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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Tenter de percevoir les mouvements profonds qui décident de la marche de l’histoire.

L’arrivée d’un Messi(e) à Paris

Publié le 20 Août 2021 par Michel Brun dans Spectacles, Religion

Si Dieu ne fait plus recette,  et cela se vérifie car les églises sont désormais presque vides , en revanche l’arrivée à Paris de Lionel Messi pour y intégrer le PSG a galvanisé les foules jusqu’à l’extase. Certes le sport est fédérateur, mais l’engouement pour les dieux du stade a dépassé toute mesure. Et ce sont les matches en ligue 1 qui tiennent lieu aujourd’hui de messe dominicale. Le succès des footballeurs a de quoi faire pâlir d’envie les hommes politiques, eux qui doivent constamment faire face à des adversaires, voire des ennemis. Au Japon les sumo sont considérés comme des demi-dieux. Ce qui montre à l’évidence que la divinisation du sport ne se cantonne pas aux limites de l’hexagone. Dans la Rome antique la puissance de l’Empire  se mesurait à la taille de ses amphithéâtres. Mais les Romains n’étaient pas pour autant en panne de divinités. Et les lauriers accordés aux vainqueurs des jeux n’éclipsaient en rien la gloire de l’empereur, seul dieu vivant reconnu par la plèbe. 
Au XXI ème siècle le fanatisme du ballon rond sert à masquer un vide existentiel vertigineux. Rien  n’est trop beau pour ses prêtres qui en viennent à incarner une nouvelle forme de l’Idéal  du moi, c’est à dire de l’illusion poussée à son plus haut degré. Toutefois il convient de ne pas se méprendre : l’illusion n’est pas l’erreur, même si elle est de l’ordre du semblant. Elle appartient à ce que Winnicot appelait l’aire transitionnelle, c’est à dire cet interface entre la douceur du maternel et la dure réalité. En bref, l’illusion aide à vivre, console, et parfois procure de la jouissance. Mais c’est aussi une marchandise comme une autre, faisant les choux-gras des chefs de sectes, et au quotidien, des publicitaires dont le discours veut nous convaincre que leurs produits changeront notre vie. Donc,  bienvenue au nouveau Messi(e), pourvoyeur de rêves en bleu, à l’intention des gamins issus des banlieues déshéritées.
Bien sûr Messi n’est pas mort et devra encore attendre un peu pour être définitivement divinisé, à l’instar de Maradona. C’est ainsi qu’à l’occasion de la disparition du célèbre footballeur l’équipe d’Argentine a publié sur Twitter : « Adieu, Diego. Tu seras éternel dans tous les cœurs de la planète football. »

Un clin d’œil pour terminer aux « Frères ennemis », un couple d’humoristes des années 60/70 : 
- Allo Jésus, ici Marie  ! 
- Mais non !
- Messie …

PS. salaire annuel de L.M : 71 millions d’euros.

 

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Troublant travesti

Publié le 28 Juillet 2021 par Jean Mirguet dans Gente et sexualité

J’ai déjà indiqué dans ce blog tout l’intérêt que présente l’excellente enquête conduite par Eric Marty dans son dernier livre, Le sexe des Modernes, paru au Seuil cette année.

Après avoir évoqué, dans un précédent article de ce blog, la question du genre et de la race, je voudrais évoquer le trouble qu’engendre son chapitre intitulé « Le sexe travesti », dans lequel il démontre avec brio la valeur emblématique du travesti.

Pour nous occidentaux, la première figure du travesti est celle du drag queen.

En voulant être une femme, il exhibe outrageusement ses attributs féminins : poitrine énorme, talons aiguilles, perruque, maquillage caricatural …. Par la répétition de gestes et d’énoncés, il subvertit les stéréotypes attachés à la féminité et  interroge les semblants permettant d’identifier le féminin et le masculin.

Or, plus le drag queen dissimule les signes de la masculinité pour exhiber ceux du féminin, plus il fait apparaître ce qu’il veut cacher au spectateur (ses mains masculines, sa pilosité, sa musculature, sa pomme d’Adam…). Son déguisement « ne cesse de renvoyer à un dessous du corps », identifiable à un phallus.

A l’opposé, le travesti oriental ou japonais décrit par Roland Barthes dans L’Empire des signes, ne copie pas la Femme, il la signifie et « ne cherche rien d’autre qu’à combiner les signes de la Femme ». Il transforme le corps de la Femme en écriture et fait de la Féminité ce qui est « donné à lire et non à voir ». C’est un sujet dépourvu de génitalité. Le travesti oriental, écrit Eric Marty, est un sujet désexué, dégénitalisé.

Cette conception donne à la catégorie du Neutre la puissance de « dé-faire le sexe, en délivrant la sexualité du paradigme homme/femme au profit d’un Neutre, ni homme/ni femme ».

Elle libère le sujet travesti de son assignation sexuée.

Pour Eric Marty, le devenir-femme du travesti occidental et le devenir-femme de la femme ont en commun l’expérience de ce que Lacan appelle la mascarade.

Pour Lacan qui reprend la thèse de Joan Rivière, une psychanalyste anglaise qui articule féminité et mascarade, la mascarade est l’organisation inconsciente d’un trompe-l’œil. C’est un masque qui permet à la femme de créer un paraître pour masquer ce qui lui manque, son but inconscient n’étant pas de posséder ce qui cause le désir de l’homme mais de paraître le posséder… paraître le posséder pour autant que l’on tienne pour établie l’équation qui ordonne le lien du sujet féminin à la fonction phallique.

La mascarade est ce comportement  dans lequel le sujet féminin affiche sa non-renonciation au phallus, symbole de son anatomie imaginaire. La mascarade est liée à l’insigne, à l’emblème : cf. la série d’objets touchant au corps féminin : bijoux, chaussures, vêtements, etc…. Ce sont des simulacres de phallus dont une femme de structure hystérique fait parade, rejetant par là, paradoxalement, une part essentielle de sa féminité. Du coup, écrit Eric Marty,  « cela fait de la féminité  un genre complexe, la complexité même du genre ».

Ce travestissement est de même nature que celui du drag queen qui met en branle « un phallus imaginaire caché sous la robe de la femme à qui il l’a emprunté ». S’il fait rire – un rire grinçant - c’est parce qu’il imite la femme hystérique en la caricaturant, devenant en quelque sorte son miroir. En exagérant outrageusement les signes morphologiques sexuels secondaires féminins (maquillage très prononcé, gros seins, talons très hauts, robes voyantes, perruques …) qui sont autant de manières de refléter l’érection masculine, « le travesti aspire à devenir femme, non parce qu’il aurait renoncé à son pénis, mais pour être le phallus féminin ».

En somme, résume Eric Marty, le travesti imite une femme qui bande mais, citant l’écrivain Severo Sarduy, « seulement pour symboliser que l’érection est une apparence ».

Cela fait de la simulation opérée par le travesti un simulacre grâce auquel sa robe est un voile posant la question de l’existence d’un phallus latent. C’est plus qu’un simple déguisement, c’est une tromperie qui interpelle le sujet du désir, le voile étant ce « au-delà de quoi le sujet demande à voir » (Lacan, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse) : ainsi la simulation du féminin exprimée par la robe du travesti invite-t-elle à un dévoilement … celui du phallus comme étant lui-même un simulacre.

Pour aboutir à cette affirmation, il nous faut suivre l’enquête menée par Eric Marty lorsqu’il convoque Genet et Divine, le personnage qui, dans Notre-Dame-des-Feurs, entame une carrière de travesti et de prostitué à Pigalle.

Divine simule, travestit la jouissance féminine pour attirer d’autres hommes dont il désire être l’objet sexuel. Mais il sait que la nature de cette jouissance-là, la jouissance divine ou féminine, se dérobe à celui qui croit la procurer. Or, Divine en promet le dévoilement, elle prétend posséder le secret qui fait du travesti une femme « plus femme que les femmes », non, comme le prétend Judith Butler, parce qu’il se soumet aux normes de « l’hégémonie hétérosexuelle blanche » mais parce qu’il célèbre « la victoire du faux sur le vrai, du simulacre sur l’essence, de l’artifice sur la nature ».

Autrement dit, la vérité est déguisement, elle a structure de fiction puisque le travesti peut se substituer à la femme et, grâce au semblant, l’emporter en vérité sur elle. La vérité ne peut s’offrir que sous la forme d’un semblant.

Ainsi, le travesti montre qu’une autre loi, qu’un autre monde sont possibles, fondés sur « l’illusion comme loi ». Ce qui conduira l’hétérosexuel Sartre à se demander, face à Divine : « Qui ne désirerait cette charmante aventurière ? Seulement voilà, cette femme est un homme. Pédérastes par la puissance des mots, nous goûtons un instant, dans l’imaginaire, la volupté défendue de prendre un homme et d’être pris ».

En somme, constate Eric Marty, le travesti ne déconstruit pas seulement les normes de genre, il est également celui qui fait vaciller une autre séparation, celle entre homosexualité et hétérosexualité. En théâtralisant avec Divine un paradigme de la subversion des genres, Jean Genet fait entrer la notion de perversion dans le genre : si Divine est objet de désir et de fascination pour le sujet hétérosexuel, c’est parce que, comme l’indique Lacan, « rêver de la perversion, quand on est névrosé, sert à soutenir le désir, ce dont, quand on est névrosé, on a bien besoin».

 

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Du genre à la race (suite)

Publié le 30 Mai 2021 par Michel Brun dans Le malaise

Quelques remarques en marge de l’article de Jean Mirguet.

En traitant la problématique « du genre à la race », Jean Mirguet pose un regard aiguisé sur quelques-uns des thèmes récurrents qui font l’actualité médiatique et que l’on pourrait résumer en disant qu’il s’agit ici  des conséquences idéologiques, sociales et politiques de la morale du ressentiment.

Notons que la géopolitique n’est pas épargnée puisque notre futur président, épris de repentance, n’a pas hésité, le 14 février 2017 sur une chaine de la télévision algérienne, à qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité ». Et ces jours-ci au  Rwanda, Emmanuel Macron qui n’a sans doute  pas lu ou médité les propos de Benjamin Stora, a reconnu une part de responsabilité politique de la France dans le génocide des Tutsi (1994). Bien sûr, cela peut se discuter, mais jusqu’où ira la dérive du sentiment de culpabilité ?

L’un des points forts de l’article de Jean Mirguet est d’avoir repéré l’anachronisme des revendications de ceux qui se présentent comme des opprimés, dans une constante confusion entre le présent et le passé. Comme si la notion de prescription,  juridique ou morale, n’avait aucun sens.

Le procès de Nuremberg (1945-1946) a eu pour objet la condamnation des exactions du Nazisme. Elles ne peuvent être oubliées ou effacées. Cependant voici des décennies que nous fraternisons avec L’Allemagne. L’Algérie indépendante aurait pu s’en inspirer au lieu de nous culpabiliser et de nous accuser de ses propres erreurs politiques. On en connaît les conséquences sur le territoire français. Quant  à nous, allons-nous demander pardon à l’Italie d’avoir annexé le Comté de Nice à la France en 1860 ?

Revenons aux  adeptes de la morale du ressentiment. Ils ignorent qu’ils desservent leur cause en se situant dans la même logique que celle qu’ils prétendent dénoncer,  au lieu de s’en décentrer. Cela vaut par exemple pour l’antiracisme. C’est ainsi que Nietzsche décrit  « les êtres de ressentiment » comme une race d'homme pour qui « la véritable réaction, celle de l'action, est interdite et qui ne se dédommagent qu'au moyen d'une vengeance imaginaire». Nietzsche associe donc le ressentiment à ce qu'il nomme la « morale d'esclave », dont l’essence est précisément le ressentiment. Ressentiment qui anime la paranoïa ordinaire, celle  par laquelle nous projetons sur autrui ce que nous ne voulons pas voir en nous.

Autre confusion évoquée par Jean Mirguet dans le cadre élargi du relativisme culturel : assimiler le discours scientifique à celui de l’opinion. Voilà une rhétorique permettant de disqualifier la science à bon compte pour lui substituer une logique des humeurs. Belle illustration de la défaite de la pensée. Par ailleurs, si la recherche de l’égalité chez ceux qui se disent opprimés est louable, cela ne signifie pas pour autant que toutes les paroles se valent. Et de l’opinion à la croyance la frontière est vite franchie. L’impérialisme de la croyance conduit tout droit à l’exercice de la police de la pensée. C’est pourquoi il convient de ne pas céder sur l’exigence de laïcité lorsque c’est la croyance religieuse et son régime d’exclusion de l’autre, du différent de soi, qui sont en cause. Selon le rabbin Delphine Horvilleur, la laïcité permet de ne pas saturer l’espace social par une croyance. Il n’y a pas de meilleure définition du vivre ensemble.

Mais il est clair qu’être emmailloté dans des croyances satisfait des besoins. Resterait à cerner ceux qui animent les militants identitaires,  les féministes enragé(e)s, les adeptes de la théorie du genre ou encore les antiracistes pétris d’intersectionnalité.

Dans l’argumentaire du discours du ressentiment la question de l’humiliation  insiste. Certes, on ne peut changer le passé. Mais il est possible de ne pas succomber au piège de la « resignification », concept promu par l’américaine Judith Butler. Jean Mirguet nous rappelle qu’il s’agit de la subversion de l’identification à la victime humiliée, pour la positiver.

Ce renversement peut quand même être fécond lorsqu’il est manié sous l’égide de l’intelligence.

Tel est le cas avec l’invention du concept de « négritude » dont Léopold Sedar Senghor  et Aimé Césaire ont su faire usage avec bonheur.

 Encore faut-il être poète. Ici l’étymologie nous sera d’un certain recours : la « poièsis »chez Platon nous renvoie à la création, au faire, donc à une forme d’action. À la différence de ce qui se passe chez l’être du ressentiment, existentiellement figé dans les rets d’un langage formaté. Opposition encore entre la poésie comme modalité de l’amour, et le discours fondamentaliste qui se sustente de la haine, au mépris de toute altérité. 

L’article de Jean Mirguet est d’une très grande richesse qui appellerait bien d’autres commentaires. J’ai choisi de parler du ressentiment. Mais il faut  savoir se limiter pour laisser s’opérer ce passage du manque à « l’Ouvert » auquel Jean, à la suite de Rilke, nous convie.

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Du genre à la race

Publié le 26 Mai 2021 par Jean Mirguet dans Le malaise

Face aux injustices, il ne se passe pas un jour sans que se publient dans notre pays, à propos du passé colonial de la France, relayées par les télés, les radios, les journaux, les réseaux sociaux des propos, des textes, des tribunes animés par une propension à l’expiation, par une repentance que Benjamin Stora, à propos de l’Algérie, qualifie de « piège politique ».

 

Au nom de l’antiracisme et de la défense des minorités, des militants identitaires occupent l’espace médiatique. Ils plaident en faveur de l’origine et de la couleur de peau, creusent le sillon de ce qui divise plutôt que de ce qui rassemble, diffusent un déclinisme victimaire en disqualifiant ceux dont l’opinion ne correspond pas à l’idée que, eux les identitaires, se font du présent. On a le sentiment qu’un tribunal médiatique siège en permanence, où les procès à charge remplacent les débats d’idées.

De multiples dérives voient la morale, l’émotion, les attaques personnelles prendre le pas sur la réflexion, l’argumentation, la confrontation des analyses.

Le communautarisme a le vent en poupe, l’universalisme est vivement critiqué.

Cela n’est pas nouveau puisque, déjà dans les années 60 comme le rappelle le sociologue Philippe Portier, Deleuze, Guattari, Foucault présentaient l’universalisme comme mutilant et produisaient un discours de déconstruction des Lumières., appelant à retrouver les singularités, les identités dont les sujets sont porteurs. Ces idées seront reprises par la gauche dans les années 70 avec la défense des droits des minorités sexuelles opprimées et le droit des femmes.

Aujourd’hui, c’est l’importation de la cancel culture et  du mouvement woke, nouveau prêt-à-porter du « politiquement correct », qui fait vaciller les principes républicains et notamment la laïcité. Quid de l’égalité hommes – femmes quand celles qui se disent féministes militent en faveur du foulard islamique, symbole de la soumission à l’homme ? Que devient la fraternité quand les droits des communautés ethniques, de genre, de sexe, de religion aspirent à régenter notre existence ?

Dans quel monde sommes-nous entrés lorsque nous voyons des idées jugées hier réactionnaires devenir le propre de la pensée d’extrême-gauche voire d’une partie de la gauche et faire le lit de l’extrême-droite ?

Au nom de la lutte contre les discriminations et de la défense du droit des minorités, se commettent d’étonnants anachronismes pour tenter d’obtenir une réécriture de l’histoire, au nom des injustices subies et des blessures endurées. Est ainsi entretenue une confusion entre passé et présent, le discours scientifique devenant lui-même une opinion, opposable à n’importe quelle autre opinion. Tout devient fluide, nous vivons dans un monde où tout est remis en question, le genre, la race, les femmes, la langue, la vérité historique.

Encore récemment, la traduction des œuvres de la poétesse afro-américaine Amanda Gorman qui avait déclamé avec ferveur son poème The Hill We Climb, « la colline que nous gravissons », au moment de la cérémonie d’investiture de Joe Biden, tourne à la polémique aux Pays-Bas et en Catalogne où les traducteurs sont récusés pour n’être ni femme ni noire.

 

On assiste de plus en plus au déploiement de l’intersectionnalité, une notion qui, en sociologie, désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de stratification, domination ou de discrimination dans une société : discriminations de sexe, de classe, de race, mais aussi de handicap ou d’orientation sexuelle.

Cette notion (qui fait le fond des discours militants antiracistes et néoféministes) fait valoir le caractère pluriel de la domination et des discriminations, elle associe et relie entre elles ces places d’exclusions. C’est le cas de la pensée décoloniale qu’accompagnent les thèses racialistes, indigénistes, communautaristes à quoi s’ajoute un relativisme culturel qui s’illustre dans la défense de la religion contre la laïcité, dans la propagation de la théorie d’un État « raciste systémique », héritage de la colonisation. On peut y ajouter l’écriture inclusive qui vandalise la langue française, comme le dénonce Alain Finkielkraut.

En somme, ce mot  d’intersectionnalité désigne le lieu où se focalise la convergence des luttes contre le sexisme, l'homophobie ou le racisme.

L’intersectionnalité instaure de nouvelles règles morales et impose des normes inédites. Il s’enracine, à l’évidence, dans le discours porté par la théorie du genre  que Eric Marty, auteur d’un livre passionnant intitulé Le sexe des Modernes Pensée du Neutre et théorie du genre (Seuil, 2021),  qualifie de « dernier grand message idéologique de l’Occident envoyé au reste du monde ».

Ce message stipule qu’il existe une intersection de la race et du genre, née de la conviction que la question raciale n’est pas seulement un complément aux discriminations de genre mais qu’elle lui est supérieure.

 

Le nouveau signifiant de race acquiert ainsi une fonction paradigmatique et fait de la différence raciale l’élément constitutif des sociétés humaines, rejetant l’hypothèse du caractère fondamental de la différence sexuelle, gommée par la certitude que la suprématie donnée à la différence sexuelle par l’Occident est une idéologie forgée par le pouvoir blanc pour exercer sa domination. Toute différence est rapportée à une discrimination.

L’identification à la victime constitue le point commun de ces différents discours nourris par le ressentiment, décrit par la philosophe Cynthia Fleury comme une rumination victimaire, dans son dernier essai Ci-gît l’amer. Cette rumination engendre une perception binaire et manichéenne du monde, réduit à une lutte entre dominés et dominants, entre victimes et coupables.

 

A ce mécanisme,  s’ajoute ce que Judith Butler, théoricienne américaine du genre, appelle la resignification c’est-à-dire une stratégie à visée subversive (le sous-titre du livre de Judith Butler, Trouble dans le genre, est : « Le féminisme et la subversion de l’identité ») consistant à s’approprier comme identité porteuse de fierté un terme initialement injuriant et offensant. Ce processus, écrit-elle, consiste à « s’approprier les termes mêmes par lesquels on a été insulté afin de les vider de leur charge d’humiliation et d’en tirer une affirmation » (cité par Eric Marty).

La victime ne l’est donc plus à partir du moment où elle se réapproprie l’infamie, la marque dégradante.

La diffusion de ce procédé est devenue virale.

 

Dans son livre, Eric Marty affirme que « la défense du voile, de l’excision, de la polygamie, des mesures d’infériorisation des femmes dans les cultures non occidentales ne relèvent pas d’un relativisme culturel né d’un respect pour l’altérité, mais bien d’un choix fondamental qui établit la position raciale comme le paradigme central de la pensée ». L’afroféministe Maboula Soumahoro le résume en affirmant que « la question raciale structure tout ». De même, on peut lire sous la plume de l’ex-footballeur Lilian Thuram que « la pensée blanche a beau se draper dans les valeurs de l’universalisme, concrètement, quotidiennement, elle les bafoue à chaque instant » (Charlie Hebdo du 12 mai 2021).

Du coup, se produit un prodigieux renversement des valeurs puisque les thèmes jusque là émancipateurs issus des Lumières … et de la « blanchité » se révèlent aujourd’hui, par leur radicalité, assujettissants et coloniaux. De surcroît, la propension à rendre l’autre responsable du mal dont on souffre emprisonne dans une vision punitive du problème puisque, pour que la souffrance cesse, il faudrait pouvoir punir les coupables.

 

La rancune mêlée d'hostilité à ce qui est identifié comme la cause d'une frustration engendre le ressentiment, une émotion consistant à « en vouloir à quelqu’un », à garder pendant longtemps une charge émotionnelle contre lui, jugé responsable de la blessure qui a été infligée.

Pour les militants de l’intersectionnalité, le ressentiment transforme alors tout mâle blanc en un oppresseur nuisible qui asservit les races, les femmes, les différences, les cultures, la langue …

Comment s’extraire du ressentiment et de ses effets délétères, comment le sublimer pour traiter cette maladie de la démocratie qu’est l’exclusion de l’autre?

Sublimer le ressentiment serait savoir y faire avec lui en l’utilisant pour nourrir sa création, propose Cynthia Fleury. Elle rappelle que, dans la vie, la vérité de l’être est d’être séparé et de ne jamais pouvoir combler les manques, qu’il n’existe pas de réparation totale, que nous sommes, chacun, chacune, des êtres troués .

Elle conçoit le ressentiment comme une conséquence de l’incapacité à renoncer à combler des manques, de la croyance que « la plénitude c’est le plein, alors qu’elle se situe du côté de la sublimation ».

Pour contrer le ressentiment, elle propose d’adopter la voie du poète Rilke : «De tous ses yeux, écrit-il, la créature voit l’Ouvert». « S’ouvrir, suggère-t-elle, tolérer l’incertitude, refuser le dogme, cultiver la pensée critique, pratiquer la vis comica, la force comique, le rire, qu’il soit léger ou noir, enseigner les humanités ».

Au fond, il s’agit de sortir de notre caverne ou de notre confinement en passant au tamis du regard des autres et de la confrontation au réel nos vérités, non pour remplacer celles d’hier par celles récemment acquises mais, en chaussantde nouvelles lunettes, tenter de comprendre le monde et reconstruire ce que nous avons le désir de reconstruire, en alliant le sensible et l’intelligible pour affronter la sortie de la caverne.

Nous n’avons pas d’autre choix  que d’avancer à l’aveuglette, que de nous mouvoir dans les interstices de l’incertain, de l’aléatoire, du problématique, du contingent, là où nous trouverons ou inventerons des réponses ne venant pas laminer l’autre.

Cette voie est à l’opposé de celle prônée par les adeptes de la post-vérité qui  propagent l’idée que les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. Ils sapent les bases de tout réel débat politique et tirent profit de la démocratie tout en en déniant la valeur. En opérant des régressions consternantes, aussi bien épistémiques que politiques, ils choisissent de se replier sur des dogmes identitaires, en recourant le plus souvent à une philosophie de comptoir, propice aux amalgames et au populisme.

En gardant à l’esprit que le pire n’est jamais certain, n’ignorons pas cependant qu’il reste toujours à portée de main et que ce qui a été pourra se répéter.

N’oublions pas aussi que la démocratie a été conçue, créée et soutenue par des hommes qui savent qu’ils ne savent pas tout et que le vrai contraire de la démocratie, comme l’énonçait Michel Foucault, n’est pas la tyrannie mais la démagogie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La cérémonie des Césars, une exhibition des "eaux dormantes et pourries de l’âme »

Publié le 21 Mars 2021 par Jean Mirguet dans Cinéma

Symbole de rêve et de partage autour du cinéma, la cérémonie est devenue une tribune corporatiste, analyse dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».

Beaucoup ont parlé de naufrage, voire de suicide collectif, après la cérémonie des Césars qui a eu lieu il y a une semaine à l’Olympia : vulgarité, nombrilisme, arrogance. Yann Barthès a résumé l’affaire dans son émission « Quotidien », sur TMC : vivement que les cinémas rouvrent pour oublier ce qu’il a vu. Soyons indulgent : la pandémie a de quoi rendre fou. Ce qui s’est passé vendredi 12 mars traduit une radicalité qui gagne le cinéma, la culture et l’époque. Une radicalité qui se vérifie dans ce basculement : de rêve et partage autour du cinéma, la cérémonie est devenue une tribune corporatiste. Le glissement n’a rien de nouveau, mais il s’exacerbe autour de la notion d’exception culturelle. Ce beau principe, porté par le slogan « l’art n’est pas une marchandise », a permis à la France, mieux que tout autre pays, de sauver son cinéma, ses librairies, sa créativité. Mais quand il est brandi à tout bout de champ, le monde culturel peut donner l’impression qu’il vit dans un monde à part. Ce n’est pas le meilleur moyen de fédérer le public – l’audience de cette édition fut la pire depuis dix ans. Le danger est de fragiliser les liens avec la société, qui voit moins la vitalité de la création que permet l’exception culturelle que les subventions conséquentes qui sont versées. 

Sans nuance ni légèreté

La détresse, la frustration et l’injustice qu’exprime la culture depuis la fermeture des cinémas ou théâtres sont légitimes. Ces sentiments furent répétés aux Césars. Mais sans nuance ni légèreté, sans un mot ou presque pour les personnels soignants ou les malades, beaucoup pour moquer la ministre Roselyne Bachelot. Le discours ambiant dans la bulle de l’Olympia, comme celui en cours dans des théâtres occupés, est surtout déconnecté de ce qui se passe dehors : des variants qui galopent et bouleversent le paysage de la pandémie. Admettons que les lieux culturels ne soient pas « dangereux ». Quel responsable politique prendrait le risque d’ouvrir cinémas ou lieux de spectacles ? Et puis le monde culturel sait qu’une réouverture dans des conditions draconiennes fait surgir mille questions autour de la sécurité, de la viabilité économique, des œuvres à programmer. D’une ville à l’autre, d’une salle à l’autre, d’un spectacle à l’autre, d’un film à l’autre, le casse-tête serait rude. 

L’autre question que soulèvent les Césars est la façon dont la cérémonie a muté en plate-forme politique. Le discours est monopolisé par les marges, comme sur les réseaux sociaux. Il est à sens unique, dans un climat radical-chic, au sens gauchiste, pour reprendre l’expression de Tom Wolfe, tirée d’un texte fameux de 1970. L’écrivain y décrivait par le menu la réception donnée par le compositeur Leonard Bernstein dans son duplex de Park Avenue, à New York, afin de lever des fonds en faveur des Black Panthers, qui dévoraient des canapés présentés par des serveuses (blanches, heureusement).

Si au moins la scène des Césars était un peu égratignée, comme a pu le faire l’humoriste Ricky Gervais lors des cinq cérémonies des Golden Globes qu’il a animées aux Etats-Unis… Ce dernier « se payait » les stars d’Hollywood, non « parce que c’est une bande de gauchos. Je suis moi-même de gauche. Je me suis moqué d’eux parce qu’ils portent leur progressisme comme une médaille ».

Aux Césars, comme ailleurs dans la culture, les propos et cibles sont si attendus que ça en devient lassant. Gênant, parfois. Faisant référence au projet de réforme de l’assurance-chômage, l’actrice Jeanne Balibar a dit que l’ancienne ministre du travail, Muriel Pénicaud, et la nouvelle, Elisabeth Borne, « s’occupent essentiellement de détruire chaque jour un peu plus la société ». Qu’aucun autre pays au monde n’injecte autant de milliards dans la culture ne compte pas.

L’humoriste Vincent Dedienne a justifié la cancel culture (interdire des œuvres dont les auteurs ont eu des mots ou actes « inappropriés ») en citant quatre phrases d’Hitler qui s’apparentent à une ode à la culture. Comprenez : voilà à quelle absurdité on arrive si, comme certains le demandent, par exemple les défenseurs de Roman Polanski, on dissocie un homme de son œuvre.

Puisqu’il goûte la cancel culture, on aimerait savoir, parmi des dizaines d’exemples, ce que pense Vincent Dedienne de la déprogrammation, il y a quelques mois, de l’exposition du peintre Philip Guston par quatre musées parmi les plus importants au monde au motif que ses tableaux antiracistes sur le Ku Klux Klan pourraient blesser les Noirs. Et ce qu’il pense du fait que le très respecté Mark Godfrey, un des responsables de la Tate Modern de Londres, sanctionné par son musée pour avoir critiqué cette mesure, vient d’annoncer sa démission.

Les Césars ont été diffusés par la chaîne Canal+, de Vincent Bolloré, qui aurait peu goûté la cérémonie. Ce dernier peut pourtant s’estimer heureux d’avoir été épargné. Comme l’a relevé l’humoriste Sophia Aram, le 15 mars sur France Inter, le patron qui fait travailler Eric Zemmour, qui s’en prend au droit d’auteur ou qui a licencié un comédien osant critiquer une émission de son groupe télévisuel, a curieusement été épargné par la gauche radical chic. Mais Canal+ est le premier financeur du cinéma (150 millions en 2020), on ne dit mot contre celui qui vous nourrit.

Pas un mot non plus sur la menace de Canal+ de quitter la TNT pour gagner le statut de plate-forme de streaming, ce qui lui permettrait de couper sec dans ses millions pour le cinéma (comme l’annonçait Le Figaro du 10 mars). La menace sent le coup de bluff, sauf que 130 cinéastes français ont signé le 10 mars une tribune dans Le Monde pour s’en inquiéter, d’autant que les films sont moins stratégiques pour Canal+ depuis que la chaîne a récupéré les droits de diffusion du football. Pas un sujet pour les Césars, qui préfèrent s’en prendre aux autres, pas à la famille. C’est plus commode.

 

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Le Blanc mis au ban

Publié le 6 Mars 2021 par Jean Mirguet dans Le malaise

Avec la promotion de la détestable nouvelle culture raciste et antidémocratique, qu’elle soit woke, cancel, islamo-gauchiste, racialiste, etc … nous assistons  à une sorte de remake des procès staliniens. Comme l’écrit Kamel Daoud dans Le Point : « Un étrange effet dystopique atteint l’Occident : une variante de l’inquisition « communiste », prompte à la rééducation culturelle à la chinoise, à la purge, décide des codes culturels et de ce qu’on peut dire, écrire, ou pas ».

Dans la même veine, j’avais publié, il y a quelques temps déjà, un excellent article de Jean Birnbaum qui écrivait : « Bien plus encore que les calculs clientélistes qui permettent à telle ou telle mairie de se cramponner au pouvoir, c’est cette prétention qui éclaire les épisodes au cours desquels la gauche a cru pouvoir côtoyer l’islamisme sans se brûler : la gauche antiraciste s’est retrouvée en compagnie d’intégristes musulmans au sommet de Durban, en Afrique du Sud, en 2001 ; la gauche altermondialiste a invité Tariq Ramadan au Forum social européen de Paris, en 2003 ; la gauche propalestinienne a laissé proliférer plus d’un slogan haineux dans les défilés auxquels participait le prédicateur Abdelhakim Sefrioui… Entre autres.

Or, autant il est faux d’affirmer que la masse des militants et des intellectuels de gauche ont consciemment « misé » sur l’islamisme comme force politique, autant on peut considérer qu’ils ont longtemps manifesté, à son égard, une forme d’indulgence. Là encore, toutefois, cette indulgence relève d’abord d’un complexe de supériorité.

De même que Lénine définissait le « gauchisme » comme la maladie infantile du communisme, on peut affirmer que l’« islamo-gauchisme » constitue la maladie sénile du tiers-mondisme. Celle d’une gauche occidentalo-centrée, qui n’imagine pas que l’oppression puisse venir d’ailleurs. Celle d’une gauche anti-impérialiste qui voit en tout islamiste un damné de la terre, même quand il est bardé de diplômes ou millionnaire. Celle d’une gauche qui plaçait naguère sa fierté dans son aura mondiale, et qui a été surclassée par un mouvement qu’elle a longtemps regardé de si haut : l’internationale islamiste ».

En écho à ces propos, c’est le remarquable Kamel Daoud qui,  aujourd'hui, publie dans Le Point toujours, ce texte magnifique :

"Comme dans les pays totalitaires, l’intellectuel blanc est « coupable ». Que doit-il justifier ? Sa couleur, la colonisation qui l’a précédé, son privilège, sa vision épidermique. Le mot « privilège » a d’ailleurs une tonalité « communiste » persistante : c’est comme un délit de classe, qui correspond idéologiquement au crime de « bourgeoisie ». Dorénavant, un intellectuel « blanc » se reconnaît, selon la doxa nouvelle, à sa contrition. Ou à sa blancheur exacerbée. Il a des remords, s’il est faiblard. Des remords qu’il croira transcender dans la solidarité universaliste ou la dénonciation des « siens ». Et s’il se croit innocent, la haine le rattrapera. Son œuvre en sera polluée ou, au mieux, teintée de ce fameux « désengagement », qu’il faudra comprendre comme de l’« indifférence », telle qu’elle est définie dans le Code pénal éditorial.

Mais qu’est-ce qu’un intellectuel « blanc » ne peut plus dire ou faire ? Ce que moi, chroniqueur du « Sud », je me permets : disserter avec insolence sur l’islamisme et avec liberté sur l’islam. Un intellectuel « blanc » ne peut pas, par ailleurs, employer les mots « noir », « rouge » et « jaune ». Car les couleurs se discutent violemment.

Continuons : un intellectuel « blanc » n’a plus le droit de revenir sur la colonisation sans autoaccusation. C’est le capital-décès encaissé par les rentiers du postcolonial. Tout au plus, sa « blancheur » permet-elle de définir la noirceur de son âme. Enfin, l’inculpé principal ne peut pas user du mot « arabe » car c’est l’aveu d’un crime.

Mais au-delà de cette liste d’interdictions d’usage, l’intellectuel blanc incarne un étrange paradoxe : il est l’enfant délicat d’une géographie dans laquelle l’Occident possède tout, quand lui ne peut plus se réclamer de la position de centre du monde, ni du droit au dernier mot, ni de la Vérité, déjà morte. À l’ère des culpabilisations, seule lui reste l’option de témoigner contre lui-même. Comprendre : on laisse au Blanc la grandeur du suicide. "

 

 

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Delphine Horvilleur ou les mots au-delà des mots.

Publié le 4 Mars 2021 par Michel Brun dans Philosophie

Delphine Horvilleur, la troisième femme rabbin de l’hexagone, nous a parlé le 3 mars sur France Culture du rapport à la mort. Mais n’était-ce pas en réalité un prétexte pour célébrer le vivant ? Ce qu’elle a fait de manière éblouissante. Et cela m’a donné l’envie d’extraire quelques perles de son discours.

Par exemple, la laïcité ne consiste pas à opposer deux mondes : celui de  ceux qui sont croyants à celui de ceux qui ne le sont pas, mais à faire de la place à l’autre. Pour que soient possibles le partage et le vivre ensemble.

On peut ailleurs entendre à demi-mot dans les propos de Delphine Horvilleur que la barbarie s’accompagne nécessairement d’une confusion entre le sacré et le profane. Car en fait « ne pas pouvoir rire de Dieu, c’est le profaner ».

Autre audace de la pensée chez Delphine Horvilleur, sous la forme d’un rapprochement entre la tradition rabbinique et la psychanalyse dans la place qui est faite à l’interprétation : porter un texte au second degré, c’est-à-dire lui donner un nouveau sens,  permet de raccourcir la distance entre la bouche et l’oreille. Comment ne pas y déceler une forme insue de l’amour, celle qui, en  nous restituant notre impensé, nous donne accès à notre propre altérité. Car là où il y a de l’altérité il y a de l’amour. Belle occasion  de rendre ici hommage à Levinas pour qui l’infini est impossible à totaliser. Infini dont la trace se révèle dans le visage de l’autre.

Bref, Delphine Horvilleur illustre au mieux ce qu’est une parole ouverte. Et c’est un vrai bonheur, car elle nous montre qu’il est toujours possible de combiner les ressorts de l’intelligence aux ressources du cœur. 

 

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Diagnostic de la dysphorie de genre (suite) : des questions fondamentales

Publié le 27 Février 2021 par Jean Mirguet dans Ethique

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Le traitement de la dysphorie de genre en Suède : une nouvelle barbarie ??

Publié le 15 Février 2021 par Jean Mirguet dans Le malaise

Le site Oedipe publie un documentaire, The trans train, sur les transgenres suédois et la manière dont la dysphorie de genre est abordée et traitée dans les pays du Nord.

<iframe src="https://player.vimeo.com/video/512247193" width="640" height="360" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe> <p><a href="https://vimeo.com/512247193">The Trans Train Documentaire Suédois - Sous-titres en Français</a> from <a href="https://vimeo.com/user57458258">le vaguerese</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p> h

Aujourd’hui le garde des Sceaux propose de considérer qu’il ne peut y avoir de consentement pour avoir une relation sexuelle avec un adulte avant l’âge de 15 ans. Par contre un adolescent et même un enfant peut demander à entrer dans un processus visant à la faire « changer de sexe », bloquer avec des hormones sa puberté, changer son prénom, etc...

Les parents qui s’y opposent sont souvent culpabilisés et montrés comme de « mauvais parents ». Des médecins voire maintenant des « psy » qui se nomment eux-mêmes transfriendly se font une clientèle sur le dos de ces enfants.
Il est sans doute temps de se poser des questions sur ce phénomène qui prend de l’ampleur en France après une vague qui a déferlé sur les pays anglo-saxons et les pays nordiques.

 

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We remember .... et vous ?

Publié le 16 Janvier 2021 par Jean Mirguet

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