statut, mais une position qu’il s’agit d’occuper auprès des enfants. Pour que ceux-ci puissent élaborer les solutions qu’ils inventent, il nous faut être là, présents, mais pas de n’importe quelle façon.

Être dans la position de l’éducateur quelconque, c’est pouvoir ne pas être préoccupé par le souhait d’être quelqu’un, par des idéaux éducatifs, pédagogiques ou thérapeutiques. C’est une manière de se distraire de soi-même en laissant tomber les insignes que nous nous attribuons pour être reconnus.

Autrement dit, la position de l’éducateur quelconque implique une mise entre parenthèses de notre position subjective et de notre fantasme qui, souvent, consiste en un vouloir s’occuper des enfants, ce contre quoi les enfants psychotiques se défendent avec force.

Donc, fonctionner dans la position de l’éducateur quelconque constitue la condition (c’est du moins la solution trouvée par les collègues engagés dans la pratique à plusieurs) nécessaire pour laisser une place au travail de l’enfant.

Cela n’est pas facile car ça implique une destitution, celle de la position de savoir dans laquelle on croit se trouver. Se situer dans une position de non-savoir n’est pas se situer dans une position d’ignorance : ce serait même plutôt l’inverse car le non-savoir est aussi bien un savoir, celui par exemple de savoir faire une offre vide, savoir créer du manque, savoir se taire, savoir jouer de l’équivoque, savoir ne pas s’occuper des enfants.



[1] J. Lacan, « Allocution sur les psychoses de l’enfant », Autres écrits, Seuil, 2001.

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