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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

LE 17 NOVEMBRE, BLOQUONS LA CONNERIE !

Publié le 7 Novembre 2018 par Gwenael pour Carfree dans Politique


Un excellent texte publié le 29 octobre 2018 sur Carfree par Gwenael.

L’homme contemporain est prompt à s’indigner contre les taxes sur l’essence, les péages urbains, le prix de l’autoroute, la limitation des vitesses à 80 à l’heure, la multiplication des radars, la réduction des parkings et le prix de son heure, l’étroitesse et le mauvais état de la chaussée, ses virages prononcés et son encombrement par les piétons et les cyclistes, les tracteurs et les camions poubelles.

Il suffit d’une tôle froissée sur son véhicule, d’un retrait de point sur son permis, d’un piéton surgissant sans crier gare sur sa route, d’un feu trop rouge et d’une trop verte réprimande de la part du cycliste auquel il vient de causer la frayeur de sa vie pour qu’il crie au scandale d’état.

Et le voilà bientôt vomissant sa colère sur l’internette avec tous les fachos de France, menaçant de bloquer le pays, brandissant sa liberté de circuler en voiture comme le plus fondamental des droits, avant même celui de vivre dans un environnement sain, justement délivré de son vice de circulation motorisée qui fait de la vie quotidienne un enfer permanent, de l’aménagement du territoire une catastrophe sanitaire, sociale et géographique épouvantable et de ses fournisseurs de carburant, de bagnoles, de réseaux routiers et d’assurance des milliardaires fort contents qu’il s’en prenne au législateur plutôt qu’à eux-même.

L’homme contemporain est assurément affligé d’une grande bêtise – ou bien alors d’un masochisme à toute épreuve de ne pas voir ce qui se passe: qu’il sorte un peu de sa boîte à roulettes, qu’il reste un peu chez lui au lieu de participer à la mobilité sacrée. C’est à cause de lui que les services publics se concentrent et désertent les campagnes, à cause de sa passion pour la bagnole, de sa collaboration éhontée au système automobile que les industries polluent la terre entière et se moquent éperdument des marches pour le climat auquel il participe une heure par an quand il découvre l’usage de ses jambes.

Vraiment, cet homme contemporain, majoritairement automobiliste ne vaut pas la peine qu’on le plaigne de ses déboires de collabo.

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Le courage politique a-t-il encore la cote ? Ou « choisir de rester assis pour ne pas faire chavirer la barque ».

Publié le 12 Octobre 2018 par Jean Mirguet dans Politique

Dans Le Monde du jeudi 11 octobre, Jacques Attali affirme que pour éviter que le prochain Président de la République ne soit d’extrême-droite, il est de l’intérêt du pays que l’actuel Président de la République réussisse ... non pas à être populaire, ce qui caractérise l’homme politique mais à affronter les défis auxquels nous sommes confrontés, ce qui est la fonction de l’homme d’Etat.
Un politicien fera passer sa carrière politique et ses intérêts locaux avant de choisir l’intérêt général du pays, choix ô combien plus périlleux que ceux de Gérard Collomb ou son collègue Mathieu Klein, président socialiste du CG de Meurthe et Moselle, qui ont préféré rester dans leur province plutôt que courir le risque de participer au gouvernement de la France.
Dans un article de 2013 sur le courage politique, Salman Rushdie explique que ceux qui autrefois, à d'autres époques, auraient été célébrés pour leur originalité et leur indépendance d'esprit, s'entendent de plus en plus dire : "Assieds-toi, tu vas faire chavirer la barque".
Il est triste de constater que prendre des risques et ainsi, parfois, changer la manière dont nous voyons le monde, est devenu de plus en plus rare. Dans un climat de conformisme généralisé, le cynisme domine et la dissidence se fait de plus en plus exceptionnelle.
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Élection au Brésil. Appel aux psychanalystes français. « Non » à un régime autoritaire et fasciste.

Publié le 11 Octobre 2018 par Jean Mirguet dans Psychanalyse et psychanalystes

Chères Collègues, Chers Collègues
Les psychanalystes brésiliens réunis en collectif demandent le soutien des psychanalystes français et la plus large diffusion au document ci-joint.
Je me tiens à votre disposition pour out renseignement complémentaire.
Bien amicalement à vous,
Prado de Oliveira

Le mouvement d’articulation des entités psychanalytiques brésiliennes vient, au moyen de ce manifeste, déclarer sa grande préoccupation et lancer un signal de danger quant au destin de la démocratie dans le pays, courant grand risque d’être exterminée, comme elle le fut dans les camps de concentration au cours de la Deuxième Guerre Mondiale lors de l’Holocauste au nom d’une « race pure » issue du délire d’un leader mortifère, Adolf Hitler.

Nous connaissons la valeur des conquêtes d’une démocratie après avoir connu les geôles de la dictature.

Ainsi nous devons affirmer le droit à la parole, toujours respecté en démocratie, surtout lié à défense de la valeur du sujet, de ses recherches, de ses droits véritablement humains loin de la domination de la pulsion de mort. Nous venons réaffirmer notre souhait que le pays ne tombe fasciné par le fascisme. Nous ne pouvons pas nous taire, car nos armes viennent de la parole, alors que le fascisme impose le mutisme au moyen d’armes à feu et obéit à la pulsion de mort.

Nous sommes face au danger d’un régime que ne favorise en rien la vie, mais la mort et ses milliardaires. Nous savons que la répétition d’un régime militaire amène une loi insensée propre à la barbarie et à l’irrespect de la vie et des conquêtes de chaque brésilien.

Nous n’admettons en aucun cas que la religion puisse être le bras droit d’un régime politique. Nous soutenons la laïcité de l’état, sans aucune intervention de la religiosité de ses fonctionnaires. La religion et les religieux ne sont pas nos ennemis, mais la fonctionnarisation de la religion.

De même que nous luttons depuis vingt ans contre les tentatives de réglementation de notre profession, nous disons aujourd’hui « non » à un régime autoritaire et fasciste.

La démocratie nous permettra de corriger les erreurs liées à cette polarisation politique aveuglante et assourdissante qui menace la dignité et la vie citoyenne dans le pays. Nous clamons fort notre espoir que les brésiliens puissent garder leur conscience des conquêtes de la démocratie et osent affirmer leurs voix, en refusant le fascisme.

Aleph

Appoa

CEP de PA

Círculo Psicanalítico – RJ

Circulo Brasileiro de Psicanálise

Corpo Freudiano

Depto. de Psicanálise – SEDES SAPIENTIAE

Escola Brasileira de Psicanálise

Escola do campo lacaniano

Escola Lacaniana de Psicanálise

Escola Letra Freudiana

Febrapsi

Forum de Psicanalise do Inst. Sedes

Laço Analítico

Praxis Lacaniana

Sigmund Freud Assoc. Psicanalítica

Société de Psychanalyse Clinique  RJ

Tempo Freudiano         

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COMMUNIQUÉ : NON A L’ABANDON DU SANITAIRE AU SÉCURITAIRE EN PSYCHIATRIE

Publié le 9 Août 2018 par Jean Mirguet dans Psychiatrie

Paris, le 23/07/2018
 
 
Les organisations signataires, représentant usagers patients familles et professionnels de la Psychiatrie, tiennent à faire connaître leur totale opposition à la proposition du groupe de
travail sur les missions des ARS d'abandonner aux préfets le suivi des procédures de soins sans consentement.
 
Les ARS assurant un rôle sanitaire essentiel d'appui et d'intermédiaire avec les établissements hospitaliers, ce transfert de compétence conduirait de fait à faire passer la
loi de 2011 du registre sanitaire (relevant du ministère de la Santé) au registre sécuritaire (relevant du ministère de l’Intérieur), alors qu’il concerne des malades présentant des
troubles graves justifiant des soins sans consentement. Il s'agirait alors d'une régression historique sans précédent en France des relations entre les citoyens et leur administration
dans le domaine des soins, niant l'évolution de la discipline depuis le XIXème siècle au mépris de toute considération éthique.
Cette proposition, présentée comme anodine sur la base d'arguments de "tri" en matière de veille et de sécurité sanitaire, n'est pas sans rappeler des épisodes de triste mémoire voulant assujettir des décisions médicales aux prérogatives des préfets : combien de fois faudra-t-il rappeler, et notamment au ministère de l'Intérieur, que les malades mentaux ne sont ni des délinquants en puissance ni des terroristes radicalisés comme nous avons été amenés à le dénoncer à maintes reprises (articles 18 à 24 de la loi de prévention de la délinquance ou première version de la loi de 2011 sur les soins sans consentement, travaux sur la mise en place des cellules de prévention de la radicalisation) ?
Comment ne pas voir aussi dans le décret du 23 mai 2018 concernant l'utilisation d’HOPSYWEB la même intentionnalité désormais au grand jour de la part des préfectures de disposer d’un regard direct sur la situation des personnes hospitalisées sans consentement et de faire ainsi des professionnels, médecins et équipes soignantes, ainsi que des administrations hospitalières leurs subordonnés dans un rôle de supplétifs d’une administration chargée ouvertement d'une forme de contrôle social.
Une fois encore est à l’œuvre l'instrumentalisation de la psychiatrie, à laquelle on sait à cette occasion assigner un rôle auquel elle s'est toujours refusé, et dont les prémices s’inscrivaient déjà dans la feuille de route du 28 juin 2018. Les discours officiels regorgent des termes de démocratie sanitaire, de citoyenneté, de bienveillance, de bien être mental et l'on se gargarise de méthodes de déstigmatisation alors que dans le même temps œuvre sans férir le déploiement d’une logique sécuritaire décomplexée.
C'est pourquoi les organisations signataires tiennent à affirmer solennellement leur détermination à s'opposer avec force à une proposition dont chacun devrait mesurer l'atteinte qu'elle représente pour les libertés individuelles dans le pays qui se veut celui des droits de l'Homme.
 
Marc BETREMIEUX
Président du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH)
Rachel BOCHER
Président de l'Intersyndicale des Praticiens Hospitaliers de France (INPH)
Jean-Jacques BONAMOUR DU TARTRE
Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP)
Jacques BORGY,
Secrétaire général du Syndicat National des Psychologues (SNP)
Stéphane BOURCET
Président de l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP)
Michel CLAUDON
Président de la Conférence Nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers Universitaires
Michel DAVID
Président de l’Association des Secteurs de Psychiatrie en Milieu Pénitenciere de Psychiatrie (ASPMP)
Claude FINKELSTEIN
Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers en Psychiatrie (FNAPSY)
Thierry GODEAU
Président de la Conférence Nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers
Pascal MARIOTTI,
Président de l’Association des Etablissements du service public de Santé Mentale (AdESM)
Gladys MONDIERE et Benoit SCHNEIDER
Co-président de la Fédération Française des Psychologues et de la Psychologie (FFPP)
Christian MULLER
Président de la Conférence Nationale des Présidents de Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers Spécialisés
Annick PERRIN-NIQUET
Présidente Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des Pratiques en Psychiatrie (CEFIP)
Marie-Jeanne RICHARD
Présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (UNAFAM)
Norbert SKURNIK
Président de la Coordination Médicale Hospitalière (CMH)
Michel TRIANTAFYLLOU
Président du Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP)
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 Français, encore un effort si vous voulez être Républicain 

Publié le 7 Août 2018 par Jean Mirguet dans Politique

                  Après une deuxième quinzaine de juillet animée par le feuilleton Benalla, alimenté en particulier par le journal Le Monde, ce-dernier paraît retrouver un peu de hauteur de vue et ses esprits. 

                  En effet, après 15 jours durant lesquels ce quotidien a entretenu le suspens et l’hystérie autour de «  l’affaire Benalla », n’hésitant pas à se transformer en journal d’opinion, - orienté par définition -, et publiant des articles  le plus souvent à charge contre Macron et la « Macronie », il paraît, depuis le début de ce mois, revenir à un certain pluralisme d’opinions. 

                  Que peut-on retenir de ce qui s’est passé ? Cette piteuse histoire qui commence déjà à se dégonfler ne va-t-elle pas faire tout simplement pschitt ? 

                  Lors du dernier week-end de juillet, le quotidien publiait une interview de Philippe Raynaud, professeur de sciences politiques à Paris II- Panthéon – Assas et, sur la même page, une tribune du linguiste Raffaele Simone.

                  Si P. Raynaud expliquait qu’il n’y avait pas d’affaire d’Etat puisque ce dernier n’avait pas commis d’acte délictueux, R. Simone jugeait que « le président ne donne pas l’impression d’aimer le peuple » (sic !).

                  Deux manières diamétralement opposées de diagnostiquer cet épisode, l’une s’appuyant sur une argumentation objective, lucide, débarrassée de la bouillabaisse émotionnelle qui nous a été infligée quotidiennement depuis le 18 juillet, l’autre naviguant dans les eaux troubles de la subjectivité et n’hésitant pas à colporter des inexactitudes et des jugements approximatifs ôtant tout crédit au propos.

                  Force est de reconnaître que cette faute regrettable  (on attend d’ailleurs que les tribunaux la prouvent) d’un chargé de mission est arrivée à un moment béni pour les antiMacron inconditionnels puisque, en ce début d’été, tout paraissait sourire à Macron, spécialement au lendemain de la victoire des Bleus. On vit alors les Mélenchon, Le Pen, Faure, Ciotti prêts à s’unir dans une pathétique célébration du mariage de la carpe et du lapin, alliance de circonstance de ceux qui n’ont toujours pas avalé les résultats de l’élection présidentielle 2017. Logiquement, le 31 juillet, les motions de censure déposées contre le gouvernement étaient rejetées, en particulier celle du PS-LFI-PC (comme quoi, ainsi que l’avait ironisé Raymond Barre en son temps, l’union de la gauche ne peut pas être qu’une union parlementaire et celle de cette fin juillet n’était qu’un leurre).

                  Pour P. Raynaud, la dramatisation médiatique s’est révélée excessive, « le ton inimitable de componction, de sérieux et de moralisme du Monde  donnant à cette affaire un goût de moraline », selon le terme inventé par Nietzsche pour désigner par dérision la morale bien-pensante.  

                  Grâce à la moraline, produit pharmaceutique imaginaire permettant de donner une bonne moralité,ceux qui l’ont absorbée ont pu croire qu’était entrain de se réaliser  la convergence des luttes, tant souhaitée par la CGT et LFI !

                  Comment déchiffrer la fonction de ce vacarme ? 

                  Emmanuel Macron l’explicite dans sa Révolution : « Le système s’est organisé pour protéger l’ordre existant. Même ceux qui le dénoncent se satisfont de leur dénonciation, ne souhaitant pas réellement le perturber. Ce qui existe – et qui pourtant ne satisfait personne – est tenu, sans examen, pour meilleur que ce qui peut advenir. C’est une France des situations acquises et des rentes garanties, statutaires, financières, intellectuelles  (…) Nous devons changer de logique profonde et refonder nos manières de penser, d’agir et de progresser». 

                  Presse et milieux politiques confondus ont décidé de faire payer cher à ce jeune Président sa prétention à transgresser les codes et les usages, à bousculer les habitus confortables. 

                  « Vous n’avez pas voulu que nous continuions à vous faire la loi, mais nous allons continuer à vous faire la morale », tel semble être le message, écrit Brice Couturier dans Macron, un président philosophe.

                  Nul doute que certains, parmi les medias et les hommes politiques, ont été (et le sont toujours) au bord de demander la démission du Président de la République puisque pour eux, il ne fait pas de doute que ce médiocre fait divers Benalla était une affaire d’Etat voire un Watergate à la française (dixit Mélenchon qui ne craint jamais l’outrance !). 

                  Le moment venu, les juges diront si le collaborateur de Macron est fautif et quelle peine il encourt mais on aurait souhaité que, lors de ce feuilleton de juillet, presse (Le Monde plus particulièrement) et politiques confondus gardent un peu plus la tête froide et n’entonnent pas le couplet populiste de la République au bord du gouffre !

                  Comme l’écrit Georges Kiejman dans une tribune du Monde, la seule question qui vaille est celle de se demander si la République était menacée par le dérapage de M. Benalla et s’il n’y a rien à dire sur les vrais sujets (Brexit, populismes, famine en Afrique, réchauffement climatique, migrants, etc., etc.), au point d’en arriver aux déclarations calamiteuses autour de cet employé de la Présidence, en espérant atteindre et salir le Président de la République.

                  Que l’on cesse d’évoquer le Watergate, les « barbouzes » (si bien tolérées du temps de De Gaulle, à l’époque du SAC.), écrit l’avocat, il y a tant de sujets sur lesquels on aimerait entendre des opposants de qualité et de bonne foi tenir des propos constructifs, plutôt que sombrer dans le marais politicien de l’Hexagone.

                  En cette période caniculaire qui ne nous annonce rien de bon pour les prochaines décennies et qui échauffe les esprits,  il serait temps de retrouver un peu de dignité et de cesser de souiller le mot précieux de République. 

                  «Français, encore un effort si vous voulez être Républicain».

 Français, encore un effort si vous voulez être Républicain 
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1998 – 2018 : les individus historiques

Publié le 16 Juillet 2018 par Jean Mirguet dans Politique

Vingt ans après son exploit de 1998, l’équipe de France de foot réédite sa prouesse : elle est devenue championne du Monde de foot.

1998 – 2018 : deux dates, deux moments de l’histoire du sport voire de l’Histoire tout court. Il suffit d’écouter les supporters saluer ce lien pour se convaincre que, au-delà, du caractère sensationnel de ces performances, cet anniversaire célèbre quelque chose d’essentiel de ce qui fait exister notre société et sa culture : dans un article récent paru dans Le Débat, Marcel Gauchet écrit qu’une « société n’existe qu’à partir du moment où elle est capable d’assurer la continuité de sa culture et l’identité de son organisation au-delà du renouvellement de ses membres, qui naissent et meurent ». 

Autrement dit, pour garantir sa perpétuation, une société doit entrer dans l’histoire et savoir, comme l’indique Paul Ricoeur, « faire mémoire de toutes les traditions qui s’y sont sédimentées ». 

 

C’est pourquoi, je ne suis nullement choqué quand le Président de la République exulte avec les Bleus, contrairement aux anti-Macron habituels dont la mauvaise foi systématique leur fait voir une tentative de récupération (de quoi auraient-ils rendu Emmanuel Macron responsable si  nos valeureux joueurs avaient perdu ?). 

 

Alors que ces dernières années, l’histoire a été  politiquement prise en otage et instrumentalisée (cf. l’histoire procoloniale et celle de la repentance, l’histoire identitaire et celle multiculturelle, etc…), Macron n’a pas manqué de rappeler que le roman national n’a pas à être écrit (sous forme « réactionnaire » ou sous forme « progressiste ») par les pouvoirs exécutif ou législatif et qu’il revient au Président de la République de réconcilier les mémoires, dans le but de réunir les Français autour de grandes ambitions communes. 

C’est ce qui se passe dans les moments de circonstances exceptionnelles puisque c’est là, insiste Macron, que « tout devient possible » et que naissent, selon Hegel, « lesindividus historiques ».

« Les individus historiques  sont ceux qui ont dit les premiers ce que les hommes veulent. Il est difficile de savoir ce qu'on veut. On peut certes vouloir ceci ou cela, mais on reste dans le négatif et le mécontentement : la conscience de l'affirmatif peut fort bien faire défaut. Mais les grands hommes savent aussi que ce qu'ils veulent est l'affirmatif. C'est leur propre satisfaction qu'ils cherchent : ils n'agissent pas pour satisfaire les autres. S'ils voulaient satisfaire les autres, ils eussent eu beaucoup à faire parce que les autres ne savent pas ce que veut l'époque et ce qu'ils veulent eux-mêmes. Il serait vain de résister à ces personnalités historiques parce qu'elles sont irrésistiblement poussées à accomplir leur oeuvre. Il appert par la suite qu'ils ont eu raison, et que les autres, même s'ils ne croyaient  pas que c'était bien ce qu'ils voulaient, s'y attachent et laissent faire. Car l'oeuvre du grand homme exerce en eux et sur eux un pouvoir auquel ils ne peuvent pas résister, même s'ils le considèrent comme un pouvoir extérieur et étranger, même s'il va à l'encontre de ce qu'ils croient être leur volonté » (Hegel, cité par Brice Couturier, Macron, un président philosophe).

 

Je veux bien croire que, hier, dans les vestiaires des Bleus à Moscou, Macron et, autour de lui, les Deschamps, Mbappé, Griezmann, Pogba, Pavard, Umtiti, etc… n’ont pas oublié cette leçon de Hegel et deviendront, s’ils ne le sont déjà, ces individus Historiques hégéliens.

Et, peut-être, nous font-ils apercevoir, ce que serait le « nouveau monde » …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La psychiatrie publique est devenue un enfer

Publié le 14 Juin 2018 par Daniel Zagury dans Psychiatrie

Dans une tribune au « Monde » du 12/06/2018, Daniel Zagury, psychiatre et psychanalyste, chef de service dans un hôpital psychiatrique de Seine-Saint-Denis, dénonce l’état de délabrement des soins psychiatriques. Il appelle à remettre les professionnels au centre du jeu.

A force d’être annoncé, le désastre de la psychiatrie publique se déroule sous nos yeux. Les pouvoirs publics seraient bien avisés d’en prendre la mesure, car ce n’est probablement que le premier soubresaut d’une lente agonie par asphyxie économique, mais aussi par abandon, car la dimension budgétaire n’est pas seule en cause.

Au regard de l’histoire de la psychiatrie française, comme au regard de la force de la vocation de ceux qui choisissent de venir en aide aux plus vulnérables, qui sont souvent les plus démunis, on peut gager que les soignants en psychiatrie ne quitteront pas silencieusement le navire en perdition et qu’ils feront connaître, par tous les moyens, l’état de délabrement honteux du soin en psychiatrie publique.

L’insatisfaction professionnelle n’est pas le pire. Il faut y ajouter la honte de ce qu’ils sont contraints de faire chaque jour, la culpabilité de tourner le dos au métier qu’ils avaient choisi, la rage de constater la surdité et l’aveuglement des puissances tutélaires qui ne les protègent plus, mais se retournent contre eux, souvent avec cynisme et cruauté. Ils savent que c’est à eux que l’on imputera le moindre incident, alors même qu’ils dénoncent des conditions d’activité globalement dysfonctionnelles.

On récuse ce qu’ils éprouvent. On nie ce qu’ils dénoncent. Ainsi, leur souffrance n’est pas légitime puisque les indicateurs ne seraient pas alarmants ! L’hôpital fictionnel s’est totalement coupé de l’hôpital réel. A force de cracher des injonctions normatives, des guides de bonnes pratiques, des recommandations, des protocoles dont tous les soignants savent qu’ils sont inapplicables, voire parfois franchement ridicules, la bureaucratie s’est interdit à elle-même d’y comprendre quoi que ce soit.

Faut-il, dans la plus pure logique consumériste, donner un questionnaire de satisfaction au malade scandaleusement contentionné pendant plusieurs jours aux urgences de l’hôpital général, faute de place en service de psychiatrie ?

Citoyens vulnérables maltraités

Bien sûr, ce n’est pas le même désastre partout. Il y a encore quelques dispositifs soignants qui survivent péniblement, héritiers du formidable mouvement qui a accompagné la fin de l’asile pendant plus d’un demi-siècle. Et il y a encore des directions solidaires de leurs agents, tout aussi impuissantes d’ailleurs. Mais il faut avoir le courage de regarder la vérité en face, comme le contrôleur des lieux de privation de liberté vient de nous le rappeler.

Aujourd’hui en France, on abuse outrageusement de l’isolement et de la contention. Toutes les unités sont saturées et le dispositif global du soin est désarticulé. Le psychotique agité encombre les urgences. On presse le psychiatre de garde de l’hospitaliser. Il n’y a pas de lit disponible. On l’attache, parfois plusieurs jours, le temps qu’une place se libère. Les cadres infirmiers s’invectivent. Les médecins se disputent. Les patients sont catapultés, parfois sans le minimum de bilan clinique et biologique exigible. Le contexte n’est pas propice à la lucidité diagnostique. Des erreurs médicales graves sont commises.

N’importe quel administrateur ou psychiatre de garde vous le confirmera : c’est devenu l’enfer. Si l’hôpital est saturé, les centres d’accueil sont trop encombrés pour recevoir les malades dans des délais raisonnables. Les files actives des centres médico-psychologiques enflent démesurément, diminuant la fréquence du suivi, facilitant les rechutes. L’interne de garde passera plus de temps à chercher un lit, ce qui porte le joli nom de bed management, qu’à écouter le patient. Quant aux accompagnements, aux sorties, aux temps d’échanges qui humanisent le soin, il faut y renoncer.

Il serait trop long d’analyser ici toutes les erreurs successives accumulées jusqu’à ce que ce qui a été ​annoncé tant de fois dans l’indifférence se produise. La maladie de la psychiatrie relève de la polypathologie, et son traitement ne consistera pas en un remède unique. La rupture du contrat social entre le pays et sa psychiatrie publique n’a pas seulement des causes financières. Je me contenterai de souligner deux points avec force.

Il faut redonner aux soignants la vraie place qui est la leur. L’une des singularités de la psychiatrie est que chacun croit pouvoir en donner une opinion avisée. La psychiatrie doit être faite et défaite par tous, clamait Roger Gentis, dans l’élan de l’antipsychiatrie. Son vœu a été réalisé, mais de façon pervertie. La psychiatrie appartient aujourd’hui aux gestionnaires, aux économistes de la santé, aux juges, aux laboratoires pharmaceutiques, aux professionnels du fait divers, aux politiques...

Qu’on laisse une place à ceux qui en ont fait leur métier et qu’on écoute leurs doléances et leurs propositions. Ils ne se plaignent pas aujourd’hui de leur salaire, mais de la façon dont sont maltraités les citoyens les plus vulnérables au pays de Pinel et d’Esquirol.

Réconcilier le pays avec les malades et les soignants

Il faut limiter la bureaucratie aveugle dont le langage mécanique a métastasé jusque dans les esprits de certains soignants. N’a-t-on pas systématiquement voulu transformer les cadres infirmiers en manageurs ? En ne parvenant plus à penser ce qu’il advient au niveau des lieux de soins, entre les soignants et dans la relation soignants/patients, on s’interdit de comprendre, donc de réagir de manière ajustée.

En croyant que des schémas venus d’en haut vont miraculeusement s’adapter harmonieusement à la réalité de terrain, on ne fait que précipiter la catastrophe. Est-ce trop demander à nos contrôleurs, nos superviseurs, nos décideurs de quitter leurs bureaux pour venir voir comment nous travaillons et dialoguer avec nous ? Ont-ils à ce point peur de constater le gouffre entre leurs graphiques et la réalité vivante des services ?

 

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Les Beatles

Publié le 12 Juin 2018 par Jean Mirguet dans Musique

Le dernier sujet d’Olivier Mirguet pour Personne Ne Bouge sur Arte...sur les traces de John Winston Lennon à Liverpool. Avec Len Garry, un des premiers Beatles.

Pour retracer l'histoire de l'un des personnages publics les plus célèbres du XXe siècle ("Les Beatles sont plus connus que Jésus Christ", avait-il soutenu avec cet art de la formule cinglante qui le caractérisait), Personne ne bouge ! remonte le cours du temps et du fleuve Mersey. Direction Liverpool, où le futur rockeur naquit en 1940, dans un paysage dévasté par les bombardements. Aujourd'hui, la ville vit toujours au rythme des Fab Fours, un pied dans la modernité, un autre dans les années 1960… Parti d'une cité ouvrière alors connue pour son club de football, John Lennon a dominé le monde de la pop de 1963 à 1980. Retour sur la vie du plus incontrôlable des Beatles qui a fait de son art la fascinante bande originale d’une époque.
 

A voir en intégralité en replay ici : https://tinyurl.com/y8rchaoh

Les Beatles
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LES AVENTURES PALPITANTES DES PIEDS NICKELÉS À WOINCOURT

Publié le 6 Avril 2018 par Jean Mirguet

 

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Publié le 4 Avril 2018 par Jean Mirguet dans Poésie

INVITATION

 

Rencontre avec Dominique CHIPOT et Marie-Ange MIRGUET

 

le vendredi 13 avril à partir de 17h30

 

Librairie Le Quai des Mots

4 Place du Général de Gaulle à Epinal

 

 

Autour du haïku –forme japonaise de poésie brève de l’instant et de l’émotion-  nous échangerons à propos de deux recueils parus cette année aux éditions Pippa : Le goût des bergamotes et Au rythme du chat.

Soyez les bienvenus et n’hésitez pas à diffuser l’invitation à vos proches.

Amitiés

Marie-Ange 

 

 Le goût des bergamotes     

 http://pippa.fr/Le-gout-des-bergamotes

Un recueil réunissant seize haïkistes qui ont participé aux ateliers d’écriture conduits par Dominique Chipot à Nancy pendant une dizaine d’années.  Cet ouvrage est le fruit d’une sélection collective des textes, et garde ainsi la trace de ce travail de longue haleine né d’une passion et d’une émulation communes.

 

Au rythme du chat –  De Dominique Chipot 

http://pippa.fr/Aurythme-du-Chat 

Une fois de plus Dominique Chipot nous livre ses meilleurs haïkus sur un des complices préférés de l’homme : le chat. Ces félins, source d’inspiration de Joëlle Ginoux-Duvivier, se promènent sur les pages en rythmant de leurs queues un tempo poétique.

 

 

Pour en savoir davantage sur le haïku : 

www.dominiquechipot.fr
Ou sur le site de l’Association pour la promotion du haïku :  www.100pour100haiku.fr

 

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