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QUE PUIS-JE SAVOIR ?

Penser ce qui se passe et ce qui nous arrive, pour faire grandir

La fin de la peur islamiste

Publié le 12 Janvier 2015 par Jean Mirguet dans Charlie

C’était « L’apéro » de Charb dans le Charlie Hebdo du 26 septembre 2012. Je l’ai recopié dans son intégralité.

Ils ne sont rien, mais ils font peur. Ils sont une poignée, mais on les voit partout. L’islam en France, c’est lui : le barbu hirsute déguisé en tube de dentifrice. Il y en a combien, d’épouvantails du même genre, à rouler des yeux de dingue quand ils voient une caméra de télé ? Cent ? Deux cents ? Il y a plus de caméras en France que de musulmans extrémistes. Il y a même plus de chaînes de télé que de tarés à poils longs qui postillonnent dans la langue du Prophète qu’il faut égorger les Juifs. Oui, c’est ce qu’ils criaient il y a quinze jours sur le Trocadéro. Combien étaient-ils la semaine suivante ? Zéro. Mais ils font peur et ils le savent. Notre peur est leur raison de vivre. Notre peur est leur véritable religion. Notre peur les nourrit. Ils boivent notre sueur froide comme les vampires de série B boivent le sang de leurs victimes. Notre peur est la complice de ces connards. Autorisons leur manif, de quoi a-t-on peur ? De constater qu’ils sont trois, dont un agent de la DCRI ?

La petite vieille qui sort son chien a peur que l’ogre islamiste égorge Kiki. Faut dire que Kiki est frisé comme un mouton. Ce n’est pas Parkinson qui l’agite, mamie, c’est la peur. Et la vedette du show-biz de culture musulmane (oui, toi !) qui raconte en coulisse des émissions de télé qu’elle a peur de dire qu’elle est athée, elle est pire qu’un extrémiste religieux. Elle a mille fois plus d’audience que lui, elle a mille fois plus de pouvoir que lui, mais elle pète de trouille. La trouille de quoi ? D’être prise pour cible pat les Pères Noël de l’Apocalypse ? Et si toutes les nouilles dans son genre sortaient de sous leur lit pour affirmer leur athéisme ou tout du moins leur laïcité, elles se rendraient compte que le rapport de force est en leur faveur. Les obscurantistes prient le Seigneur en vain depuis des millénaires pour qu’Il leur fournisse un cerveau, alors qu’il suffit que les athées prononcent la formule « je suis athée et je t’emmerde » pour que l’islam de mort disparaisse de la surface de la Terre. C’est magique ! Essayez !

Et cette députée des Français de l’étranger qui s’insurge sur France Inter contre la publication des caricatures au motif qu’elles risquent de mettre en colère Al-Quaida et donc de menacer la sécurité des Français de l’étranger ... Une députée française qui appelle à l’autocensure des Français au nom d’Al-Quaida ! Une députée française qui s’institue commissaire politique d’Al-Qaida ! Nous sommes irresponsables, dit-elle : ce qui est responsable, c’est de céder à la peur. Comme Christine Boutin, qui attaque qui en justice ? Les terroristes, les preneurs d’otages, les apprentis kamikazes ? Non, Charlie Hebdo ! Pour mise en danger de la vie d’autrui ... A-t-elle porté plainte, Christine Boutin, contre des politiques français dans l’affaire de l’attentat de Karachi ? Nooon ... Elle veut quoi, Boutin ? Que le droit français s’adapte au droit des pays étrangers dans lesquels il y a des Français expatriés, tout simplement ... Boutin, la honte.

Tiens, la presse a trouvé un nouveau gros mot pour faire peur : salafiste. L’expression « extrémiste religieux », on l’avait trop dans l’oreille, ça n’effrayait plus assez le téléspectateur du JT. Mais « salafiste », ça fout les jetons ! Ça sonne comme quelque chose entre la maladie incurable et la pratique sexuelle non avouable. On a l’impression, aujourd’hui en France, qu’il suffit de retourner une pierre pour voir grouiller un nid de salafistes. Certains jouissent de se voir exister dans l’oeil terroriser du bourgeois frankaoui, alors ils se déguisent en salafistes. Ils ne vont pas à la mosquée, ils ne prient pas, ne croient pas et picolent sec, mais ils portent la panoplie qui leur assure le plus gros morceau du trottoir. Véridique ! Certains se déguisaient en punks au début des années 80 pour obtenir le même effet. Dans l’intimité de leur chambre, ils écoutaient du Claude François comme tout le monde ...

Une fois qu’on a écrémé les faux croyants, il ne reste plus qu’une poignée de vrais dingues. Les vrais dingues peuvent être dangereux, mais il faut encore déduire de ces vrais dingues les incapables, les nuls en tout, les vantards, les pipi-au-lit, les culs-de-jatte et Mohamed Merah, parce qu’il a glissé dans l’escalier. Si après ce décompte les souris extrémistes qui restent prennent d’assaut l’éléphantesque République et que celle-ci fuit en appelant sa mère, on aura perdu. La laïcité a le fessier suffisamment large pour s’asseoir sur cette vermine et l’écrabouiller.

La peur donne de l’importance aux pitoyables fachos monothéistes, le ridicule, contrairement à ce que prétend l’adage, les tue.

P.-S. Parmi le flot de commentaires imbéciles qui ont bouillonné ces derniers jours, il en est un qui revient chaque fois que Charlie Hebdo fait la une de la presse. On aurait fait « ça » pour l’argent ... On a l’impression que tout le reste de la presse n’est constitué que de bénévoles qui parlent de nous à outrance et qui nous le reprochent. Nous ne faisons jamais de « promo », nous n’en avons pas les moyens. Mais lorsqu’on nous tend un micro, il faut que celui qui le tend s’attende à ce qu’on lui réponde.

En vingt ans de Charlie, nous avons publié 1057 numéros. Sur ces 1057 numéros, trois été particulièrement médiatisés et se sont mieux vendus qu’à l’ordinaire. Chaque fois il s’agissait d’une couverture en rapport avec Mahomet ou l’islam. Trois « buzz » en vingt ans. Pourquoi pas un buzz toutes les semaines puisque nous possédons la formule magique ? J’attends la réponse...

La fin de la peur islamiste
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En attendant Houellebecq

Publié le 30 Décembre 2014 par Jean Mirguet

Dans une récente interview au JDD, Alain Finkielkraut présente Soumission, le prochain roman de Michel Houellebecq, dont la sortie est prévue le 7 janvier prochain.

Le sujet du livre campe une France dirigée par un nouveau parti, « La Fraternité musulmane ». L'histoire débute à la fin du second mandat de François Hollande, en 2022, dans une France fracturée où le FN est aux portes du pouvoir et la rue en ébullition. « La Fraternité musulmane » bat Marine le Pen et le Front national au second tour de la présidentielle grâce à une alliance avec le PS, l'UMP et l'UDI … Le nouveau chef de l'Etat, Mohammed Ben Abbes, nomme alors François Bayrou Premier ministre …

Dans ce roman comme dans ses précédents, Houellebecq poursuit son questionnement insistant: une fois notre civilisation définitivement éteinte, de quoi demain sera-t-il fait ?

Alain Finkielkraut, régulièrement assimilé à un Cassandre, estime que ce parallèle se retourne en définitive contre ceux qui le font car, comme l’écrit Michel Houellebecq dans Soumission, Cassandre, dans la mythologie grecque, offre l'exemple de "prédictions pessimistes constamment réalisées" et que les Troyens refusent de prendre en compte. Les journalistes de centre gauche, c'est-à-dire comme Houellebecq le dit aussi, tous les journalistes, ne font que répéter l'aveuglement des Troyens. Ils ne veulent pas voir ce qui arrive.

Michel Houellebecq a le génie du détail signifiant, dit AF, ajoutant que l’écrivain mêle avec un art consommé le concret et l'abstrait, le narratif et le philosophique. Sa force comique vient du fait qu'au lieu d'être prisonnier de l'esprit du temps ou de le combattre, il le regarde de l'extérieur. Aussi, son impassibilité est-elle absolument irrésistible et l’on rit beaucoup à la lecture de Soumission.

Mais, précise AF, le rire que suscite Houellebecq n'est pas celui des humoristes modernes, dont Raymond Queneau disait déjà qu'ils tendent "à tout déprécier, à tout abaisser, car ils ne peuvent tolérer qu'il puisse exister parfois quelque grandeur".

Si dans son roman, l’écrivain J.K. Huysmans tient une si grande place, c’est parce qu’il "sort du tunnel", dit AF, en se convertissant au catholicisme mais c’est aussi parce qu'il est "grisé par son atmosphère d'encens et de cire" et non parce qu'il a rencontré Dieu. De même, selon Michel Houellebecq, l'Occidental du début du nouveau millénaire, désabusé du mariage d'amour, et infiniment las des sites de rencontres pour célibataires exigeants, cédera en choisissant l'Islam pour l'attrait érotique de la polygamie.

C'est pourquoi il y a une grande ironie dans ce livre à fonder la victoire d'une civilisation de l'exclusion des femmes sur son potentiel érotique. Philippe Sollers ne disait pas autre chose quand, dans sa Guerre du goût, il écrivait : « Le tchador trouble la laïcité parce qu’il est une promesse intense de lascivité » … Mais pourrons-nous, comme l’imagine Houellebecq, nous accommoder de la disparition des femmes de l’espace public ?

Pour Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq n’est pas un provocateur. C'est plutôt une sorte d'étranger qui révélerait, non l'absurdité du monde, mais sa signification oubliée par ceux qui sont immergés en lui.

Avec ce roman, Michel Houellebecq fait une nouvelle fois la démonstration que la littérature est l’héritière favorite du réel où se mêlent nos peurs irrationnelles et notre fantasme de l’immigration de peuplement.

Sans doute pourrait-il reprendre à son compte ce qu’affirmait Nietzsche : « Nous ne savons rien du réel si ce n’est à travers les constructions fictives qui sont celles que le langage permet ».

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De la chatouille à la flambée à l’essence

Publié le 23 Décembre 2014 par Jean Mirguet dans Femmes

Journée la plus courte et nuit la plus longue, le récent 21 décembre ne célèbre pas seulement le solstice d'hiver. C’est également, depuis 6 ans, la Journée mondiale de l’orgasme, inventée par deux pacifistes américains, Donna Sheehan et Paul Reffell qui ont créé l’association Global Orgasm. Son but est de jouir le plus possible pour obtenir la paix dans le monde grâce à la sécrétion de l’ocytocine, une hormone communément appelée « hormone du plaisir» ou «hormone du bonheur ».

C’est ainsi que chez le campagnol des montagnes, dont chacun connaît la légendaire asocialité et la frivole inconstance, la femelle ne s'occuperait de sa progéniture que pendant une brève période, les mâles ne s'impliquant pas du tout dans la vie des petits. Des études pharmacologiques suggèrent que chez la femelle de son cousin, le campagnol des prairies, l'ocytocine serait nécessaire pour développer une relation de couple et pour stimuler le comportement maternel alors que, chez le campagnol des montagnes moins pourvu en récepteurs de l'ocytocine, ces effets ne seraient pas observés.

Dans leurs complexes rapports, les hommes et leurs compagnes fonctionneraient-ils comme des campagnols ?

Quelques jours avant la célébration de cette Journée, l’IFOP publiait les résultats d’une enquête sur "Les Françaises et l'orgasme", réalisée auprès de 1 006 Françaises. Partant du principe (nullement questionné) que pour les femmes comme pour les hommes, la jouissance est du pareil au même, l’enquête conclue que les femmes jouissent moins (sic !) que les hommes puisque seules 60 % d’entre elles ont « souvent » un orgasme avec leur partenaire actuel, 27 % « parfois » ou « assez rarement » (8 %) et 5 % jamais. Suivent quelques recommandations en matière de technique coïtale permettant de maximaliser le plaisir.

Peut-être les enquêquêteurs auraient-ils pu se demander si, dans les affaires du sexe, l’amour n’aurait pas quelque rôle à jouer ? Pas de la même façon pour les hommes et pour les femmes puisque si, pour les premiers, l’amour et le désir sexuel se désaccouplent, pour les secondes, c’est le partenaire qui est souvent dédoublé : il est l’amant qu’elles désirent et qui les fait jouir mais il est aussi l’homme de l’amour.

Toutefois, en l’affaire, l’anatomie ne décide pas. Il y a des femmes qui fonctionnent comme les hommes, s’en choisissant un pour l’amour et un autre pour la jouissance.

Quoiqu’il en soit, de cette jouissance féminine, en sait-on quelque chose ? L’IFOP serait-il mieux informé … alors que Lacan, himself, affirme héroïquement que la femme elle-même n’en sait rien, « se contentant » (peut-être) de l’éprouver ?

Alors, je propose de méditer la remarque de Philippe Sollers que le femme est bien celle qui ne tient pas tant que ça au rapport sexuel et que, comme le dit Lacan, « la jouissance, c’est le tonneau des Danaïdes, et qu’une fois qu’on y entre, on ne sait pas jusqu’où ça va. Ça commence à la chatouille et ça finit par la flambée à l’essence ».

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A propos de gymnastique cérébrale

Publié le 14 Novembre 2014 par Jean Mirguet

Dans le dernier supplément Science et médecine du Monde, la neuroscientifique Angela Sirigu remet les pendules à l’heure à propos des soi-disant bienfaits de la « gymnastique cérébrale », indispensable, comme le proclame la pub, pour booster sa mémoire et doper ses méninges.

L’idée est simple : le cerveau est un muscle et il faut le renforcer pour en tirer le maximum d’efficacité. Idée qui ne manque pas de séduire celles et ceux qui, prenant de l’âge, s’inquiètent de la détérioration de leur potentiel intellectuel ou certains parents désireux de stimuler et améliorer les performances cognitives de leur progéniture.

Ces programmes d’entraînement cognitif ont-ils une quelconque efficacité ?

Une équipe de chercheurs de Los Angeles a montré qu’un entraînement à la mémoire et à l’attention auditive de sujets âgés de plus de 65 ans, si elle améliorait les performances à des tests de rappel et de manipulation de mots et de nombres, avait en revanche des effets très variables d’une personne à l’autre et qu’il y avait peu de différence significative entre le groupe entraîné et le groupe témoin. De surcroît, les progrès enregistrés s’évanouissaient après 3 mois.

Une autre étude portant sur l’entraînement aux capacités multitâches (il est demandé d’exécuter, simultanément, des tâches différentes) montre que, grâce à l’entraînement, les participants, âgés entre 60 et 85 ans, peuvent atteindre et conserver pendant près de 6 mois les capacités de sujets de 20 ans. Mais, là aussi, la portée des résultats est discutable car les tests et retests ont été réalisés avec le matériel ayant servi à l’entraînement !

Une importante étude canadienne, portant sur 11430 participants, fait état de l’existence d’une amélioration des performances de sujets ayant bénéficié d’un entraînement à diverses fonctions cognitives (raisonnement, mémoires verbale et spatiale, planification, attention) mais aucune généralisation n’a pu être démontrée.

 

On attend donc la méthode qui saura rajeunir le cerveau.

Angela Sigu conclue malicieusement sa chronique en évoquant une autre piste, celle de Charles Hillman, de l’Université de l’Illinois, qui montre que l’exercice physique améliore le métabolisme cérébral, favorise la neurogenèse et freine le ralentissement cognitif.

Un conseil : pour fortifier votre matière grise, raffermissez votre ventre et vos mollets !

 

 

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Là-bas

Publié le 10 Novembre 2014 par Jean Mirguet

« Là-bas » est le titre donné par Roland Barthes à son premier chapitre de L’Empire des signes.

Là-bas, où est-ce ? Quelque part dans le monde, répond-il, un lieu duquel il va extraire un certain nombre de traits qui formeront un système qu’il nommera Japon.

Le système Japon ne représente ni analyse la moindre réalité, ce que ferait un énoncé occidental. Il se constitue à partir du prélèvement d’éléments qui, combinés, forment un système symbolique « inouï, entièrement dépris du nôtre ». Système symbolique foncièrement séparé, dégagé de l’emprise du système symbolique qui règle et organise notre existence d’Occidental.

Ce que vise la construction de cet autre système, « c’est la possibilité d’une différence, d’une mutation, d’une révolution dans la propriété des systèmes symboliques ». L’important n’est pas qu’il y ait d’autres symboles ou une autre sagesse, l’important est « la fissure même du symbolique ». Le geste de Roland Barthes consiste à trouer le symbolique, à en disjoindre les éléments.

Se produit alors en lui un réel séisme du sens, un renversement des modes habituels de lecture. Cet événement est un satori, un ébranlement qui conduit au vacillement du sujet, place les productions symboliques dans un autre espace et «opère un vide de parole », d’où se produit l’écriture quand "écrire c’est permettre au mystère de jaillir dans une apothéose » (Hélène Pommarel, Jours de grande parole, éd. La Dragonne, 2014)

Ce système n’est pas fait de représentations : en somme, il n’y a rien à dire. Comme l’écrit François Jullien, « les saisons suivent leur cours, tous les existants prospèrent : quel besoin le ciel aurait-il de parler ? ».

A la différence de nombres de poètes occidentaux qui font porter l’accent sur la profondeur et les métaphores, le vide occupe, au Japon, la plus grande part. « Sur la page, écrit Paul Claudel (A travers la littérature japonaise), la part la plus importante est toujours laissée vide. Cet oiseau, cette branche d’arbre, ce poisson ne servent qu’à historier, qu’à localiser une absence où se complaît l’imagination ».

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La télépathie à l’heure des neuro-technologies

Publié le 7 Novembre 2014 par Jean Mirguet

Dans son émission diffusée sur France Culture, Ce qui nous arrive demain, Nicolas Martin relate deux expériences extraordinaires de communication "télépathique", entre deux cerveaux connectés à distance, sans aucune forme de contact visuel ou auditif. Une personne, l’émetteur, réussit à déclencher une action chez une autre personne, un récepteur, par la seule transmission de sa pensée. 

La 1ère expérience a été publiée par une équipe de Harvard en septembre : un émetteur en Indes, connecté à un EEG, pense « bonjour », « hola », bref un mot de salut. Les impulsions du cerveau sont recueillies par l’EEG puis traduites en code binaire par un ordinateur. Le message binaire, traduit en flashes de lumière, est interprété par le cerveau du récepteur, situé en France qui comprend le salut non-verbal envoyé depuis l’émetteur en Indes.

La 2ème expérience réalisée par une équipe de l'Université de Washington (Seattle) est encore plus impressionnante. Les résultats en ont été publiés ces jours-ci dans la revue Plos One .

Le principe est le même : un émetteur est connecté à des capteurs reliés à un électro encéphalogramme. A 800 mètres de là, dans une autre pièce, se trouve le récepteur sur la tête de qui est placée une bobine de stimulation magnétique transcrânienne (bobine qui va convertir les impulsions en signal magnétique et les propager dans le cerveau, une sorte de mini IRM). Cette bobine est posée à un endroit précis du crâne, près de l’endroit du cerveau qui contrôle le mouvement de la main.

L’émetteur regarde un jeu vidéo : un petit avion volant dans le ciel et au sol un canon à activer pour empêcher l’avion de survoler une ville. L’émetteur n’a ni clavier ni joystick. Il va juste décider par la pensée qu’il faut cliquer pour détruire l’avion.

De son côté, le récepteur ne voit pas le jeu. Il a juste la main en suspend au-dessus d’un clavier ou d’une tablette tactile.

Quand l’émetteur décide de cliquer pour détruire l’avion, en moins d’une seconde, le récepteur clique spontanément et l’avion est abattu.

 

On arrive donc maintenant à convertir des ondes cérébrales en signal informatique qu’un cerveau étranger peut interpréter pour accomplir l’action voulue ... une performance à propos de laquelle les chercheurs affirment  que "des interfaces directes courantes entre les ordinateurs et le cerveau humain seront possibles dans un avenir pas si éloigné, permettant une communication directe de cerveau à cerveau de façon routinière (...) et créant de nouvelles possibilités dans les relations sociales".

 

 

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Islam et démocratie

Publié le 13 Octobre 2014 par Jean Mirguet

L’aveu est terrible, peut-être monstrueux et assurément tragique : c’est celui fait par l’écrivain et réalisateur marocain Abdellah Taïa dans Le Monde de jeudi dernier : il avoue « l’explosion de joie » éprouvée durant quelques secondes au moment des attentats du 11 septembre : « les musulmans depuis trop longtemps dans la chute, la déchéance, étaient enfin vengés. L’Occident surpuissant allait enfin goûter à la même amertume, la même peur, la même terreur que nous, que moi ».

Et de réaliser très vite sa « terrible et terrifiante erreur », ajoutant que les musulmans ont besoin aujourd’hui de cesser de toujours rendre les autres responsables de ce qui leur arrive et de se lancer dans une véritable autocritique d’un système de croyance où tout se juge à partir d’une vision figée de la religion et de l’Histoire et à l’aune d’une soumission à la communauté et à Dieu.

Pour Abdellah Taïa, la véritable catastrophe réside dans le fait d’empêcher la raison de s’installer « pour de vrai » dans la vie quotidienne des musulmans. Et d’appeler à la résistance au terrorisme islamiste qui « veut nous enterrer tous vivants ».

Il faut prendre toute la mesure de cette prise de position remarquablement courageuse comme il faut apprécier le refus de nombreux musulmans de céder à ceux qui exigent d’eux qu’ils se démarquent plus clairement du terrorisme se réclamant de l’Islam afin, comme on l’entend parfois, de dissiper toute ambiguïté.

 

Abdellah Taïa a raison d’écrire que condamner le terroriste islamiste ne suffit pas et qu’un travail critique doit être mené au sein de l’Islam (qui, redoutable obstacle n’est pas Un) à propos des errances des sociétés musulmanes.

L’enseignement des maîtres soufistes qui milite en faveur de la pluralité des croyances est sans conteste un des antidotes à la violence actuelle. « Que ton cœur soit le temple qui accueille toutes les croyances », professait Ibn Arabi. De même, il faut tenir compte des déclarations du Conseil français du culte musulman quand ses dirigeants affirment que la violence meurtrière de l’ « Etat islamique » n’a rien à voir avec l’Islam et les textes coraniques.

 

Mais - car il y a un mais -, je ne peux pas ne pas faire le parallèle entre ces nobles déclarations et les proclamations formulées il y a deux ans par ces mêmes responsables au moment de la publication des caricatures de Mahomet.

A l’époque, ils s’en prenaient à la liberté d’expression et contestaient à la presse sa liberté de publier tel ou tel article, telle ou telle caricature et appelaient les Musulmans de France à s’en prendre à Charlie Hebdo, alors que, comme citoyen français, ils auraient dû défendre le droit à s’exprimer.

Dans une lettre ouverte, Philippe Torreton dénonçait cette incitation à la haine et soulignait que les dessinateurs de Charlie n’interdisaient à personne de croire, qu’ils ne rêvaient pas de voir Israël réduite en cendre mais critiquaient la politique israélienne , qu’ils n’interdisaient pas l’accès à l’éducation aux jeunes filles, qu’ils ne faisaient pas des femmes – comme l’Islam radical - leur cible favorite, qu’ils ne rêvaient pas de voir les programmes scolaires passés au crible de la religion, qu’ils ne détruisaient pas des lieux de cultes à coups de lance-roquettes dédicacées à Allah.

 

Aujourd’hui, ces responsables condamnent clairement et fermement la violence des islamistes, en appellent à la solidarité républicaine. Dont acte.

Mais, comme l’exprime Philippe D’Iribarne, auteur de L’Islam devant la démocratie, un rapport au monde attaché à la certitude et à l'unité d'une communauté, qui alimente souterrainement, dans des proportions certainement inégales mais jamais insignifiantes, la vision de la société de ceux qui baignent dans l'univers de l'Islam, n'est-il pas difficilement compatible avec des pratiques démocratiques fondées sur le doute et le débat ?

Là où le pluralisme fait de l’individu et de ses libertés civiles une limite à la souveraineté du pouvoir, la « communauté des frères » prône un asservissement individuel au corps collectif.

Cet état de fait est-il de circonstance ou doit-on y voir un trait structurel de l’Islam, signant une incompatibilité avec la démocratie ?

 

 

 

 

 

Islam et démocratie
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Nécessité de l’ennemi

Publié le 9 Octobre 2014 par Jean Mirguet dans Politique

Dans sa tribune du 3 octobre dernier publiée dans Le Monde et titrée « La Russie de M. Poutine et l’islamisme radical sont nos meilleurs ennemis », Pascal Bruckner rappelle cette remarque d’Alexander Arbatov, conseiller diplomatique de Mikhaël Gorbatchev, à l’endroit des Occidentaux (nous sommes en 1989 et l’empire soviétique s’effondre) : « Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ».

Rien de nouveau dans le ciel des idées puisque, sans aller jusque Matthieu et Luc qui enjoignent d’aimer nos ennemis, Karl Schmitt avait déjà montré que la fonction du politique est d’identifier l’ennemi, le politique étant selon lui le lieu de la distinction ami-ennemi.

Quant à Freud, son texte sur la Psychologie des masses démontre combien un individu peut, au sein d’une collectivité et conditionné par ses identifications, s’autoriser à se débarrasser des refoulements des pulsions inconscientes qui l’animent.

Dans les phénomènes de ségrégation, dans le racisme, la xénophobie, le nationalisme ou l’intégrisme, l’identification c’est-à-dire, comme la définit Freud, « la manifestation la plus précoce d’une liaison de sentiment à une autre personne », s’effectue toujours sur le dos de l’autre mauvais, de l’autre à détruire voire à exterminer. C’est ainsi que se constitue une communauté, autrement dit ce qui fait norme pour chacun.

Pour que cette communauté tienne, il faut qu’il y en ait au moins un qui en soit exclu. Cette condition doit-elle être le prix à payer pour réveiller les Occidentaux de la torpeur dans laquelle le confort démocratique les a bercé jusqu’il n’y a pas si longtemps ?

A cette question, Pascal Bruckner répond positivement en proposant d’être reconnaissants envers le président Poutine comme envers le « calife » Al-Baghdadi pour l’hostilité qu’ils nous manifestent. Ils seraient en somme des bienfaiteurs puisque poussant à nous mobiliser et à résister, donc à renforcer nos liens.

Identifiés comme ennemis à vaincre mais simultanément à conserver puisque c’est d’eux que nous tirons notre énergie, ils deviendraient autant détestables que nécessaires.

C’est dans ce paradoxe que nous entraînent le déchainement de barbarie et les périls dont, pour le moment et pour la plupart d’entre nous, nous ne faisons l’expérience que par l’intermédiaire de nos écrans de télévision. C’est un paradoxe périlleux qui, comme l’écrit Pascal Bruckner, peut nous détruire ; il peut aussi nous sauver.

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Tout est-il possible ?

Publié le 29 Septembre 2014 par Jean Mirguet

« Non seulement j’ai envie, mais je n’ai pas le choix », déclare Sarkozy dimanche dernier, pour justifier son retour en politique face au PS et au FN. Non pas empêché de devenir lui-même mais obligé de le devenir, voilà son choix impossible.

Aujourd’hui, nombreux sont les psychanalystes qui considèrent que la clinique à laquelle ils ont affaire est de moins en moins celle de la répression et de l’interdit (comme au temps de Freud) mais de plus en plus celle de l’idéal.

Dans La Société du malaise, paru il y a quatre ans, le sociologue Alain Ehrenberg interprète cette nouveauté comme la conséquence d’un changement social qu’il formule ainsi : « Il ne s’agit plus de libérer l’individu des contraintes qui l’empêchaient de devenir lui-même, mais de le soustraire aux séductions morbides des idéaux qui le contraignent à devenir lui-même ».

Cette nouvelle libération entraîne de nouvelles souffrances rangées dans la catégorie des « pathologies de l’idéal » qui condensent les malaises générés par les normes de l’autonomie. Ces normes exaltent l’importance de la responsabilité individuelle et ce, d’autant plus que fléchissent les contraintes sociales encadrant les comportements.

C’est ainsi que l’on assiste à une désinstitutionalisation des rapports sociaux qui se psychologisent. Le discours de Sarkozy comme celui de Hollande lors de sa conférence de presse quand il confie qu’il a été dur avec lui-même en témoignent amplement.

Certes, être Président de la République n’est pas une sinécure, mais ils ne sont pas les seuls aujourd’hui à être confrontés à un surcroît de responsabilités et d’épreuves que les individus ne connaissaient pas auparavant, en tous cas pas dans les proportions atteintes aujourd’hui.

Cette situation ne manque pas d’être en rapport avec le constat d’un affaiblissement du lien social, chacun devant s’appuyer toujours plus sur lui-même, sur sa subjectivité, sur son intériorité, perspective à laquelle le discours de la psychanalyse tel qu’il se répand dans le grand public a pris et prend une large part.

Puisque l’idée ou le fantasme que chacun peut devenir quelqu’un par lui-même est devenue un idéal, Alain Ehrenberg indique que la question n’est plus « que m’est-il permis d’espérer ? » mais « suis-je capable de le faire ? ».

Il y a un déplacement du monde du permis à celui où tout serait possible …en somme, un monde sans limites, autrement dit sans réel.

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Pour Israël

Publié le 26 Août 2014 par Jean Mirguet dans Israël et Palestine

L’infatigable et intraitable défenseur d’Israël, Claude Lanzmann, dénonce dans une Tribune du Monde du jeudi 21 août, le caractère « partisan, menteur, sans courage et racoleur » du texte publié il y a deux semaines dans le même quotidien par Rony Braumann, Régis Debray, Edgar Morin et Christiane Hessel.

Ce texte en appelait à François Hollande pour sévir contre Israël et suspendre l’accord d’association avec l’Union Européenne.

Comme le rappelle l’écrivain Richard Rossin, ancien secrétaire général de MSF et co-fondateur de Médecins du Monde (cf. Le Monde du 18 août), il est arrivé que ces quatre signataires soutiennent ouvertement le Hamas, donc son idéologie : refus de la démocratie, éviction des femmes, mise à mort des apostats, éducation de la haine et formation militaire des enfants, culture du goût pour la mort et le martyr. Surprenant donc que ces "quatre mousquetaires" ne disent rien de l’utilisation de mosquées et d’écoles (dont certaines de l’ONU) comme base de lancement de missiles sur la population civile d’Israël … malheureux gazaouis, boucliers humains dans leur pays, boucliers moraux en France.

Avec raison, Claude Lanzmann affirme que le Hamas a voulu les bombardements israéliens, qu’il les a provoqués. Il est responsable des milliers de morts et de blessés civils, n’en déplaise aux bien-pensants de gauche qui, ici depuis leur petit coin de France, n’hésitent pas à constater de manière obscène : « 1.900 morts pour Goliath et 52 pour David, il n'y a pas photo » ou qui, sur leur page Facebook, appellent à manifester contre l’intervention à Gaza « au risque d’avoir à côtoyer des pro-Hamas » (sic).

Depuis la Shoah et la mort de six millions de Juifs, écrit Claude Lanzman, les Israéliens accordent à la vie de chacun des leurs un prix sans mesure. Depuis la Shoah, ajoute-t-il, il y a une relation unique entre le judaïsme et la vie qui n’a cessé de croître et de s’approfondir.

Nous autres, Occidentaux, Européens, en nous enseignant de la Shoah, avons fait nôtre cette valeur sacrée de l’existence. Il y a aujourd’hui un respect pour la vie dont nous sommes redevables à l’expérience des camps de la mort et à Israël de nous l’avoir appris.

C’est pourquoi je soutiens Israël, en première ligne face à la déferlante islamiste qui menace les démocraties. Y aurait-il quelque utopie à espérer que les musulmans de France … et d’ailleurs, en fassent autant ?

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