Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

Certaines n’avaient jamais vu la mer

Publié le 23 Décembre 2012 par Jean Mirguet dans Littérature

Dans son dernier roman, couronné cet automne par leJO prix Fémina Etranger, Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka raconte les visages, les voix, les images, les vies des jeunes filles japonaises – nous étions presque toutes vierges - qui, au début du XXe siècle, quittèrent leur pays pour épouser, aux Etats-Unis, un mari, immigré japonais, dont elles n'avaient que la photo. Il devait leur offrir une vie meilleure.

Bouleversante prosodie écrite à la première personne du pluriel, son roman est bâti comme un chant incantatoire et interprété par un chœur de femmes dont les voix scandent les multiples vies d’exilées.

Sur le bateau nous étions dans l’ensemble des jeunes filles accomplies, persuadées que nous ferions de bonnes épouses. Nous savions coudre et cuisiner. Servir le thé, disposer des fleurs et rester assises sans bouger sur nos grands pieds pendant des heures en ne disant absolument rien d’important. Une jeune fille doit se fondre dans le décor : elle doit être là sans qu’on la remarque.

Elles n’avaient jamais imaginé qu’en voyant leur mari pour la première fois, elles n’auraient aucune idée de qui il était, que ces hommes massés aux casquettes en tricot, aux manteaux noirs miteux, qui nous attendaient sur le quai, ne ressemblaient en rien aux beaux jeunes gens des photographies.

Après la première nuit de noces durant laquelle, les  nouveaux maris nous ont prises à la hâte ... dans le calme ... avec douceur et fermeté ... gourmandise, voracité ... dans la violence, elles se retrouvent dans des campements de fortune, à la lisière des villes des Blancs, dans leurs vallées brûlantes et poussiéreuses. Elles triment dans les champs, à la cueillette des fraises, du raisin, au tri des haricots verts, à l’arrachage des pommes de terre.

On les a mises en garde contre les Blancs : ne t’approche pas d’eux (...) N’oublie pas de les mettre à l’aise. Sois humble. Polie. Montre-toi toujours prête à faire plaisir (...) Vaque à tout ce qu’on te demande. Mieux encore, ne dis rien du tout. A présent tu appartiens à la catégorie des invisibles.

Puis des enfants naissent. Tous ne survivront pas car à la campagne, nous les perdions jeunes. A l’école, ils restent assis au fond de la classe, dans leurs vêtements faits maison, au côté des Mexicains, parlant d’une petite voix timide ou chuchotant entre eux dans cette langue secrète et honteuse. Peut-être deviennent-ils même des étrangers car un par un les mots anciens que nous leur avions enseignés disparaissaient de leur tête (...) Mais quand nous les entendions parler dans leur sommeil, les mots qui sortaient de leur bouche - nous en étions certaines – étaient japonais.

Arrive la guerre et les rumeurs de listes. Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, tout Japonais devient suspect, espion et traître en puissance. Du jour au lendemain, nos voisins se sont mis à nous regarder différemment (...) Et nos maris avaient beau nous avoir prévenues malgré tout – Ils ont peur -, nous n’étions pas préparées à cela. A nous retrouver soudain à la place de l’ennemi.

 

Julie Otsuka raconte superbement la montée de la haine et de la xénophobie à l’endroit des Japonais, qu’ils aient été citoyens américains ou étrangers en situation régulière. L’opinion publique et les politiques gouvernementales autorisèrent, sans susciter grande protestation, l’abrogation de leurs droits civiques. Puis la décision fut prise de les chasser de chez eux et de les interner dans des camps entourés de barbelés et surveillés par des miradors, situés dans des endroits isolés aux conditions climatiques dures, en Californie, dans le Wyoming, en Idaho, en Utah, en Arizona, en Arkansas et au Colorado. Bien qu’un grand nombre d’entre eux fussent installés aux Etats-Unis depuis longtemps, ils se virent refuser le droit d’obtenir la citoyenneté américaine et de devenir propriétaires de biens immobiliers.

Des hommes disparaissaient, tout le monde était sommé de se présenter à la police.

Quand vint le temps de la déportation, le « dernier jour », des dizaines de milliers de personnes furent « déplacées » pour la seule et unique raison de leur race et de leur origine ethnique.

Dans un dernier chapitre, Julie Otsuka donne la parole aux Américains qui, tels des Candides, découvrent la disparition de leurs anciens voisins : les Japonais ont disparu de notre ville (...) Chaque jour qui passe fait pâlir les affiches sur les poteaux téléphoniques. Et puis, un matin, il n’en reste plus une seule, et pendant un moment la ville se sent étrangement nue, et c’est comme si les Japonais n’avaient jamais existé (...) Les Japonais nous ont quittés et nous ignorons où ils sont (...) Certains jours nous oublions qu’ils étaient parmi nous, même s’ils resurgissent souvent tard le soir, à l’improviste, dans nos rêves.

Mais  tout ce que nous savons c’est que les Japonais sont là-bas quelque part dans tel ou tel lieu, et que nous ne les reverrons sans doute jamais plus en ce bas monde.

 

En 1988, le gouvernement des États-Unis présenta des excuses officielles aux anciens détenus et offrit des réparations limitées aux survivants.

Aujourd’hui, le Japanese American National Museum de Los Angeles, affilié au National Center for the Preservation of Democracy, créé pour promouvoir les principes de la démocratie et la participation citoyenne, se consacre à la connaissance de l’histoire de la communauté nippo-américaine.

Ce musée a été initialement hébergé dans le temple bouddhiste Nishi Hongwanji dans le quartier de Little Tokyo, le centre dynamique de la communauté nippo-américaine de Los Angeles. En 1942, ce temple fut désigné comme point de rassemblement des milliers de citoyens américains d’origine japonaise avant leur déportation. Il servit ensuite de lieu d’entrepôt des biens des Nippo-Américains déportés, avant de faire fonction d’hôtel à leur retour à Los Angeles.
Il redevint un lieu de culte en 1945.

 

Au début de cette année, alors que nous visitions ce musée, nous eûmes la chance, Marie-Ange et moi, de discuter avec un vieux monsieur, qui gardait la salle où étaient exposés des objets de la vie quotidienne des américano-japonais dans les camps. Il nous guida vers une carte et pointa son doigt sur une ville qui nous était familière puisqu’il s’agissait de Bruyères dans les Vosges. Il nous apprit qu’un monument représentant l'île d’Hawaii y avait été érigé en souvenir de la libération de la ville et de l'épopée du 100/442ème Régiment de Combat des Etats-unis, composé d’Américains d'origine Japonaise, initialement déportés en camps de concentration aux USA et qui se portèrent volontaires pour combattre pour la liberté, alors que leurs proches en étaient privés par leur propre gouvernement. 800 Nisei – Américains d’origine japonaise - y perdirent la vie, dont un cousin de notre guide. Cette unité devint l'Unité la plus décorée de l'Histoire de l'Armée des USA après la Bataille de Bruyères-en-Vosges, considérée comme l’une des dix plus importantes de l'Histoire des USA.

 

 

commentaires

Quand l'empereur était un dieu

Publié le 21 Décembre 2012 par Jean Mirguet dans Littérature

JO Qd l'empereur...Dimanche 7 décembre 1941, 8 h 15, la flotte de guerre américaine du Pacifique, stationnée à Pearl Harbor, est attaquée par l’aviation japonaise. Quelques mois plus tard, au printemps 1942, 110000 américains d’origine japonaise, soupçonnés d'être des ennemis des Etats-Unis, sont arrêtés et déportés par le F.B.I. dans une dizaine de camps de concentration répartis dans l’Ouest et le centre du territoire américain, jusqu'à l'été 1945.

Cet épisode, tragique et longtemps méconnu de l’histoire des Etats-Unis, fait la toile de fond du roman de Julie Otsuka, Quand l’empereur était un dieu, publié il y a 10 ans. Elle reprendra cet épisode dans son dernier roman paru cet automne, Certaines n’avaient jamais vu la mer. L’auteure est née en Californie, d'une mère américaine d'origine japonaise et d'un père japonais.

À Berkeley, sur la rive Est de la baie de San Francisco, l’ordre d’évacuation est placardé partout, sur les panneaux d’affichage, les arbres, au dos des bancs installés aux arrêts d’autobus, sur les poteaux téléphoniques. Demain, les enfants et elle s’en iraient. Elle ignorait où ils se rendaient, ou combien de temps ils seraient partis, ou encore qui habiterait la maison pendant leur absence. Elle savait seulement qu’ils devaient s’en aller demain (...) rejoindre le poste de contrôle administratif installé dans l’enceinte de la Première église congrégationniste de Channing Way. Puis ils épingleraient leur matricule sur le col, prendraient leurs valises et monteraient dans le car qui devait les emmener jusqu’à leur mystérieuse destination.

La destination du convoi sera le camp d’internement de Topaz, dans l’Utah, où la fille découvre des centaines de baraques en papier goudronné écrasées sous un soleil de plomb. Elle vit des poteaux téléphoniques et des clôtures de fil de fer barbelé. Elle vit des soldats. Et tout ce qui s’offrait à ses yeux, elle le contemplait au travers d’un voile de fine poussière blanche, qui jadis avait constitué le fond d’un ancien lac salé (...) Ils descendirent du car pour plonger dans la blancheur aveugle du désert.

Julie Otsuka avoue volontiers que son récit évoque de très près l’histoire de ses grands-parents, paisibles Californiens qui n'avaient aucune raison de cacher leur ascendance japonaise. Dénué de tout sentimentalisme, son roman est bouleversant. Il met en scène des personnages, dépouillés de tout : de leur maison, de leurs biens, de leur liberté, de leur foi en l'Amérique, de leur dignité. La seule chose que l'on n'a pas pu leur prendre : leur nom qu'ils étaient les seuls à connaître et que Julie Otsuka continue à taire puisqu’elle ne donne pas de nom à ses personnages, dont elle décrit, dans un style nu, épuré, presque glacé, le long et douloureux voyage vers le camp du désert.

Là où manque le nom, se dessine une place vide, équivalente à celle qu’affectionnait Paul Claudel (A travers la littérature japonaise) :  "Sur la page, la part la plus importante est toujours laissée au vide. Cet oiseau, cette branche d'arbre, ce poisson ne servent qu'à historier, qu'à localiser une absence où se complaît l'imagination". Si la langue poétique de la romancière produit du sens, ce n’est pas pour renvoyer à un autre sens mais pour renvoyer à une place vide, celle des Japonais-Américains déportés et, au-delà d’eux, à tous les peuples déportés.

Ce roman, écrit à la façon d’un haïku débordant les digues du sens. s'inscrit dans "un système symbolique inouï, entièrement dépris du nôtre", celui que Roland Barthes appelait le système Japon. Dans l’infime intervalle qui sépare le latent du manifeste, la romancière fait affleurer l’écho d’évidences qui, jusqu’alors, étaient restées larvées. C’est ainsi que, dans le convoi qui mène la mère et ses enfants de la douceur de la côte californienne à l’aridité du désert, s’opère un passage du cauchemar pas encore là à l’horreur déjà là.

 

Moi, je ne prends plus le train,

un train, c’est très malin,

Ça peut partir très loin,

ne plus te ramener demain...

Serge Smulevic

commentaires

Le motel

Publié le 16 Décembre 2012 par Olivier Mirguet

Au détour d'une route, on trouve toujours un vieux motel pour se reposer. Le motel américain, d'une apparente banalité, est chargé de multiples sens. Familier et inquiétant. Rassurant et angoissant. 
Populaire chez les familles, le Motel devient dès les années 40 le rendez-vous des amours illicites et des planques pour criminels. Aujourd'hui il reste pas mal de motels, vestiges de cette époque agitée. Un lieu d'inspiration pour les réalisateurs et les photographes. Retour sur une mythologie américaine.

Un sujet d'Olivier Mirguet pour Personne ne bouge, Arte.

 

 

commentaires

Un monde sans père ni mère

Publié le 7 Décembre 2012 par Jean Mirguet dans Politique

Les psychanalystes Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter ont publié, ce mercredi dans Le Monde, un article intitulé : « Non à un monde sans sexes ! L’enfant a droit à père et mère ». Il s’agit des conséquences, très préoccupantes à leurs yeux, de la suppression dans le Code Civil des mots de père et de mère, tel que le prévoit le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Le projet de loi est fondé sur une recherche de l’effectivité du principe d’égalité.

Le remplacement des mots « père » et « mère » par celui de « parents » (sauf dans les actes d’état civil et le livret de famille dès lors qu’il s’agira de couples de personnes de sexe différent) comme celui du remplacement des mots « mari et femme » par le mot « époux »  n’est pas une simple affaire de vocabulaire et l’on n’a sans doute pas fini de mesurer les répercussions sociales et psychologiques d’une telle opération.

Dans leur tribune, Monette Vacquin et Jean-Pierre Winter s’interrogent sur les conséquences de la suppression de signifiants de la filiation. Pour eux, les signifiants père et mère se réfèrent à la transmission de la vie, condensent la différence des sexes et celle des générations, codifient notre identité.  En les supprimant, on attente au langage qui est l’atmosphère dans laquelle naît, se forme et se développe le sujet qui est effet de langage.

Supprimer de la langue des termes constitutifs de la subjectivité n’équivaut-il pas à commettre une destruction symbolique ? Pour JP Winter et M. Vacquin, l’institution du mariage est l’une de celles qui, dans notre culture, structurent notre vivre ensemble. Aussi, ce n’est pas sans risque que les gouvernants actuels s’apprêtent à « faire la loi au langage », prétendant ainsi avoir le pouvoir de franchir certaines limites anthropologiques et abolir les symboles qui les incarnent. Il se pourrait bien que cela nous revienne en pleine figure puisque, comme psychanalystes, nous pouvons témoigner de ce mécanisme psychique par lequel ce qui du symbolique est forclos fait retour dans le réel.

Il n’est pas vain de se demander quel monde cela augure si le bricolage des mots (dont une des fonctions essentielles est de signifier la différence) aboutit à réduire toujours plus les différences ? Est-ce un monde « indifférent, neutre, neutralisé » dans lequel les destructions symboliques engendreront la haine ?

On se souvient du Tueur de mots, l’opéra d’Ambrosini, représenté à l’Opéra national de Lorraine à Nancy en juin. Il met en scène un homme qui a pour profession de tuer les mots, tout en étant incapable de le faire car il sait trop bien que l’être humain est pétri de sa langue, de son chant et qu’en supprimant les mots qui ne servent soi-disant plus à rien, ce sont les hommes mêmes que l’on vise. Pour sa femme au contraire, il s’agit de faire advenir un monde efficace où l’on pense droit grâce à des mots fiables qui peuvent rendre compte d'un univers positif et surtout univoque, celui du pouvoir et de la maîtrise. La tâche du Tueur de mots  se révèlera inutilisable et l’on célébrera la naissance de la langue définitive, dans un monde monocorde et standardisé.

 

Pour nos deux collègues qui, à contre-courant d’un certain nombre de bien-pensants dits progressistes, dénoncent le terrorisme intellectuel du lobby LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), cet événement est une nouvelle preuve du recours de plus en plus fréquent à un langage qui fait la ruine de la pensée et impose son carcan intellectuel: le politiquement correct, qui évite de faire sentir à quiconque sa différence comme une infériorité ou un motif d'exclusion. Le politiquement correct remplit une fonction voisine de celle du totalitarisme de la novlangue  : uniformisation de la pensée dont les limites sont restreintes, neutralisation des différences, calibrage standardisé du discours, langage utilitaire caractéristique des sociétés de contrôle.

En confisquant les termes de « père » et de « mère », nos dirigeants ne participent-ils pas, et nous avec eux, à la promotion bigote et conformiste du langage contemporain de l’égalitarisme idéologique, rejeton de la démocratie, où la différence est perçue comme une inégalité et l’inégalité comme une injustice, ce qui aboutit, en voulant supprimer l’injustice, à nier la différence ?

commentaires

Délicieux duel

Publié le 5 Décembre 2012 par Jean Mirguet dans Politique

La relation entre Copé et Fillon, tout du moins le duel que les médias relaient, évoque irrésistiblement la matrice que Lacan nous a appris à reconnaître dans la relation à l’autre, mon semblable.

Notre image du corps se construit, pour l’essentiel, à partir de l’image du corps que nous percevons de nous-mêmes dans le miroir : l’autre dans le miroir ou l’image de moi dans le miroir, c’est moi et ça n’est pas moi (je lève le bras droit et c’est la bras gauche qui, dans le miroir, se dresse). Cette relation est dite imaginaire, non parce qu’elle est le fruit de mon imagination mais parce qu’elle a trait à l’image. Elle est ce à partir de quoi le Moi va se constituer comme une totalité.

Je me perçois, je me ressens comme une unité grâce à la médiation de l’image au miroir. Or, cette relation spéculaire est une aliénation, à l’origine d’un « ou bien toi mon semblable ou bien moi », donc à l’origine de l’agressivité propre à la relation narcissique.

 

Dans la concurrence mortifère qui les anime, Copé et Fillon sont entièrement pris dans une telle relation imaginaire, dont on connaît le caractère foncièrement paranoïaque, avec, dans ses formes les plus aiguës, une combinaison de mégalomanie, de grandeur et de persécution.

Les tentatives  de médiation et d’apaisement visant à les rabibocher ont échoué les unes après les autres, faute d’une relation symbolique pacifiante qui en passerait par des échanges de parole. A présent, c'est la lutte à mort qui les anime et les domine. 

 

Pourquoi cette multiplication et cette répétition des ratages ? Dans cet affrontement épuisant, la surenchère commande. Tout  semble opposer ces frères ennemis enchaînés par un lien étonnant qu’aucun tiers ne parvient à couper. Copé et Fillon sont devenus frères inséparables et belligérants insatiables, inassouvissables. A chacun sa volupté, à chacun sa jouissance ! Que le spectacle continue ; encore, encore ! demande le public.

 

Demandons-nous ce qui exige toujours plus de jouissance. Réponse : le Surmoi.

Car le Surmoi est un moraliste sadique qui en demande toujours plus. Il n’aime rien tant que nous bombarder d’exigences impossibles à respecter et ensuite jubiler de notre impossibilité à pouvoir y répondre.

On laisse souvent croire que le Surmoi sert d'appui à la conscience morale ... fadaises ! S'il fraye avec elle, c'est plutôt comme pousse-au-crime. Il est, affirme Lacan, loi insensée qui va jusqu’à être la méconnaissance de la Loi.

 

La crise actuelle à l’UMP témoigne de la difficulté de ce parti à se remettre de la défaite de son chef et à analyser les raisons de cet échec. On fait comme s’il n’y avait pas eu de revers. Il n’y a pas eu, à droite, de bilan critique du quinquennat sarkozyste.

Il est touchant voire pathétique d’entendre les adhérents de l’UMP, leaders et militants de base confondus, exiger un retour au respect des valeurs de la droite : respect de la hiérarchie dans laquelle chacun est censé rester à la place qui est la sienne, culture du chef charismatique, autorité de celui-ci sur le mode du chef à l’autorité naturelle.

S’ajoutent à cette situation les conséquences désastreuses du choix de l’élection démocratique du chef du parti. Il était jusqu’alors nommé ou plébiscité grâce à son charisme ; aujourd’hui, puisque l'époque l'exige, il est élu. Le choix du principe majoritaire a manifestement fragilisé les rapports hiérarchiques organisant traditionnellement le pouvoir au sein de cette famille politique. La pratique démocratique se révèle être un cauchemar pour les croyants à un ordre social hiérarchique, dont le chef autoritaire se doit d’être le garant naturel.

Depuis les élections présidentielles du Printemps, une question vitale se pose à l’UMP : comment maintenir vives les valeurs conservatrices de la droite, raisons de son existence ? Dans l’idéal, en n’oubliant pas les qualités que devrait posséder un chef légitime : la vertu, la prévalence donnée à l’intérêt commun sur l’intérêt personnel, le respect de la loi.

Pourtant, avec les tricheries, manipulations, intox, coups de force, proclamation anticipée de victoire, de ces quinze derniers jours, l’idéal se révèle singulièrement écorné. Les condamnations morales de ces agissements fusent chaque jour, sans que rien ne change. Le recours à la morale politique n’est pas, dans ce contexte, d’un grand secours. Au contraire, plus la morale s’en mêle, plus les censeurs interviennent (voir la tentative de médiation de Juppé ou l’ultimatum de Sarkozy), pire est la crise !

 

On se dit alors que ces abus, ces comportements de brigands doivent bien avoir une fonction. On se dit que ces pratiques d’arrière-cuisine étalées à ciel ouvert sont peut-être nécessaires pour, somme toute, sauver la face et tenter de rétablir l’harmonie au sein du parti.

Ne serait-ce pas ainsi que s’avouerait – à son insu - le cynisme du Surmoi de l’UMP : plus s’étalent les réprobations et les jugements sans indulgence à l’endroit des chefs (c’est-à-dire plus s’affirme la sévérité de la censure), plus ceux-ci renient les valeurs en faveur desquelles ils militent officiellement.

Loin de menacer leur parti, le fonctionnement transgressif ambigü des deux leaders ne constituerait-t-il pas, au contraire, le meilleur soutien, cyniquement pervers et inavoué, à leur domination ?

 

 

commentaires

Croyances politiques

Publié le 28 Novembre 2012 par Jean Mirguet dans Politique

UMPL’UMP, ses chefs et ses militants sont des croyants : ils croient à l’unité de la droite républicaine.

Niels Bohr, le physicien danois connu pour être un des fondateurs de la physique quantique, fut un jour visité par un ami. Celui-ci hésitait à franchir la porte de la maison sur laquelle était cloué un fer à cheval, superstition selon laquelle cela porte chance. L'ami dit à Bohr : "Tu es un scientifique de premier rang, comment peux-tu croire à ces superstitions populaires?". "Je n'y crois pas !", répondit Niels Bohr,  "mais quelqu'un m'a dit que ça fonctionne, même si on n'y croit pas !". Autrement dit, il suffit d’être partie prenante de liens collectifs, d’être fidèle à des rituels ou des conventions pour rejoindre la cohorte des croyants. On n’y croit pas vraiment, mais on fait semblant de croire que ça fonctionne puisque cela fait partie de l’ordre symbolique existant.

Tel semble être le statut de la croyance de ceux qui se rassemblent sous la bannière UMP : ils n’ont plus vraiment besoin de croire aux vertus du combat politique, il leur suffit d’agir comme s’ils y croyaient. Ainsi, ils n’auront plus besoin de croire eux-mêmes ! Il va sans dire que ce fonctionnement n’est pas l’apanage de la seule UMP qui a au moins le « mérite » de l’étaler, à ciel ouvert, sur la place publique.

En somme, comme l’avance le philosophe Slavoj Zizek, tirant les conséquences du conseil donné par Blaise Pascal aux non-croyants qui aimeraient croire, quelqu’un qui se met à genoux et prie n’a plus besoin de croire lui-même puisque sa croyance a été objectivée dans l’acte de prier. Il prie donc, moins pour renforcer sa foi que pour s’en débarrasser.

Si mes croyances se déploient dans un rituel, par exemple dans une élection prétendument démocratique, auquel j’obéis machinalement, l’acte que j’accomplis concerne des sentiments, des représentations, des croyances déconnectés de leur fond de vérité. Quand J.F. Copé propose à F. Fillon la vice-présidence de l’UMP, il est clair qu’il fait comme s’il y croyait. Il n’est pas hypocrite, il pense que, vraiment, sa proposition est honnête. Ce que Copé exprime à travers le masque du faux démocrate et qu’il feint de ressentir n’est pas quelque chose de faux : même s’il ne la ressent pas comme vraie, sa proposition n’en est pas moins authentique en un certain sens. Sa vérité s’exprime davantage sous le masque d’un personnage de fiction qu’avec son « vrai moi ».

C’est en quoi, comme l’avance Lacan, « la vérité a une structure de fiction ». Ce qu’il y a de faux dans le feuilleton de l’UMP, c’est que la démocratie qui s’y déploie est aussi réelle qu’une bière sans alcool. Comme dans un roman, « les personnages de cette histoire sont fictifs : toute ressemblance avec des personnages réels serait purement accidentelle ».

La fiction symbolique est trompeuse, mais ne manque pas d’efficacité : Copé prêchant la vertu démocratique est un hypocrite, pourtant si les militants - y compris ceux soutenant Fillon - lui prêtent l’autorité du Parti, ils ne manqueront pas de le soutenir dans sa candidature à l’élection à la Présidence de la République.

commentaires

Acte manqué ... très réussi !, par Michel Brun

Publié le 27 Novembre 2012 par Jean Mirguet dans Politique

Qu’est-ce qui préside à la hiérarchisation des informations données en pâture au public par les médias ? L’importance des sujets traités, la chronologie des événements liés à l’actualité ? Ne serait-ce pas plutôt l’impératif de jouissance scopique du sujet et sa marchandisation par la société du spectacle ? Ainsi le donner à voir devient la priorité des priorités ? Panem et circenses...

Mais il arrive parfois que quelque chose se détraque dans ce système pourtant bien rodé et que le réel fasse brutalement intrusion là où on ne l’attendait pas.

 

Journal télévisé du soir à France 2, le 25 novembre 2012 : à  la une de l’info, la guerre des chefs, Fillon et Copé se déchirent, l’UMP ne s’en relèvera pas, etc... Plus tard,  au milieu d’un poignant reportage sur les Restos du cœur apparaissent en surimpression les portraits accolés de Copé et Fillon ! Quelques minutes plus tard, en la personne de la journaliste Marie Drucker, la chaîne s’excuse du surgissement inopiné de cette image, qualifiée de “subliminale”. 

 

Etait-ce délibéré ou accidentel ? Nous ne le saurons sans doute jamais. En revanche ce qui a pu apparaître comme un lapsus de lieu, voire un acte manqué de la part de la chaîne, est en fait un acte réussi. Réussi, car cette relance de la guerre des chefs par portraits interposés, au cœur de l’exposé d’un grave problème de société, donne à penser.

 

Outre l’effet comique, le public aura eu tout loisir, grâce à ce bug, de mesurer l’écart séparant le dérisoire de l’essentiel.

 

Notons que ladite chaîne, lors de son 13h du 26 novembre, développe à nouveau les mêmes sujets… mais en inversant cette fois l’ordre de leur présentation. Est-ce  un hasard ?

 

 

commentaires

Donner asile

Publié le 16 Novembre 2012 par Jean Mirguet dans Clinique et pratique en institution

On me rapportait récemment le cas de Mme X aux prises avec des pensées délirantes se développant autour de la conviction qu’elle allait tuer ses proches, son compagnon, ses enfants. L’analyste jungien qui la recevait lui aurait répondu qu’il ne pouvait rien pour elle, la laissant totalement seule face à son désarroi.

Fortement angoissée par la certitude qu’elle pouvait commettre un meurtre, elle partit se réfugier chez un ami qui, jugeant son état très inquiétant, l’accompagna aux Urgences Psychiatriques. Faute de place disponible, Mme X ne put y être accueillie et fut renvoyée chez elle. Dans les jours suivants, son état ne s’améliorant pas, elle fut de nouveau adressée aux Urgences où on lui donna le même type de réponse. Ce n’est qu’après quatre ou cinq recours à ce service qu’enfin, la décision fut prise de l’hospitaliser en psychiatrie.

 

Cette situation est exemplaire de la limite inhérente à toute thérapeutique individuelle qui ne comporte pas cette réponse pratique, pragmatique qu’est un accueil dans une institution hospitalière ou de soins. Il est des phénomènes qui surgissent dans la clinique et qui, par leur nature, nécessitent une réponse qui vaille comme refuge, asile, abri et pas seulement comme écoute. Ici, c’est la clinique qui décide des modes de réponse puisque, à un moment donné, il devient urgent d’accueillir un insupportable auquel on peut donner l’hospitalité.

Asile : le mot tire son étymologie de l’adjectif grec asulos « qu’on ne peut saisir », de a privatif et de sula signifiant « butin ». Il signifie « lieu sacré » et son dérivé asulia correspond à un privilège accordé à un ambassadeur ou un athlète par des cités étrangères qui le mettait en sûreté, lui et ses biens. La langue classique en fera un « lieu quelconque où l’on peut se mettre à l’abri d’un danger » avec une valeur de « défense, sauvegarde ».

Donner asile à l’insoutenable, à l’intraitable, voilà donc la fonction première de ce lieu quelconque qu’est une institution d’accueil. Elle précède la fonction  thérapeutique de l’institution, elle est une nécessité conditionnée par l’insupportable qui, dans un sujet, est dû à sa condition humaine.

Cette thèse, développée par Alfredo Zenoni dans L’autre pratique clinique (Érés, 2009), véritable manuel de  psychanalyse appliquée qu’il faudrait donner à chaque salarié embauché en institution (en même temps que son contrat de travail), implique qu’un sujet, quoique hospitalisé en psychiatrie ou accueilli dans un Itep, par exemple, pour y être soigné, faire une thérapie l’est aussi, essentiellement, à cause du fait que, dans sa vie, quelque chose d’insupportable en lui exige cette réponse. La première raison d’être de l’institution n’est pas le traitement de la psychose (sans quoi tous les sujets psychotiques devraient s’y trouver), elle existe d’abord en raison de la part d’intraitable et de socialement invivable qui, dans le sujet, demande à trouver asile et refuge. L’institution se substitue au lien social devenu impossible.

 

Concevoir l’hospitalisation d’un sujet ou son admission en Itep indépendamment de tout but ou projet thérapeutique présente l’intérêt de distinguer deux dimensions : celle du soin psychiatrique ou psychologique qui répond au droit d’un individu d’être soigné, protégé, assisté même si ça n’est pas sa demande, et celle du sujet. Or, la notion de « thérapeutique » ou de « psychothérapie » confond fréquemment ces deux aspects. C’est justement quand la cause de l’institution n’est pas effacée par son projet thérapeutique que le sujet a une chance d’être pris en compte.

On pourra lire sous la plulme d'A. Zenoni (en particulier, dans les pages consacrées à la fonction sociale et au champ clinique de l’institution) comment la seule focalisation sur le projet thérapeutique peut avoir pour effet de négliger la question du sujet. Cela se vérifie souvent lors des études de situation clinique réalisées dans le travail dit de supervision.

 

C’est à partir du moment où cette question de la raison de l’institution, du pourquoi de son existence est prise en compte, donc à partir du moment où l’on fait place à la cause de la présence du sujet en son sein, qu’il est possible d’envisager une autre façon de travailler.

En effet, chaque praticien qui intervient, qu’il soit psy, infirmier ou éducateur, est confronté au même réel. Ce réel, le même pour chacun, ne se découpe pas en tranches selon les spécialités. Il n’y a pas le réel du psychologue, différent du réel de l’éducateur ou de l’infirmier ou de l’orthophoniste. Le réel dont il s’agit est celui de la cause, à l’origine de l’existence de l’institution et à l’origine d’une autre façon de pratiquer, la pratique à plusieurs qui, tout en étant « une », met en avant la position singulière, l’inventivité de chaque intervenant.

Or, l’inventivité sera d’autant plus féconde qu’on ne fera pas appel au savoir spécialisé de chacun, appris dans les écoles et les formations. La construction d’un cas sera possible à partir du moment où chacun pourra mettre de côté, se déplacer par rapport à ce qu’il a acquis comme savoir dans ses études, ses lectures.

Pour que cela fonctionne, il en faut au moins un qui soutienne cette orientation impliquant un certain renoncement à l’idéal psychothérapeutique et à une mise entre parenthèses du désir de gouverner, d’éduquer voire de psychanalyser. Pour cela, il faudra, à cet « au-moins un », être plus souvent sur le terrain que dans son bureau, faire partie de l’équipe, du « plusieurs » qui élabore la clinique. Il lui faudra susciter chez chacun le désir de baigner dans le même bain clinique, celui qui consiste à s’interroger sur la cause de la présence du sujet dans l’institution et sur le ravage qu’opèrent en lui les pulsions de destruction alors que, le plus souvent, c’est « le discours sur notre travail, notre méthode, notre projet » qui mobilise les énergies.

 

commentaires

Discours politique, discours totalitaire. "Moi, la Vérité, je parle", par Michel Brun

Publié le 15 Novembre 2012 par Michel Brun dans Politique

L’intelligence et la déraison sont parfaitement compatibles. Nous connaissons tous le mythe du savant fou qui se décline selon une galerie de personnages allant du professeur Tournesol jusqu’au docteur Frankenstein. Osons un parallèle en matière politique : si nos “géniaux” gouvernants, toutes tendances confondues, n’étaient que de doux dingues, cela ne serait qu’un moindre mal. Malheureusement, leur acharnement à vouloir soutenir contre vents et marées un discours de conviction systématiquement partisan les rend fous voire dangereux. Folie qui dissimule à peine l’une des pires formes de la jouissance, celle de la haine à l’égard d’un adversaire pris pour  ennemi.

 

Je crois me souvenir que c’est à Jean Clavreul que nous devons l’invention de ce pertinent néologisme: “l’orthonoïa”. Selon Clavreul, la plupart de nos leaders politiques seraient des “orthonoïaques”, c’est-à-dire des sujets pris dans une modalité du discours paranoïaque leur laissant croire que, quoi qu’il advienne, ils auront toujours raison. Ce qui se vérifie chaque jour.

 “Moi, la Vérité, je parle”, écrivait Lacan, laissant entendre par là que la question de la vérité était essentiellement une affaire de discours. L’orthonoïaque, quant à lui, prend ce type d’énoncé à la lettre, ce qui est une manière de folie. Et se dressant sur ses ergots, il prétend détenir “La” Vérité avec un grand V, sinon l’incarner. C’est ainsi que se construit la logique du pire, allant de l’abus de pouvoir jusqu’au Goulag.

Mutatis mutandis, on peut en dire autant de l’instance de la loi, même au niveau le plus humble, par exemple lorsqu’un individu se met en posture de vouloir l’incarner au lieu de la représenter. Chacun a probablement en mémoire cette séquence télévisée, diffusée sur une chaîne nationale à une heure de grande écoute, et filmée à l‘insu de ses protagonistes : arrêtée nuitamment à l’occasion d’un contrôle d’identité, et extraite sans ménagement de sa voiture, une femme d’origine maghrébine hurlait de terreur. “Ta gueule, la loi c’est moi ! ”, lui répliqua le policier qui la brutalisait. Folie, à l’état brut (e) !

 

Revenons par ce biais au caractère le plus souvent autocentré, auto-référant et monolithique du discours politique courant pour constater, si l’on s’en tient au clivage droite - gauche, qu’il n’y a pas actuellement en France de réel débat politique. Il n’y a que de l’invective, du dialogue de sourds et de l’affrontement stérile entre orthonoïaques de tendances opposées.

Les exemples sont multiples. J’en prendrai un, celui du “débat” télévisé entre Jean-Marc Ayrault et Nathalie Kosciusko-Morizet, représentant respectivement la gauche et la droite, lors de l’émission télévisée “Des paroles et des actes” sur France 2, le 27 septembre 2012.

On y voit et on y entend NKM stigmatiser et disqualifier avec violence, sans la moindre précaution oratoire, sans nuance, son adversaire politique et le parti qu’il représente. Aucune concession, pas la moindre relativisation. Selon elle, seule la droite détient la vérité, est en mesure de mener une politique cohérente pour redresser la France et contrer les effets de la crise économique. Autrement dit : “tu as tout faux, j’ai tout bon !”.

Que démontre l’absolutisme de son discours ? D’abord la confusion des genres : un adversaire, au sens sportif du terme, est quelqu’un que l’on respecte, même si on le combat. Un ennemi, en revanche, est un être malfaisant qui doit être anéanti. NKM traite JMA en ennemi et non en adversaire, car il s’agit de l’éliminer idéologiquement. On est très loin de l’idéal démocratique qui prend appui sur la reconnaissance de l’altérité de l’autre même si l’on n’est pas d’accord avec lui. Ce n’est pas là le jeu normal de la politique car, en démocratie, la politique ne doit pas être assimilée à la guerre, faute de quoi ce sont les citoyens les plus vulnérables qui en feront les frais.

Ne strictement rien concéder au parti opposé, c’est faire fi de l’impossibilité logique à dire “toute” la vérité. Le discours totalitaire est un discours fou puisque se refermant sur lui-même, dans un déni aggravé de l’altérité.

Il semble que NKM n’ait pas disposé ce soir-là du “SMIC philosophique” convenant à quelqu’un de son niveau. Cela l’aurait probablement aidée à articuler une juste distinction entre croyance et savoir, c’est-à-dire à ne pas prendre ses propos pour vérité... d’Evangile de la droite.

 

L’intelligence, lorsque tout va mal, peut passer par l’union des bonnes volontés, soit le renoncement consenti à une part de son narcissisme, et ce, au profit de l’autre en tant qu’autre. C’est ainsi que l’on peut se mettre à son écoute et retenir  ce qu’il a d’éventuellement constructif à proposer. Mais cela ne semble pas pouvoir s’accorder avec la logique du parti à la française.

En ces temps difficiles où, pour bien des Français, il s’agit plus de survivre que de vivre, un gouvernement d’union nationale aurait-il pu apaiser les esprits ? Devant la mondialisation des problèmes économiques et sociaux et face à la crise, y a t-il vraiment une politique de parti, de gauche ou de droite, qui soit sans équivoque meilleure qu’une autre ? Cela reste à prouver et l’on peut légitimement s’interroger sur la nature de l’ambition politique des représentants du Peuple lorsqu’ils s’acharnent aveuglément à se détruire les uns les autres quand il y aurait tant à faire ensemble.

commentaires

Cinéma : "La guerre invisible"

Publié le 8 Novembre 2012 par Coralie Garandeau et Olivier Mirguet dans Cinéma

Un documentaire signé Kirby Dick et sorti il y a quelques semaines en salle aux Etats-Unis fait beaucoup parler de lui.

La guerre invisible, The invisible war, c'est son nom, dénonce des milliers de cas de viols perpétrés chaque année au sein de l'armée américaine.
Des crimes sexuels dont sont victimes des femmes comme des hommes et qui restent impunis, voire même jamais rapportés à la hiérarchie militaire.

Un reportage de Coralie Garandeau et Olivier Mirguet pour Arte.

 

 

commentaires
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>