Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

L’idéologie nocive de « l’autodétermination de l’enfant »

Publié le 21 Novembre 2023 par Diane Drory, Jean-Yves Hayez, Jean-Pierre Lebrun dans Gente et sexualité

C'est un décret qui ne cesse de faire débat en Belgique. Adopté à la quasi-unanimité par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le jeudi 7 septembre, il oblige l'ensemble des élèves de sixième et de seconde, du sud du pays, à suivre des séances relatives à l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras). Une décision loin de faire l'unanimité et fermement critiquée dans cette Tribune, publiée récemment dans La Libre Belgique et signée Diane Drory (psychologue et psychanalyste, spécialiste de l’enfance), Jean-Yves Hayez (pédopsychiatre) et Jean-Pierre Lebrun (psychiatre et psychanalyste).

En voulant nous libérer des limites oppressantes, nous avons rejeté les limites structurantes. La boussole du ressenti ne peut pas prendre la main. L’enfant n’est ni autonome, ni d’emblée responsable. Le mettre à la même place que l’adulte, comme le fait le guide Evras, est un non-sens.

La question se pose : pourquoi les professionnels de la santé rencontrent-ils de plus en plus d’enfants et de jeunes manquant des repères dont ils ont besoin pour se construire psychiquement ? Pourquoi rencontrent-ils de plus en plus de parents en désarroi de ne plus trouver d’appui dans le discours social pour soutenir leur autorité ?

Il faudra interroger la nouvelle conviction actuellement promue : “l’autodétermination de l’enfant”. L’individualité de l’enfant devrait trouver son épanouissement sans entrave, sans aucun appui sur une limite qui lui serait imposée et pour ce faire, il s’agirait seulement de l’entourer d’amour. Ceci est devenu l’axe éducatif qui devrait désormais s’imposer à tous, sans qu’il y ait eu débat pour en valider les fondements ! Si l’autonomie responsable est un programme tout à fait légitime et bienvenu pour les citoyens en démocratie, il n’est pourtant pas inscrit d’emblée dans la tête de l’enfant. Aucun enfant ne peut se construire seul, ni trouver en lui-même le sens de sa vie.

Une fausse conviction

Cette fausse conviction demande qu’en place d’un cadre clair et bien défini s’impose un cadre flou laissant à l’enfant tout le loisir du choix et de la décision ; “Penses-tu que c’est l’heure de ton repas ?”“D’accord d’aller se coucher ?”… Ce programme d’éducation demande des négociations sans fin comme par exemple dans cette famille où dès leur réveil les enfants rentrent en concurrence bruyante et parfois musclée pour avoir “la” bonne place à table. À peine levés, les enfants sont alors sous l’emprise de la loi de la jungle.

Au nom de l’épanouissement, cette autodétermination sacralise les droits de l’enfant au point de délégitimer les parents. Les normes sont alors décrites comme un frein à la liberté de l’enfant. On le veut autonome alors qu’il n’a pas encore intégré ce qu’implique cette autonomie.

S’il fallait tirer le fil rouge de ce changement, nous avancerions que, certes, une volonté d’égalité démocratique accrue nous guide depuis un demi-siècle, mais aussi qu’une grande méconnaissance s’est glissée dans ce programme : en voulant nous libérer des limites oppressantes, nous avons rejeté les limites structurantes. C’est alors la boussole du ressenti qui a pu prendre la main…

Des parents emportés dans cette “idéologie”

Nous entendons de plus en plus de parents emportés dans ce qu’il faut bien appeler cette “idéologie”. Ainsi, certains veillent à ne plus appeler leur enfant d’un prénom sexué, pour d’autant mieux le laisser choisir au cas où, plus tard, il voudrait changer de genre. Pourtant, à regarder les choses d’un peu plus près, il est étonnant que lesdits parents ne s’aperçoivent pas, non seulement qu’ils n’ont fait que substituer une exigence (ne pas nommer l’enfant comme sexué) à une autre (le nommer sexué) mais qu’en plus, cette nouvelle contrainte veut faire croire à l’enfant qu’il va pouvoir choisir son genre indépendamment de son sexe anatomique – ce qui est un mensonge parce que le sujet devra toujours faire avec son anatomie de départ même s’il change d’identité de sexe ou de genre.

Le dogmatisme du guide Evras

Que penser alors du guide Evras qui explique avec une certitude parfois dogmatique que la théorie du genre devrait primer sur les caractéristiques sexuelles biologiques. Qui promeut explicitement de nous dégager de toute “hétéronormativité” et annonce l’effacement du sexe biologique au profit du genre qui vise à faire primer le ressenti. Ou lorsqu’il soutient des façons de dire comme “la notion de genre assigné à la naissance”. Ou qu’il propose “le droit à l’autodétermination indépendamment de l’âge de l’enfant comme droit humain fondamental”. Tout ceci allant à contresens du développement psychique d’un enfant.

Groupes de pression infiltrés dans les cabinets ministériels

D’où vient que les responsables politiques se soient laissés ainsi quasi unanimement convaincre au point d’adopter un décret (7 septembre 2023) qui permet d’entériner un guide dans lequel on trouve un ensemble de considérations favorables à l’autodétermination par l’enfant de son identité de genre ? Pour avoir sans coup férir la permission pour un enfant de changer de prénom dès l’âge de 12 ans (loi du 25 mai 2017). Pour se faire tellement prier pour interdire avant la majorité légale les médicaments bloqueurs de puberté, et ce malgré toutes les recommandations scientifiques ? Ce n’est pas parce que d’aucuns se sont organisés en groupes de pression et infiltrés dans les cabinets ministériels que nous avons à acquiescer à cette volonté de mainmise.

Manière de concevoir la sexualité plutôt que d’être d’abord à l’écoute des jeunes

Cela fait depuis plusieurs années que de nombreux cliniciens interviennent, efficacement et utilement, en faisant de l’EVRAS (de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) dans les écoles pour permettre que les questions qui se posent aux jeunes soient entendues. Travail indispensable et fructueux. Mais aujourd’hui c’est un renversement qui est à l’œuvre : le dernier-né “guide Evras” soutient, décrit en détail pour chaque tranche d’âge, les pré-acquis et nouveaux acquis à construire. L’ensemble des 300 pages ressemble à un enseignement demandant d’appliquer une manière de concevoir la sexualité plutôt que d’être d’abord à l’écoute des jeunes. C’est une orientation que nous ne pouvons que refuser, celle de penser devoir apporter des réponses avant que de pouvoir poser ses questions ; celle de penser que l’on doit ne plus imposer une hétéronormativité sans s’apercevoir que c’est une autre normativité qu’alors on impose, celle qui exclut les termes “hommes” et “femmes” et contraint de parler de “personnes ayant un utérus” et de “personnes ayant un pénis”.

Si d’aucuns ont des doutes à ce sujet, qu’ils interrogent simplement pourquoi le guide est-il écrit en écriture inclusive ? ; pourquoi l’enfant doit-il être informé de la pertinence de son ressenti à un âge où il ne se pose pas ces questions ? ; quel intérêt à faire entendre à l’enfant qu’il pourra choisir son genre indépendamment de son anatomie ? ; qu’un ado éprouvant un malaise par rapport à son sexe biologique devrait d’emblée être soutenu dans son désir de transgenrer ? Avons-nous vraiment la liberté de tout choisir, et même si nous l’avions, ceci nous dispenserait-il d’aider l’enfant à accepter de renoncer à ce qu’il n’a pas choisi ?

Fausse route

À croire pouvoir mener toujours plus loin et plus jeune l’émancipation de l’individu, ne faisons-nous pas fausse route ? Cette autodétermination trop précoce fait perdre à l’enfant le sens de la transmission entre générations. Grandir demande de rencontrer des adultes qui n’obligent pas l’enfant à prendre des responsabilités qui ne sont pas les siennes en lui demandant son “D’accord !” pour tous les faits et gestes de son quotidien.

Quand allons-nous nous apercevoir qu’inviter, voire inciter au libertarisme de l’autodétermination des enfants a des conséquences délétères sur la vie collective ? Cette dernière a apparemment perdu sa prévalence au profit de la particularité de chacun mais s’ensuit que ce sont alors l’autorité, l’altérité et l’antériorité qui ne sont plus au programme. Ce dont d’ailleurs tout le monde se plaint !

L’enfant n’est ni autonome, ni d’emblée responsable ; alors le mettre à la même place que l’adulte est un non-sens. Son trajet est d’avoir à “grandir”, c’est-à-dire de renoncer à sa toute-puissance d’enfant.

 

 

commentaires

Antisémitisme : « Comment désirer vivre quand l’idée de l’humanité, que chacun porte en soi, est dévastée ? »

Publié le 11 Novembre 2023 par Belinda Cannone dans Racisme et antisémitisme

Réanimer l’esprit des dreyfusards, c’est ce à quoi appelle, dans une tribune au « Monde », l’écrivaine Belinda Cannone, bouleversée par les massacres du Hamas le 7 octobre en Israël, par la guerre à Gaza et par la résurgence de l’antisémitisme qui s’ensuit.

« Comment désirer vivre quand l’idée de l’humanité, que chacun porte en soi, est dévastée», quand « le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde »(B. Brecht), quand le pogrom commis dans les kibboutz, à Be’eri, Kfar Aza, au festival Supernova a vu déferler le jouissance mortifère des barbares islamistes du Hamas et qu’ont été célébrées, comme le dit Claudel, « les monstrueuses orgies de la haine » ?

« Deux ans après le procès de Klaus Barbie pour crime contre l’humanité (1987), j’ai écrit mon premier roman, L’Adieu à Stefan Zweig (réédition chez Points, 2013), dans lequel j’avais mis en scène une narratrice, Marthe, qui s’interrogeait sur le suicide de l’écrivain le plus fameux d’Europe, en 1942, alors qu’il était à l’abri au Brésil. Je faisais l’hypothèse que plus qu’à sa dépression ce suicide, comme celui de plusieurs intellectuels et artistes de cette période, était lié à la blessure insupportable que constituait le spectacle de l’humanité avilie de 1942.

En effet, comment désirer vivre, se demandait Marthe, cinquante ans plus tard, quand l’idée de l’humanité, que chacun porte en soi, est dévastée ? Je suis entrée en littérature par cette première question, à partir de la Shoah, dont on ne parlait encore pas beaucoup dans ma jeunesse, et dont la découverte m’avait obligée à reconsidérer l’enseignement humaniste, beau mais naïf, de mon père. Non, la raison et le bon sens ne suffisaient pas à corriger le monde, il existait aussi un principe de haine, une pulsion de mort, à l’œuvre dans les sociétés, et les violences antisémites du milieu du XXe siècle en portaient témoignage. Il fallait partir de là pour comprendre ce que signifiait être humain sur la Terre.

Opposer l’intime et le personnel

Il en résultait cette seconde interrogation, capitale : même si, personnellement, je ne suis pas concernée, comment vivre lorsque je suis attaquée dans l’intime, ce creux de l’être où nichent l’image et le lien avec l’humanité ? Comment trouver la joie de vivre quand on se met à trembler devant les dérives de nos semblables, qu’ils deviennent justement trop dissemblables pour qu’on ne s’en sente pas affreusement étranger ? Chacun n’est pas seul, isolé dans son ego, il est relié, et il a besoin de souscrire à cette humanité de laquelle il fait partie, intimement.

Depuis trente ans, ces questions n’ont cessé de me tarauder, et je leur ai trouvé une formulation satisfaisante pour moi dans l’opposition que je propose entre l’intime et le personnel. Certaines dimensions de l’existence sociale ne me concernent pas personnellement (par exemple, je ne suis pas juive), mais elles m’affectent dans l’intime (dans mon humanité).

Depuis le pogrom du 7 octobre 2023, le plus grand et le plus barbare massacre de personnes juives depuis la Shoah, j’assiste avec effroi au retour en Occident du vieux démon, l’antisémitisme. Sous le couvert de l’antisionisme, nouvel oripeau d’une vieille haine, on refuse de considérer le piège dans lequel le Hamas a fait tomber Israël en provoquant, par un carnage insoutenable, sa réaction violente, ou par exemple en installant, semble-t-il, des infrastuctures militaires sous le grand hôpital Al-Shifa de Gaza.

J’ai honte de constater que l’émotion des pays occidentaux est très sélective, s’attachant quasi exclusivement au sort des Gazaouis. Je suis, moi aussi, bouleversée par ce qui leur arrive. Quel humaniste pourrait se résigner à voir des enfants mourir sous les bombes ? Pour autant, on ne peut pas se résoudre à des simplifications hasardeuses. Les abominations du 7 octobre, ce crime contre l’humanité, sont horrifiantes. Et je suis affolée par ce que raconte de nous l’inversion, cette ruse de la pensée haineuse, qui fait des premiers agressés, les Israéliens, des « nazis ». Ne voit-on pas des jeunes pleins de bons sentiments hisser, dans les manifestations propalestiniennes, des banderoles « Queers for Palestine » ? Ce serait drôle si ce n’était pas sinistre, quand on sait que les homosexuels sont pourchassés et tués à Gaza.

L’inaction des gens de bien

On raconte que quand on demandait au père d’Emmanuel Levinas, juif de Lituanie, pourquoi il avait choisi de s’installer en France, il répondait : parce que là vit un peuple qui s’est déchiré pour défendre un juif contre l’injustice.

A ce jour, plus de 1 100 actes antisémites ont été recensés en France depuis le 7 octobre. C’est pourquoi il est urgent de réanimer l’esprit des dreyfusards, urgent que nous, artistes, écrivains ou personnes publiques, proclamions notre horreur devant ce qui voudrait se rejouer. Nous savons que la seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des gens de bien. Agissons, ou au moins parlons, protestons. Que l’enténèbrement du monde ne passe pas par notre silence. Sans quoi aucune joie ne sera possible, car elle dépend de l’image de l’humanité que nous portons dans l’intime. Il est insupportable que les Français juifs se sentent isolés et abandonnés. Comme l’acteur Philippe Torreton l’a magnifiquement écrit, après « Je suis Charlie », il faut proclamer, d’une façon ou d’une autre, « Je suis juif ».

Belinda Cannone est écrivaine. Elle a notamment écrit « La Tentation de Pénélope. Une nouvelle voie pour le féminisme » (Pocket, 2019) et « Le Nouveau Nom de l’amour » (Stock, 2020).

 

commentaires

Voir ce que l'on voit … et ne pas se taire

Publié le 28 Octobre 2023 par Le Printemps Républicain dans Israël et Palestine

Les démocrates républicains partageront, à n’en pas douter, les termes de ce texte du Printemps Républicain, daté du 27 octobre 2023 et que je vous invite à diffuser le plus largement possible.

"On connaît la phrase de Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l'on voit ; surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit ». Et parce qu’aujourd’hui nous voyons bien, nous voulons dire clairement ce qui se voit si bien :  

Le 7 octobre dernier, les attaques terroristes du Hamas contre la population israélienne ont créé une onde de choc qui résonne dans les sociétés européennes comme dans le monde entier et dont on peine encore à mesurer l’étendue. Pourtant, nous savons ce qu’il s’est passé ce jour là. 

Le 7 octobre 2023, le mouvement terroriste Hamas a non seulement commis un attentat de grande ampleur, il a surtout perpétré un pogrom antisémite, le pire massacre de Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale rappelant pour beaucoup les méthodes des Einsatzgruppen lors de la Shoah par balles. Partout où sont passés les tueurs du Hamas, tout le monde a été méthodiquement assassiné, brulé, décapité, violé, démembré ou enlevé pour être réduit en esclavage. 35 de nos concitoyens ont été tués dans cet attentat et 9 autres sont retenus prisonniers à Gaza. 

Une volonté génocidaire rendue plus abjecte encore par la mise en scène des massacres et leur diffusion quasiment en direct sur les réseaux sociaux. Un « pogrom 2.0 » qui sidère l’opinion mondiale autant qu’il la clive soulevant pour une partie d’entre elle un réflexe antisémite immédiat – ce qui était ans doute l’un des buts recherchés.

De fait, les images qui nous arrivent sont terribles. Elles n’appellent que le recueillement et la peine. Mais le moment est si grave qu’il nous a semblé qu’il était de notre responsabilité, en tant que républicains de gauche, de dire aussi tout ce qu’on l’on voit en ce moment.

Nous avons vu le leader autoproclamé de la gauche, Jean-Luc Mélenchon, refuser de qualifier le Hamas de « terroriste », ne lui concédant que des « crimes de guerre » immédiatement équilibrés dans son esprit par la riposte israélienne ; puis attaquer indignement la Présidente de l’Assemblée nationale avec des paroles qui sont celles d’un antisémite. 

Dans la foulée de leur mentor, nous voyons certains élus de gauche prendre fait et cause pour le Hamas élevé au rang de « résistance palestinienne » ; une rhétorique qui permet d’absoudre les massacres sans le dire explicitement. On pense bien sûr ici à la cheffe de file des Insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot,  mais aussi aux députés Danièle Obono, David Guiraud et Thomas Portes ; ils ne sont malheureusement pas les seuls… C’est en réalité la haine d’Israël qui les transforme en soutien de l’idéologie islamiste du Hamas et en relais zélés de sa propagande, comme si tout sens de la nuance avait abandonné ces gens pourtant doués de raison et de sensibilité. 

Nous voyons, en France, des manifestations propalestiniennes au cours desquelles sont scandés des slogans purement et simplement antisémites. Crier « Palestine : De la mer au Jourdain » n’est pas une critique du « sionisme » ou de la politique du gouvernement israélien, c’est tout bonnement demander la destruction définitive d’Israël. Sans compter le nombre de pancartes complotistes niant la réalité du massacre de bébés israéliens, par exemple. 

Plus largement encore, nous avons vu dans les capitales européennes flotter le drapeau d’Al Qaida et de l’Etat islamique. Nous avons vu, chez nous et ailleurs dans le monde, des étudiants juifs harcelés et attaqués. Nous voyons des jeunes gens a prioribien éduqués arracher les affichettes montrant le visage et donnant le nom des otages retenus à Gaza. 

Résultat, en France, le nombre d’actes antisémites constatés par le ministère de l’Intérieur a bondi et dépasse en bientôt trois semaines le nombre total d’actes répertoriés durant toute l’année 2022. Nos concitoyens juifs sont inquiets, c’est légitime. Pourtant cette situation devrait créer un sursaut et il n’en est rien. La société ne réagit pas. Pire, on nous presse de ne pas « importer le conflit israélo-palestinien » en France. La belle affaire ! C’est l’antisémitisme qui se révèle et flambe à son contact…

Pourquoi ? Pourquoi une telle incapacité à faire preuve d’un réflexe de simple humanité face à ces crimes ? La réponse est simple, basique : il s’agit d’Israël. Donc des juifs… Et l’antisémitisme couve encore dans nos sociétés : un « vieil » antisémitisme issu du catholicisme et du nationalisme d’extrême-droite qui voit Rivarol féliciter Jean-Luc Mélenchon mais aussi un « nouvel » antisémitisme issu du monde arabo-musulman que l’on a vu à l’œuvre lors des attentats de 2012 et 2015 en France.

La rhétorique de l’extrême gauche proclame « toutes les vies se valent ». Oui, toutes les vies se valent, mais les bourreaux et les victimes ne se valent pas. Il y a un agresseur, le Hamas, et un agressé, Israël. Une rhétorique redoutable se met en place qui consiste à dire qu’il y a alors une victime qui se défend comme elle peut, les Palestiniens, et donc un coupable - et un seul : Israël. Israël, mais en fait les Juifs, sinon pourquoi les pourchasser dans le monde entier ? 

Israël parlons-en. Soutenir Israël aujourd’hui ne veut pas dire soutenir la politique du gouvernement Israélien. Cela signifie seulement que nous compatissons à ce que subit la population attaquée de la sorte. Nous, Français, savons ce que ce que signifie être touché par le terrorisme islamiste. En revanche, notre compassion ne vaut pas caution de bombardements indiscriminés qui toucheraient les populations civiles palestiniennes et créeraient de nouveaux drames ; elle ne vaut pas soutien à la colonisation ni aux crimes perpétrés par les Colons dans les Territoires occupés ; elle ne donne pas quitus au gouvernement pour mener les réformes antidémocratiques qu’il prévoyait. 

Si Israël a le droit de se défendre, Israël n’a pas tous les droits et ne saurait ignorer ses devoirs : ce pays et son peuple, Juifs comme Arabes, ne peuvent décemment plus vivre avec un voisin comme le Hamas – il doit être défait. Mais cet objectif ne donne aucun permis de tuer des civils et, au contraire, Israël a le devoir de tout faire pour les protéger et même les délivrer du joug du Hamas. Car si Gaza est bien une prison à ciel ouvert, les hommes du Hamas en sont les gardiens impitoyables qui se fondent cyniquement au milieu de ces civils prisonniers. 

Face à toutes ces visions qui nous heurtent et nous désespèrent, le Printemps Républicain ne peut qu’appeler au rassemblement et à la concorde. Pour l’unité des Français autour d’un réflexe d’humanité, pour le sursaut de la gauche contre l’antisémitisme, ce « socialisme des imbéciles » qu’elle avait su rejeter pour s’unir et se refonder au moment de l’Affaire Dreyfus, nous appelons tous ceux qui « voient » à faire front ensemble". 

---------

A écouter également l'entretien d'Eugénie Bastié avec Alain Finkielkraut et Abnousse Shalmani à propos du retour de l'antisémitisme en Occident : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/d%C3%A9bat-finkielkraut-shalmani-l-antis%C3%A9mitisme-existe-dans-toutes-les-extr%C3%AAmes-gauches-du-monde/ar-AA1iP8on
 

commentaires

L’honneur perdu de la gauche française

Publié le 17 Octobre 2023 par Jean Mirguet dans Racisme et antisémitisme

Chacun en fait le triste constat : ce qui se passe en ce-moment au sein de la gauche française est grave. Depuis les attaques terroristes du Hamas contre Israël, Mélenchon et les siens (hormis quelques rares exceptions) se refusent à qualifier ces actes d’inhumanité. Encore récemment, la députée LFI Obono persiste en qualifiant le Hamas de « groupe politique islamiste » qui « résiste à une occupation pour la libération de la Palestine », provoquant la saisine à son encontre du Procureur de la République par le ministre de l’Intérieur « pour apologie du terrorisme ».

La complaisance répugnante de la gauche radicale à l’égard de l’antisémitisme n’est pas nouvelle : souvenons-nous du soutien de ce parti à Jeremy Corbin, de l’accueil chaleureux réservé au rappeur antisémite Médine, de l’accusation portée contre le président du CRIF d’être d’extrême-droite, de sa constance à identifier le Hamas comme un mouvement de «résistance palestinienne ».

Pour cette « gauche », l’abject cynisme et la couardise n’ont décidément aucune limite.

 

Face à se spectacle affligeant, que font les coalisés de la Nupes et, en particulier, le Parti Socialiste ? Dans la suite de l’accord électoral qui l’a vue naître et qui s’est essentiellement traduit par une commune détestation du Président Macron, de jour en jour, leurs relations deviennent de plus en plus conflictuelles. Depuis le refus de leur partenaire LFI de reconnaître les exactions criminelles du Hamas, les désaccords grandissent, rendant inévitable une décision de dissolution, seule solution honorable leur permettant de retrouver un minimum de dignité.

Là où il s’agirait de trancher promptement,  ils s’interrogent, discutent, se tâtent, mégotent, tergiversent, finassent, louvoient. Quand vont-ils décider de s’affranchir de la tutelle des Insoumis ? Quand vont-ils cesser de se fourvoyer,  de se compromettre, de se dévoyer ? Quand vont-ils prendre acte de cette donnée et en tirer les conclusions : les racismes et l’antisémitisme d’extrême-droite et d’extrême-gauche s’additionnent ?

Quand vont-ils cesser de se déshonorer et retrouver un minimum de dignité ? Quid de l’honneur de la gauche ?

 

Par les effets de l’ordre alphabétique, le dictionnaire produit d’étonnantes rencontres. C’est ainsi que dans le Dictionnaire Historique de la Langue Française, le mot honneur voisine avec celui de honte.

Entre l’honneur et la honte se nouent des liens indissolubles puisque c’est de l’absence de honte que naît la perte de l’honneur. C’est ainsi que Lacan s’exprime quand il débute la dernière leçon de son Séminaire, L’envers de la psychanalyse, en juin 1970, en disant : « Il faut bien le dire, mourir de honte est un effet rarement obtenu ».

Autrement dit, la honte, spécialement en politique et en France, est aujourd’hui jetée aux oubliettes. Elle a disparu de certaines consciences même si l’inflation des demandes de pardon, les repentirs, les regrets, les excuses qui se manifestent depuis de nombreuses années pourrait laisser penser l’inverse.

Faudrait-il oublier la honte de la Shoah, celle du stalinisme, celle consécutive au génocide arménien, celle liée à l’agression de Poutine contre l’Ukraine, celle que fait subir Xi Jinping aux Ouïghours, etc, etc… ?

On mesure ce qui résulte de cet effacement de la honte : la progression de l’antisémitisme, le retour des intégrismes, l’impudence sans vergogne des radicaux et des extrémistes pour qui la loi du plus fort devient la seule ligne de conduite.

Avec l’évanouissement de la honte, force est de constater que l’honneur, en tant que « principe moral d’action qui porte une personne à avoir une conduite conforme (quant à la probité, à la vertu, au courage) à une norme sociale et qui lui permette de jouir de l’estime d’autrui et de garder le droit à sa dignité morale » (définition du dictionnaire), a déserté les rangs de la gauche.

 

Le mot honneur (longtemps au féminin) apparaît en ancien français à la fin du XIe siècle. En particulier dans la Chanson de Roland, avec les deux sens qu’il gardera longtemps : une terre qui assure à son possesseur pouvoir, prestige et richesse ; une qualité, une dignité propre à tel ou tel individu, exprimant et soutenant sa réputation.

En substance, l’honneur est une réputation, un patrimoine symbolique, presque spirituel, qu’au Moyen-Age, tout chevalier se devait d’accroître pour ensuite le transmettre à son lignage.

L’honneur est donc un bien moral qui se transmet après avoir été conquis dans la lutte et qui permet à la fois d’acquérir la considération d’autrui et de conserver sa propre respectabilité.

« L’honneur est la récompense de la vertu, accordée aux gens de bien » nous dit Aristote, mais plusieurs siècles plus tard, l’honneur devient, sous la plume de Montesquieu, une demande, celle des préférences et des distinctions et rien ne s’oppose alors à ce que le vicieux l’obtienne, du moment que les conséquences sont heureuses pour la collectivité.

 

Deux versants de l’honneur donc, l’un reposant sur une conception humaniste au service d’un sujet, l’autre sur une conception utilitariste au service du politique.

Ces deux versants de l’honneur correspondent à l’opposition entre l’honneur des anciens et celui des modernes. On dit que l’honneur régnait chez les Grecs et les Romains car il fallait, comme l’écrit Tacite, « mériter sa mort ».

Aujourd’hui, l’honneur des modernes consisterait plutôt à délivrer ces derniers des obligations de l’honneur. Il est triste de constater que tous ceux qui continuent à vouloir sauvegarder cet étrange objet politique qu’est la Nupes ont décidé de s’affranchir de ces obligations et de se satisfaire  des discours idéologiques qui confondent Français juifs et extrême-droite israélienne et « mélangent, comme l’indique Jacques Attali, trois concepts : antisémitisme, antisionisme et « antibibisme », c’est-à-dire la critique d’un gouvernement israélien de droite ».

Honte à eux qui participent, activement par leurs propos ou passivement par

 leur silence, à l’apologie du terrorisme. Si leur indécence voire leur jouissance nous est tant insupportable, c’est sans doute qu’elle franchit les bornes de la pudeur, qu’elle atteint notre pudeur …

Gageons donc que la disparition de la Nupes redonne un peu de force aux vertus de la honte et de l’honneur, celles que la gauche n’aurait jamais dû abandonner.

 

 

 

 

 

 

 

commentaires

Le péril de la déshumanisation

Publié le 14 Octobre 2023 par Jean Mirguet dans Israël et Palestine

Chers amis,

Si vous n’en avez pas eu l’occasion, je vous invite à lire cette tribune du philosophe Abdennour Bidar, parue hier dans Le Monde.

Il s’agit, à mes yeux, d’un texte capital appelant à l’union sacrée à la suite des massacres perpétrés par les terroristes du Hamas puis à son impact, ce vendredi, avec l’assassinat à Arras, du professeur de lettres Dominique Bernard.

Abdennour Bidar exhorte chacun à se sentir concerné par la gravité de l’événement, à identifier et assumer sa responsabilité républicaine, à ne pas se taire et à agir.

Il appelle, en particulier, les autorités musulmanes de France à faire entendre leur voix et à ne pas se contenter de prises de parole désespérément incapables d’échapper à l’ambiguïté ou à la demi-mesure. Il importe d’échapper au piège du silence qui pourrait, à terme, devenir synonyme de complaisance.

Abdenour Bidar invite au bien-dire, à la parole décente puisqu’à l’inverse, écrit-il, « il est indécent d’entendre, ces derniers jours, des déclarations qui voudraient expliquer ce qui s’est passé en arguant de la situation intolérable faite par Israël aux habitants de la bande de Gaza, ou de tout ce que l’on peut reprocher à l’extrême droite israélienne nationaliste ou ultraorthodoxe (…) Il y a un temps pour chaque chose, une éthique du juste moment, et c’est cette temporalité qui doit être respectée. En de pareilles heures, il s’agit de condamner et de compatir, et non pas de relancer un débat ni de prétendre l’élargir, ce qui ne fait que noyer l’horreur dans le relativisme (…) Nous ne pouvons pas faire comme si cet événement ne nous convoquait pas, personnellement et collectivement, alors qu’il doit nous engager au motif de notre humanité même. Car c’est ici la déshumanisation du monde qui est le péril, une nouvelle fois hélas, dans notre modernité ensauvagée ».

°°°°°°°°°

Le philosophe Abdennour Bidar sur l’attaque du Hamas contre Israël : « Vite, une parole claire et forte des représentants de la communauté musulmane de France ! »

Tribune Le Monde, 14/10/2023

Abdennour Bidar

Philosophe spécialiste de l’islam

Pas de « oui mais ». Oui, en tant qu’intellectuel musulman, je condamne sans réserve, sans ambiguïté et sans aucune hésitation les massacres et prises d’otages perpétrés par le Hamas, et je les dénonce comme une pure barbarie et sauvagerie absolument injustifiables.

A cette condamnation, j’ajoute immédiatement l’expression de ma compassion envers tous les Israéliens, toutes les victimes de toutes nationalités, qui sont mes sœurs et frères en humanité, en pensant particulièrement aux enfants, aux femmes, aux personnes âgées, à tous les innocents qui ont été fauchés par cette violence et qui, pour les survivants, continuent de la subir dans des conditions qu’il est difficilement supportable d’imaginer.

Je suis également très alarmé de constater que, du côté musulman, se fasse attendre à ce point une prise de parole à la hauteur de la gravité des faits. Je ne voudrais pas que dure trop longtemps ce silence aussi assourdissant, ou bien que nous n’entendions que des prises de parole désespérément incapables d’échapper à l’ambiguïté ou à la demi-mesure. J’appelle donc les autorités musulmanes de France à réagir enfin.

Poison de cet événement

Attention toutefois, il s’agit de le faire vite, mais aussi de le faire bien, c’est-à-dire de façon décente. Car il est à l’inverse indécent d’entendre, ces derniers jours, des déclarations qui voudraient expliquer ce qui s’est passé en arguant de la situation intolérable faite par Israël aux habitants de la bande de Gaza, ou de tout ce que l’on peut reprocher à l’extrême droite israélienne nationaliste ou ultraorthodoxe.

Cela, parfaitement entendable en soi, n’est pas recevable aujourd’hui : il y a un temps pour chaque chose, une éthique du juste moment, et c’est cette temporalité qui doit être respectée. En de pareilles heures, il s’agit de condamner et de compatir, et non pas de relancer un débat ni de prétendre l’élargir, ce qui ne fait que noyer l’horreur dans le relativisme.

Vite, donc, une parole claire, forte, responsable et courageuse des représentants de la communauté musulmane de France ! Des intellectuels, des engagés, des citoyens de culture musulmane ! Cette parole est indispensable, requise, cruciale, tandis qu’à l’inverse demeurer dans le silence serait inexcusable.

Je m’insurge, aussi, contre ceux qui, en France et de par le monde, voudraient faire de cette barbarie une cause religieuse, en l’occurrence la cause de l’islam. Non ! Non, l’islam ne saurait être légitimement invoqué ici, et personne n’a le droit de se réclamer de l’islam pour commettre ou prétendre fonder en raison l’irrationalité de tels actes. Aucune sacralité n’exonère leurs auteurs du sacrilège qui est le leur, à l’encontre de la personne humaine, de l’humanité, et d’une religion − l’islam − qu’ils prétendent servir alors qu’ils l’assassinent.

Plus largement que l’islam, aucune autre « cause idéologique » ne peut justifier ces actes. La cause palestinienne, si défendable, nécessaire et cruciale qu’elle soit, ne peut pas être légitimement évoquée pour − pardon de l’horreur du mot face à l’horreur commise − « relativiser » la gravité de ces massacres qui sont des crimes contre l’humanité. A ce titre, c’est la conscience humaine mondiale qui doit être accablée par ces actes, et c’est hélas notre humanité tout entière qui est perdante ici, d’autant plus que le poison de cet événement commence à se répandre un peu partout sur la planète.

Fraternité républicaine

Déjà en France, en effet, nous venons d’être les témoins sidérés de son impact, avec l’assassinat abject du professeur d’Arras vendredi 13 octobre. Face à cela, j’appelle à l’union sacrée. Tout cela risque de faire beaucoup pour notre vivre-ensemble déjà trop fragilisé, voire pour notre paix civile. A cet égard, notre responsabilité collective est aussi immense qu’urgente. Ne nous laissons pas diviser ! Nous devons empêcher de toutes nos forces que ne se déchaînent ici les rejets de l’autre, les replis sur soi, le racisme et l’antisémitisme, les haines et les violences qui nous gangrènent déjà et qui sont toujours plus invraisemblablement excités par telle radicalité religieuse ou tel extrémisme politique.

J’appelle tout particulièrement mes coreligionnaires musulmans à n’avoir − en ces temps dangereux et face un avenir aussi incertain − que des attitudes et des paroles de paix en toutes circonstances, exemplaires envers tous nos concitoyens. Et je les invite à manifester tout spécialement leur soutien à nos concitoyens juifs, si terriblement affectés par ce qui s’est passé, de la manière la plus active, claire, large, en descendant dans la rue avec eux, en allant à leur rencontre.

Une fois de plus, c’est notre fraternité républicaine qui est en jeu ! Il faut veiller à ce que cette énième mise à l’épreuve ne soit pas pour elle le coup de grâce. Face à ce risque, chacun doit identifier et assumer sa part propre de responsabilité.

Du côté politique, tous partis et toutes fonctions ensemble, c’est le moment de prononcer des discours d’une tout autre envergure. De rappeler publiquement nos fondamentaux éthiques à l’ensemble de la communauté nationale : à savoir que, quelles que soient l’origine, la couleur de peau, la conviction ou la croyance, toutes ses composantes sont membres de la fraternité républicaine. Ce qui veut dire que nous devons pouvoir compter les uns sur les autres, non seulement en termes de respect et de tolérance, mais aussi de solidarité et d’empathie en acte.

Déshumanisation du monde

Un événement comme celui-ci risque de faire entre nous tellement de dégâts supplémentaires − en termes de déchirements du corps social − que cette parole politique doit se faire entendre afin de réassurer la solidarité du peuple français. Cependant, là encore, quelle prise de parole, ces derniers jours, a été à la hauteur de cet enjeu, a su s’élever à une dimension supérieure, notamment en fixant le cap clair de ces fondamentaux ?

La même responsabilité républicaine est également celle des chefs des communautés culturelles ou religieuses. Mais elle est bien, plus globalement encore, celle de toutes celles et de tous ceux qui, dans notre société, occupent une position de responsabilité, du niveau national au niveau local : des médias aux différents encadrements d’institutions publiques et d’entreprises privées, des chefs d’établissement aux professeurs de l’enseignement public et privé.

Personne, face à un tel événement, ne saurait réclamer d’être « hors-sol », c’est-à-dire exonéré de sa responsabilité républicaine : chacune et chacun est sommé par la gravité de l’événement, et de ses conséquences possibles, à prendre la parole et à agir − au lieu de se dire frileusement « ce n’est pas ici le lieu », « ça ne fait pas partie de mes attributions », etc.

Nous ne pouvons pas faire comme si cet événement ne nous convoquait pas, personnellement et collectivement, alors qu’il doit nous engager au motif de notre humanité même. Car c’est ici la déshumanisation du monde qui est le péril, une nouvelle fois hélas, dans notre modernité ensauvagée.

Abdennour Bidar est philosophe et spécialiste de l’islam. Il s’intéresse tout particulièrement aux évolutions de la vie spirituelle dans le monde contemporain. Il est notamment l’auteur de "Les Cinq Piliers de l’islam et leur sens initiatique", Albin Michel.

 

commentaires

Nous vivrons

Publié le 11 Octobre 2023 par Jean Mirguet dans Israël et Palestine

Récemment, le dessinateur, écrivain et réalisateur Joann Sfar, connu pour ses séries Le Chat du rabbin, publiait un dessin du symbole Haï associant deux lettres de l'alphabet hébreu, le het et le youd, qui signifie « vivre », « vivant », accompagné de ce message : « Nous vivrons ».

Dans un entretien édité dans le prochain numéro du Point, il revient sur ce message de vie, après les effroyables exactions commises contre Israël et ses habitants. Il pointe du doigt ceux qui choisissent de se taire ou qui, à force de contorsions verbales ignobles, tentent de justifier la barbarie des terroristes ayant égorgé des civils, y compris des bébés, par centaines, ce qui s’appelle un pogrom.

Joann Sfar rappelle qu’avant l'attaque du Hamas, Israël était tout entier opposé à Benyamin Netanyahou et manifestait toutes les semaines contre lui. En une journée, le Hamas a réussi à unir tout Israël derrière son gouvernement actuel.

Il rappelle des vérités historiques indiscutables et que, à l’encontre de ce qui s’entend, chez les jeunes en particulier, « qui s'imaginent que Gaza est occupé par des Israéliens, il n'y a pas un seul Israélien à Gaza depuis 2006. Le Hamas est un mouvement islamique financé par l'Iran et dirigé par des gens qui se trouvent au Qatar. Il a pris le pouvoir à Gaza en abattant une centaine de chefs du Fatah, l'autorité palestinienne.

Depuis cette époque règne à Gaza un ordre qui relève de l'État islamique : on jette les homosexuels des toits, les opposants sont tués et traînés derrière des poteaux et les milliards que donne la communauté internationale pour les Palestiniens vont dans les caisses du Hamas pour construire des tunnels et acheter des armes plutôt que pour construire des hôpitaux, des écoles… Que l'on soit clair : le but du Hamas n'est pas la création d'un État palestinien, c'est l'extermination de tous les Juifs d'Israël. Face à ce projet, il est évident que les Israéliens doivent se défendre. Aujourd'hui, ce que l'on peut constater, c'est que la paix vient de reculer de vingt ans, et c'est tragique.

Si notre jeunesse est solidaire de la cause palestinienne et si elle souhaite qu'il y ait un jour un État palestinien, dans ce cas-là il faut réhumaniser les deux partis et il ne faut pas excuser les crimes du Hamas qui sont au-delà du terrorisme. Quand on viole des jeunes femmes et qu'on exhibe leurs cadavres, quand on va chercher une vieille dame, qu'on l'abat à bout portant et qu'on poste le cadavre sur son Facebook, quand on enlève des enfants et qu'on les maltraite… on est dans quelque chose qui est de l'ordre des pires crimes de guerre ».

Le week-end dernier Joann Sfar diffusait un message dans lequel il affirmait que  « celles et ceux qui, depuis des années, ouvrent les bras au Hamas et à ses alliés sont les ennemis déclarés de la Palestine et d'Israël. Ils ont sur les mains le sang des pogroms ».

A la question de savoir si, après les attentats de Mohammed Merah à Toulouse en 2012, puis ceux contre Charlie Hebdo en 2015, quelque chose avait changé dans l’opinion publique, Joann Sfar répond qu’ « il y a une immense lâcheté collective ». « Quand en 2014, il y a eu cette manifestation près de la Bastille, qu'une synagogue a été attaquée aux cris de « mort aux juifs » dans la rue et qu'après on a interrogé Jean-Luc Mélenchon à ce sujet,  il a répondu : « Je n'ai rien entendu, il ne s'est rien passé »… Il y a toute une part de la société française qui, pour plusieurs raisons, refuse de s'exprimer sur cette question, de condamner clairement ».

Pour lui, alors que les juifs représentent moins de 1 % de la population française, plus de 40 % des agressions racistes violentes sont commises contre eux. « On s'est résigné à ça. La haine des juifs est multiple et il ne faut pas me faire croire que la haine qu'exprime le Hamas aujourd'hui relève du projet territorial palestinien. C'est une haine exterminatrice qui prend ses origines dans le fanatisme religieux. J'ajoute que les gens qui veulent que l'on confonde l'Islam, le monde arabe et de l'autre côté le Hamas et les mollahs, ce sont eux les islamophobes, ce sont eux les racistes anti-arabes. Le Hamas est le plus grand ennemi de la Palestine ».

Il précise que s’il a publié ce Haï, c’est en référence à « l'hymne d'Israël : « Am Yisrael chai », qui signifie « Israël survivra ». Et depuis la création de l'État hébreu, la seule chose que demandent les Juifs, c'est de survivre. Il faut savoir que les gens qui ne veulent pas de juifs en Israël ne veulent pas non plus de juifs en dehors d'Israël. Je pense que là où ils souhaitent que l'on soit, c'est sous la tombe. On leur répond : pas tout de suite ».

En ne condamnant pas clairement la barbarie du Hamas, Mélenchon et ses affidés Panot et Bompard, rejoints par le marginal Besançenot, ne peuvent prétendre représenter la gauche. Ils ont commis une faute morale impardonnable. Même si « le sang sèche vite » comme le formulait De Gaulle, il faudra ne pas oublier les propos de ces activistes qui se revendiquent de gauche en mettant sur le même plan Israéliens et Palestiniens, à un moment où il n'est pas décent de le faire. Là également, le devoir de mémoire doit s’imposer.

Il ne faudra pas oublier non plus cette marionnette grandeur nature d'un banquier juif ressemblant à Emmanuel Macron, qui était portée lors d'une manifestation parisienne, de l'Opéra à Bastille, à l'appel de La France insoumise le 5 mai 2018 : un nez crochu, des doigts crochus pour attraper d'autres dollars que ceux qui dépassaient déjà des poches de son costume... L'étonnant, c'est que cette mise en scène antisémite ne fit pas scandale.

Quand l’antisémitisme de ceux qui se proclament « de gauche », camouflé sous la langue de bois et la lâcheté des déclarations, fera-t-il scandale ?

Il faut condamner cette attaque sans ambiguïté et avec la plus grande fermeté, et, en même temps, comme le souligne le géopolitologue Dominique Moïsi,  se poser la question des origines de cette sauvagerie.

Mais analyser la cause n'est pas justifier l'action.

 

 

 

 

 

 

 

commentaires

Le wokisme ou la bêtise en action

Publié le 22 Août 2023 par Jean Mirguet dans Racisme et antisémitisme

La Revue des Deux Mondes consacre son numéro de l’été au « Bêtisier du wokisme », un dossier drôle, impertinent, irrespectueux, provocateur, à l’envers de la mode woke, cette police du langage et de la pensée, dépourvue de toute forme d’humour, assénant des certitudes et s’érigeant en parangon de vertu.

Ce numéro réjouira tous ceux à qui le puritanisme, la pudibonderie, le dogmatisme donnent de l’urticaire !

Pour Jean-François Braunstein et Pascal Bruckner qui en sont les contempteurs parmi les plus qualifiés, le wokisme est l’alliance des Verdurin et des Trissotin.

« Dépourvu d’espérance, d’humour et de rigueur intellectuelle, le wokisme se sait sans avenir. Condamné à la médiocrité par ses prémisses, c’est devenu une secte animée par l’énergie du désespoir, qui n’attire que les conformistes et n’impressionne que les esprits faibles. Pour perdurer malgré son échec annoncé, elle a besoin de construire un récit universel dans lequel les mâles blancs hétérosexuels, institués malédiction de l’histoire du genre humain, portent la faute de tout. Elle aura le temps, avant de finir dans dix ou vingt ans, de faire des dégâts considérables. Ceux-ci affecteront le progrès scientifique, l’intelligence politique, la bienveillance et la politesse entre les personnes, la transmission du savoir, le sens commun, la pertinence des débats, et la paix sociale ».

 

Les propositions du wokisme sont fondées sur l’appartenance à une communauté et partent toujours de la domination raciale et sociale, celle du mâle blanc uniquement, qui détermine sa vision d’ensemble.

L’histoire ne fait pas partie de ses codes puisqu’elle est écrite par les dominants. Il faut donc l’effacer. Autant dire que c’est le degré zéro de l’héritage qui appelle à récrire les œuvres et à partir à l’assaut de notre patrimoine culturel.

Annuler l’Autre, exalter le Même, refuser de débattre : c’est leur tendance assumée.

Il est pathétique de voir la gauche radicale et identitaire adopter le wokisme comme gilet de sauvetage alors que le naufrage la guette.

 

Puisque les wokistes se prétendent « éveillés », JF Braunstein propose de les renommer « éveillistes » qui restitue l’aspect secte. P. Bruckner, quant à lui, choisit le terme de « vigilantistes », à l’image de l’ultra-gauche et d’Edwy Plenel qui se veut un « vigilant ».

Quelque terme qu’on utilise pour les nommer, une évidence s’impose : le wokisme est un snobisme d’élites blanches, de blancs riches animés par la haine des Blancs.

commentaires

Leon Lewis, l'homme qui a vaincu les nazis à Hollywood.

Publié le 22 Mai 2023 par Jean Mirguet dans Cinéma

Dans une Amérique affaiblie par la crise de 1929, poreuse aux idées fascistes et antisémites, l’arrivée d’Hitler au pouvoir a galvanisé les groupuscules nazis américains. Ceux-ci n’ont qu’un but : faire vaciller la démocratie américaine. Leur moyen d’y parvenir ? Hollywood, la plus grande machine de propagande au monde. Un homme, pourtant, va s’employer à déjouer leurs plans : Leon Lewis. Huit ans durant, à la tête d’un réseau d’espions amateurs, cet avocat juif sera prêt à tout pour sauver son pays de la menace nazie.

Ce documentaire de 52 minutes, inédit, écrit, réalisé et dessiné par Olivier Mirguet sera diffusé dimanche prochain 28 mai, à 22h50 sur France 5

Une production Ex Nihilo, avec la participation de France Télévisions, année 2022.

Merci à tous ceux qui ont accompagné ce projet longue durée : David Coujard Emmanuel Migeot Louis Castro Flo Platarets JB Equal Brothers Yann Mallard Matteo Locasciulli Stéphanie Garnes Bruno Masi Steve Ross Guillaume Bérard et toute l'équipe de Agat films - Ex nihilo

 

commentaires

Un bruit de casseroles

Publié le 9 Mai 2023 par Jean Mirguet dans Politique

Peut-être déplorez-vous comme moi la manière dont une majorité de médias relaie sans vergogne les slogans de l’opposition, que ce soit celle de la gauche radicale ou celle de la droite populiste et réactionnaire : les Français sont « en colère », « révoltés » par un « déni de démocratie ». La légitimité des élus est opposée à celle de la foule, de la « rue », du « peuple », pendant que des manifestants font du bruit en tapant sur du vide, avec le soutien de casseroles devenues l’emblème de la gauche. A la radio, à la télévision sont privilégiés les témoignages de personnes hostiles à la réforme. Quant aux violences en marge des manifs, elles sont essentiellement policières.

Il devient très compliqué de dénicher une presse qui sache résister aux sirènes et aux délires idéologiques. Depuis maintenant plusieurs années, Le Monde a abandonné son exigence éditoriale de centre gauche ; quant au service public, il est bien en peine de proposer une information sans filtre idéologique. À l’objectif d’informer s’est substitué celui de racoler et de faire le buzz.    

Pourtant, nombreux sont les citoyens qui aspirent à une information les éclairant sans les manipuler, qui attendent des réflexions croisées, plurielles, rendant compte de la complexité du monde, qui souhaitent des politiques éditoriales respectueuses des grands principes de la démocratie, de la République, du processus européen.

Plutôt que d’évoquer la « crise de la démocratie », expression devenue en quelques semaines le poncif le mieux partagé dans notre pays, ne serait-il pas plus juste d’invoquer une crise de la médiacratie donnant naissance à son rejeton, la médiocratie ?

Infantilisée par les radicalités, l’opinion se laisse de plus en plus contaminée par ce que l’écrivain et journaliste Kamel Daoud appelle la « puérilocratie », « ce jeu dangereux des médias se cherchant une parenté amoureuse avec la casserolade »

-------------------

A rebours du bavardage de maints commentateurs reconvertis en directeurs de conscience, je propose à votre lecture cet éditorial de Luc de Barochez, rédacteur en chef du service Monde du Point. Il l’a intitulé « Le misérabilisme performatif français ».

La performativité, c’est quand dire, c’est faire, sport auquel se livrent les grognons et les défaitistes qui, joignant le geste à la parole, décrédibilisent toute action réformatrice en s’évertuant à tenir des discours catastrophistes sur le pays.

 

Le « misérabilisme performatif » français

Par Luc de Barochez

Le Point 09/05/2023

 Le peuple le plus pessimiste au monde s’abuse sur l’état réel du pays. La fin officielle du Covid vient d’en donner un nouvel exemple.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de proclamer, le 5 mai, la fin de l'état d'urgence sanitaire liée au Covid-19. Mesure-t-on bien la rapidité avec laquelle la pandémie, grâce au vaccin, a été endiguée ? Les Français reviennent de loin. En 2020, ils étaient le peuple le plus pessimiste au monde sur l'efficacité attendue du sérum, selon une étude internationale alors réalisée par Ipsos. Seule une minorité (48 %) pensait qu'il finirait par vaincre le virus. Ils n'étaient même que 16 % à juger probable un retour à la normale après le Covid !

Il faut se souvenir de ces données pour mesurer la profondeur de la dépression française, ce mélange de mélancolie et d'autodénigrement identifié de longue date mais qui ne cesse de s'aggraver. Ce printemps, quelque 72 % des personnes interrogées par l'Ifop pour le JDD se disent pessimistes sur l'avenir de la France, un taux en progression spectaculaire de 16 points par rapport à 2021.

Un maître de conférences à Sciences Po Paris, Alexander Hurst, vient de raconter dans The Guardian une expérience éclairante à laquelle il s'est livré avec ses étudiants. Il leur a présenté un graphique indiquant le niveau d'inégalités des pays développés, en omettant leurs noms. Les élèves ont identifié sans difficulté les Etats-Unis, en tête des riches démocraties les plus inégalitaires. Ils se sont en revanche trompés sur la France, qu'ils ont positionnée près de l'Amérique alors qu'elle figure en réalité dans le bas du tableau, non loin des pays scandinaves.

De fait, l'Hexagone est plus égalitaire que l'Allemagne, la Suisse ou l'Italie. Le coefficient de Gini, qui mesure le taux d'inégalité, en fait foi. Il est même meilleur aujourd'hui en France qu'il ne l'était pendant les Trente Glorieuses, cette période à croissance économique forte (1945-1973) pendant laquelle le pays était plus sûr de lui, mais moins bien loti et plus inégalitaire qu'aujourd'hui. L'enseignant de Sciences Po en tire une leçon capitale : un « incroyable décalage » sépare la réalité du discours hyperbolique et catastrophiste que la France tient sur elle-même. Ce « misérabilisme performatif », selon son expression, alimente la nostalgie du « c'était mieux avant » qui fait le jeu des extrêmes à droite comme à gauche et décrédibilise l'action réformatrice du politique.

Performance environnementale

La France n'est certes pas un paradis ! Sa dette publique, qui ne cesse de grossir malgré les prélèvements obligatoires les plus lourds d'Europe, en témoigne. L'état de son système éducatif, aussi. Mais elle n'est pas non plus l'enfer que beaucoup de ses habitants imaginent. Septième puissance économique mondiale, elle est un pays où, même après la réforme, les travailleurs pourront partir à la retraite plus tôt que n'importe où ailleurs en Europe, où le taux de fécondité est le plus élevé du continent, où l'espérance de vie à la naissance figure parmi les meilleures, où le chômage structurel qui perdure depuis un demi-siècle est en voie d'être vaincu, où l'écart des salaires entre hommes et femmes est parmi les plus bas et continue à diminuer.

La performance environnementale de la France, selon l'indice calculé par l'université américaine Yale, la place au 12e rang mondial, devant – excusez du peu – le Japon, l'Italie, l'Allemagne ou les Etats-Unis. Elle est l'un des pays qui ont le mieux négocié leur transition numérique et où le coût de l'Internet mobile est le plus bas. Elle est, pour la troisième année consécutive, le pays européen qui attire le plus d'investissements étrangers. Elle est même, selon le blog spécialisé Fipaddict, le seul grand pays européen où le pouvoir d'achat a augmenté pendant la crise sanitaire, pour s'établir fin 2022 à 1,5 % au-dessus de son niveau de 2019. Bref, une puissance moyenne qui n'a pas à rougir.

D'où vient alors ce déficit de bonheur qui ne cesse d'assombrir le moral des Gaulois réfractaires ? Il y a quarante-cinq ans, l'économiste Jean Fourastié, l'auteur des Trente Glorieuses (Fayard, 1979), pointait déjà les dépenses sociales élevées mais inefficaces, l'incapacité à organiser un dialogue social digne de ce nom, la rigidité du droit du travail, la grande fragilité du commerce extérieur. Le jugement reste valable. On pourrait y ajouter l'angoisse devant une mondialisation qu'on peine à appréhender, la frustration devant un État nounou de plus en plus impotent, et surtout la crainte du déclassement, qui se nourrit justement de la conscience de sa situation privilégiée. C'est quand on est nanti qu'on a le plus а perdre.

 

 

commentaires

L’humeur du jour : des opinions en place de critères

Publié le 18 Avril 2023 par Jean Mirguet dans Le malaise

Je vous propose la lecture de ce passage, extrait de La tache, puissant roman de Philip Roth (1998), qui n’est pas sans évoquer notre actuelle République bien-pensante, éclairée par l’ultra-gauche et l’activisme écologique faisant fonction de Surmoi de notre Hexagone chéri, dans lequel la culture de la plainte semble ne plus avoir de limite.

Ernestine, sœur de Coleman, le personnage principal du livre :  « Du temps de mes parents, et encore du mien et du vôtre, les ratages étaient mis sur le compte de l’individu. Maintenant, on remet la matière en cause. C’est trop difficile d’étudier les auteurs de l’Antiquité, donc c’est la faute de ces auteurs. Aujourd’hui, l’étudiant se prévaut de son incompétence comme d’un privilège. Je n’y arrive pas, c’est donc que la matière pèche, c’est surtout que pèche ce mauvais professeur qui s’obstine à l’enseigner. Il n’y a plus de critères, monsieur Zuckerman, il n’y a plus que des opinions ».

commentaires
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>