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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

3éme plan autisme (suite) et clientélisme de la ministre

Publié le 15 Mai 2013 par Jean Mirguet dans Autisme

On lira avec intérêt cette lettre ouverte de Mireille Battut, présidente de l'association La main à l'oreille, à la ministre, dite de gauche, MA Carlotti, au sujet de la présentation du 3éme plan autisme et du clientélisme de cette ministre ...édifiant !

 

Madame la ministre,

 Je viens de recevoir votre appel à soutenir votre candidature à la mairie de Marseille, sur la boite mail de l’association que j’ai créée,  La main à l’oreille.

La main à l’oreille est née en 2012, année consacrée à l’autisme Grande cause nationale, pour porter une parole autre : nous refusons de réduire l’autisme à la seule dimension déficitaire et sa prise en charge à la seule approche rééducative, nous voulons promouvoir la place des personnes autistes dans la Cité, sans nous référer à une norme sociale ou comportementale.

C’est en 2012 que vous avez découvert l’autisme. Vous repartez maintenant vers d’autres aventures, mais vous nous laissez un 3ème Plan Autisme rapidement ficelé, accompagné de déclarations martiales : « En ouvrant ce dossier, j’ai trouvé une situation conflictuelle, un climat tendu, je n’en veux plus. » Vous avez, en effet, vécu des moments très chahutés. J’en ai été témoin lors d’un colloque au Sénat dédié à l’autisme, où un groupe de parents bien déterminés vous empêchait de parler. Le député Gwendal Rouillard, votre collègue, qui a choisi de soutenir les plus virulents, était à la tribune, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Comme vous étiez toujours coincée sur le premier paragraphe de votre discours, il a levé un bras et a demandé silence aux parents en les mettant en garde « ne prenez pas la ministre pour cible, n’oubliez pas que votre véritable ennemi, c’est la psychanalyse ». La salle s’est calmée et vous avez pu poursuivre votre propos, après avoir jeté un regard de remerciement à celui qui vous sauvait ostensiblement la mise. Vous avez retenu la leçon : vous ne voulez plus de parents chahuteurs dans vos meetings. Aussi, en partant, vous donnez des gages : « En France, depuis quarante ans, l’approche psychanalytique est partout, et aujourd’hui elle concentre tous les moyens ». Vous savez pourtant, en tant que Ministre, que depuis trente ans la psychanalyse n’est plus dominante en psychiatrie, que les établissements médico-sociaux ainsi que les hôpitaux de jour ont intégré des méthodes comportementales ou développementales dans leurs pratiques et que le problème majeur, c’est le manque de place et de moyens. Est-ce à cause de la psychanalyse que les enfants autistes restent à la porte de l’Ecole républicaine ? C’est donc en toute connaissance de cause que vous vous faites le relai d’une fable grossière, dictée à la puissance publique par quelques associations extrémistes.

Dès votre arrivée, vous avez annoncé que vous seriez très à l’écoute des parents. Il eut été plus conforme à la démocratie d’être à l’écoute des différents mouvements de pensée. « Les » parents, ce n’est ni une catégorie, ni une classe sociale. Il y a abus de généralisation dans la prétention du « collectif autisme » à s’arroger la parole de tous « les » parents. Vous ne pouvez pas ignorer qu’il y a d’autres associations représentant d’autres courants de pensée puisque nous avons été reçus par votre cabinet où nos propositions ouvertes et constructives ont été appréciées, et où l’on nous a assurés que le ministère n’avait pas vocation à prendre parti quant aux choix des méthodes. C’était le moins que nous demandions. Nous ne cherchons à interdire ou à bannir quiconque, et surtout pas qui pense différemment. Nous sommes trop attachés à la singularité, qui est l’agalma de ce que nous enseignent nos enfants.

 « Il est temps de laisser la place à d’autres méthodes pour une raison simple : ce sont celles qui marchent,… Permettez-moi de m’étonner que vous n’ayez pas attendu pour affirmer cela que les 27 projets expérimentaux, tous attribués unilatéralement à des tenants de l’ABA par le précédent gouvernement, et jugés sévèrement par vos services comme trop chers, aient été évalués. La diversité et la complexité du spectre autistique peuvent justifier différentes approches, en tout cas, vous n’avez rien de concret permettant d’étayer le slogan de l’efficacité-à-moindres-couts-d’une-méthode-scientifique-reconnue-dans-le-monde-entier- sauf-en-France. En Amérique, le conditionnement comportementaliste est fortement critiqué, notamment par des personnes se revendiquant autistes, aussi bien pour son manque d’éthique, que pour ses résultats en fin de compte peu probants, conduisant parfois à de graves impasses thérapeutiques.

…et qui sont recommandées par la Haute Autorité de Santé. ». Si, en privé, vos services reconnaissent que le ministère a choisi de s’appuyer sur ces recommandations, en l’absence d’autres bases, encore faut-il ne pas en faire une lecture outrageusement simpliste se résumant à « une méthode ». La HAS s’efforçait tout de même de maintenir l’intégration des différentes dimensions de l’être humain, sous la forme d’un triptyque "Thérapeutique/pédagogique/éducatif". Dans le 3ème plan autisme que vous venez de présenter, seul l’éducatif est maintenu. Le mot "thérapeutique" est employé une seule fois, de façon surprenante pour qualifier « la » classe de maternelle spécialisée pour les autistes, une par académie !

« Que les choses soient claires, n’auront les moyens pour agir que les établissements qui travailleront dans le sens où nous leur demanderons de travailler ». L’écrasante majorité des établissements a déjà prudemment annoncé être en conformité avec les recommandations de la HAS. Il faut donc entendre que vous souhaitez aller au-delà ? Votre volonté est clairement d’intimider tous ceux qui s’efforcent de mener une démarche au un-par-un et qui ne calent pas leur pratique exclusivement sur des protocoles dépersonnalisés. En faisant cela, vous transformez les intervenants en exécutants serviles, vous réduisez à néant l’apport pacificateur de la dimension thérapeutique face à la violence potentielle de la sur-stimulation, du dressage et de la volonté de toute-puissance. En procédant ainsi vous menacez directement tout le secteur médico-social au profit d’un système de services à la personne et de privatisation du soin, avec formation minimale des intervenants. D’autant que vous n’annoncez pas la création de nouvelles structures avant 2016.

La fédération ABA France revendique sans ambages « une approche  scientifique qui a pour objectif la modification du comportement par la manipulation » destinée à tous les domaines, bien au-delà de l’autisme, de la psychiatrie à l’éducation en passant par la communication. On trouve dans leur programme les ingrédients du traitement qui vous a été réservé : définition externe d’un objectif cible, mise sous situation de contrainte du sujet, au cours de laquelle il sera exposé à la demande de l’autre de façon intensive et répétitive, la seule échappatoire étant de consentir à ce qui est exigé de lui. On comprend que vous soyez soulagée d’en finir. Si je tiens personnellement à éviter que mon enfant subisse ce type de traitement, j’attends aussi d’un ministre de la République qu’il sache y résister.

Madame la Ministre, si vous voulez mettre vos actes en accord avec les annonces de votre candidature à la mairie de Marseille «  pouvoir rassembler les forces de progrès … et tourner la page du clientélisme… », il est encore temps pour vous de le faire, j’y serai attentive.

Mireille Battut

Présidente de La main à l’oreille

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Le 3e plan autisme

Publié le 7 Mai 2013 par Jean Mirguet dans Autisme

Le libérateurLors de la présentation du 3e Plan autisme, jeudi 2 mai, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, a fait montre d’un manichéisme confondant, en opposant le traitement de ceux dont le travail clinique s’appuie sur les hypothèses de la psychanalyse à celui qui «utilise d’autres méthodes». Madame Carlotti affirme que ces dernières sont «celles qui marchent», laissant sous-entendre que celles de la psychanalyse sont nulles et non avenues.

Le même jour, la ministre a déclaré que depuis quarante ans l’approche psychanalytique est partout» et «concentre tous les moyens». Des commentaires qui laissent un goût particulièrement amer pour les soignants qui, quotidiennement, accompagnent les autistes et leurs familles.

Désormais, seules les institutions utilisant «les méthodes qui marchent» se verront dotées de budgets de fonctionnement. Les autres sont sommées de se mettre au pas, d’adopter les « bonnes pratiques » édictées par la Haute Autorité de Santé et priées sans ménagement de mettre leur savoir-faire forgé depuis des années au rebut: la chasse aux sorcières a commencé.

Sont mis au rencart les travaux et les recherches de psychanalystes comme, par exemple, ceux de Jean-Claude Maleval pour qui il est essentiel de ne pas sacrifier l’individualité et la liberté du sujet, en prenant appui sur les inventions des autistes et leurs îlots de compétence. Sont rayés des dispositifs de soin les modalités de travail à plusieurs inventées dans les unités de pédopsychiatrie accueillant des sujets autistes.

Si certains psychanalystes ont pu dans le passé être dogmatiques et culpabilisants à l’endroit des mères d’enfants autistes, la majorité d’entre eux ne tiennent plus aujourd’hui ce discours passé d’âge et maintiennent comme nécessaire une approche plurielle de l’autisme alliant méthodes psychanalytiques, cognitives et éducatives.

Il est déplorable qu’une ministre « progressiste », manifestement peu au fait du traitement de l’autisme et reprenant à son compte les rengaines réactionnaires contre la psychanalyse, participe à cette mise en coupe réglée du traitement de l’autisme.

Donna Williams, autiste de haut niveau, écrivait que « la meilleure approche serait celle qui ne sacrifierait pas l’individualité et la liberté de l’enfant à l’idée que se font de la respectabilité et de leurs propres valeurs les parents, les professeurs comme leurs conseillers ».

Quand cette indication est suivie, plaide Jean-Claude Maleval dans sa conclusion de L’autiste et sa voix (Seuil, 2009), « quand le sujet autiste est placé dans des conditions où ses inventions et ses îlots de compétence sont valorisés, et non tenus pour des obstacles à son développement, quand le choix de ses doubles et de ses objets est respecté, il s’avère possible pour lui, non pas de sortir de l’autisme, mais de son monde immuable et sécurisé, ce qui lui ouvre un accès à la vie sociale. Alors seulement peut advenir une mutation faisant de l’autiste un sujet responsable et assumant son devenir ».

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Etats-Unis : la réforme de l'immigration

Publié le 2 Mai 2013 par Olivier Mirguet dans Politique

Le plan de réforme sur l'immigration pourrait offrir la perspective d'une régularisation massive de millions de sans-papiers aux Etats-Unis. La Californie, qui concentre un quart des 11 millions de clandestins, dont la moitié mexicains, est l'état le plus concerné. Si la réforme était mise en place et avec elle la régularisation de millions de sans-papiers, l'impact serait très important en Californie en terme de dépenses fiscales et de marché du travail. Qui sont ces sans-papiers concernés par la réforme ?

 

Reportage d'Olivier Mirguet dans une famille de clandestins à Los Angeles.

Arte Journal.

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Story - « Mon beau-père et moi »

Publié le 22 Avril 2013 par Olivier Mirguet dans Cinéma

Il aura fallu dix ans, deux enfants avec sa femme Pam et d'innombrables obstacles pour que Greg soit enfin accepté par son beau-père. Oui, parce que cela ne va pas toujours de soi. Les relations sont parfois (souvent ?) tendues avec la belle-famille ! « Personne ne bouge ! » s'intéresse à la trilogie du "Beau-père" (alias Robert De Niro, un tantinet possessif et paranoïaque) et vous propose un guide-conseil pour garder de bonnes relations avec vos beaux-parents. Allez, courage.  

Un sujet d'Olivier Mirguet pour Personne ne bouge - Arte (à 23mn40)

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Intoxication

Publié le 20 Avril 2013 par Jean Mirguet dans Le malaise

Décidément, il est des moeurs qui, dans notre pays, sont empreintes de fonctionnements qui fleurent bon la paranoïa quand elles n’émanent pas de personnalités flirtant avec la perversion.

Embrochons-en quatre qui forment un beau chapelet de mystificateurs : Dominique Strauss Kahn et le Sofitel – Jacques-Alain Miller et sa pétition en faveur de Mitra Kadivar – Jérôme Cahuzac et son compte en Suisse – Gilles Bernheim et son agrégation, tous de brillants sujets, occupant ou ayant occupé des positions de responsabilité et de pouvoir prestigieuses.

 

Alors que DSK s’enfonce dans les limbes, que le tsunami déclenché par l’affaire Cahuzac produit quotidiennement son lot de ravages et que l’autorité morale du Grand Rabbin de France est sérieusement écornée, du côté du monde en principe plus feutré de la psychanalyse, les invectives et les anathèmes pleuvent, au moment où, de plus en plus, la psychanalyse et ses praticiens sont mis sur la sellette et déconsidérés.

Au début du mois d’avril, Michel Rotfus, administrateur de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse (SIHPP), porte à la connaissance de tous la querelle dont Jacques-Alain Miller est l’auteur. Ce-dernier intente un procès à la SIHPP, à sa présidente Elisabeth Roudinesco, à son secrétaire Henri Roudier et à Philippe Grauer, membre du CA de la SIHPP. Il s’estime publiquement diffamé par ceux-ci à la suite de sa pétition en faveur de la psychanalyste iranienne Mitra Kadivar, enfermée, selon lui, pour des raisons politiques dans un établissement psychiatrique de Téhéran.

J’ai déjà évoqué cette affaire dans un précédent article : après une rapide enquête sur Internet, il était facile de douter de la fiabilité de ces informations, le docteur Kadivar n’ayant pas été victime d’une sanction politique, mais d’une hospitalisation consécutive aux plaintes des voisins de son immeuble, relative à un épisode psychotique.

On lira le récit des événements sur le site de Philippe Grauer ou sur celui d’Olivier Douville. A lire également le blog de Thierry Savatier Ne soyez pas des moutons

Les doutes quant à la pétition de Miller conduisirent la SIHPP à alerter l’opinion, au travers d’articles  à la tonalité franchement ironique à l’endroit de JAM qui, considérant ces textes diffamatoires, a judiciarisé le conflit et porté plainte.

Il ne manque pas d’air alors que, lui-même, dans son blog hébergé par La règle du jeu, ne se gêne pas pour comparer Roudinesco à une matrone, une plaie, une grenouille, une autodidacte, une sauvage qui fait peur, etc... On reste confondu par ce déchaînement de signifiants, ce déferlement de haine émanant d’un psychanalyste qui, compte-tenu de son audience, n’est pas sans responsabilité dans la diffusion de l’image de la psychanalyse dans le public.

Réponse du berger à la bergère, un collectif d’universitaires, d’écrivains, de psychiatres et de psychanalystes choqués par ces propos a mis en ligne un appel de soutien à celle-ci.

 

De quel malaise  ce climat est-il le signe ? Alors que le mensonge et l’imposture s’affichent d’autant plus facilement qu’avec Internet on peut (presque) tout dire, que l’intimité y est mise sans vergogne sur la place publique, à ciel ouvert, on découvre que l’indignité de l’un conduit à jeter l’opprobre sur de nombreux autres.

Comme le rapporte le sociologue Gérard Bronner dans une tribune récente du Monde, la propension de certains à se servir des médias pour nous raconter les fables qui les arrangent aboutit à mettre en série des liens disparates et à les assembler en vue de produire toutes les interprétations possibles.

Ces associations favorisent une lecture de l’actualité teintée de paranoïa dans laquelle nous pouvons, comme le souligne Gérald Bronner, céder rapidement à « l’effet de halo » c’est-à-dire à l’illusion consistant à ne retenir que les informations confirmant une première impression, pour ensuite les employer afin d’attribuer les caractéristiques d’une personne à la catégorie à laquelle elle appartient (les politiques tous des pourris, les psychanalystes tous des imposteurs, les juifs tous des menteurs).

Il est facile de voir que cet effet de halo a vite fait de transformer un juste sentiment d’indignation en discours généralisateur, possiblement démagogique et populiste dans lequel dominent le soupçon, la méfiance, la suspicion et où se mettent à flamber les mécanismes d’accusation et de stigmatisation, qui pourraient se révéler très couteux pour notre démocratie.

 

Quel singulier usage de la langue, spécialement pour les psychanalystes dont la responsabilité première est à l’endroit du langage. Les mots que nous partageons avec autrui permettent de bâtir un monde commun, écrit Jean Birnbaum dans son commentaire de La Nostalgie, que vient de faire paraître la philosophe Barbara Cassin aux éditions Autrement.

Les mots en toc ou ce qu’on appelle aujourd’hui les « éléments de langage » intoxiquent la langue, la truquent et la trahissent au point que, colonisés par cette novlangue, nous avons le sentiment de nous retrouver expulsés de notre langue.

C’est pourquoi, quand le mystificateur joue avec la langue en la manipulant ou en laissant les mots s’emballer, il fait bien plus que nous raconter des salades, il brise ce qui fait lien et ruine notre vraie patrie, notre seule demeure : celle du langage.

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La parole putanisée, par Michel Brun

Publié le 7 Avril 2013 par Michel Brun dans Politique

"La Parole putanisée". Tel est le titre d'un pamphlet publié en 2002 par Michel Waldberg, connu comme poète et romancier de l'irrévérence. Titre que je détournerais volontiers pour l'appliquer à notre ex-ministre du budget, Jérôme CAHUZAC.

 Mais crier haro sur le baudet pour conforter la vindicte populaire n'est que vaine redondance.

Ne vaudrait-il pas mieux mettre en cause les conséquences de la prostitution de la parole sur l'imaginaire des citoyens ? 

Avec la multiplication des "affaires", nous n'avons déjà que trop tendance à rejoindre la cohorte de ceux qui, désignant nos hommes politiques, répètent à l'envi : Tous des pourris ! Soit, mais il n'y a là rien de bien nouveau dans l'outrance du propos. Et l'on n'a jamais abattu un gouvernement à coup d'invectives.

 En revanche pointer l'institution du mensonge d'Etat là où devrait régner la vertu, peut servir à montrer que la République encourt deux risques majeurs : la disqualification de l'usage de la parole publique et  la perte accrue de crédibilité de ceux qui occupent le devant de la scène politique. Le mensonge d'Etat est criminel en cette période de crise où, plus que jamais, nous avons besoin d'hommes fiables pour gouverner.

La parole est l'ossature symbolique d'un être humain, et nos  institutions sont essentiellement structurées à l'aide de symboles. L'affaiblissement de la valeur de la parole des  politiciens constitue donc une menace pour notre démocratie et elle majore le désarroi du peuple. Il convient de la prendre au sérieux. Et le cas CAHUZAC n'est pas une exception. Il a valeur paradigmatique. Servira-t-il de tremplin à la restauration de la virtus romana ? L'avenir nous le dira...


 

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Facebook, la censure

Publié le 31 Mars 2013 par Jean Mirguet

Femen

Télérama de cette semaine nous en apprend de bien belles à propos de Facebook et de son inculture : les Galeries nationales du Jeu de Paume qui, actuellement, présentent une rétrospective de l'oeuvre de la photographe Laure Albin Guillot, ont décidé de supprimer la publication d'une photo de nu car le réseau social les menaçait de fermer définitivement leur compte (la photo est revenue après 24h mais avec les seins cachés !!).

Idem pour le dessinateur Mick Stevens du New Yorker qui a dû redessiner un soutien-gorge à Eve, qu'il avait représentée nue au paradis !

Le père la-morale américain édicte ses règles dont il est seul à déterminer la justesse et appelle à la délation, ce qu'il appelle pudiquement son rapport d'abus : "Si vous trouvez sur FB quelque chose qui semble être une violation de nos conditions, nous vous demandons de nous le signaler".

Origine du Monde

Parmi les standards de publication, Facebouc impose des limites à l'affichage de certaines parties du corps mais il tolère des photos de sculpture telles que le David de Michel-Ange avantageusement appareillé ou des photos avec un enfant au sein de sa mère, à la condition que le sein ne soit pas pleinement exposé et qu'il ne montre pas le téton ou l'aréole. Autrement dit, publiez L'Origine du Monde et vous serez impitoyablement virés. Marie-Claire a vu ses photos retirées récemment car le magazine avait publié des photos d'une campagne contre le cancer du sein où des modèles posaient topless.

En novembre 2011, L'Express publie une photo de l'artiste chinois dissident Ai Wei Wei posant nu avec quatre femmes nues, elles aussi. Son intention était de représenter le pouvoir entouré des quatre classes sociales chinoises. Après avoir été accusé de pornographie par les autorités, son cliché a été retiré par FB.

Ai Wei Wei

"Nous pensons simplement au bien-être de tous", explique FB. Comme quoi, méfiez-vous toujours de ceux qui veulent votre bien ... Rappelez-vous Ste Agathe qui, refusant de renoncer au christianisme, se fit couper les seins : au XXIe siècle, c'est Facebook qui s'en charge.

 


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"Il y a des fleurs partout" (5), une nouvelle de H. Illégent

Publié le 30 Mars 2013 par H. Hillégent dans Nouvelles

Il la dévisageait de façon quasiment impudique. Chizu ne savait comment réagir à ce regard qui la scrutait et inspectait la moindre de ses mimiques. Raide dans son fauteuil, elle essayait de regarder ailleurs mais n’y parvenait pas. L’ascendant de cet homme était si puissant qu’elle ne pouvait se soustraire au pouvoir qu’il exerçait sur elle.

Son angoisse montait à la façon d’un tsunami qui s’annonce et va tout emporter sur son passage. L’image de la célèbre Grande Vague d’Hokusai traversa son esprit ; elle avait l’impression de se trouver sur une des barques et d’être un des rameurs cramponnés à leurs rames. Pris dans cette forte tempête, ils avaient peu de chance de réchapper à ce monstrueux dragon prêt à  les dévorer.

Il ouvrit le tiroir supérieur de la commode située sur sa droite, en sortit une paire de gants médicaux en latex. Il les enfila lentement, presque sensuellement, en faisant crisser le caoutchouc sur ses doigts.

Le regard de Chizu ne pouvait se détacher de ces longues mains gantées, des mains de chirurgien, prêtes à accomplir une opération dont elle savait maintenant qu’elle lui était destinée.

Il approcha lentement les mains des yeux de Chizu et, brusquement, les enfonça dans les cavités oculaires. Chizu poussa un cri épouvantable, terrifiant et perdit connaissance, se disloquant dans le fauteuil dont la couleur se mêlait à celle de son sang.Enuclée

Le voleur d’yeux mit les deux globes sanguinolents dans un sac réfrigéré et s’enfuit, laissant Chizu énuclée pour morte.

Il regagna sa voiture et reprit la direction de Little Tokyo. Il se gara dans First Street, près du Musée National Americo-Japonais dans lequel il pénétra par une petite porte située sur l’arrière. Un vieux monsieur l’attendait, qui prit le sac, en vérifia le contenu et alla le ranger avec beaucoup de précautions dans le frigidaire qui se trouvait là.

 

On se souvient que ce musée avait été construit sur l’emplacement de l’ancien temple bouddhiste Nishi Hongwanji et qu’il avait été utilisé pour stocker des marchandises envoyés aux Américains d’origine japonaise, déportés après l’attaque de Pearl Harbour.

C’est de là que fut expédiée la vieille paire de lunettes, reçue quelques semaines plus tard par Mugito Watanabe, interné au camp de Tanforan, au sud de San Francisco.

Le voleur d’yeux, son petit-fils, avait appris bien des années après sa libération comment son grand-père, atteint d’une grave maladie oculaire pendant sa détention, était devenu aveugle. Une opération lui permettant de recouvrer la vue grâce à la greffe des deux globes oculaires aurait pu être tentée, malheureusement Mugito était trop pauvre pour la payer.

Alors qu’ilMont Fuji avait été un calligraphe réputé avant la guerre, il vivait modestement de la fabrication de pinceaux à lavis, aidé par son petit-fils Ishi qui rêvait qu’un jour, son sofu pourrait de nouveau contempler le mont Fuji.

 

Emergeant comme hébétée de sa syncope, Chizu cligna des yeux puis les rouvrit pour apercevoir une douzaine de visages qui, penchés sur elle, la scrutaient intensément. Elle poussa un petit cri d’effroi, mais réussit à s’apaiser quand une vielle dame lui dit de ne pas s’inquiéter, que, par cette chaleur suffocante de juillet, elle avait eu un malaise et qu’une ambulance était en route pour l’emmener à l’hôpital le plus proche.

Elle chercha des yeux le client dont elle prenait la commande tout-à-l’heure. Il avait disparu.

Elle se dit alors qu’il lui fallait impérativement reprendre rendez-vous avec le Dr James Saving, son psychiatre. Il la soignait pour une autoscopophobie.

Autoscopophobie

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"Il y a des fleurs partout" (4), une nouvelle de H. Illégent

Publié le 29 Mars 2013 par H. Hillégent dans Nouvelles

Alors que son agitation intérieure était à son comble, elle se souvint subitement. Elle avait déjà vu cet homme dans un rêve. Les images du rêve lui revenaient maintenant en cascade. Un rêve terrifiant, qui ouvrait sur un abîme. Elle se regardait dans la glace d’une armoire et le reflet de ses yeux en sortait. Un homme, celui-là même qu’elle venait de servir, s’en emparait et disparaissait. Elle se regardait de nouveau dans la glace et ne voyait plus le reflet des yeux qui avait disparu. Son reflet ne la regardait plus. Là où se trouvaient ses yeux, deux cavités sans vie étaient devenues deux nids où grouillaient de minuscules serpents. Prise de terreur à la vue de cette tête de Gorgone, elle s’était réveillée trempée de sueur, en proie à une angoisse indescriptible.

 

Debout à côté de l’homme, ne sachant où diriger son regard et incapable d’articuler le moindre mot, elle était pétrifiée. Son malaise était grandissant. Elle était au bord de l’évanouissement. Un voile passa devant ses yeux.

 

L’homme se leva, lui commanda de la suivre. Elle obéit comme un automate.

Ils montèrent dans sa voiture, une vieille Buick Super Eight bleu foncé de 1941,Buick garée le long d’Alameda Street. Il démarra et se mêla au flot des automobilistes qui remontaient vers le Nord-Est, en direction de Pasadena.

Assise sur la banquette arrière beige, Chizu reprenait petit à petit ses esprits. Elle essaya d’articuler quelques mots, mais ne put bafouiller qu’un inaudible « où m’emmenez-vous? ». 

L’homme y prêta à peine attention. Un sourire énigmatique barrait son visage soigneusement rasé.

 

Chizu regarda sa montre. Il était 13h30. Elle se dit que la patronne du Tokyo Kaikan, occupée derrière son comptoir et qui n’avait rien vu de l’enlèvement compte-tenu de la foule qui déambulait ce jour-là sur la Japanese Village Plaza, avait sans doute remarqué sa disparition et avait alerté la police.

Après avoir roulé environ une demi-heure, la voiture pénétra dans le parking situé dans le sous-sol d’un immeuble. L’homme coupa le contact, descendit calmement de la voiture, ouvrit la portière arrière et demanda à Chizu de le suivre. Elle s’exécuta docilement.

Ils empruntèrent l’ascenseur qui les déposa au 19ème étage.Gratte-ciel L’homme sortit un trousseau de clés de sa poche et ouvrit la porte d’un appartement qui portait le numéro 1914.

Ils pénétrèrent dans une grande pièce, faiblement éclairée par un rai de lumière filtrant au travers de persiennes fermées. Nous étions début juillet et, comme toujours à Los Angeles, le soleil était éclatant.

L’homme alluma l’abat-jour qui se trouvait derrière deux fauteuils rouge. Il invita poliment la jeune femme à s’asseoir puis se cala dans son fauteuil. Un long silence s’ensuivit. 

 

(A suivre ...)

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"Il y a des fleurs partout" (3), une nouvelle de H. Illégent

Publié le 28 Mars 2013 par H. Illègent dans Nouvelles

Elle eût vite fait d’avaler son breuvage qui la requinqua mais sans dissiper l’étrange impression qui l’habitait depuis qu’elle s’était levée. Elle restait sous l’effet de ce tube niais qu’elle venait d’entendre à la radio ; les fleurs dont il était question lui évoquaient la couleur rouge sang des coquelicots.Coquelicot

Elle remonta dans sa chambre pour s’habiller. L’horloge marquait 8h45 et il était temps de partir si elle ne voulait pas rater le bus de 9h06 qu’elle prenait en bas de la rue. Elle enfila un jean, mit son t-shirt noir qui portait cette inscription, écrite en grandes lettres noires : SAVE ME.

Le bus la déposa 20mn plus tard à Union Station qui, comme à l’habitude, grouillait de monde. De là, elle gagna les quais de la Gold Line où un métro la déposa à Little Tokyo, deux stations plus loin.

Chizu, c’était son prénom, travaillait dans le quartier japonais. Elle était serveuse au Tokyo Kaikan, restaurant célèbre pour ses sushis et, plus spécialement, son inimitable California Roll.

Le premier client auprès de qui Chizu prit la commande avait une allure un peu bizarre. C’était un Japonais d’une soixantaine d’années.

Chizu en était certaine. Elle avait déjà vu cet homme quelque part.

En lui apportant son plateau, elle prit soin de ne pas le regarder et d’éviter que leurs regards ne se croisent. Ses yeux ne cessaient de bouger, Regardcherchant un endroit impossible où se poser. Elle était convaincue que son regard créait de la gêne chez l’autre, comme si son humeur se répandait sur lui et l’influençait. Elle avait la certitude que le regarder dérangeait son vis-à-vis et se trouver en présence d’une autre personne, homme ou femme, l’angoissait toujours.

 

(A suivre ...)

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